kantien a écrit 1187 commentaires

  • [^] # Re: Et nous ?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Un nouveau logiciel : WemaWema !. Évalué à 3.

    Je pense que tu n’as pas lu ce que j’ai écrit (ou trop rapidement, en tout cas).

    Si je t'ai lu et tu n'es pas plus convaincant que Bortzmeyer pour justifier ta conclusion suivante :

    Le propos est simple : le standard ne fournit pas les outils pour gérer convenablement le choix automatique de la langue.

    Le standard fournit un moyen pour négocier la langue du contenu entre le client et le serveur. Il permet de ranger les langues par ordre de préférence en en mettant certaines à égalité : tel est le moyen donné au client pour exprimer ses préférences. À partir de cela, le serveur détermine la langue qu'il considère la plus adaptée en fonction des préférences du client : soit il les prend en compte, soit il en fait abstraction et renvoie toujours le même document.

    Toi, tu donnes l'exemple du MSDN qui pour les versions françaises te renvoie de la traduction automatique alors que tu préférerais la version anglaise. Premièrement, rien dans le protocole ne t'empêche de lui dire cela : je préfère la version anglaise à la version française. Ce qu'il y a, c'est que les navigateurs définissent une valeur de l'en-tête Accept-Language globale pour tout les sites : rien ne les empêche de permettre une paramétrisation par domaine, le problème est côté client. Deuxièmement, si Microsoft considère qu'une version traduite automatiquement est suffisante, c'est leur choix, mais cela révèle aussi un manque de sérieux du côté de l'éditeur.

    Cela dit, si tu as une solution technique pour gérer le cas d’utilisation que j’ai décrit (qui n’implique pas d’aller cliquer sur un petit drapeau ou choisir manuellement dans un menu de langue), je pense qu’elle intéressera beaucoup de gens :).

    Si tu fais références à ton cas : « préférer la VO si elle est dans la liste des langues suivantes », il suffirait d'adapter la sémantique du facteur de qualité par rapport à ce que propose la RFC. Selon la RFC, un en-tête de la forme Accept-Language: da, en-gb;q=0.8, en;q=0.7 signifierait (note bien le conditionnel, would dans la version anglaise) : je préfère le danois, mais j'accepte l'anglais britannique ou tout autre forme d'anglais. Il suffirait que le serveur considère le danois et l'anglais britannique comme équivalent pour le client (même facteur de qualité de 0.8) et décide de renvoyer ce qu'il considère être la VO de son document dans ce cas. L'en-tête signifierait alors : danois ou anglais britannique peu m'importe, sinon toute autre forme d'anglais. Ce qui me semble d'ailleurs plus sensé : sinon quel intérêt de rajouter un facteur de qualité et d'ordonner des classes de langue et non des langues.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: Et nous ?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Un nouveau logiciel : WemaWema !. Évalué à 4.

    Le premier exemple qui me vient à l’esprit (et d’ailleurs cité par Stéphane), c’est la doc MSDN. Globalement, je voudrais la lire en VO, car la traduction automatique, non merci.

    Or, ce cas d’utilisation, légitime (préférer la VO si elle est dans la liste des langues suivantes), n’est tout simplement pas possible avec Accept-Language.

    Oui, et ? Si des éditeurs gèrent n'importe comment la version multilingue de leur site, c'est de la faute de Accept-Language ?

    C'est à l'éditeur de garantir la bonne gestion de l'aspect multilingue de son site, s'il ne s'en sent pas capable, il n'a qu'à pas activer la gestion de Accept-Language, rien ne l'y oblige.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: Singulier, pluriel, faut savoir !

    Posté par  . En réponse au journal [Jeu] Parser de l'écriture inclusive.. Évalué à 2.

    Ceci explique son absence des publications scientifiques. Mais tu n'as pas répondu à cette autre question : tu as aussi écrit « même sans c'est beaucoup plus facile en anglais de parler de quelqu'un sans préciser son genre », ce que je peux comprendre car les déterminant ne possèdent pas tous des marqeurs de genre et les substantifs sont souvent épicènes, mais comment fais tu lorsque tu as besoin d'un pronom qui se réfère à la personne si tu ne sais pas son genre ? Je me vois mal éviter les pronoms au cours d'une conversation.

    P.S : à l'oral aussi, vous faites comme décrit dans wikipédia en conjuguant les verbes comme si c'était la troisième personne du pluriel avec they ?

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: Singulier, pluriel, faut savoir !

    Posté par  . En réponse au journal [Jeu] Parser de l'écriture inclusive.. Évalué à 2.

    On parle de son absence (ou plutôt de l'absence d'un équivalent en français).

    Je parlais bien de son absence en anglais, ou de son faible usage, et non de l'absence d'équivalent en français. Mon exemple avait pour but de montrer une situation où son non usage en anglais est problématique, gasche ayant dit « même sans c'est beaucoup plus facile en anglais de parler de quelqu'un sans préciser son genre ».

    Répondre "qu'a-t-on dit?" fait un peu bizarre, mais ça marcherait, non?

    Je ne pense pas, cet usage ne serait pas conforme à son usage courant au singulier. Ordinairement, on utilise on pour désigner une seule personne lorsque celle-ci est indéterminée, il est synonyme de « quelqu'un ou quelqu'une ». Ici la personne désignée par le pronom est déterminée : c'est l'étudiant auquel j'ai parlé ce matin. D'ailleurs dans une telle situation, un français précisera ordinairement le genre de la personne dans le choix de l'article : il dira « un étudiant » ou « une étudiante » . Ce qui est peut être aussi une des sources du léger trouble ressenti par gasche : en français, on exprimerait le genre.

    En anglais, dans une telle situation, le genre importe peu dans un premier temps pour exprimer la proposition : le déterminant ne porte pas de marque du genre et une grande partie des substantifs non plus (j'ai bien an actor - an actress ou a doctor - a doctoress qui me vient à l'esprit, mais il me semble que la majorité des substantifs sont épicènes). Mais par la suite, lorsque l'on veut se référer à la personne en question via des pronoms, cela devient plus compliqué : soit on utilise le they générique, soit on utilise le masculin générique he mais on prend le risque de se tromper, là où en français tout sera rendu explicite.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: Singulier, pluriel, faut savoir !

    Posté par  . En réponse au journal [Jeu] Parser de l'écriture inclusive.. Évalué à 2.

    Le pronom « générique » they existe bien, pourquoi parler de son absence ?

    Mon expression n'était effectivement pas la plus adéquate, je voulais surtout faire référence à son usage peu répandu (tel que rapporter tant par lasher que par gasche). Même dans des articles universitaires, je n'ai jamais rencontré la forme they au singulier là où il m'est arrivé de rencontrer un she générique. J'ai néanmoins déjà rencontrer le possessif générique their au singulier, pas plus tard qu'hier dans cette pull request de Xavier Leroy pour corriger un bug dans l'écosystème OCaml :

    the user is providing their own preamble with an UTF8 inputenc.

    Il est intéressant l'article wikipédia, mais les règles grammaticales d'usage du they singulier me semblent étranges. Premièrement, les verbes ne se conjuguent pas comme à la troisième personne du singulier mais comme à la troisième personne du pluriel :

    Every person's happiness depends in part upon the respect they meet in the world …

    et non « the respect they meets in te world ». Ce n'est pas étonnant que ses détracteurs lui aient objecté un principe d'accord sur les nombres. Deuxièmement, les anglophones n'arrivent pas à se mettre d'accord sur la forme que doit prendre le pronom réfléchi qui en est issu : themself ou themselves. Naturellement, j'avais opté pour la première forme par analogie avec la deuxième personne (you), là où le gouvernement canadien recommande la forme themselves dans les documents officiels.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: qui veut une dépêche ?

    Posté par  . En réponse au journal Comment je suis devenu chef de projet. Évalué à 5. Dernière modification le 10 octobre 2017 à 10:36.

    « le bien » et « les biens » : le premier est un absolu (un principe transcendantal en philosophie), les seconds sont monnayables et contingents.

    Il est bon d'ajouter que les seconds sont la source de tous nos maux, comme l'expose très clairement ce précepte médiateur de la pensée Richenou : « tout bien que tu détiens est un soucis qui te retient ». Heureusement Skippy est là pour nous ôter tous nos soucis en procédant à la quête donatoire transcendantale à l'issue de chaque cérémonie. Il ne te reste plus qu'à propager à travers le monde cette totale liberté de pensée cosmique vers un nouvel âge réminiscent : ite missa est ! :-D

    P.S : parler de principe transcendantal ici, concept qui relève de la métaphysique, c'est de la folie. On veut bien parler de métaprogrammation, métadonnées, métadiscussion, mettre du méta à toutes les sauces… mais la métaphysique, voyons ! ;-)

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: Singulier, pluriel, faut savoir !

    Posté par  . En réponse au journal [Jeu] Parser de l'écriture inclusive.. Évalué à 2.

    C'est d'ailleurs légèrement perturbant pour les gens dont la langue maternelle est le français comme moi, quand un collègue te parle (en anglais) d'un-e étudiant-e et qu'on veut répondre quelque chose, on est (légèrement) troublé de devoir parler de la personne sans savoir son genre.

    C'est intéressant comme phénomène, et je me suis demandé d'où cela pouvait venir. Comme il s'agit de rechercher une cause pour un effet donné (le léger trouble ressenti), ce qui suit reste bien entendu hypothétique.

    Les règles d'accords en genre étant bien plus nombreuses en français qu'en anglais et se retrouvant presque partout (pronom, adjectif, participe passé, déterminant…), il est quasiment impossible de construire une phrase grammaticalement correcte sans déterminer le genre grammatical de ses constituants. La grammaire française nous inciterait donc à chercher au plus tôt à déterminer le genre, non des personnes, mais des signifiants qui les désigne (le genre grammatical du signifiant ne correspond pas systématiquement au genre biologique du signifié en français).

    Cela étant, au cours d'une discussion en anglais, en l'absence du pronom « they » au singulier (et je suppose aussi ses déclinaisons them, their, theirs, themself) on doit faire face à certaines difficultés. Exemple :

    — Ce matin j'ai croisé un étudiant qui m'a dit une chose intéressante sur la grammaire.
    — Qu'a-t-il dit ?

    — This morning I met a student who told me an interesting thing about grammar.
    — What did they say ?

    En l'absence du pronom générique they, comment se référer dans la suite de la discussion à l'étudiant ou l'étudiante en question ?

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: C'est pourtant simple

    Posté par  . En réponse au journal La fausse bonne idée de la licence "libre mais pas pour les méchants". Évalué à 6.

    Tu en as une lecture étrange. Reprenons le texte de Barnabé :

    les BSD s'intéressent à la liberté de ceux à qui tu distribue ton logiciel, alors que la GPL s'intéresse à la liberté de ceux auxquels ils pourraient le distribuer eux même.

    Je suis A est distribue mon code sous BSD à B : il (je veux dire B) est plus libre qu'avec la GPL car n'est pas contraint de fournir les sources de ses ajouts (Y - X, pour reprendre tes noms de variables). En revanche, la GPL s'intéresse à la liberté de ceux auxquels ils (ce pronom renvoyant alors aux « ceux à qui tu distribue ton logiciel » de la première partie de la phrase, c'est-à-dire aux B) pourraient le distribuer eux même (ce « eux même » souligne bien que l'on parle des B qui redistribuent à leur tour) : c'est-à-dire aux C. Ainsi, en réduisant les droits des B, la GPL accroît ceux des C.

    Cette interprétation est on ne peut plus conforme à la sémantique du français, et elle correspond exactement à ce que tu as écris.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: C'est pourtant simple

    Posté par  . En réponse au journal La fausse bonne idée de la licence "libre mais pas pour les méchants". Évalué à 4.

    Qui est C si ce n'est une personne appartenant à la classe « de ceux auxquels ils pourraient le distribuer eux même » (le « ils » désignant la classe des B développant Y) ?

    Barnabé a dit exactement la même chose que toi mais en plus court et sans variables. ;-)

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: Singulier, pluriel, faut savoir !

    Posté par  . En réponse au journal [Jeu] Parser de l'écriture inclusive.. Évalué à 1.

    Oui, c'est une faute de frappe de ma part.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: Singulier, pluriel, faut savoir !

    Posté par  . En réponse au journal [Jeu] Parser de l'écriture inclusive.. Évalué à 3.

    Je pense que tu surinterprètes la fin de mon commentaire. Cela étant je ne vois pas ou l'usage des traits positionnels est plus structurel en anglais qu'en français.

    Qu'il y ait des parties de la grammaire anglaise qui soient plus simples (comme la conjugaison) j'en conviens, mais certaines ne sont pas nécessairement KISS (enfin, c'est subjectif, ici, cette notion). Comme l'a souligné Michaël, le cas des quantificateurs entre dénombrables et indénombrables est ouvert à débat.

    En fait, ma question sur le KISS portait sur l'aspect positionnel des fonctions grammaticales que j'ai reproduit en français.

    Pour revenir sur l'aspect genré des objets inanimés, cela semble venir de la transition entre l'ancien et le moyen anglais, mais certains restent genrés (comme « scaffold » (échafaudage) qui est féminin).

    Pour reprendre les exemples de Michaël, même en cas de substantif ayant le même genre, on peut s'en sortir avec des démonstratifs :

    • je me suis assis sur une chaise devant la table, et celle-là (la chaise) s'est cassée.
    • je me suis assis sur une chaise devant la table, et celle-ci (la table) s'est cassée.

    En anglais, on utilisera sans doute les formes « the former » ou « the later » pour rendre la même chose.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: Pourquoi du théorie des patch c'est bien

    Posté par  . En réponse au journal Pijul, un nouveau gestionnaire de source. Évalué à 2.

    Il est vrai que prendre C et Unix comme point de comparaison est étrange quand on sait que le créateur de git n'est autre que Linus Torvalds, dont on peut difficilement dire qu'il doit avoir une connaissance succincte tant du langage que du système. D'autant que git fonctionne essentiellement à base de pointeur et « d'effet de bord ».

    Je vois plus la différence entre les deux approches comme analogue à celle entre les langages dits impératifs et ceux dits fonctionnels purs, surtout que Darcs, qui a servit d'inspiration à pijul, est issu de la communauté Haskell.

    Bien que j'ai déjà lu des personnes défendant la position (qui se tient) que C est un langage fonctionnel pur.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: Singulier, pluriel, faut savoir !

    Posté par  . En réponse au journal [Jeu] Parser de l'écriture inclusive.. Évalué à 7.

    En anglais on peut faire des répétitions : "It's the right right, right?" :)

    La grammaire française n'aurait pas de trait positionnel permettant des répétitions du même genre : « j'ai le bon bon, bon ? » ? Voilà le même mot « bon » employé à la fois comme adjectif, substantif et adverbe, l'attribution de la bonne fonction grammaticale étant déterminée par sa position dans la phrase. La seule différence avec la langue anglaise dans cet exemple : le déterminant, qui est neutre et sans marque de nombre dans le cas anglais (c'est le substantif qui porte la marque du nombre, ici singulier, en anglais).

    Honnêtement, où l'anglais est plus KISS que le français ? Dans la tête de ceux qui ne connaissent pas bien la grammaire de leur langue maternelle ?

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: Singulier, pluriel, faut savoir !

    Posté par  . En réponse au journal [Jeu] Parser de l'écriture inclusive.. Évalué à 1.

    Notre administration devrait aussi s'inspirer du modèle hongrois pour sa communication envers les femmes victimes de viol : Si vous vous êtes faites violées, c'est aussi un peu de votre faute : fallait pas boire et se trémousser en boîte de nuit en tenue légère !

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: HS math : polynômes de complexe

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le Frido : un livre, libre, de mathématiques pour l’agrégation. Évalué à 2.

    Le but est d'avoir la précision "suffisante" (par exemple, on peut imaginer que des résultats de calcul d'image qui finisse en 8 bits peut permettre des simplifications).

    D'accord, si je comprends bien ta question c'est le problème inverse : si tu veux un précision sur 8 bits, tu t'en fous d'avoir un algorithme qui donne un résultat correcte, disons, sur 20 bits. Tu voudrais un générateur d'algorithme efficace en fonction de la précision souhaitée ?

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: HS math : polynômes de complexe

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le Frido : un livre, libre, de mathématiques pour l’agrégation. Évalué à 2.

    En général, les optimisations considèrent ses nombres comme des réels ce qu'ils ne sont pas.

    Tu veux dire que les compilateurs effectuent des optimisations qui altèrent la sémantique du code ??? ou que les codes écrits à la main considèrent les float comme des réels ?

    Est-ce totalement illusoire ?

    Non ça doit pouvoir se faire, si tu acceptes un temps de calcul plus long.
    Voir GMP, ou Num et ZArith pour OCaml.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: HS math : polynômes de complexe

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le Frido : un livre, libre, de mathématiques pour l’agrégation. Évalué à 2.

    Ici il y a plein de petites déviations de terminologie, qui dépend de la spécialité.

    C'est vrai. C'est d'ailleurs pour cela qu'au départ j'ai considéré tout corps comme étant commutatif mais pas nécessairement les anneaux : comme la discussion était sur l'algèbre linéaire, les corps des scalaires sont commutatifs mais les anneaux des matrices ne le sont pas.

    Sur les rapports entre anneaux et géométrie il y a le joli petit livre de Pierre Samuel “géométrie projective” qui part des axiomes de la géométrie plane pour retrouver le corps des scalaires sous-jascent (avec les figures que tu mentionnais) et redécouvre les corps finis dans son analyse.

    J'ai fait une recherche mais il ne semble plus être édité, et les occasions sont horriblement onéreuses. C'est dommage, à lire la présentation il doit être une bonne source d'intuitions et d'images pour la vulgarisation (sans compter le fait que j'ai toujours trouvé les approches de la géométrie projective particulièrement élégante :-).

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: HS math : polynômes de complexe

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le Frido : un livre, libre, de mathématiques pour l’agrégation. Évalué à 4.

    Et pour les octonions ont perd quoi en plus ?

    On perd l'associativité de la multiplication, il me semble.

    Petite correction sur mon commentaire précèdent : la véritable différence entre un corps et un anneau, c'est l'existence de la division (la multiplication est inversible). Il y a aussi des corps non commutatifs, comme celui des… quaternions. ;-)

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: HS math : polynômes de complexe

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le Frido : un livre, libre, de mathématiques pour l’agrégation. Évalué à 3.

    Pas vraiment, il en est question dans les racines de polynôme et pas vraiment dans les coeff ou autre courbe.

    Peut être, la terminal c'est loin pour moi. Ça doit être en première année d'enseignement supérieur alors, avec le théorème fondamental de l'algèbre : tout polynôme complexe non constant admet une racine (la preuve de Gauss, assez triviale, repose sur l'interprétation géométrique des complexes).

    Dans mon souvenir, le fait d'avoir un anneau et non plus un corp, commence à poser des problèmes dans l'associativité et/ou la transitivité.

    La différence entre un corps et un anneau, c'est la commutativité de la multiplication (cas de la composition de deux rotations). On définit pour cela le commutateur de deux éléments d'un anneau : [a,b]=ab-ba. Il est nul si et seulement si les deux éléments commutent. On peut le voir comme un polynôme a deux variables, et si l'on en fixe une, les racines du polynôme à une variable obtenu sont les éléments qui commutent avec elle.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: HS math : polynômes de complexe

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le Frido : un livre, libre, de mathématiques pour l’agrégation. Évalué à 2.

    Les complexes en géométrie 2D, c'est du niveau terminal.

    Oui, mais au départ il y a eu Baud qui a écrit :

    Le lien [complexe|quaternion|octonion] vers matrice n'étant pas forcément évident pour moi

    Pour les complexes, l'idée derrière le lien est celle que j'ai exposée dans mon commentaire. Pour les autres, il suffit d'augmenter les nombre de dimensions. Pour les quaternions, c'est de la dimension 4 et non de la 3D.

    Et dans ton premier commentaire tu poses la question :

    est-ce que les polynômes de complexe ou de quaternion existent et ont les mêmes propriétés que les polynômes avec des réels ?

    Les polynômes sur les complexes, c'est aussi du niveau terminal. ;-)

    Et mettre des polynômes la dessus, j'ai jamais vu de doc.

    Comme te l'a dit mickabouille, on définit généralement des polynômes sur tout ce qui à une structure d'anneau (dès qu'on peut ajouter, soustraire et multiplier des objets). On peut, par exemple, considérer des polynômes sur des matrices de dimension quelconque avec coefficients dans n'importe quel corps.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: HS math : polynômes de complexe

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le Frido : un livre, libre, de mathématiques pour l’agrégation. Évalué à 6.

    Ouch, t'es violent quant tu t'y mets ! :-P

    J'ai pas trop le temps de développer, ni de mettre de jolis dessins, mais ce serait peut être plus simple de commencer avec les complexes et leur interprétation en géométrie plane (un plan c'est plus simple et plus intuitif qu'une espace à 4 dimensions ou une sphère à 3 dimensions ;-).

    Disons que quand je lis l'équation i^2=-1, je l'interprète comme « deux quarts de tour font un demi-tour ». Les opérations algébriques (addition et multiplication) entre nombres complexes peuvent se voir comme des transformations du plan dans lui même :

    • l'addition c'est une translation
    • la multiplication c'est la composition d'une rotation et d'une dilatation (homothétie en langage mathématique).

    On pourrait faire des dessins pour les représenter géométriquement dans un plan :

    • l'addition c'est la diagonale d'un parallélogramme
    • la multiplication c'est la construction de deux triangles semblables (ils ont les même angles, c'est Thalès)

    Pour la multiplication de w par z : on voit w comme un point du plan et on construit le triangle qui a w pour sommet et le segment [0 ; 1] pour base. Le produit zw est le sommet du triangle semblable au précèdent avec pour base le segment [O ; z].

    Pour le lien complexe-matrice, quand on voit la multiplication par i comme une rotation d'un quart de tour dans le sens directe, cela revient à le voir comme la matrice :

    0   -1
    1    0
    

    ce qui se voit aussi sur l'équation i * (a + b * i) = (-b) + a * i.

    Pareil, un complexe de module 1 c'est une rotation, c'est à dire une transformation qui envoie un cercle sur lui-même quand son centre est celui de la rotation.

    Après, pour les quaternions c'est pareil mais en dimension 4 au lieu de la dimension 2, et ceux de normes 1 préservent une sphère de dimension 3 (= 4 - 1) au lieu d'une sphère de dimension 1 (= 2 - 1), i.e un cercle.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: pluriel optionnel

    Posté par  . En réponse au journal Écriture inclusive, comment la France a encore perdu une belle occasion de devenir leade(r|use).. Évalué à 4. Dernière modification le 03 octobre 2017 à 00:27.

    Oui, tu as raté quelque chose: la décohérence quantique.

    Ah bah non, j'ai rien raté en fait : la décohérence, cela a plus de vingt ans, et il ne me semble pas que cela répond à ma question (la physique quantique est loin d'être ma spécialité).

    La décohérence sert à expliquer l'absence de superposition quantique à l'échelle macroscopique. Pour un observable donné (disons celui de position) un système quantique est, antérieurement à toute mesure, dans un état indéterminé : son vecteur d'état est une disjonction d'états possibles dont la probabilité d'occurrence est déterminée par la valeur du produit scalaire dans une base donnée. Mais plus le système grossi, plus la probabilité de certains états tendent vers zéro et seul un état observable a une probabilité qui tend vers un : c'est la décohérence. Ça permet d'expliquer l'absence de phénomène type chat de Scrhödinger à l'échelle macroscopique ou l'absence d'interférence comme dans les fentes de Young.

    Permet-elle aussi d'expliquer la possibilité de déterminer conjointement deux observables qui ne commutent pas au niveau quantique ? Comme c'est le cas pour la position et l'impulsion, deux grandeurs qui sont nécessaire pour définir la notion de trajectoire.

    Cela étant même si elle le permettait, elle ne ferait que décrire le mouvement (sa cinématique) du pendule et non l'expliquer (sa dynamique). Pour expliquer la mouvement du pendule, il faudrait une théorie quantique de la gravitation, ce qui n'existe toujours pas à l'heure actuelle.

    Donc, c'est un très bon exemple que j'ai proposé: personne n'a du ajouter un mécanisme artificiel pour expliquer des lois différentes entre le microscopique et le macroscopique: les lois macroscopiques sont cohérentes avec la physique quantique.

    Pas convaincu que ce soit un bon exemple. Personne n'a besoin d'ajouter de mécanisme artificiel (la grammaire d'une langue) pour expliquer les inégalités entre les femmes et les hommes au sein d'une société.

    Et je n'ai toujours pas compris ta lecture du rasoir d'Occam. Pour citer Wittgenstein, comme foobarbaz, dans le même ouvrage :

    3.328 Si un signe n'a pas d'usage, il n'a pas de signification. Tel est le sens de la devise d'Occam. (Si tout se passe comme si un signe avait une signification, c'est qu'alors il en a une).

    Des exemples de bon usage en physique sont par exemple : l'espace absolu Newtonien et l'éther non pas d'usage, il ne signifie donc rien, on les vire (relativité restreinte); les mondes parallèles ou les théories à variables cachées en physique quantique, idem.

    Mais là je ne vois pas comment tu passes du commentaire de Dr BG au fait que l'interprétation qu'il en a reviendrait à rejeter la physique quantique au nom de l'observation d'un pendule.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: pluriel optionnel

    Posté par  . En réponse au journal Écriture inclusive, comment la France a encore perdu une belle occasion de devenir leade(r|use).. Évalué à 6.

    Si j'applique le rasoir d'Ockham localement, par exemple dans une expérience avec un pendule, cela va impliquer que la physique quantique doit être rejetée, car dans mon cas particulier local, on peut tout expliquer sans.
    Par contre, la physique quantique permet d'expliquer mon cas particulier + le reste, de manière cohérente et sans mécanisme particulier pour faire coller le tout ensemble (le cas quantique n'est pas "un nouveau monde régit par des lois nouvelles": les mêmes lois s'appliquent partout).

    Breaking news : la physique quantique et la relativité générale ont enfin été unifiées ! \o/

    J'étais passé à côté de ce commentaire, mais ce que tu écris est encore plus révolutionnaire que n'importe quelle proposition de réforme du français. L'expérience du pendule et sa dynamique est l'archétype des phénomènes gravitationnels (relevant donc de la relativité générale) et, aux dernières nouvelles, les principes de la physique quantique ne permettent pas d'expliquer ton cas particulier (le pendule). Aucun objet soumis à la physique quantique ne possède de trajectoire (les observables de position et d'impulsion ne commutant pas, ils sont soumis au principe d'incertitude de Heisenberg), ce qui n'est pas le cas d'un pendule. Ai-je raté quelque chose, dernièrement, dans les avancés de la physique ? On dispose d'une théorie quantique de la gravitation faisant consensus et vérifiée expérimentalement ?

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: Embauche a l’américaine

    Posté par  . En réponse au journal En marche. Évalué à 3.

    Justement qui représente les petits patrons dans cette négociation de la loi ?

    La Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME, ex-CGMPE) comme dans toutes les négociations du genre :

    La CPME (ex-CGPME), Confédération des Petites et Moyennes Entreprises, est une organisation patronale interprofessionnelle, privée et indépendante, dont la représentativité est officiellement reconnue.

    Elle assure la représentation et la défense de l'ensemble des petites et moyennes entreprises, tous secteurs confondus (industrie, commerce, services, artisanat), tant au niveau national, auprès des pouvoirs publics et des partenaires sociaux, qu'au niveau international. Elle regroupe à la fois des fédérations professionnelles, syndicats de métiers et des structures territoriales .

    Si j'en crois la conclusion de leur communiqué de presse sur le sujet (Réforme du code du travail : enfin !, au titre évocateur), leur analyse semble contraire à la tienne :

    Plus qu'une victoire de la CPME qui voit ainsi plusieurs de ses revendications historiques satisfaites, cette réforme traduit un changement en profondeur qui prend en compte la réalité des petites entreprises en leur ouvrant des facultés de dialogue jusqu'à présent réservé, en pratique, aux seules grandes entreprises. Employeurs et salariés des TPE/ PME en sortiront gagnants.

    Loin d'ếtre uniquement favorable aux grandes structures, la réforme leur ouvre des possibilités jusqu'alors réservées aux grosses structures représentées par le MEDEF.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

  • [^] # Re: Pourquoi du théorie des patch c'est bien

    Posté par  . En réponse au journal Pijul, un nouveau gestionnaire de source. Évalué à 2.

    C'est complètement faux, dans tous les cas. Git n'est jamais commutatif, au contraire : il ordonne scrupuleusement les commits, c'est même sa principale utilité.

    Il est tout de même possible de réordonner manuellement l'historique à coup de git rebase -i. Après contrairement à pijul, il faut le faire à main, rien ne garantie que les commits que l'on réordonne commutent, on peut supprimer un commit sans supprimer la clôture transitive de ses dépendances futures… C'est totalement casse-gueule, il faut être un git guru et avoir une connaissance précise de l'historique.

    Je t'accorde que c'est une conception assez étrange de l'informatique que de ne pas automatiser ce qui peut l'être, et cela sans filet de sécurité.

    Autre exemple du même mépris : toute boulangère ou boulanger qui se déplace de chez lui à sa boulangerie en passant par des rues a chaque jour une expérience directe des graphes orientés, avec des étiquettes sur les arêtes.

    À sa décharge, je ne pense pas que c'était du mépris vis à vis de sa boulangère, mais seulement qu'elle n'emploie pas le terme de « graphe orienté » pour décrire son déplacement dans des rues. Après je suis bien d'accord qu'elle en a une expérience directe et quotidienne, et que les raisonnements qu'elle effectue sont identiques à ceux que l'on fait en théorie des graphes. L'exemple historique typique sur le sujet est celui de Socrate faisant démontrer le théorème de Pythagore (sous la forme du problème de la duplication du carré) à un jeune esclave dans le dialogue du Ménon, en lui posant seulement des questions, laissant son auditeur y répondre tout seul, et introduisant seulement à la fin de leur échange le terme technique de diagonale du carré. L'art du mathématicien étant, comme le disait Poincaré, de donner le même à nom des choses qui se distinguent par leur contenu mais sont identiques dans leur forme.

    Cet exemple est loin d'être anodin : le seul truc que Pijul essaie de faire, c'est de modéliser proprement l'expérience directe et quotidienne de millions de programmeur, et d'implémenter une théorie conforme à leur expérience quotidienne directe.

    Ce qui est conforme à ce que doit faire toute bonne théorie : la théorie n'est que l'universelle pratique mise en principes.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.