À ma connaissance, les logiciels libres ont défini en premier la signification du terme "libre" en rapport avec la propriété intellectuelle (dans le contexte du droit d'auteur et des oeuvres de l'esprit). Logiciels, peintures, films, livres : même combat, c'est du pareil au même, les mêmes lois protègent leurs auteurs.
Là où la FSF a loupé son coup, c'est qu'elle n'a pas prévu l'extension de ce concept de "libre" aux autres oeuvres de l'esprit. La GPL est bien trop spécifique aux logiciels, et ça a ouvert un trou gigantesque dans lequel se sont engouffrés les CC, qui couvrent un grand ensemble de conditions de redistribution possibles, du domaine public (ou BSD-like) au droit d'auteur restreint (freeware-like). Mais autant on pouvait à coup sûr dire que les licences GNU étaient libres les yeux fermés (c'est pas totalement vrai d'ailleurs, voir l'horrible GFDL), autant on ne peut pas en dire autant des CC : dire que l'oeuvre est distribuée sous CC, ça n'a aucune signification quant à sa liberté. C'était, je pense, le but de la news.
Maintenant, certains viennent clamer que toutes les CC sont libres. Ils ne viennent pas le prouver, il viennent dire "ah oui mais on n'appelle pas "libre" la même chose". Pour moi, ça revient à retomber dans ce débat de cour d'école, où il faut expliquer que "pas libre" ne veut pas dire "mal", et que "gratuit" n'est pas suffisant pour être "libre".
Je ne vois pas ce qu'il y a de choquant à dire que dans un contexte différent, un même mot n'a pas la même définition.
Le contexte n'est pas différent, c'est bien ça le problème. Ces diffusions sous CC-nc et companie s'appuient sur les structures existantes du logiciel libre (ce site, par exemple, justement). Ça revient à surfer sur un mouvement, sans en partager la philosophie. Le terme "libre" et "liberté" est défini par rapport à un peuple ou à des individus. L'innovation apportée par la définition de GNU, c'est d'appliquer ce terme à des oeuvres de l'esprit, c'est à dire dans le cadre de la propriété intellectuelle. Je suis peut-être sectaire,mais je pense que cette définition doit avoir une priorité absolue dans ce domaine. Si je fais un film librement distribuable et modifiable, il est libre. Si je fais un film et je veux bien qu'on le copie, alors il est gratuit. Dire qu'il est libre, ça revient à usurper le mouvement de fond porté par les gens qui font vraiment du libre, en chipotant sur les définitions.
C'est marrant, j'ai l'impression qu'on assiste à un glissement sémantique par rapport à ce que peut vouloir dire "libre". Toutes proportions gardées, ça me fait penser au glissement qu'à connu le terme "sciences" ces dernières années.
1) il y a un consensus pour dire que le libre/ la science, c'est bien, ça fait du bien à l'humanité, ça correspond à la vision du monde tel qu'on le souhaite.
2) beaucoup de gens essayent de rattacher ce qu'ils font à ce concept : on voit apparaitre l'"art libre", ou les "sciences humaines".
3) peu à peu, tout ce qui n'est pas libre/sicentifique devient pourri. Un médecin ou un économiste se sent vexé quand on lui dit que sa discipline n'est pas scientifique, un artiste se sent humilié quand on lui dit que son oeuvre sous CC-nc n'est pas libre
4) les frustrés du point 3, qui ont souvent loupé le point de départ du mouvement (et donc sa philosophie sous-jacente), tentent de dévaluer le terme plutôt que de concéder que leur conception n'est pas partagée par les initiateurs des concepts.
5) un nouveau terme, souvent ridicule mais plus précis, apparaît (sciences dures, libre au sens de GNU...)
Pour les excités qui confondent libre et gratuit, la "liberté" du mouvement des logiciels libres se décline en :
* liberté d'"utilisation"
* liberté d'étudier
* liberté de diffusion
* liberté de modifier et de diffuser les modifications
Tout ce qui ne rentre pas dans ce cadre n'est pas libre. Ou alors, vous redéfinissez le concept, mais vous en profitez pour surfer sur le mouvement du libre, porté par les gens qui font du vrai libre, et ça c'est quand même assez répugnant comme comportement.
Si les artistes pensent que la diffusion gratuite devrait s'appeller "libre", alors il fallait y penser en premier.
Est-ce-que les licences CC sont libres au sens GNU du terme? Mais on s'en bat les couilles!!!!!
Mais tu t'en bats les couilles. Tu fais ce que tu veux avec tes couilles, ça te regarde, mais ne présume pas de l'intérêt des autres.
Moi ce que je vois c'est des contenus artistiques au minimum librement redifusable dans un cadre non commercial, et ça, c'est bon pour la culture.
Tu peux citer un post qui dit le contraire? Le monsieur ne te dit pas que c'est mal, il te dit que c'est pas libre.
Dans l'industrie du logiciel, les boîtes qui font du LL peuvent vendre du service, quand est-il de l'artiste?
Des concerts? Des expos? Des commandes privées? Des invitations à participer à des événements culturels? Du mécénat?
Plutot que de râler, remercions toutes les personnes qui diffusent leurs oeuvres sous licence cc-* d'offrir une culture accessible librement pour tous (ceux qui ont les moyens de se payer les lecteurs appropriés aux media diffusés).
OK. Ce que tu décris, ça a un nom. Ça ne s'appelle pas "libre", ça s'appelle "gratuit". Il y a encore des gens qui confondent libre et gratuit sur linuxfr?
C'est marrant, parce que je vois mal "Edouard de Rothschild" regarder le match de foot ce soir avec un bière à la main et des chips dans l'autre, entouré de copains hurlant des remarques à la finesse contestable sur la pilosité excessive des génitrices des joueurs portugais. Alors que "Rober Bidochon", si.
Je suis d'accord pour dire qu'un nom avec un "de" ne veut rien dire. Par contre, contrairement à ce que tu as l'air de penser, l'aristocratie existe encore dans la tête de ceux qui appartiennent à ces familles "prestigieuses", et qui font en général bien attention à qui ils introduisent dans leur famille et à leur "réputation".
Je pense que tu as tout à fait raison. Le fait est que le sujet est extrêmement technique, et que la plupart des gens s'en foutent, simplement. Non seulement ils s'en foutent, mais en plus ils ont appris à penser comme des moutons : "mon truc ne marche plus avec les anciens CD? Bah il en faut un neuf, alors", aidés en celá par la publicité, les vendeurs de la FNAC, et tristement, les "meilleurs copains" spécialistes en matos technologique.
La plupart des gens sont donc incapables de protéger leur propre liberté (et pire, ils sont prêts à s'enfermer eux-mêmes). Cette protection devrait être apportée par la loi, dictée par les instances dirigeantes de notre pays. Ce n'est évidemment pas le cas.
Mais où est l'absence de démocratie? Je ne la vois nulle part. Un gouvernement libéral, élu par une majorité, applique une politique libérale qui conduit vers une version extrême de la société de consommation, vers laquelle de toutes manières le grand public se dirige spontanément. Je ne vois que le la démocratie, justement. La démocratie n'a jamais sous-entendu l'adoption des lois les plus sensées et raisonnables, elle ne fait qu'imposer la liberté d'un peuple à choisir ses dirigeants, même si ces derniers sont carriéristes, incompétents et manipulateurs. Le peuple a choisi, la démocratie a parlé.
Seulement en France, et c'est démocratisé aux non-médecins (dentistes, infirmiers...). Les lobbys de l'ordre des médecins et des pharmaciens sont encore forts, et à ma connaissance, la "pratique illégale de la médecine" ne s'arrête pas aux médicaments : se faire payer pour remettre un genou en place, pour retirer une verrue, ou pour refaire des seins sans être médecin (ou profession médicale), c'est illégal -- quel que soit le résultat (efficace ou non) du procédé. C'est donc tout à fait normal que, quelle que soit l'efficacité de l'homéopathie, elle s'apparente à un acte médical, au moins aux yeux du patient, et elle ne peut pas être proposée comme n'importe qui.
Mais bon, je comprends que tu défendes l'homéopathie : si comme j'ai compris plus haut tu confonds une corrélation et un lien de cause à effet, on est mal partis au niveau du raisonnement rigoureux...
Ça alors, j'ai lancé un troll sur l'homéopathie sans même parler de l'homéopathie... Trop fort...
Quand au sujet du troll lui-même, personne n'a jamais nié que l'homéopathie n'avait pas d'effet. L'homéopathie a exactement le même effet que le placebo, effet qui est loin d'être négligeable (vous savez, c'est ce qui vous fait oublier le mal de crâne 5 minutes après la prise du Doliprane, alors que le cachet est à peine dissous dans l'estomac...).
Tout le problème sur le remboursement de l'homéopathie, c'est de savoir si, et si oui à quelle hauteur, il faut rembourser un médicament qui ne contient que du sucre en poudre. Parce que le prix est aussi un élément essentiel de l'effet placebo : si je te file un traitement gratuit, tu vas le trouver inefficace (de la même manière que tu vas trouver efficace un médoc à 1000¤ qui vient de sortir). Du coup, l'efficacité est corrélée au prix, et changer le prix, c'est changer l'efficacité du bouzin... La belle prise de tête, quoi.
Pour ceux qui sont persudés que l'homéopathie est un traitement miraculeux, c'est très bien pour eux : c'est ce qui fait l'efficacité du traitement. Par contre, qu'ils essayent de persuader les autres du bien fondé de leurs opinions, c'est logique, mais ça n'en est pas moins discutable. On dirait Rael qui défend son bout de viande ("de toutes manières la science ne peut tout expliquer, etc etc).
Au risque de choquer, je dirais même que le programme était annoncé à l'avance. Les gens ont voté pour ça : baisse des impots, donc privatisation des services publics. l'UMP est un parti à tendance libérale (car c'est vraiment de ça qu'il s'agit : du pur libéralisme), ile ne font qu'appliquer leurs solutions. Ce qui est une défaite pour la société est en quelque sorte une victoire de la démocratie... et c'est le même principe pour les DRM par exemple.
Contrairement à ce que certains beaufs décérébrés se complaisent à dire lascivement étendus sur un comptoir de bistro, finalement, le petit papier qu'on met dans l'enveloppe a peut-être encore son importance.
Et puis je pense aussi que le but de Google, c'est aussi l'expérimentation. L'innovation, c'est pas toujours vers des trucs qui semblent sûrs. J'ai les mêmes doutes que toi sur l'utilité du truc, mais si ça se trouve, dans 10 ans, tout le monde fonctionnera de cette manière.
Laissons leur le bénéfice du doute. Je préfère ça à une politique non innovante, dont le but n'est d'offrir qu'une énième alternative à la concurrence <troll inside> le premier qui parle d'OpenOffice, c'est lui, c'est pas moi </troll inside>
on devrais interdire l'utilisation de tous les mots car issus d'une oeuvre si on suis rigoureusement ce que tu dis
Mais bien sûr que non! Le mot, comme la note ou un nom de fonction dans un code, n'est pas soumis au droit d'auteur en tant que tel. Le CPI considère comme "oeuvre de l'esprit" toute création qui exprime la personnalité de l'auteur. Une lettre ne peut exprimer la personnalité de l'auteur, un mot non plus. Une phrase, par contre, si. Des groupes de mots particuliers également (je me rappelle d'une histoire il n'y a pas longtemps avec l'expression "le lundi au soleil"). Par contre "Il fait beau" ne relève certainement pas du droit d'auteur. La subtilité en fait, c'est ce qui existe entre la copie et le hasard : deux mots associés, c'est certainement du hasard. Trois, ca dépend. Quatre, cinq six? Ça n'est plus du hasard. Pour prendre un exemple, Prenons ta phrase : "Ensuite dire que les lois sur les drm vont faire pencher la balance".
1er mot : 32,500,000 occurrences dans Google
2 mots : 25,500
3 mots: 994
4 mots: 211
5 mots: 0 occurrences.
Apparemment, sur Internet, personne avant toi n'a jamais écrit "Ensuite dire que les lois". Étonnant, non? Rajoute "sur les drm", et là, tu peux être quasiment sûr que quelqu'un qui réutilise cette expression t'a copié. Une pharse, une demi phrase même, suffit à démontrer un plagiat : 5 mots suffisent à "exprimer la personnalité de l'auteur". Des centaines de personnes ont déja voulu dire la même chose, mais l'ont dite avec des mots différents : ces cinq mots t'identifient comme l'auteur unique de cette pensée. Pour les notes, ça doit être du même genre d'idées. Et cette unicité qui est prise en compte par la loi. En cas de doute, alors c'est un tribunal de trancher, mais je pense que les cas douteux sont extrêmement rares. Est-ce que ça te parait plus clair maintenant?
PS : j'ai par contre tout à fait le droit de réutiliser tes propos, ça rentre dans le cadre de la "courte citation" dans un but pédagogique, avec identifiaction de l'auteur. Malheureusement, la jurisprudence n'accorde le droit de citation que sur le texte : il n'est techniquement pas possible de citer une image (la citation doit reprendre seulement une faible partie de l'oeuvre originale) ni, plus étonnamment, une chanson (un extrait de 30s a déja été jugé non recevable vis-à-vis du droit de citation : 30s sur quelques minutes, c'est trop pour une citation).
OK, je crois que je n'ai pas été très clair. Je ne te parle pas de mes idées personnelles, mais du code de la propriété intellectuelle tel qu'il existe en France (c'est en gros la même chose dans les autres pays, si on oublie le "fair use" américain par exemple). Toi tu me parles de ton interprétation de ce que tu crois savoir comment ça marche dans l'île aux enfants. Mais non. Ton idée d'"interprétation" par exemple n'existe pas dans le code. Et ta joconde, ce n'est pas une interprétation, c'est une mauvaise copie. La reproduction de partoches, ce n'est pas de l'interprétation, c'est de la copie (par un autre moyen que la copie de fichier, mais la loi ne rentre pas dans les détails techniques). Je te cite les articles, et toi tu restes dans ton délire. Tu penses ou tu souhaites avoir le droit de ce que tu prétends être l'"interprétation". Tes exemples sont un bon gloubiboulga du droit de citation, de copie privée et de plagiat ; tu mets tout ça sous le terme "interprétation" qui n'a aucune existence légale et hop, ça y est, tu as argumenté. Alors soit tu vas te renseigner, lire la jurisprudence (il y a un exemple très intéressant avec un fichier MIDI (classiquement, les notes d'un morceau) et la SACEM : un fichier MIDI est bien une copie du morceau), lire le code (il est compliqué, mais fait rare pour un texte de loi, assez abordable par le commun des mortels). Mais le boulet qui crie "Je vous emmerde, j'ai le droit d'interpréter" à chaque fois qu'on te demande de clarifier ses propos, ça commence à me lasser.
Ça, c'était pour le côté légal. Maintenant, le débat est ouvert pour dire quels points de la loi sont bien, quels point sont mauvais, etc. Par exemple, ouvrir le droit d'"interpréter" à l'oreille les partitions, ça peut poser des problèmes. Typiquement, les sonneries casse-pompes de portables à télécharger pour seulement 3,95¤. Elles sont bien entendu reproduites "à l'oreille", tu souhaiterais que ni l'artiste, ni la maison de disque puisse avoir des droits là dessus? Chaque modification de la loi a des conséquences, certaines sont prévisibles, d'autres non (qui aurait pu prévoir ces histoires de sonneries de portable il y a 15 ans?). Les lois sur lesquelles les majors s'appuient pour faire fermer ces sites de partition sont les mêmes que celles qui protègent les auteurs contre les abus de ces mêmes majors, et tout est toujours plus compliqué que des rêves d'adolescents cannabinoïsés. Le message que je voulais faire passer, c'est que les lois actuelles étaient cohérentes, et qu'elles établissaient une sorte d'équilibre entre les libertés des consommateurs et les libertés des auteurs. Introduire des DRM inviolables ou au contraire anarchiser la diffusion des oeuvres, c'est faire pencher la balance vers quelque chose d'inconnu et c'est potentiellement dangereux.
Une dangereuse tendance se profile à l'horizon : l'hégémonie de Google.
Vu la tournure de l'article, ça ne ressemble méchamment pas à du deuxième degré... Ou alors faut être plus clair. Parce qu'apparemment, peu de gens ici ont compris le deuxième degré. Mea culpa si j'ai pas compris le ton de l'article... Mais je pense ne pas être le seul, alors.
Tu renie la partie 'interprétation' parce que ca te gene et ca ne rentre pas dans ton systeme de valeur, mais une interprétation n'est pas et ne sera jamais une copie , ne t'en déplaise.
Art. L. 122-3. La reproduction consiste dans la fixation matérielle de l'oeuvre par tous procédés qui permettent de la communiquer au public d'une manière indirecte.
Il va te falloir un sacré bon avocat pour plaider qu'une partition reproduite à l'oreille n'est pas une reproduction.
Art. L. 122-4. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la transformation, l'arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque.
Je crains que ta "joconde" ne tombe là dedans.
Ton seul espoir est dans l'article L 122-5:
Art. L. 122-5. Lorsque l'oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire :
... 4° La parodie, le pastiche et la caricature, compte tenu des lois du genre
Je ne comprends pas ce que tu entends par "interprétation". Soit c'est un travail dérivé (comme dans le cas d'une partition à l'oreille, ou de ta Joconde), et c'est illicite. Soit c'est un travail personnel, et c'est licite, mais ce n'est pas une "interprétation", c'est une "inspiration". Quelques définitions pour "interprétation"?
Fait de traduire les paroles d'un orateur ou le dialogue de deux ou plusieurs personnes. = traduction. Illégal.
Action d'expliquer, de chercher à rendre compréhensible ce qui est dense, compliqué ou ambigu; résultat de cette action = explication. Parfaitement légal, mais ni ta Joconde, ni l'histoire des partitions de musique, ne peuvent rentrer là dedans.
Action de donner un sens allégorique, symbolique, mystique à quelque chose; résultat de cette action. Un peu pareil à la précédente.
Action de jouer un rôle ou un morceau de musique en traduisant de manière personnelle la pensée, les intentions d'un auteur ou d'un musicien; résultat de cette action illicite sans l'autorisation de l'auteur (sauf en privé)
Action de reproduire (un modèle ou la nature) de manière personnelle, selon sa propre vision des choses. = reproduction. Illicite.
Donc évidemment, "interprétation" a plusieurs sens, donc c'est impossible de dire "L'interprétation d'une oeuvre est illégale". Mais c'est jouer sur les mots. Alors OK, selon toi, ce que tu appelles "interprétation" n'est pas une copie, ne m'em déplaise. Mais le code de la propriété intellectuelle, lui, considère la reproduction comme une copie, et mon dico considère qu'une "interprétation", dans ton sens, est bien une reproduction. Mon système de valeurs semble être identique à celui de la loi... Comme je l'ai déja dit, je n'aime pas ce système, mais il est cohérent. Ton "interprétation", c'est une idée amusante, mais elle induit tellement de nuances que dans les faits, elle est impossible à formaliser. Il existe au moins 5 définitions différentes pour le mot "interprétation"! "interpréter" ce n'est pas un fait. Soit tu reproduis, soit tu ne reproduis pas. Tu peux t'inspirer d'une oeuvre, mais seulement t'inspirer. Ta Joconde est une (mauvaise, désolé) copie, pomper un algo est aussi une copie, réecrire l'histoire d'un livre est un plagiat. Bienvenu dans le monde réel! :-)
Oui, je suis énervé parce je ne devrais pas avoir à argumenter sur des faits aussi basiques que le respect de la propriété intellectuelle.
Soit tu nies l'existence de la propriété intellectuelle (je pense que ça n'est pas une bonne idée, mais passons) : dans ce cas, tu peux trouver une certaine logique au système. On vit alors dans une sorte de communisme intellectuel, ou rien n'appartient à personne. Accessoirement, les films sont libres (ou plutôt "publiques"), les livres aussi, la musique aussi, etc. Il faut alors trouver un système alternatif pour faire vivre les gens dont c'est le métier. Mais ça se défend, c'est une vision idéaliste d'un monde utopique, mais ça peut marcher.
Le problème, c'est que je ne crois pas que ça soit la manière dont tu penses. D'après ce que tu as écris, tu voudrais que la propriété intellectuelle soit quelque chose d'extrêmement flexible, tout en nuances complexes, basées sur des idées comme "je suis gentil donc j'ai le droit de faire ça, mais Microsoft ils sont méchants donc ils n'ont pas le droit". Or, je ne t'apprends rien je pense, le logiciel libre, pour exister, a besoin d'un droit d'auteur très fort. Droit d'auteur au sens littéral : l'auteur doit pouvoir décider de ce que les autres font avec ses "créations". En tant qu'auteur d'un logiciel libre, par exemple, tu peux décider que ton code ne peut être redistribué que sous GPL. La moindre flexibilité dans ce principe, comme je l'ai déja dit plus haut, fait foirer tout le système : s'il est possible de changer les conditions de redistribution sans l'avis de l'auteur, alors le logiciel libre n'existe plus.
J'aimerais donc bien que tu m'expliques le monde dans lequel tu voudrais que tes enfants vivent. Tu voudrais qu'on puisse recopier une chanson, la modifier, la réinterpréter, sans l'avis de son auteur et sans le rétribuer? Ou tu places la limite? Tu voudrais qu'on puisse copier les chansons, en refaire des compilations, et les revendre sans rétribuer l'auteur? Pareil pour les logiciels? Pareil pour les films? Ça ressemble drôlement à une visions ultra-libérale du monde, non? Plus rien me protège les "petits", les petits logiciels libres, les petits chanteurs, etc. Sans l'exclusivité sur un film ou une chanson, plus de labels indépendants.
Ce que je te reproche, c'est que tu ne réalises pas les conséquences d'autoriser par la loi les oeuvres dérivées et la copie non privée, avec redistribution potentielle. Toi, tu ne vois que ton intérêt de particulier dans l'histoire : "ah ouais c'est cool la musique gratos, ah ouais cool de pouvoir échanger des partoches avec mes potes, de les mettre sur mon blog". Et puis de mettre des pubs sur ton blog, après? Pour gagner de l'argent? Un peu au début, puis beaucoup quand tu deviens le site n°1 de partoches gratuites? Jusqu'au jour ou quelqu'un va pomper ta base de données, issue de 5 ans de travail acharné, et créer partoche.com avec de la pub à la télé? Bah oui, plus de protection sur les bases de données...
Je ne dis pas que le système actuel est bon. Je pense qu'il est vicieux, notemment par la possibilité de transférer la gestion de ses droits à un tiers (maison de disque par exemple) qui ne va pas forcément défendre les intérets de l'auteur. Mais il a le mérite d'être dans une certaine mesure cohérent. Il a le mérite de préserver la liberté des auteurs (aux dépens de celle des consommateurs, je te l'accorde). On peut avec les lois actuelles faire du libre et du propriétaire, avec une cohabition (un peu foireuse, mais possible). Si tu fais sauter la protection accordée par le droit d'auteur, alors tout le monde, de facto, fait du libre. Comment tu vas justifier ça auprès des auteurs qui ne veulent pas ça? Tu appelles ça comment, si c'est pas du fascisme? D'un autre côté, les lois qui passent maintenant sont également liberticides, car elles tendent à faire pencher la balance du côté du modèle entièrement propriétaire. C'est certainement pas libéral, au contraire; ça revient à présevrer les bénéfices de quelques entreprises par des lois extrêmement fortes et contraignantes qui vont énormément réduire la liberté des consommateurs (copie privée par exemple).
Tu peux me trouver "borné" si tu veux. C'est pas très agréable d'avoir le rôle du mec chiant qui rappelle toujours "attention, c'est plus compliqué que ça", mais oui, je pense que la réalité est plus compliquée qu'un modèle de type "fête du slip pour ados boutonneux" qui résolverait tous les problèmes posés par ces grosses méchantes major du disque en laissant tout le monde faire ce qu'il veut, à peu de choses près, avec les créations des autres. Si tu me proposes un modèle qui garantisse un revenu aux auteurs, une liberté de controller la diffusion de leurs oeuvres, la liberté des consommateurs, la coexistence de plusieurs systèmes de distribution, la libre concurrence, et tout ça rendu possible dans le cadre actuel des règles du commerce mondial, alors on pourra aborder une discussion constructive. "le copyright ça pue, on peut pas pirater les mp3 comme on veut" me semble, par exemple, un mauvais point de départ pour une telle discussion...
Pas mieux. Je ne comprends pas vraiment le but de cet article, qui tourne autour d'une fumeuse théorie du complot teintée de paranoïa, avec en arrière plan une haine non dissimulée pour toute grande entreprise...
Google c'est pas l'île aux enfants. C'est une boîte, qui comme toutes les boîtes est là pour faire des sous (pas forcément des bénéfices : les sous servent aussi à payer les employés et à investir). Pour faire des sous, elle a décidé de se baser principalement sur l'innovation, en proposant soit des services beaucoup plus efficaces que les concurrents (moteur de recherche), soit des services inexistants ailleurs, et qui n'auraient peut-être pas existé avant 20 ans sans Google (Google Earth par exemple), soit des services de base, mais gratuits (alors que souvent payants ou beacoup moins efficaces ailleurs) (gmail par exemple).
Pour faire des sous, Google a aussi décidé d'investir dans le logiciel libre, et la séduction des communautés d'utilisateurs (libres ou non, d'ailleurs). Ils font aussi peut-être ça parce qu'ils croient au logiciel libre (ils ne seraient probablement rien sans lui), et parce que ça embête bien leurs concurrents au passage.
Pour moi, Google est une boîte modèle du XXIe siècle, contrairement aux "vieux" monstres du XXe (Microsoft, Sun...). Pas empêtrée dans des principes fondateurs castrateurs (à mon avis, si dans 3 ans le LL commence à puer à cause des brevets et des lois libérales, Google se désengagera vite fait), cherchant à séduire en démontrant (et non pas en promettant), engagée à fond dans l'innovation, et décidée à jouer un rôle dans l'avenir du web et des technologies de communication. Tout cela dans un respect assez impressionnant des libertés individuelles, et une démarche apparemment humaniste (sans être suicidaire : on bride les résultats du moteur de recherche en Chine, mais on va le raconter à tout le monde). Si seulement toutes les boîtes étaient comme Google, on vivrait dans un monde bien meilleur. Alors la parano psychotique...
De la même manière que tu peux retranscrire de la musique à l'oreille, tu peux retranscrire une recette de cuisine au gout.
Non. J'ai déja expliqué plus haut pourquoi. La recette ne relève pas du droit d'auteur, la musique, si.
Et la je ne parle pas de copie mais de retranscription.
C'est pareil. J'ai déja expliqué plus haut aussi. Le moyen par lequel tu réalises la copie ne rentre pas en ligne de compte. Si j'apprends par coeur un bouquin et que je le recopie 3 jours après, je suis coupable de contrefaçon.
avec un retranscription, tu ne copie pas, tu interprètes.
Non. Et même si? Une "interprétation" est une oeuvre dérivée, c'est interdit. Encore une fois, le matériel que tu copies ne t'"appartient" pas intellectuellement parlant, que ce soit pour un texte, pour une musique, pour un film, pour une sculpture, un tableau, un bâtiment... Quand tu achètes un CD, tu achètes une forme de licence d'utilisation, pas de ré-utilisation!
ou s'arrête la retransription d'un oeuvre musicale
Exactement au même endroit que la retranscription d'un texte. Combien de mots peux-tu copier d'un texte avant de pouvoir être accusé de plagiat? Une phrase? un groupe de mots? un mot? une lettre? En cas de conflit, c'est au juge de décider. En attendant, la logique veut de mettre la limite là où le hasard n'est plus possible. Et si t'es capable de composer une chanson avec deux mesures identiques à un autre, sans que tu en aies connaissance, t'es vachement fort. Donc la limite se situe probablement entre le groupe de notes et la mesure.
Je ne comprends pas pourquoi tu réagis comme ça. C'est quoi ton "truc"? L'anarchie? Tout le monde fait ce qu'il veut avec le travail des autres? Ou un libéralisme extrême, où rien n'est controllable par la loi? Dans tous les cas, avec ta vision des choses, le logiciel libre par exemple est impossible : si n'importe qui peut s'inspirer du code d'un logiciel pour le mettre dans un autre, fermé, sans respecter les licences, sans demander l'avis des auteurs, alors la GPL par exemple n'a absolument aucun sens!
En tout cas, ce que tu appelles "liberté", moi j'appelle ça du fascisme (-> PointGodwin++). De quel droit tu veux décider pour les autres? La propriété intellectuelle n'a rien de malsain en elle même, c'est un rempart qui protège avant tout les auteurs (même si elle est fréquemment détournée), et la liberté des auteurs à diffuser leur oeuvre selon leurs propres désirs. Au passage, encore une fois, la propriété intellectuelle par exemple ne remet absolument pas en cause le droit à la copie privée : tu as parfaitement le droit de retranscrire, dessiner, interpréter, etc. les oeuvres des autres, les commenter, les analyser... Mais, simplement, c'est "privé" : tu gardes ça pour toi, seul l'auteur est en droit de dire ce que tu peux en faire.
C'est quoi la YYY? Tu veux sortir une BD qui s'appelle "Bouille et Bille"? Non, t'as pas le droit. Tu veux filmer "DaVinci Code 2" avec ton camescope et le proposer en diffusion publique? Non t'as pas le droit. Bien sûr que non, t'as pas le droit.
Si t'es un auteur, tu proposes un manuscrit à une maison d'édition, ils te disent non et 6 mois après tu retrouves une copie grossière de ton truc sous presse, ils n'ont pas le droit non plus. Tu écris un logiciel libre, et tu t'aperçois qu'une boîte vend le même soft sans respecter la licence, en ayant changé le nom des variables : non, ils n'ont pas le droit. Ahméwiménon... bah si.
Le principe de la propriété intellectuelle est simple (ce sont les détails qui sont compliqués): il est globalement interdit de faire quoi que ce soit qui ne soit pas autorisé par l'auteur. En tant qu'auteur, TU décides : librement redistribuable, sous telle licence, dans telles conditions, en payant telle redevance, travaux dérivés interdits ou autorisés, avec demande d'autorisation de l'auteur ou non, etc. Si tu n'es pas d'accord avec les conditions proposées par l'auteur, alors tu ne fais rien. De quel droit tu pourrais te permettre de recopier un tableau, et le diffuser en l'appellant "tableau 2"? Tu parles de liberté, mais tu n'imagines même pas que la liberté de l'auteur puisse être de décider de ce qu'on peut faire ou non avec son travail? Si toi, en tant qu'auteur, tu diffuses tout dans le domaine public, c'est ta liberté. Si un autre auteur ne veut pas, tu voudrais l'en empêcher? Il crée une oeuvre, te donne le droit de la regarder, de la critiquer, de profiter intellectuellement de son oeuvre, et tu voudrais avoir le droit, du coup, de faire ce que TOI tu veux avec? Ta conception de la liberté est bien étrange...
Des partitions retranscrites à l'oreille sont en vente libre en magasin spécialisé
T'es vraiment sûr de ça??? Ça me parait complètement illégal, et même pas discutable. La partition est le fruit du travail de l'auteur, et sa copie (le code de la propriété intellectuelle dit "par quelque procédé que ce soit") est bien entendu interdite (sauf évidemment avec l'accord des ayant-droits). Et la recopie "à l'oreille" est un moyen comme un autre de recopier la musique. Tu n'as pas non plus le droit de dessiner un tableau qui n'est pas dans le domaine public, ni de recopier "à l'oreille" un discours et d'en faire ce que tu veux. Et c'est très bien comme ça, sinon les auteurs se feraient complètement piller.
Selon toute vraisemblance, les partitions en vente dans les magasins spécialisés sont les partitions d'origine, ou adaptées avec l'accord des ayant-droit. Autrement, c'est des photocopies vendues sous le manteau dans des boutiques sombres :-)
Pour bien comprendre l'absurdité, prendre l'exemple des recettes de cuisine
Je dois dire que je ne comprends pas la comparaison. Le texte des recettes de cuisine relèvent du droit d'auteur, tu n'as pas le droit de pomper un livre de cuisine pour le mettre sur Internet par exemple. Par contre, les recettes elles-mêmes ne peuvent pas être protégées, elles relèvent du savoir faire et de la technique (ce ne sont pas des oeuvres de l'esprit). les recettes de cuisine sont donc plus proches des histoires de brevets que des droits d'auteur.
Si je comprends bien ce que tu veux dire, tu trouves normal de brailler parce qu'avant, un certain laxisme te permettait de faire quelque chose d'illégal, et que maintenant ce laxisme diminue et tu ne pourras plus le faire? Je ne vois pas vraiment ce qu'il y a de "liberticide" à empêcher la diffusion d'oeuvres de l'esprit sans l'accord des ayant-droits, c'est même la base du droit d'auteur. Encore une fois, absolument rien ne t'empêche de recopier toi-même les paroles d'une chanson, de "retrouver" la partition, et de chanter et jouer dans ton garage. C'est ça ta liberté. La diffusion de ces informations, par contre, relèvent de la liberté des auteurs, qui ont le droit de décider, comme tout le monde, des conditions dans lesquelles leur oeuvre peut être diffusée et réutilisée.
Heu, je ne crois pas que c'est nouveau, ça a toujours été le cas : une partition ça coute sacrément cher, si on pouvait les avoir légalement gratuites, ça se saurait depuis longtemps...
Comme toujours, pour l'instant, rien ne t'empêche de le faire pour toi. Mais tu ne peux pas le diffuser.
Désolé d'interrompre ce troll passionnant, mais il y a toujours quelque chose que je ne comprends pas dans cette histoire de développer un logiciel libre qui lit les trucs DRM. Si j'ai bien tout compris, le DRM implique le décryptage d'un flux crypté à l'aide d'une clef (fournie selon les conditions choisies par le distributeur). Mais une fois le flux décrypté, il est là, tout nu, dans le logiciel libre, qu'il soit GPL, LGPL ou ce que vous voulez. 1) si je peux voir le film sur l'écran, c'est que je peux capturer l'image/son d'une manière ou d'une autre, que le logiciel soit libre ou non, et 2) si le logiciel est libre et qu'il fait juste appel à une bibliothèque binaire pour décoder le flux, ce flux est décrypté à la sortie de la bibliothèque et on peut en faire ce qu'on veut, ce qui se résume au point 1), mais sans la nécessité de passer par le système (serveur X par exemple) pour récupérer le flux de données, non?
J'ai bien l'impression que pour que le DRM fonctionne, il faut qu'il marche de bout en bout sur une chaine DRMisée : du processeur à l'écran, en passant par le système d'exploitation. Là, OK, la seule manière de récupérer le flux, c'est en analogique (mais bon, pour le son par exemple, la perte ne doit pas être gigantesque avec du matos approprié). Mais si seule une brique du système est DRM, alors il y a des milliers de moyens de récupérer le flux de données n'importe ou entre son décodage et sa sortie. La seule "protection" de l'"oeuvre" n'est donc plus du tout le cryptage, mais une loi éventuelle qui empêche (au moins légalement) cette récupération. Dans ce cadre là, je ne vois aucun moyen d'écrire un logiciel libre qui ne puisse pas être considéré comme une incitation à détourner le flux: même si l'algo de décryptage est obfusqué par exemple (ahah, quelle protection :-) ), on s'en fout ; il suffit de diriger la sortie de l'algo vers un fichier au lieu de l'écran ; c'est probablement à la portée de n'importe quel noob un peu curieux.
Bref, la question ne semble pas être "est-il légal de lire un flux DRM avec un logiciel libre?", parce que si c'est légal, autant ne pas adopter les DRM (à moins que le but soit de pourrir un peu la vie des développeurs). La question est plutôt "Le fonctionnement des logiciels libres est-il compatible avec toute technologie propriétaire?", et ça, je crains que la réponse soit "non" : oui, on fait tourner Linux, Xorg, Mandriva... avec des bouts de code proprio, on utilise le droit à l' intercompatibilité pour, finalement, dévoiler les spécification techniques des cartes graphiques etc. Mais au final, cette situation est complètement bancale : de moins en moins de distributions sont vraiment "libres", les développeurs prennent toujours un risque -- fin du support du pilote binaire par la boite qui a pondu le truc, bugs irréparables... Bill Gates décrit le logiciel libre comme un cancer, mais il est pas con Bill Gates, il sait très bien que le libre peut aussi être pourri par ce même type de cancer. Et je pense que la communauté du libre est aussi responsable de ça, parce qu'elle ne veut pas accepter que les genres ne puissent pas être mélangés : les gens veulent lire leur CD de Lorie avec Linux, mais je ne vois pas vraiment comment ils auraient le pouvoir d'imposer ça aux majors dont le but est de vendre de la musique, beaucoup de musique, sous des centaines de formats différents, et de controller leur diffusion. Immoral? Peut-être, mais peut-être pas ; après tout, c'est leur musique, non?
Oui, mais le problème c'est qu'OpenOffice reste la seule suite bureautique alternative à MS Office. Alors oui, OpenOffice n'est pas portable, OpenOffice est plein de bugs, OpenOffice n'est pas convivial, OpenOffice n'avance pas assez vite pour combler son retard avant le sortie de la nouvelle suite Microsoft (en gros, il a une bonne génération de retard).
De plus, OpenOffice est un des seuls moyens de faire de l'OpenDocument à l'heure actuelle, OpenDocument reste donc un pari sur le futur, parce que le présent, c'est pas glorieux.
Alors oui, dans l'île aux enfants, Microsoft Office se met à l'OpenDocument et OpenOffice domine le marché. Dans le monde réel, MS développe son format, le normalise, et évidemment écrabouille le format OpenDocument qui reste un truc de geeks et de linuxiens.
Mais là, ce qui fait mal, c'est qu'il y avait moyen de faire autrement. Le point de départ (Star Office) était mieux que rien, ca fonctionnait déja et ça avait déja un marché. Je ne veux pas dire "j'aurais fait mieux", je n'aurais certainement pas fait mieux, mais je suis juste déçu de l'évolution d'OO: la dépendance au java le rend difficile à installer, dépendant de composants pas forcément libres ni disponibles sur toutes les plate-formes, sa conception semble rendre son portage difficile (sous Mac, mais aussi dans les environnements Gnome et KDE), son développement a penché vers une politique du "tout Windows", il faut toujours 3 minutes pour le lancer, etc etc.
Bref, le logiciel libre, c'est bien, mangez-en. Les formats ouverts, c'est bien, mangez-en. Mais il semble être interdit ici de dire "OpenOffice sux", et ça, c'est pas normal, parce qu'il faut quand même bien dire qu'OpenOffice ca sux un peu. Ca tient la comparaison avec KWrite et AbiWord par exemple (même si je préfère ces petits pour l'utilisation que j'en fais), mais ça reste loin de l'ergonomie, de la réactivité et des "petits trucs" de MS Office, et c'est pour ça qu'openOffice a un mal fou à décoller. Les professionnels ne sont pas des bouzeux attardés : s'ils ont mis leurs serveurs sous Linux, c'est parce que c'était mieux. S'ils gardent leurs clients sous Windows avec le Pack Office, c'est parce que c'est mieux. Et si OpenOffice veut conquérir le marché, il faut non seulement jouer sur la politique (et ces histoires de format ouvert, c'est bien de la politique), mais aussi sur la qualité.
Ils ont plusieurs possibilités :
Oui, Apple a plusieurs possibilités, mais Microsoft n'en a qu'une : "il est quasiment impossible de produire des fichiers OD avec une suite bureautique sur Mac". Qu'est ce que tu peux répondre à ça? "AbiWord c'est bon, mangez-en?"
Je pense que le merdier ne vient pas d'Apple, mais bien de Sun: le portage sur Mac de softs complexes (comme Gimp ou Firefox) est possible, si ça n'est pas le cas pour OO, c'est à cause d'une volonté (ou d'un manque de volonté) politique. En tout cas, je sais bien qu'on est sur LinuxFr, mais bon, j'espère que les citations du genre "Apple va se marginaliser", ou "Microsoft va se marginaliser", c'est du deuxième degré ou on ne vit pas dans le même monde... "Voici venuuu le teeemps des rires et des chants..."
Pour toi peut-être, mais je pense que beaucoup de gens préfèrent se servir d'un logiciel facile à utiliser plutôt que d'un logiciel libre, et ton patron aussi. Pour changer, il faut avoir une raison. Certes, le côté financier en est une, le côté philosophique aussi, mais après tout, l'efficacité du bouzin en question doit entrer en ligne de compte, non?
Justement, la portabilité est un argument choc pour le logiciel libre : "Si ton soft est libre, alors quelqu'un aura bien l'idée et le courage de le porter sur ta plate forme". Bon, bah pour OpenOffice et mac, c'est râpé pour l'instant, et le problème se pose depuis plusieurs années, donc bon... Je constate juste que M$ Office est porté sur Mac, et pas OO, c'est tout!
Moi on m'a filé un Mac pour bosser ici, et j'installe les softs que je veux. J'ai donc mis FireFox, Thunderbird, Gimp etc etc. Mais pour OpenOffice, désolé, c'est du masochisme. Du coup je ne peux pas le conseiller aux autres non plus. Et AbiWord, c'est gentil mais bon... Bref, vive latex (mais ça non plus, pour le conseiller aux autres, faut être gonflé).
Il faut s'attendre à une percée d'OpenOffice.org plus forte encore que celle de Firefox car la suite MS-Office n'est pas incluse dans le pack Windows contrairement à IE.
En tout cas, pas sur Mac : autant Firefox, Thunderbird etc. sont bien intégrés, autant pour OpenOffice, c'est pas gagné : c'est terriblement lent et/ou moche et/ou buggué, selon les options choisies (via X11 ou natif). Du coup, ça laisse un champ incroyable à Word et Excel, que je n'avais pas utilisé depuis --ouhlala-- des années, et c'est drôlement dommage.
Et puis Firefox et compagnie, ils ont aussi envahi le marché à coup de "Killer Features", ou de "best of" (on pique les killer features des autres et on les regroupe dans le même soft). Pour OpenOffice, c'est pas gagné non plus, car malgré toute la mauvaise foi que je peux mettre là dedans, étant obligé de bosser avec Word, je ne peux que constater que niveau ergonomie, c'est quand même bien foutu (par contre Excel c'est bien pourri, ça doit aussi être une affaire de goût). Word est buggué, mais OpenOffice aussi. Donc bon... c'est bien de faire des séances de masturbation collective entre geeks, mais il faut quand même qu'OpenOffice, à part le côté "libre et gratuit et ouvert", il n'a pas d'avantage flagrant.
[^] # Re: guerreau
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Les licences Creative Commons et la liberté. Évalué à 6.
Là où la FSF a loupé son coup, c'est qu'elle n'a pas prévu l'extension de ce concept de "libre" aux autres oeuvres de l'esprit. La GPL est bien trop spécifique aux logiciels, et ça a ouvert un trou gigantesque dans lequel se sont engouffrés les CC, qui couvrent un grand ensemble de conditions de redistribution possibles, du domaine public (ou BSD-like) au droit d'auteur restreint (freeware-like). Mais autant on pouvait à coup sûr dire que les licences GNU étaient libres les yeux fermés (c'est pas totalement vrai d'ailleurs, voir l'horrible GFDL), autant on ne peut pas en dire autant des CC : dire que l'oeuvre est distribuée sous CC, ça n'a aucune signification quant à sa liberté. C'était, je pense, le but de la news.
Maintenant, certains viennent clamer que toutes les CC sont libres. Ils ne viennent pas le prouver, il viennent dire "ah oui mais on n'appelle pas "libre" la même chose". Pour moi, ça revient à retomber dans ce débat de cour d'école, où il faut expliquer que "pas libre" ne veut pas dire "mal", et que "gratuit" n'est pas suffisant pour être "libre".
[^] # Re: Un contenu libre!
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Les licences Creative Commons et la liberté. Évalué à 4.
Le contexte n'est pas différent, c'est bien ça le problème. Ces diffusions sous CC-nc et companie s'appuient sur les structures existantes du logiciel libre (ce site, par exemple, justement). Ça revient à surfer sur un mouvement, sans en partager la philosophie. Le terme "libre" et "liberté" est défini par rapport à un peuple ou à des individus. L'innovation apportée par la définition de GNU, c'est d'appliquer ce terme à des oeuvres de l'esprit, c'est à dire dans le cadre de la propriété intellectuelle. Je suis peut-être sectaire,mais je pense que cette définition doit avoir une priorité absolue dans ce domaine. Si je fais un film librement distribuable et modifiable, il est libre. Si je fais un film et je veux bien qu'on le copie, alors il est gratuit. Dire qu'il est libre, ça revient à usurper le mouvement de fond porté par les gens qui font vraiment du libre, en chipotant sur les définitions.
[^] # Re: guerreau
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Les licences Creative Commons et la liberté. Évalué à 10.
1) il y a un consensus pour dire que le libre/ la science, c'est bien, ça fait du bien à l'humanité, ça correspond à la vision du monde tel qu'on le souhaite.
2) beaucoup de gens essayent de rattacher ce qu'ils font à ce concept : on voit apparaitre l'"art libre", ou les "sciences humaines".
3) peu à peu, tout ce qui n'est pas libre/sicentifique devient pourri. Un médecin ou un économiste se sent vexé quand on lui dit que sa discipline n'est pas scientifique, un artiste se sent humilié quand on lui dit que son oeuvre sous CC-nc n'est pas libre
4) les frustrés du point 3, qui ont souvent loupé le point de départ du mouvement (et donc sa philosophie sous-jacente), tentent de dévaluer le terme plutôt que de concéder que leur conception n'est pas partagée par les initiateurs des concepts.
5) un nouveau terme, souvent ridicule mais plus précis, apparaît (sciences dures, libre au sens de GNU...)
Pour les excités qui confondent libre et gratuit, la "liberté" du mouvement des logiciels libres se décline en :
* liberté d'"utilisation"
* liberté d'étudier
* liberté de diffusion
* liberté de modifier et de diffuser les modifications
Tout ce qui ne rentre pas dans ce cadre n'est pas libre. Ou alors, vous redéfinissez le concept, mais vous en profitez pour surfer sur le mouvement du libre, porté par les gens qui font du vrai libre, et ça c'est quand même assez répugnant comme comportement.
Si les artistes pensent que la diffusion gratuite devrait s'appeller "libre", alors il fallait y penser en premier.
[^] # Re: Un contenu libre!
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Les licences Creative Commons et la liberté. Évalué à 2.
Mais tu t'en bats les couilles. Tu fais ce que tu veux avec tes couilles, ça te regarde, mais ne présume pas de l'intérêt des autres.
Moi ce que je vois c'est des contenus artistiques au minimum librement redifusable dans un cadre non commercial, et ça, c'est bon pour la culture.
Tu peux citer un post qui dit le contraire? Le monsieur ne te dit pas que c'est mal, il te dit que c'est pas libre.
Dans l'industrie du logiciel, les boîtes qui font du LL peuvent vendre du service, quand est-il de l'artiste?
Des concerts? Des expos? Des commandes privées? Des invitations à participer à des événements culturels? Du mécénat?
Plutot que de râler, remercions toutes les personnes qui diffusent leurs oeuvres sous licence cc-* d'offrir une culture accessible librement pour tous (ceux qui ont les moyens de se payer les lecteurs appropriés aux media diffusés).
OK. Ce que tu décris, ça a un nom. Ça ne s'appelle pas "libre", ça s'appelle "gratuit". Il y a encore des gens qui confondent libre et gratuit sur linuxfr?
[^] # Re: Ou va libération?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Il n'a de libre que le nom. Évalué à -1.
Je suis d'accord pour dire qu'un nom avec un "de" ne veut rien dire. Par contre, contrairement à ce que tu as l'air de penser, l'aristocratie existe encore dans la tête de ceux qui appartiennent à ces familles "prestigieuses", et qui font en général bien attention à qui ils introduisent dans leur famille et à leur "réputation".
[^] # Re: Article
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le projet de loi DADVSI adopté. Évalué à 5.
La plupart des gens sont donc incapables de protéger leur propre liberté (et pire, ils sont prêts à s'enfermer eux-mêmes). Cette protection devrait être apportée par la loi, dictée par les instances dirigeantes de notre pays. Ce n'est évidemment pas le cas.
Mais où est l'absence de démocratie? Je ne la vois nulle part. Un gouvernement libéral, élu par une majorité, applique une politique libérale qui conduit vers une version extrême de la société de consommation, vers laquelle de toutes manières le grand public se dirige spontanément. Je ne vois que le la démocratie, justement. La démocratie n'a jamais sous-entendu l'adoption des lois les plus sensées et raisonnables, elle ne fait qu'imposer la liberté d'un peuple à choisir ses dirigeants, même si ces derniers sont carriéristes, incompétents et manipulateurs. Le peuple a choisi, la démocratie a parlé.
Je crois que je vois tout en noir aussi, hein?
[^] # Re: Faire appliquer la loi.
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche L'Éducation nationale vend les produits de Microsoft dès la maternelle. Évalué à 3.
Seulement en France, et c'est démocratisé aux non-médecins (dentistes, infirmiers...). Les lobbys de l'ordre des médecins et des pharmaciens sont encore forts, et à ma connaissance, la "pratique illégale de la médecine" ne s'arrête pas aux médicaments : se faire payer pour remettre un genou en place, pour retirer une verrue, ou pour refaire des seins sans être médecin (ou profession médicale), c'est illégal -- quel que soit le résultat (efficace ou non) du procédé. C'est donc tout à fait normal que, quelle que soit l'efficacité de l'homéopathie, elle s'apparente à un acte médical, au moins aux yeux du patient, et elle ne peut pas être proposée comme n'importe qui.
Mais bon, je comprends que tu défendes l'homéopathie : si comme j'ai compris plus haut tu confonds une corrélation et un lien de cause à effet, on est mal partis au niveau du raisonnement rigoureux...
[^] # Re: Faire appliquer la loi.
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche L'Éducation nationale vend les produits de Microsoft dès la maternelle. Évalué à 5.
Quand au sujet du troll lui-même, personne n'a jamais nié que l'homéopathie n'avait pas d'effet. L'homéopathie a exactement le même effet que le placebo, effet qui est loin d'être négligeable (vous savez, c'est ce qui vous fait oublier le mal de crâne 5 minutes après la prise du Doliprane, alors que le cachet est à peine dissous dans l'estomac...).
Tout le problème sur le remboursement de l'homéopathie, c'est de savoir si, et si oui à quelle hauteur, il faut rembourser un médicament qui ne contient que du sucre en poudre. Parce que le prix est aussi un élément essentiel de l'effet placebo : si je te file un traitement gratuit, tu vas le trouver inefficace (de la même manière que tu vas trouver efficace un médoc à 1000¤ qui vient de sortir). Du coup, l'efficacité est corrélée au prix, et changer le prix, c'est changer l'efficacité du bouzin... La belle prise de tête, quoi.
Pour ceux qui sont persudés que l'homéopathie est un traitement miraculeux, c'est très bien pour eux : c'est ce qui fait l'efficacité du traitement. Par contre, qu'ils essayent de persuader les autres du bien fondé de leurs opinions, c'est logique, mais ça n'en est pas moins discutable. On dirait Rael qui défend son bout de viande ("de toutes manières la science ne peut tout expliquer, etc etc).
[^] # Re: Faire appliquer la loi.
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche L'Éducation nationale vend les produits de Microsoft dès la maternelle. Évalué à 9.
Contrairement à ce que certains beaufs décérébrés se complaisent à dire lascivement étendus sur un comptoir de bistro, finalement, le petit papier qu'on met dans l'enveloppe a peut-être encore son importance.
[^] # Re: Waouh !!! Mais ça sert à quoi ?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Google de plus en plus proche du libre (?). Évalué à 6.
Laissons leur le bénéfice du doute. Je préfère ça à une politique non innovante, dont le but n'est d'offrir qu'une énième alternative à la concurrence <troll inside> le premier qui parle d'OpenOffice, c'est lui, c'est pas moi </troll inside>
[^] # Re: Plus fort que tout ...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 5.
Mais bien sûr que non! Le mot, comme la note ou un nom de fonction dans un code, n'est pas soumis au droit d'auteur en tant que tel. Le CPI considère comme "oeuvre de l'esprit" toute création qui exprime la personnalité de l'auteur. Une lettre ne peut exprimer la personnalité de l'auteur, un mot non plus. Une phrase, par contre, si. Des groupes de mots particuliers également (je me rappelle d'une histoire il n'y a pas longtemps avec l'expression "le lundi au soleil"). Par contre "Il fait beau" ne relève certainement pas du droit d'auteur. La subtilité en fait, c'est ce qui existe entre la copie et le hasard : deux mots associés, c'est certainement du hasard. Trois, ca dépend. Quatre, cinq six? Ça n'est plus du hasard. Pour prendre un exemple, Prenons ta phrase : "Ensuite dire que les lois sur les drm vont faire pencher la balance".
1er mot : 32,500,000 occurrences dans Google
2 mots : 25,500
3 mots: 994
4 mots: 211
5 mots: 0 occurrences.
Apparemment, sur Internet, personne avant toi n'a jamais écrit "Ensuite dire que les lois". Étonnant, non? Rajoute "sur les drm", et là, tu peux être quasiment sûr que quelqu'un qui réutilise cette expression t'a copié. Une pharse, une demi phrase même, suffit à démontrer un plagiat : 5 mots suffisent à "exprimer la personnalité de l'auteur". Des centaines de personnes ont déja voulu dire la même chose, mais l'ont dite avec des mots différents : ces cinq mots t'identifient comme l'auteur unique de cette pensée. Pour les notes, ça doit être du même genre d'idées. Et cette unicité qui est prise en compte par la loi. En cas de doute, alors c'est un tribunal de trancher, mais je pense que les cas douteux sont extrêmement rares. Est-ce que ça te parait plus clair maintenant?
PS : j'ai par contre tout à fait le droit de réutiliser tes propos, ça rentre dans le cadre de la "courte citation" dans un but pédagogique, avec identifiaction de l'auteur. Malheureusement, la jurisprudence n'accorde le droit de citation que sur le texte : il n'est techniquement pas possible de citer une image (la citation doit reprendre seulement une faible partie de l'oeuvre originale) ni, plus étonnamment, une chanson (un extrait de 30s a déja été jugé non recevable vis-à-vis du droit de citation : 30s sur quelques minutes, c'est trop pour une citation).
[^] # Re: Plus fort que tout ...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 1.
Ça, c'était pour le côté légal. Maintenant, le débat est ouvert pour dire quels points de la loi sont bien, quels point sont mauvais, etc. Par exemple, ouvrir le droit d'"interpréter" à l'oreille les partitions, ça peut poser des problèmes. Typiquement, les sonneries casse-pompes de portables à télécharger pour seulement 3,95¤. Elles sont bien entendu reproduites "à l'oreille", tu souhaiterais que ni l'artiste, ni la maison de disque puisse avoir des droits là dessus? Chaque modification de la loi a des conséquences, certaines sont prévisibles, d'autres non (qui aurait pu prévoir ces histoires de sonneries de portable il y a 15 ans?). Les lois sur lesquelles les majors s'appuient pour faire fermer ces sites de partition sont les mêmes que celles qui protègent les auteurs contre les abus de ces mêmes majors, et tout est toujours plus compliqué que des rêves d'adolescents cannabinoïsés. Le message que je voulais faire passer, c'est que les lois actuelles étaient cohérentes, et qu'elles établissaient une sorte d'équilibre entre les libertés des consommateurs et les libertés des auteurs. Introduire des DRM inviolables ou au contraire anarchiser la diffusion des oeuvres, c'est faire pencher la balance vers quelque chose d'inconnu et c'est potentiellement dangereux.
[^] # Re: Grand méchant loup...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Google, futur grand méchant loup ?. Évalué à 5.
Vu la tournure de l'article, ça ne ressemble méchamment pas à du deuxième degré... Ou alors faut être plus clair. Parce qu'apparemment, peu de gens ici ont compris le deuxième degré. Mea culpa si j'ai pas compris le ton de l'article... Mais je pense ne pas être le seul, alors.
[^] # Re: Plus fort que tout ...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 2.
Art. L. 122-3. La reproduction consiste dans la fixation matérielle de l'oeuvre par tous procédés qui permettent de la communiquer au public d'une manière indirecte.
Il va te falloir un sacré bon avocat pour plaider qu'une partition reproduite à l'oreille n'est pas une reproduction.
Art. L. 122-4. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la transformation, l'arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque.
Je crains que ta "joconde" ne tombe là dedans.
Ton seul espoir est dans l'article L 122-5:
Art. L. 122-5. Lorsque l'oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire :
...
4° La parodie, le pastiche et la caricature, compte tenu des lois du genre
Je ne comprends pas ce que tu entends par "interprétation". Soit c'est un travail dérivé (comme dans le cas d'une partition à l'oreille, ou de ta Joconde), et c'est illicite. Soit c'est un travail personnel, et c'est licite, mais ce n'est pas une "interprétation", c'est une "inspiration". Quelques définitions pour "interprétation"?
Fait de traduire les paroles d'un orateur ou le dialogue de deux ou plusieurs personnes. = traduction. Illégal.
Action d'expliquer, de chercher à rendre compréhensible ce qui est dense, compliqué ou ambigu; résultat de cette action = explication. Parfaitement légal, mais ni ta Joconde, ni l'histoire des partitions de musique, ne peuvent rentrer là dedans.
Action de donner un sens allégorique, symbolique, mystique à quelque chose; résultat de cette action. Un peu pareil à la précédente.
Action de jouer un rôle ou un morceau de musique en traduisant de manière personnelle la pensée, les intentions d'un auteur ou d'un musicien; résultat de cette action illicite sans l'autorisation de l'auteur (sauf en privé)
Action de reproduire (un modèle ou la nature) de manière personnelle, selon sa propre vision des choses. = reproduction. Illicite.
Donc évidemment, "interprétation" a plusieurs sens, donc c'est impossible de dire "L'interprétation d'une oeuvre est illégale". Mais c'est jouer sur les mots. Alors OK, selon toi, ce que tu appelles "interprétation" n'est pas une copie, ne m'em déplaise. Mais le code de la propriété intellectuelle, lui, considère la reproduction comme une copie, et mon dico considère qu'une "interprétation", dans ton sens, est bien une reproduction. Mon système de valeurs semble être identique à celui de la loi... Comme je l'ai déja dit, je n'aime pas ce système, mais il est cohérent. Ton "interprétation", c'est une idée amusante, mais elle induit tellement de nuances que dans les faits, elle est impossible à formaliser. Il existe au moins 5 définitions différentes pour le mot "interprétation"! "interpréter" ce n'est pas un fait. Soit tu reproduis, soit tu ne reproduis pas. Tu peux t'inspirer d'une oeuvre, mais seulement t'inspirer. Ta Joconde est une (mauvaise, désolé) copie, pomper un algo est aussi une copie, réecrire l'histoire d'un livre est un plagiat. Bienvenu dans le monde réel! :-)
[^] # Re: Plus fort que tout ...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 2.
Oui, je suis énervé parce je ne devrais pas avoir à argumenter sur des faits aussi basiques que le respect de la propriété intellectuelle.
Soit tu nies l'existence de la propriété intellectuelle (je pense que ça n'est pas une bonne idée, mais passons) : dans ce cas, tu peux trouver une certaine logique au système. On vit alors dans une sorte de communisme intellectuel, ou rien n'appartient à personne. Accessoirement, les films sont libres (ou plutôt "publiques"), les livres aussi, la musique aussi, etc. Il faut alors trouver un système alternatif pour faire vivre les gens dont c'est le métier. Mais ça se défend, c'est une vision idéaliste d'un monde utopique, mais ça peut marcher.
Le problème, c'est que je ne crois pas que ça soit la manière dont tu penses. D'après ce que tu as écris, tu voudrais que la propriété intellectuelle soit quelque chose d'extrêmement flexible, tout en nuances complexes, basées sur des idées comme "je suis gentil donc j'ai le droit de faire ça, mais Microsoft ils sont méchants donc ils n'ont pas le droit". Or, je ne t'apprends rien je pense, le logiciel libre, pour exister, a besoin d'un droit d'auteur très fort. Droit d'auteur au sens littéral : l'auteur doit pouvoir décider de ce que les autres font avec ses "créations". En tant qu'auteur d'un logiciel libre, par exemple, tu peux décider que ton code ne peut être redistribué que sous GPL. La moindre flexibilité dans ce principe, comme je l'ai déja dit plus haut, fait foirer tout le système : s'il est possible de changer les conditions de redistribution sans l'avis de l'auteur, alors le logiciel libre n'existe plus.
J'aimerais donc bien que tu m'expliques le monde dans lequel tu voudrais que tes enfants vivent. Tu voudrais qu'on puisse recopier une chanson, la modifier, la réinterpréter, sans l'avis de son auteur et sans le rétribuer? Ou tu places la limite? Tu voudrais qu'on puisse copier les chansons, en refaire des compilations, et les revendre sans rétribuer l'auteur? Pareil pour les logiciels? Pareil pour les films? Ça ressemble drôlement à une visions ultra-libérale du monde, non? Plus rien me protège les "petits", les petits logiciels libres, les petits chanteurs, etc. Sans l'exclusivité sur un film ou une chanson, plus de labels indépendants.
Ce que je te reproche, c'est que tu ne réalises pas les conséquences d'autoriser par la loi les oeuvres dérivées et la copie non privée, avec redistribution potentielle. Toi, tu ne vois que ton intérêt de particulier dans l'histoire : "ah ouais c'est cool la musique gratos, ah ouais cool de pouvoir échanger des partoches avec mes potes, de les mettre sur mon blog". Et puis de mettre des pubs sur ton blog, après? Pour gagner de l'argent? Un peu au début, puis beaucoup quand tu deviens le site n°1 de partoches gratuites? Jusqu'au jour ou quelqu'un va pomper ta base de données, issue de 5 ans de travail acharné, et créer partoche.com avec de la pub à la télé? Bah oui, plus de protection sur les bases de données...
Je ne dis pas que le système actuel est bon. Je pense qu'il est vicieux, notemment par la possibilité de transférer la gestion de ses droits à un tiers (maison de disque par exemple) qui ne va pas forcément défendre les intérets de l'auteur. Mais il a le mérite d'être dans une certaine mesure cohérent. Il a le mérite de préserver la liberté des auteurs (aux dépens de celle des consommateurs, je te l'accorde). On peut avec les lois actuelles faire du libre et du propriétaire, avec une cohabition (un peu foireuse, mais possible). Si tu fais sauter la protection accordée par le droit d'auteur, alors tout le monde, de facto, fait du libre. Comment tu vas justifier ça auprès des auteurs qui ne veulent pas ça? Tu appelles ça comment, si c'est pas du fascisme? D'un autre côté, les lois qui passent maintenant sont également liberticides, car elles tendent à faire pencher la balance du côté du modèle entièrement propriétaire. C'est certainement pas libéral, au contraire; ça revient à présevrer les bénéfices de quelques entreprises par des lois extrêmement fortes et contraignantes qui vont énormément réduire la liberté des consommateurs (copie privée par exemple).
Tu peux me trouver "borné" si tu veux. C'est pas très agréable d'avoir le rôle du mec chiant qui rappelle toujours "attention, c'est plus compliqué que ça", mais oui, je pense que la réalité est plus compliquée qu'un modèle de type "fête du slip pour ados boutonneux" qui résolverait tous les problèmes posés par ces grosses méchantes major du disque en laissant tout le monde faire ce qu'il veut, à peu de choses près, avec les créations des autres. Si tu me proposes un modèle qui garantisse un revenu aux auteurs, une liberté de controller la diffusion de leurs oeuvres, la liberté des consommateurs, la coexistence de plusieurs systèmes de distribution, la libre concurrence, et tout ça rendu possible dans le cadre actuel des règles du commerce mondial, alors on pourra aborder une discussion constructive. "le copyright ça pue, on peut pas pirater les mp3 comme on veut" me semble, par exemple, un mauvais point de départ pour une telle discussion...
[^] # Re: Grand méchant loup...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Google, futur grand méchant loup ?. Évalué à 5.
Google c'est pas l'île aux enfants. C'est une boîte, qui comme toutes les boîtes est là pour faire des sous (pas forcément des bénéfices : les sous servent aussi à payer les employés et à investir). Pour faire des sous, elle a décidé de se baser principalement sur l'innovation, en proposant soit des services beaucoup plus efficaces que les concurrents (moteur de recherche), soit des services inexistants ailleurs, et qui n'auraient peut-être pas existé avant 20 ans sans Google (Google Earth par exemple), soit des services de base, mais gratuits (alors que souvent payants ou beacoup moins efficaces ailleurs) (gmail par exemple).
Pour faire des sous, Google a aussi décidé d'investir dans le logiciel libre, et la séduction des communautés d'utilisateurs (libres ou non, d'ailleurs). Ils font aussi peut-être ça parce qu'ils croient au logiciel libre (ils ne seraient probablement rien sans lui), et parce que ça embête bien leurs concurrents au passage.
Pour moi, Google est une boîte modèle du XXIe siècle, contrairement aux "vieux" monstres du XXe (Microsoft, Sun...). Pas empêtrée dans des principes fondateurs castrateurs (à mon avis, si dans 3 ans le LL commence à puer à cause des brevets et des lois libérales, Google se désengagera vite fait), cherchant à séduire en démontrant (et non pas en promettant), engagée à fond dans l'innovation, et décidée à jouer un rôle dans l'avenir du web et des technologies de communication. Tout cela dans un respect assez impressionnant des libertés individuelles, et une démarche apparemment humaniste (sans être suicidaire : on bride les résultats du moteur de recherche en Chine, mais on va le raconter à tout le monde). Si seulement toutes les boîtes étaient comme Google, on vivrait dans un monde bien meilleur. Alors la parano psychotique...
[^] # Re: Plus fort que tout ...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 3.
Non. J'ai déja expliqué plus haut pourquoi. La recette ne relève pas du droit d'auteur, la musique, si.
Et la je ne parle pas de copie mais de retranscription.
C'est pareil. J'ai déja expliqué plus haut aussi. Le moyen par lequel tu réalises la copie ne rentre pas en ligne de compte. Si j'apprends par coeur un bouquin et que je le recopie 3 jours après, je suis coupable de contrefaçon.
avec un retranscription, tu ne copie pas, tu interprètes.
Non. Et même si? Une "interprétation" est une oeuvre dérivée, c'est interdit. Encore une fois, le matériel que tu copies ne t'"appartient" pas intellectuellement parlant, que ce soit pour un texte, pour une musique, pour un film, pour une sculpture, un tableau, un bâtiment... Quand tu achètes un CD, tu achètes une forme de licence d'utilisation, pas de ré-utilisation!
ou s'arrête la retransription d'un oeuvre musicale
Exactement au même endroit que la retranscription d'un texte. Combien de mots peux-tu copier d'un texte avant de pouvoir être accusé de plagiat? Une phrase? un groupe de mots? un mot? une lettre? En cas de conflit, c'est au juge de décider. En attendant, la logique veut de mettre la limite là où le hasard n'est plus possible. Et si t'es capable de composer une chanson avec deux mesures identiques à un autre, sans que tu en aies connaissance, t'es vachement fort. Donc la limite se situe probablement entre le groupe de notes et la mesure.
Je ne comprends pas pourquoi tu réagis comme ça. C'est quoi ton "truc"? L'anarchie? Tout le monde fait ce qu'il veut avec le travail des autres? Ou un libéralisme extrême, où rien n'est controllable par la loi? Dans tous les cas, avec ta vision des choses, le logiciel libre par exemple est impossible : si n'importe qui peut s'inspirer du code d'un logiciel pour le mettre dans un autre, fermé, sans respecter les licences, sans demander l'avis des auteurs, alors la GPL par exemple n'a absolument aucun sens!
En tout cas, ce que tu appelles "liberté", moi j'appelle ça du fascisme (-> PointGodwin++). De quel droit tu veux décider pour les autres? La propriété intellectuelle n'a rien de malsain en elle même, c'est un rempart qui protège avant tout les auteurs (même si elle est fréquemment détournée), et la liberté des auteurs à diffuser leur oeuvre selon leurs propres désirs. Au passage, encore une fois, la propriété intellectuelle par exemple ne remet absolument pas en cause le droit à la copie privée : tu as parfaitement le droit de retranscrire, dessiner, interpréter, etc. les oeuvres des autres, les commenter, les analyser... Mais, simplement, c'est "privé" : tu gardes ça pour toi, seul l'auteur est en droit de dire ce que tu peux en faire.
[^] # Re: Plus fort que tout ...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 1.
Si t'es un auteur, tu proposes un manuscrit à une maison d'édition, ils te disent non et 6 mois après tu retrouves une copie grossière de ton truc sous presse, ils n'ont pas le droit non plus. Tu écris un logiciel libre, et tu t'aperçois qu'une boîte vend le même soft sans respecter la licence, en ayant changé le nom des variables : non, ils n'ont pas le droit. Ahméwiménon... bah si.
Le principe de la propriété intellectuelle est simple (ce sont les détails qui sont compliqués): il est globalement interdit de faire quoi que ce soit qui ne soit pas autorisé par l'auteur. En tant qu'auteur, TU décides : librement redistribuable, sous telle licence, dans telles conditions, en payant telle redevance, travaux dérivés interdits ou autorisés, avec demande d'autorisation de l'auteur ou non, etc. Si tu n'es pas d'accord avec les conditions proposées par l'auteur, alors tu ne fais rien. De quel droit tu pourrais te permettre de recopier un tableau, et le diffuser en l'appellant "tableau 2"? Tu parles de liberté, mais tu n'imagines même pas que la liberté de l'auteur puisse être de décider de ce qu'on peut faire ou non avec son travail? Si toi, en tant qu'auteur, tu diffuses tout dans le domaine public, c'est ta liberté. Si un autre auteur ne veut pas, tu voudrais l'en empêcher? Il crée une oeuvre, te donne le droit de la regarder, de la critiquer, de profiter intellectuellement de son oeuvre, et tu voudrais avoir le droit, du coup, de faire ce que TOI tu veux avec? Ta conception de la liberté est bien étrange...
[^] # Re: Plus fort que tout ...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 2.
T'es vraiment sûr de ça??? Ça me parait complètement illégal, et même pas discutable. La partition est le fruit du travail de l'auteur, et sa copie (le code de la propriété intellectuelle dit "par quelque procédé que ce soit") est bien entendu interdite (sauf évidemment avec l'accord des ayant-droits). Et la recopie "à l'oreille" est un moyen comme un autre de recopier la musique. Tu n'as pas non plus le droit de dessiner un tableau qui n'est pas dans le domaine public, ni de recopier "à l'oreille" un discours et d'en faire ce que tu veux. Et c'est très bien comme ça, sinon les auteurs se feraient complètement piller.
Selon toute vraisemblance, les partitions en vente dans les magasins spécialisés sont les partitions d'origine, ou adaptées avec l'accord des ayant-droit. Autrement, c'est des photocopies vendues sous le manteau dans des boutiques sombres :-)
Pour bien comprendre l'absurdité, prendre l'exemple des recettes de cuisine
Je dois dire que je ne comprends pas la comparaison. Le texte des recettes de cuisine relèvent du droit d'auteur, tu n'as pas le droit de pomper un livre de cuisine pour le mettre sur Internet par exemple. Par contre, les recettes elles-mêmes ne peuvent pas être protégées, elles relèvent du savoir faire et de la technique (ce ne sont pas des oeuvres de l'esprit). les recettes de cuisine sont donc plus proches des histoires de brevets que des droits d'auteur.
Si je comprends bien ce que tu veux dire, tu trouves normal de brailler parce qu'avant, un certain laxisme te permettait de faire quelque chose d'illégal, et que maintenant ce laxisme diminue et tu ne pourras plus le faire? Je ne vois pas vraiment ce qu'il y a de "liberticide" à empêcher la diffusion d'oeuvres de l'esprit sans l'accord des ayant-droits, c'est même la base du droit d'auteur. Encore une fois, absolument rien ne t'empêche de recopier toi-même les paroles d'une chanson, de "retrouver" la partition, et de chanter et jouer dans ton garage. C'est ça ta liberté. La diffusion de ces informations, par contre, relèvent de la liberté des auteurs, qui ont le droit de décider, comme tout le monde, des conditions dans lesquelles leur oeuvre peut être diffusée et réutilisée.
[^] # Re: Plus fort que tout ...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 0.
Comme toujours, pour l'instant, rien ne t'empêche de le faire pour toi. Mais tu ne peux pas le diffuser.
[^] # Re: Lire toute la loi....jusqu'au bout
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 3.
J'ai bien l'impression que pour que le DRM fonctionne, il faut qu'il marche de bout en bout sur une chaine DRMisée : du processeur à l'écran, en passant par le système d'exploitation. Là, OK, la seule manière de récupérer le flux, c'est en analogique (mais bon, pour le son par exemple, la perte ne doit pas être gigantesque avec du matos approprié). Mais si seule une brique du système est DRM, alors il y a des milliers de moyens de récupérer le flux de données n'importe ou entre son décodage et sa sortie. La seule "protection" de l'"oeuvre" n'est donc plus du tout le cryptage, mais une loi éventuelle qui empêche (au moins légalement) cette récupération. Dans ce cadre là, je ne vois aucun moyen d'écrire un logiciel libre qui ne puisse pas être considéré comme une incitation à détourner le flux: même si l'algo de décryptage est obfusqué par exemple (ahah, quelle protection :-) ), on s'en fout ; il suffit de diriger la sortie de l'algo vers un fichier au lieu de l'écran ; c'est probablement à la portée de n'importe quel noob un peu curieux.
Bref, la question ne semble pas être "est-il légal de lire un flux DRM avec un logiciel libre?", parce que si c'est légal, autant ne pas adopter les DRM (à moins que le but soit de pourrir un peu la vie des développeurs). La question est plutôt "Le fonctionnement des logiciels libres est-il compatible avec toute technologie propriétaire?", et ça, je crains que la réponse soit "non" : oui, on fait tourner Linux, Xorg, Mandriva... avec des bouts de code proprio, on utilise le droit à l' intercompatibilité pour, finalement, dévoiler les spécification techniques des cartes graphiques etc. Mais au final, cette situation est complètement bancale : de moins en moins de distributions sont vraiment "libres", les développeurs prennent toujours un risque -- fin du support du pilote binaire par la boite qui a pondu le truc, bugs irréparables... Bill Gates décrit le logiciel libre comme un cancer, mais il est pas con Bill Gates, il sait très bien que le libre peut aussi être pourri par ce même type de cancer. Et je pense que la communauté du libre est aussi responsable de ça, parce qu'elle ne veut pas accepter que les genres ne puissent pas être mélangés : les gens veulent lire leur CD de Lorie avec Linux, mais je ne vois pas vraiment comment ils auraient le pouvoir d'imposer ça aux majors dont le but est de vendre de la musique, beaucoup de musique, sous des centaines de formats différents, et de controller leur diffusion. Immoral? Peut-être, mais peut-être pas ; après tout, c'est leur musique, non?
[^] # Re: Vers une meilleure intéropérabilité ?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le format OpenDocument approuvé par l'ISO. Évalué à 6.
De plus, OpenOffice est un des seuls moyens de faire de l'OpenDocument à l'heure actuelle, OpenDocument reste donc un pari sur le futur, parce que le présent, c'est pas glorieux.
Alors oui, dans l'île aux enfants, Microsoft Office se met à l'OpenDocument et OpenOffice domine le marché. Dans le monde réel, MS développe son format, le normalise, et évidemment écrabouille le format OpenDocument qui reste un truc de geeks et de linuxiens.
Mais là, ce qui fait mal, c'est qu'il y avait moyen de faire autrement. Le point de départ (Star Office) était mieux que rien, ca fonctionnait déja et ça avait déja un marché. Je ne veux pas dire "j'aurais fait mieux", je n'aurais certainement pas fait mieux, mais je suis juste déçu de l'évolution d'OO: la dépendance au java le rend difficile à installer, dépendant de composants pas forcément libres ni disponibles sur toutes les plate-formes, sa conception semble rendre son portage difficile (sous Mac, mais aussi dans les environnements Gnome et KDE), son développement a penché vers une politique du "tout Windows", il faut toujours 3 minutes pour le lancer, etc etc.
Bref, le logiciel libre, c'est bien, mangez-en. Les formats ouverts, c'est bien, mangez-en. Mais il semble être interdit ici de dire "OpenOffice sux", et ça, c'est pas normal, parce qu'il faut quand même bien dire qu'OpenOffice ca sux un peu. Ca tient la comparaison avec KWrite et AbiWord par exemple (même si je préfère ces petits pour l'utilisation que j'en fais), mais ça reste loin de l'ergonomie, de la réactivité et des "petits trucs" de MS Office, et c'est pour ça qu'openOffice a un mal fou à décoller. Les professionnels ne sont pas des bouzeux attardés : s'ils ont mis leurs serveurs sous Linux, c'est parce que c'était mieux. S'ils gardent leurs clients sous Windows avec le Pack Office, c'est parce que c'est mieux. Et si OpenOffice veut conquérir le marché, il faut non seulement jouer sur la politique (et ces histoires de format ouvert, c'est bien de la politique), mais aussi sur la qualité.
[^] # Re: Vers une meilleure intéropérabilité ?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le format OpenDocument approuvé par l'ISO. Évalué à 4.
Oui, Apple a plusieurs possibilités, mais Microsoft n'en a qu'une : "il est quasiment impossible de produire des fichiers OD avec une suite bureautique sur Mac". Qu'est ce que tu peux répondre à ça? "AbiWord c'est bon, mangez-en?"
Je pense que le merdier ne vient pas d'Apple, mais bien de Sun: le portage sur Mac de softs complexes (comme Gimp ou Firefox) est possible, si ça n'est pas le cas pour OO, c'est à cause d'une volonté (ou d'un manque de volonté) politique. En tout cas, je sais bien qu'on est sur LinuxFr, mais bon, j'espère que les citations du genre "Apple va se marginaliser", ou "Microsoft va se marginaliser", c'est du deuxième degré ou on ne vit pas dans le même monde... "Voici venuuu le teeemps des rires et des chants..."
[^] # Re: Vers une meilleure intéropérabilité ?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le format OpenDocument approuvé par l'ISO. Évalué à 3.
Justement, la portabilité est un argument choc pour le logiciel libre : "Si ton soft est libre, alors quelqu'un aura bien l'idée et le courage de le porter sur ta plate forme". Bon, bah pour OpenOffice et mac, c'est râpé pour l'instant, et le problème se pose depuis plusieurs années, donc bon... Je constate juste que M$ Office est porté sur Mac, et pas OO, c'est tout!
Moi on m'a filé un Mac pour bosser ici, et j'installe les softs que je veux. J'ai donc mis FireFox, Thunderbird, Gimp etc etc. Mais pour OpenOffice, désolé, c'est du masochisme. Du coup je ne peux pas le conseiller aux autres non plus. Et AbiWord, c'est gentil mais bon... Bref, vive latex (mais ça non plus, pour le conseiller aux autres, faut être gonflé).
[^] # Re: Vers une meilleure intéropérabilité ?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le format OpenDocument approuvé par l'ISO. Évalué à -2.
En tout cas, pas sur Mac : autant Firefox, Thunderbird etc. sont bien intégrés, autant pour OpenOffice, c'est pas gagné : c'est terriblement lent et/ou moche et/ou buggué, selon les options choisies (via X11 ou natif). Du coup, ça laisse un champ incroyable à Word et Excel, que je n'avais pas utilisé depuis --ouhlala-- des années, et c'est drôlement dommage.
Et puis Firefox et compagnie, ils ont aussi envahi le marché à coup de "Killer Features", ou de "best of" (on pique les killer features des autres et on les regroupe dans le même soft). Pour OpenOffice, c'est pas gagné non plus, car malgré toute la mauvaise foi que je peux mettre là dedans, étant obligé de bosser avec Word, je ne peux que constater que niveau ergonomie, c'est quand même bien foutu (par contre Excel c'est bien pourri, ça doit aussi être une affaire de goût). Word est buggué, mais OpenOffice aussi. Donc bon... c'est bien de faire des séances de masturbation collective entre geeks, mais il faut quand même qu'OpenOffice, à part le côté "libre et gratuit et ouvert", il n'a pas d'avantage flagrant.