Insulter les gens plutôt que démontrer leurs erreurs, c'est un sophisme célèbre (attaque ad hominem). Ça ne montre que la volonté de l'orateur de refuser le débat.
Vu les taux de compression proposés par les bons algos, vu le fait que beaucoup de données (l'aide par exemple) sont sous format texte, vu les différences du type de partition entre le CD et le NTFS qu'on a à l'arrivée, vu que la mémoire virtuelle est "inclue" dans le système sous Windows, ça ne me parait pas invraisemblable qu'une install à partir d'un CD puisse atteindre les 10 Go, surtout si on rajoute les logiciels (antivirus, firewall...) qui sont nécessaires à la sécurité du système d'exploitation --autant comparer ce qui est comparable.
Ce qui est sûr également, c'est qu'encore aujourd'hui un Linux minimal tient sur quelques disquettes, alors qu'un Windows minimal ne peut pas être dissocié du reste du bazar depuis qu'il n'est plus basé sur MSDOS. La nature de Linux fait qu'il est beaucoup plus facilement "customisable" que Windows, et que si l'espace disque et/ou mémoire est une contrainte, tu pourras l'adapter beaucoup facilement à tes besoins.
Pour le navigateur, un moment dillo était une bonne solution légère, avec quelques bugs cepedant au niveau du rendu (évidemment, des webmasters-bloggeurs ne testent que le rendu Internet Explorer...). Je ne sais pas si le developpement de dillo se poursuit.
OKOK je comprends mieux. J'aurais pensé (peut-être naïvement?) que le nombre de méthodes de compression était fini. Tu veux dire qu'ils utilisent leur propre algo de compression? Quel est l'intérêt de ce truc, à part éviter le reverse-ingeneering? Est-ce que tu ne devrais pas éviter d'expliquer que tu as décompilé le driver original (même si vu ton explication, c'était légitime?). Vu la technique utilisée, personne ne l'aurait jamais deviné, par contre je doute toujours de la légalité de l'acte de décompiler)
Si c'est légal, alors la licence ne peut rien y faire (d'ailleurs, c'est souvent marqué : sauf disposition contraire gna gna pays de résidence). Mais bon, personnellement, je ne l'aurais pas fait non plus. Je pensais que le reverse ingeneering consistait à reproduire le contenu de la boite noire sans y toucher. Soit. Il apparait qu'on a le droit de tout pêter et d'essayer d'ouvrir la boite noire pour voir comment c'est foutu dedans.
Une question cependant : dans quelle mesure a-t-on le droit de s'inspirer du code assembleur? Est-ce que le code assembleur est une oeuvre de l'esprit, et est protégé comme tel? Je pense que c'est le cas, parce que 1) des masochistes codent parfois direct en assembleur, et 2) un même algo, en fonction du "talent" du codeur, peut donner différents résultats en assembleur, même en tenant compte des performances du compilo.
Je persiste à penser que la décompilation est limite limite 1) vis-à-vis de la protection des logiciels et du respect de la licence associée, et 2) vis-à-vis de la propriété intellectuelle. L'interopérabilité est légale, mais je ne sais pas où sont les limites à ne pas franchir : l'interopérabilité n'est pas au dessus des autres lois; on ne peut pas prendre Bill Gates en otage pour avoir les specs du .doc, on ne peut pas payer un agent secret pour aller piquer les plans et les specs de la dernière ATI, etc.
Je suis loin d'être spécialiste, mais j'avais compris comme toi : la décompilation est expréssément interdite par la licence du soft en général, et ça dépasse le "reverse ingeneering". Mais peut-être me trompe-je...
Sans compter qu'il me parait difficile de dire à un bénévole "Non, ne fais pas ça, tu devrais plutôt t'atteler à l'intégration du CMNJ dans The Gimp, c'est beaucoup plus utile". Le mec a une imprimante, du temps libre, les compétences pour ´écrire un driver, bah il le fait, c'est son choix. Ensuite qu'il le partage avec le reste de la communauté, c'est bien pour tout le monde, non? (au passage, ce gars peut demain envoyer une lettre de motivation à Samsung en disant qu'il a fait en trois semaine ce que les branquignoles du service dev. n'ont pas été foutu de faire correctement depuis que les Samsung marquent "compatible Linux" sur les boîtes. Je pense que ça peut marquer un DRH à vie :-) ).
Par contre, ça permet de s'apercevoir que la mise au point de drivers d'imprimantes par une procédure tortueuse (reverse-ingeneering par exemple) est l'affaire de quelques semaines pour quelqu'un de motivé. Alors imaginons combien de temps ça prendrait à une équipe de professionnels qui a le protocole de communication sous les yeux et qui vient de faire les drivers pour Windaube/Mac la semaine d'avant. Si ces boites ne fournissent pas de drivers Linux corrects, c'est pas parce qu'elles n'en n'ont pas les moyens, c'est parce qu'elles s'en foutent complètement, ou qu'elles ne daignent pas embaucher un seul gusse compétent qui connaisse un minimum Linux.
C'est HS, mais je ne suis pas certain que le foot soit arrivé aux même extrêmes que le cyclisme ou l'athlétisme. Le foot n'est pas un sport de performance pure, même si le physique prend pas mal d'importance ces dernières années. Tu peux jouer au foot en tant que pro si t'es un gringalet, alors que pour l'athlé, on repassera. Tu peux prendre autant de produits chimiques que tu veux, si t'as les pieds carrés, t'as les pieds carrés; et si t'es idiot et tu ne comprends rien à la tactique mise au point, t'es idiot et puis voila.
Je pense par exemple que Zidane, avec ou sans piquouze, il serait pro et mondialement connu. Par contre, sans piquouze, il n'aurait peut-être pas été le meilleur joueur du monde, je te l'accorde.
Ah mais en tout cas, il y a déja un mode Zidane : le jeu est un peu généreux avec les cartons rouges, surtout quand on utilise la fonction "boost" pour les matches importants.
C'était une forme de troll :-) J'en ai un peu parlé avec l'auteur du soft, et je reste persuadé que ce genre de jeux bénéficierait d'un langage orienté objet. On peut bien coder en Basic aussi, mais à compétences égales, je pense qu'il est beaucoup plus facile de faire un jeu graphique stable et portable dans un langage de haut niveau qu'en C. La gestion manuelle de la mémoire, c'est comme les téléphones avec des fils : nos gamins nous demanderont "vous avez connu ça, vous? Ah les vieux!".
(évidemment, je parle dans le contexte d'un jeu avec interface graphique et gestion "simulée" d'objets imbriqués (championnats, équipes, joueurs...), pas d'un système d'exploitation ou d'un driver, ne me faites pas lancer un troll plus gros que moi quand même)
Ouh, une dépêche en première page pour un petit jeu? Tant mieux d'un autre côté, c'est moi qui l'ait proposé :-)
Bien entendu, j'ai oublié plein de choses dans la dépêche. J'ai oublié de mentionner l'existence de paquets Debian par exemple (il va peut-être falloir attendre un peu pour avoir la toute dernière version, mais la série 1.9.x ne sont que des beta de la 2.0). J'ai aussi oublié de dire que j'avais réussi à compiler et à faire tourner Bygfoot sur MacOS X, donc Bygfoot tourne sous Linux, Windows et Mac (grâce aux différents ports de Gtk, il faut le dire).
J'ai aussi "oublié" de dire que le jeu peut s'avérer légèrement instable par moments, et que cette instabilité est probablement due à un choix technique initial contestable (langage C), d'où quelques segfaults quelque peu cryptiques par ci par là...
Mais j'ai aussi oublié beaucoup de points positifs, comme la foultitude d'options disponibles graphiquement (c'est loin d'être toujours le cas pour ce genre de projets) qui permettent de "transformer" le jeu en fonction de ses centres d'intérêts : on peut par exemple demander à visualiser les matches et changer la tactique en cours de jeu en fonction du score, des blessures, etc; ou à masquer les matches en direct pour juste avoir le résultat et se concentrer sur la gestion.
Peut-être le meilleur moyen de faire de la recherche fondamentale en info, c'est de cofinancer des travaux universitaires : ca permet de mutualiser les risques, de payer moins tout en bénéficiant de structures efficaces et de compétences qu'aucune boîte ne pourrait regrouper, et surtout de faire tranquillement payer par l'état la formation de gusses avec qui on collabore pendant leur thèse pour les recruter par la suite.
Cela va t-il provoquer la mort e ce (beau) projet ?
Je crois que c'est ce qu'on appelle un dégat collatéral... La mort de ce projet signifierait qu'on n'aurait plus besoin d'eux! Ça serait magnifique, non?
C'est un peu comme ça que j'imaginais son rôle : une sorte de super-consultant, qui vient aux réunions sans rien dire, et à qui on demande son avis à la fin : "ça c'est de la merde, ça c'est bon". Et vu le bonhomme, on suit les yeux fermés.
Par contre, je ne le vois pas trop mettre les mains dans le cambouis quand un codeur se retrouve à ne plus trop savoir où il en est.
Maintenant, ce que je ne comprends pas, c'est qu'en gros, quand on embauche un mec comme ça, on doit forcément penser à le mettre à la tête du département "développement", au moins en ce qui concerne le noyau. Il doit falloir quand même un sacré recul pour se dire "OK, on le paye à prix d'or, mais on préfère l'utiliser avec parcimonie parce que sinon il va se barrer", tout en sachant très bien qui il est et ce qu'il est capable de faire. Ça doit quand même méchamment chatouiller, non?
Je me demande toujours comment interpréter ce genre d'embauches. En gros, des entreprises sont prêtes à se battre pour embaucher un mec qui bosserait chez lui ou n'importe où sur un projet qui ne les intéresse pas directement? Je veux dire que c'est super bien pour le logiciel libre, mais je me demande quelle est l'idée principale des entreprises qui démarchent des "célébrités du libre" : c'est juste un coup de pub? C'est une forme de mécénat? Ça permet de s'attirer les services d'un "super conseiller"? Ça permet de s'immiscer directement au coeur même des listes de discussion cruciales pour le développement des futurs composants principaux des systèmes d'exploitation libres? Ça empêche les autres boîtes concurrentes d'embaucher ces types là?
Bah on peut aussi regarder quand ça se passe bien à l'étranger. Aux Pays-Bas par exemple, la compagnie de train est semi-privatisée (pas trop bien compris le statut, mais bon). Il y a des subventions de l'État, indirectement, parce que l'État controle le prix des billets (c'est marrant comme système). Tous les ans, l'État autorise ou non l'augmentation des prix. Il y a des seuils de qualité de service (trains à l'heure, fréquence des trains, probablement sécurité etc), et si l'évaluation est bonne, le prix des tickets peut augmenter. Autrement ils ne bougent pas. J'aime bien le principe, ça revient à fixer à une entreprise des buts de service public : si elle atteint ses buts de service public, alors on l'autorise à faire un peu plus d'argent l'année suivante.
J'imagine la même chose avec la SNCF : on fait un bilan chaque année (qualité du service, nombre de grêves, nombre de nouvelles lignes ouvertes, proportions de voyageurs qui voyagent debout etc), si le bilan est mauvais : on diminue les subventions, pas d'augmentations de salaires, les prix des billets ne bougent pas. À mon avis, au bout de 3 ans, il n'y a plus de grêves et les trains sont à l'heure.
Avec DADVSI on perd ce pour quoi on a payé.
Ça, je suis bien d'accord. Il va falloir tirer ça au clair. Mais je crois qu'il va être considéré comme illégal de contourner les DRM à partir de l'application de la DADVSI, quelle que soit la date d'achat du CD. Le raisonnement, ça serait que le contournement des DRM était toléré avant, mais pas vraiment protégé par la loi (puisque d'un côté, l'interopérabilité le tolérait, mais d'un autre côté, le reverse-ingeneering des procédures de cryptage n'est pas joli joli). Ça me parait en tout cas être une excellente question.
De même quand une maison de production met sur le marché des produits "défectueux par design"
Il me semble que l'UFC avait été déboutée sur cette histoire. Tu dois simplement pouvoir obtenir le remboursement plus facilement, même si la pochette est ouverte : le produit est défectueux, après tout. Mais comme un commerçant n'est pas tenu de te rembourser (enfin je ne crois pas), il pourra te refiler des bons d'achat, pour que tu prennes d'autres CD défectueux.
Si mettre en vente des produits défectueux était un crime, Bill Gates serait en taule à perpétuité :-)
J'ai dit "le "droit de lire un DVD" n'est pas un droit constitutionnel", ce qui n'a rien à voir.
La propriété intellectuelle est quelque chose de bancal. La propriété intellectuelle, contrairement à la propriété matérielle, n'est pas quelque chose de "naturel". On ne peut pas marquer dessus "cette idée/cette chanson/ce texte est à moi". Si on admet l'existence de la propriété intellectuelle, alors il faut des lois pour la règlementer, et ces lois doivent former un tout cohérent. Cohérent ne veut pas dire "logique" ou "moral". Ça veut dire qu'il faut que tout ca se tienne pour éviter que le système ne tombe en couille sous la moindre attaque d'un avocat un tant soit peu compétent. Il faut aussi que les lois respectent les droits fondamentaux inscrits dans la constitution.
Or, la propriété intellectuelle est un droit fondamental. Le "droit de lire un DVD" ne l'est pas. Pourquoi? Parce que, techniquement, le contenu du DVD ne t'appartient pas. Tu as le droit de faire ce que tu veux avec ce qui t'appartient, mais tu ne peux faire que ce que le propriétaire veut avec ce qui ne t'appartient pas. L'éditeur d'un DVD ne veut pas que tu le lises sous Linux? Ton seul droit est de ne pas l'acheter si ca ne te plait pas. Microsoft ne veut pas que Word soit utilisé par des organisatiosn terroristes? (c'est dans leur CLUF, non?) si tu es terroriste, tu n'achètes pas Word. Un auteur de logiciel libre ne te donne pas le droit de modifier le code et de diffuser le binaire sans les sources? Si ca ne te plait pas, tu n'utilises pas ce logiciel. etc etc etc.
Alors oui, on peut vivre dans le monde des bisounours et imaginer que le fait d'acheter un DVD te donne des droits. Mais ça, c'est de l'imaginaire (peut être collectif), tes droits ne vont pas au-delà de ce que t'accorde l'éditeur du DVD. Si tu admets que tu puisses avoir des droits qui dépassent le contrat de licence, alors l'édifice juridique de la propriété intellectuelle s'écroule : ça veut dire que quelqu'un pourrait réutiliser un soft GPL sans en respecter les conditions, ca veut dire qu'un éditeur de bouquins pourrait photocopier les livres de ses concurrents pour en sortir des moins chers, ca voudrait dire que le contenu du CD ou du DVD que tu achètes t'appartient dans une certaine mesure, que tu puisses le copier, le modifier, le redistribuer.
Les DRM sont une protection dérisoire, tout le monde est d'accord. Contourner un DRM, ce n'est pas comme casser le cadenas d'un vélo : tu n'endommages pas le bien d'autrui, et tu n'as pas forcément l'intention de voler ce que le cadenas protégeait. La meilleure image que je trouve, c'est qu'un DRM, c'est un peu comme une cloture. Tu autorises certaines personnes à accéder chez toi, en leur donnant une clé. Tu ne veux pas que les autres y entrent, tu ne leur donne pas la clé. Contourner un DRM pour lire un DVD sous Linux, c'est un peu comme sauter la cloture : tu n'as pas l'intention de faire quoi que ce soit de répréhensible à l'intérrieur du terrain, mais tu as sauté la cloture. Avant la DADVSI, il était plus ou moins légal de sauter les clotures et de zoner dans les "propriétés intellectuelles privées" si on n'y faisait rien d'illégal. Aujourd'hui c'est simplement interdit, c'est considéré comme une sorte de violation de propriété. Je pense que l'analogie est bonne, car le délit n'a rien à voir avec la hauteur de la cloture : si je marque juste par terre "ceci est une cloture", alors tu n'as toujours pas le droit d'entrer.
Toute la question, c'est "est-ce que la propriété intellectuelle inclut le droit de controller à ce point ce que les gens font avec ce qui a été vendu légalement". Je pense que la réponse est "oui" : oui, ils ont le droit de faire ça. Et ce droit est aujourd'hui considéré par beaucoup comme légitime, parce que depuis 5 ans les institutions ne protègent plus (ou très mal) la propriété intellectuelle dans le contexte d'Internet et du p2p. C'est dégueulasse? Oui. C'est une lutte perdue d'avance contre un changement profond de la société et de la libération de l'information? Oui. Ça a des effets de bord indésirables, comme le fait qu'il ne soit plus possible de choisir son OS, son logiciel de lecture? Oui. Ça ne résoud rien, et ca n'anticipe en rien les défis de l'avenir? Bien sûr. C'est une atteinte fondamentale aux libertés individuelles? Non. Si ton matériel et tes logiciels ne permettent pas de lire les DVD légalement, selon les conditions définies par les ayant-droits, alors tu changes de matériel ou tu n'achètes pas le DVD. Il n'y a rien d'anticonstitutionnel là dedans, il y a juste une juxtaposition de lois bancales, d'intérets particuliers trop voyants, d'incompétence, de manque de vision à long terme. Mais il ne faut pas confondre les droits que vous voudriez avoir en achetant un DVD et les droits que vous avez réellement.
Je crois qu'en effet, le "droit de lire un DVD" n'est pas un droit constitutionnel :-) Autrement, tu pourrais acheter un DVD et venir pleurer parce que tu n'as pas de lecteur de DVD. Le problème est donc juste un chouilla décalé : on peut dorénavant lire un DVD seulement avec un lecteur de DVD certifié. S tu n'as pas de lecteur de DVD certifié, bah tu ne peux pas lire de DVD. Ta liberté n'a pas grand chose à voir là dedans.
Bien sûr, il est possible de prendre d'autres angles d'attaque : 1) on ne devrait pas pouvoir appeler CD ou DVD des trucs qui ne sont pas lisibles avec tous les lecteurs de CD / DVD. 2) il y a une distortion de concurrence vis à vis des boîtes qui vendent des systèmes d'exploitation "alternatifs" --mais ces boîtes pourront toujours intégrer un lecteur propriétaire dans leurs distributions, donc ça ne tient pas longtemps. Bref, des points de détails à chipoter, mais dans l'ensemble, on ne peut pas dire que tes libertés fondammentales sont violemment attaquées. En fait, je me répète, mais ça revient peut à peu à traiter les oeuvres culturelles comme des marchandises. Si le tournevis de Leroy Merlin est trop gros pour être utilisé avec les petites vis achetées chez Bricorama, tu ne vas pas saisir le conseil constitutionnel et la cour européenne des droits de l'Homme. Il va falloir t'y faire, et acheter le matériel et les logiciels X qui permettent de lire les DVD Y. Ça va être marqué dessus, et puis voila.
C'est en effet la censure d'un raisonnement mathématique
En fait, ce qui est étrange dans cette série de mesures, c'est que le contournement de la protection dans le but de commettre un acte délictueux est assimilé avec le contournement de la protection dans le but de faire autre chose qu'un acte délictueux. Ce type de raisonnement idiot est malheureusement fréquent. Je me rappelle par exemple d'un article du règlement de la RATP qui punit d'une amende le franchissement des portillons, même si l'on a un ticket valide. De même, en France, il est interdit de se garer devant son propre portail. Toutes ces situations ont un point commun : il est impossible pour un agent (police, controlleur...) de deviner si on est dans son bon droit ou non, sans arrêter / mettre une contravention, et vérifier après coup. Pour les DRM, c'est un peu la même chose : contourner les DRM pouvait être légal, ou non. Alors pour se simplifier la vie, on pique un peu de liberté, et on interdit l'action potentiellement délictueuse. Et tant pis pour ceux qui le faisaient sans vouloir violer aucune loi. C'est bête et méchant, mais ça a le mérite d'éclaircir une situation ambigüe ("Mais je faisais une copie privée Monsieur l'agent!").
Il n'y a pas de question particulierement precise a se posser
Je dirais, au contraire, bien sûr que si, posons des questions précises et tentons d'y répondre plutôt que de tomber dans des délires paranos teintés de théorie du complot, sur l'air de "tous pourris" et "on va tous mourir".
Le problème est bien celui de la distribution d'oeuvres commerciales propriétaires. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'a priori, les ayant-droits d'un titre musical ou d'un film ont bien le droit de décider des conditions de redistribution de leur bouse oeuvre. Quand tu distribues un soft sous GPL, tu dis "vous avez le droit de faire ça, vous n'avez pas le droit de faire ça", pour un disque, c'est pareil : "tu as le droit de l'écouter, mais pas de le diffuser sur Internet sinon tu vas te faire botter les fesses". Si les conditions de redistribution ou d'utilisation ne te plaisent pas, c'est comme Windows : tu refuses le contrat de licence, sauf que pour un CD, il n'y a pas de vente liée, personne ne te force à l'acheter, alors tu ne l'achètes pas.
La réalité est juste plus complexe car même les beuglements de Lara Fabian ou les errements d'Audrey Tautou dans le DaVinci Code sont considérés comme des oeuvres culturelles. Et qu'en France particulièrement, la culture a quelque chose de sacré, et qu'elle ne peut pas être soumise aux mêmes lois que le travers de porc ou le dernier reflex numérique. Du point de vue des distributeurs des oeuvres culturelles, certaines de ces lois sont mauvaises pour leur business : la copie privée, l'accès à la culture à tous par exemple, c'est pas bon pour les dernières ventes (disons que c'est potentiellement à risque : même si c'est pas mauvais, ça ne peut pas être bon).
L'accès à la culture, c'est une pression citoyenne. L'accès gratuit à la culture, c'est une pression citoyenne démagogique (mais ça ne veut pas dire que c'est mauvais, dans l'absolu). Le contrôle de la diffusion des oeuvres, c'est une pression industrielle. Nous vivons dans un monde de plus en plus capitaliste, et nos gouvernants, élus démocratiquement --je ne parle pas du futur repris de justice, mais des députés --, représentent les idées pour lesquelles ils ont été élus (ce n'est pas la premiére fois que je le dis ici, mais un gouvernement de droite qui applique une politique de droite, moi j'appelle ca une victoire de la démocratie. La prochaine fois il faudra réfléchir au nom que vous mettez dans la petite enveloppe).
Bref, ce que tu appelles "TES DROITS", c'est en fait les droits que tu penses avoir sur la propriété intellectuelle d'autrui. Je me fais un peu l'avocat du diable ici, parce que je pense aussi qu'on devrait avoir des droits sur la propriété intellectuelle d'autrui à partir du moment où "autrui" veut diffuser son oeuvre, mais lá n'est pas la question. Je veux juste souligner que ce n'est pas vraiment une histoire de liberté : tu as le droit d'utiliser Linux, de l'installer, de le désinstaller, etc. (la libre concurrence serait une autre question). Tu as toujours le droit de faire ce que tu veux avec le CD que tu as acheté, tu peux le suspendre à ton sapin de Noël ou tirer dessus à la carabine. Par contre, le contenu du CD, qui ne t'appartient pas, tu ne peux pas en faire ce que tu veux. La question est donc la balance qu'il doit exister entre ta volonté de faire ce que tu veux avec le contenu (le lire sous Linux par exemple) et la volonté du propriétaire du contenu de t'imposer les moyens d'utiliser le contenu (le lire sous une plate-forme qu'il choisit). La tendance actuelle est de donner raison aux doléances des industriels (choix qui n'est pas illogique vu l'impuissance de l'État à faire respecter le code de la propriété intellectuelle).
Je reste persuadé que l'impossibilité d'utiliser Linux (ou n'importe quoi d'autre "non certifié") n'est pas un but délibéré des industriels, mais plutôt un effet de bord dont ils n'ont absolument rien à secouer (sauf Apple peut-être, et encore...). Définissons donc calmement ce qu'on va avoir le droit de faire, et ce qu'on ne va pas avoir le droit de faire avec DADVSI. Est-ce que le p2p est explicitement interdit? Non, je ne pense pas. Est-ce que l'utilisation de Linux est interdite? Définitivement non (il ne s'agit que de la protection par la loi de la volonté des industriels à controller l'utilisation que tu fais des oeuvres dont ils possèdent les droits. Ils ne veulent pas que tu utilises Linux? Soit. Ils décident après tout, c'est leur CD). etc etc. Et pour chaque question qui pose problème, on peut discuter des conséquences pour le logiciel libre.
Le conseil constitutionnel prend des décisions sur la forme, et pas sur le fond. Si la loi est mal écrite et anticonstitutionnelle, ils suppriment les articles qui posent problème. Ils n'ont pas à se préoccuper des conséquences de la modification de la loi.
Ceci pour justifier mon moinssage de ta remarque démago. Sans rancune! :-)
Bah c'est pas la loi qui est "n'importe quoi", c'est bien le principe même des DRM. Si on t'autorise à utiliser tes yeux / tes oreilles, alors on a besoin d'un dispositif qui transmet de l'information à tes yeux / tes oreilles. Dans tous les cas, le flux d'information pourra être intercepté à ce niveau, et la copie effectuée.
Les DRM ne sont qu'un moyen de gêner cette copie. Le DRM ultime, bien entendu, c'est un matériel 100 DRMisé, puisque le seul signal que tu pourras enregistrer, c'est le signal analogique en sortie. Et comme on te l'as seriné depuis 20 ans (sans que ça soit forcément vrai en pratique, d'ailleurs), le signal analogique est moins bon que le numérique, et on se retrouve avec la même situation qu'auparavant, avec les cassettes VHS et les cassettes audio : tu peux copier la musique / le film, mais le résultat sera de moins bonne qualité, et il existe un argument pour acheter le produit initial.
Évidemment, si la chaîne de matériel n'est pas 100% DRM, depuis le lecteur de CD jusqu'à la carte son, il y a des "niveaux" intermédiaires dans lesquels le signal est transmis "en clair", et c'est une faille gigantesque. C'est bien pour ça que ces grands industriels font tout pour que tu ne puisses pas lire leurs CD, DVD, et exécuter leurs jeux sous Linux : ils n'ont rien contre Linux, mais les DRM sous Linux, c'est illusoire, et ils préférent condamner cette plate-forme plutôt que de ruiner leurs plans (c'est tout á fait logique, selon leur point de vue).
Le grand public, les journalistes et même les politiques ont du mal à appréhender le problème parce qu'il est complexe. la réallité, c'est que le code de la propriété intellectuel n'est plus appliqué depuis quelques années, et que "tout le monde" (c'est une caricature évidemment) "pirate", pour les raisons que tout le monde connait (internet haut débit, prix exorbitant des CD, politique des majors qui visent les ados fauchés, impunité, etc). La solution la plus logique, ça serait que les majors demandent à l'État que la loi soit respectée : c'est la moindre des choses. C'est ce qui avait été fait timidement ces deux ou trois dernières années, mais c'était extrêmement maladroit : condamnations pour l'exemple, avec tout le monde opposé aux sanctions disproportionnées (opinion publique et journalistes). Il y a une deuxième solution, c'est de constater l'échec du controle des échanges de fichier, et de changer les règles : c'était l'idée de la licence globale, qui "garantissait" un équilibre économique précaire. La dernière possibilité n'est pas une solution, mais c'est celle qui a été retenue. Il s'agit de brider les possibilités des ordinateurs et d'Internet, de fausser la libre concurrence des éditeurs de logiciels et des fabricants de matériel, et par dessus tout de compromettre la liberté des individus, pour maintenir une situation économique précaire que l'on sait déja condamnée. Bien entendu, cette possibilité était soutenue par les majors, les entreprises n'ont pas de raisons d'avoir des principes. Heureusement, notre liberté est garantie par nos élus, désignés démocratiquement, et qui n'ont dans leur vie qu'un seul but : défendre les intérêts, la liberté et la sécurité de leurs électeurs. D'un revers de manche, ils auraient dû dégager cette idée de DRM de la table des négociations, et passer à quelque chose de plus sérieux. À l'évidence, quelque chose a merdé...
Bah tu peux ronchonner tout ce que tu veux, le juge a considéré, à raison probablement, que tu étais un emmerdeur anarchiste.
Voila la situation : tu veux acheter un PC sans Windows. Soit.
1) Tu vas chez Leclerc, et tu achètes un PC avec Windows. Admet que c'est bizarre comme comportement. Tu achètes un produit dans le but de démontrer que le vendeur n'avait pas le droit de le vendre comme ça.
2) Tu réclames le remboursement de Windows. Tu en as le droit, le code de la consommation est d'accord avec toi (je n'ai jamais remis en cause le fond du problème). Mais HP t'offre une possibilité alternative qui, à mes yeux, est totalement équivalente : on te rembourse l'ordi avec Windows, et tu achètes un ordi sans Windows.
3) Tu vas au tribunal, parce que la proposition de HP ne te convient pas. Pourquoi? OK, ils ne respectent pas scrupuleusement le code de la consommation, mais tu n'es pas Zorro, tu es sensé être un mec qui veut un PC sans Windows.
4) le juge de proximité n'est pas compétent, mais il est loin d'être tombé de la dernière pluie. Son rôle n'est pas de fixer la jurisprudence sur un problème aussi complexe. D'ailleurs, le jugement ne dit pas clairement que HP viole (ou non) le code de la consommation. Le juge s'est simplement arrêté à ton litige : tu veux un PC sans Windows. Alors soit tu l'achètes sans Windows, soit tu l'achètes avec et tu le désinstalles, les deux possibilités te sont offertes. Tu ne veux ni l'une ni l'autre : tu montres donc que ton but n'était pas vraiment d'acheter un PC sans Windows. Du coup, bah tu es débouté, ça me parait logique.
Encore une fois, le fond du problème est réel, mais la décision de justice me parait somme toute assez logique : tu t'es mis dans une situation indéfendable en refusant les propositions de HP et de Leclerc. Pour le juge, ça revient à acheter une boite de spaghettis, et de les rapporter en disant que tu voulais des raviolis, mais que tu ne veux pas qu'on te rembourse les spaghettis pour les remplacer par des raviolis : tu veux qu'on vide la boite de spaghettis et qu'on mette des raviolis à la place. L'illogisme de ton comportement a donc beaucoup plus compté que la légalité ou non de l'offre du vendeur, et le rôle de la justice, c'était bien de te débouter. Tu devrais peut-être changer d'avocat :-)
Mmmhhh, je ne suis pas si choqué que ça du résultat du jugement. Si j'ai bien lu, le juge n'affirme jamais que la vente de logiciels en même temps que le matériel n'est pas de la vente liée. Il ne faut pas interpréter de travers. Le juge affirme simplement qu'il est possible d'acheter ce matériel HP sans logiciel (ce qui est vrai), et que si le plaignant voulait ce matériel sans logiciel, il devait l'acheter sans logiciel (et non l'acheter avec puis demander le remboursement). Le fait que le centre Leclerc ne vende pas ce matériel sans logiciel n'est en aucun cas la faute d'HP.
Aucun juge n'aime avoir l'impression que le plaignant se fout de la gueule de la justice, ou utilise la justice pour faire passer un message politique. La justice est faite pour traiter des litiges au cas par cas. Dans ce cas, le litige a été réglé : le PC peut être remboursé intégralement, et racheté sans logiciel dans un magasin spécialisé. Mais non. Le plaignant veut un exemple, il veut un traitement particulier. C'est clair, le juge est une moule en informatique, et il n'a rien compris des tenants et des aboutissants politiques du problème. Mais il n'a pas à les comprendre. Pour lui, les propositions de solution à l'amiable étaient satisfaisantes pour le plaignant, qui ne s'en n'est pas contenté, et qui a voulu poursuivre la procédure jusqu'au bout pour des raisons politiques. Les frais de justice à payer sont complètement logiques de ce point de vue.
Moralité : un tribunal n'est pas une tribune politique. Le combat est bon, les moyens ne l'étaient pas.
Alors ce qui est bien, parfois, c'est que les moules sont bilingues, et peuvent aller lire l'article de Wikipédia en anglais : http://en.wikipedia.org/wiki/Free_content
Citation : Free content, or free information, is any kind of functional work, artwork, or other creative content having no legal restriction relative to people's freedom to use, redistribute, improve, and share the content. Importantly, when free content is modified, expanded, or incorporated within another work, the resulting work must also be distributable as free content (see share-alike). To be considered free content, a work must allow modification and redistribution.
Et voila.
Tu réecris l'histoire (cf mon post plus haut ou plus bas). 1) il existe un sens avéré de "libre" dans le cadre des oeuvres de l'esprit, c'est le sens de la FSF. 2) certaines licences CC sont libres, certaines ne le sont pas. 3) par ignorance ou par souci de simplification extrêmiste, tu souhaiterais que "libre" ait plusieurs sens quand on parle d'oeuvres de l'esprit. 4) du coup toutes les CC sont libres.
Si ça n'était qu'un débat sur les termes, à la limite, je m'en foutrais. Mais c'est bien plus que ça. En appelant "libre" un simple droit de redistribution (encore une fois, ça, c'est du freeware, c'est pas libre, c'est gratuit), tu chies sur la philosophie du libre, et tu mets dans le même panier les gens qui font du vrai libre altruiste, et ceux qui se mettent dans le sens du vent en utilisant Internet pour diffuser des oeuvres propriétaires.
[^] # Re: Motif(s) du refus de rééditer l'ouvrage ?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le Hold-up planétaire dans le cyberespace. Évalué à 3.
Vu les taux de compression proposés par les bons algos, vu le fait que beaucoup de données (l'aide par exemple) sont sous format texte, vu les différences du type de partition entre le CD et le NTFS qu'on a à l'arrivée, vu que la mémoire virtuelle est "inclue" dans le système sous Windows, ça ne me parait pas invraisemblable qu'une install à partir d'un CD puisse atteindre les 10 Go, surtout si on rajoute les logiciels (antivirus, firewall...) qui sont nécessaires à la sécurité du système d'exploitation --autant comparer ce qui est comparable.
Ce qui est sûr également, c'est qu'encore aujourd'hui un Linux minimal tient sur quelques disquettes, alors qu'un Windows minimal ne peut pas être dissocié du reste du bazar depuis qu'il n'est plus basé sur MSDOS. La nature de Linux fait qu'il est beaucoup plus facilement "customisable" que Windows, et que si l'espace disque et/ou mémoire est une contrainte, tu pourras l'adapter beaucoup facilement à tes besoins.
[^] # Re: Smart Boot Manager + Slackware ?
Posté par arnaudus . En réponse au message Quelle distribution equivalente win95. Évalué à 1.
[^] # Re: Méthode !
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Premiers pilotes libres pour les imprimantes Samsung. Évalué à 2.
[^] # Re: Méthode !
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Premiers pilotes libres pour les imprimantes Samsung. Évalué à 2.
Une question cependant : dans quelle mesure a-t-on le droit de s'inspirer du code assembleur? Est-ce que le code assembleur est une oeuvre de l'esprit, et est protégé comme tel? Je pense que c'est le cas, parce que 1) des masochistes codent parfois direct en assembleur, et 2) un même algo, en fonction du "talent" du codeur, peut donner différents résultats en assembleur, même en tenant compte des performances du compilo.
Je persiste à penser que la décompilation est limite limite 1) vis-à-vis de la protection des logiciels et du respect de la licence associée, et 2) vis-à-vis de la propriété intellectuelle. L'interopérabilité est légale, mais je ne sais pas où sont les limites à ne pas franchir : l'interopérabilité n'est pas au dessus des autres lois; on ne peut pas prendre Bill Gates en otage pour avoir les specs du .doc, on ne peut pas payer un agent secret pour aller piquer les plans et les specs de la dernière ATI, etc.
[^] # Re: Méthode !
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Premiers pilotes libres pour les imprimantes Samsung. Évalué à 2.
[^] # Re: Est-ce la bonne solution ?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Premiers pilotes libres pour les imprimantes Samsung. Évalué à 8.
Par contre, ça permet de s'apercevoir que la mise au point de drivers d'imprimantes par une procédure tortueuse (reverse-ingeneering par exemple) est l'affaire de quelques semaines pour quelqu'un de motivé. Alors imaginons combien de temps ça prendrait à une équipe de professionnels qui a le protocole de communication sous les yeux et qui vient de faire les drivers pour Windaube/Mac la semaine d'avant. Si ces boites ne fournissent pas de drivers Linux corrects, c'est pas parce qu'elles n'en n'ont pas les moyens, c'est parce qu'elles s'en foutent complètement, ou qu'elles ne daignent pas embaucher un seul gusse compétent qui connaisse un minimum Linux.
[^] # Re: Mode Pharma ?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Bygfoot en version 2.0. Évalué à 2.
Je pense par exemple que Zidane, avec ou sans piquouze, il serait pro et mondialement connu. Par contre, sans piquouze, il n'aurait peut-être pas été le meilleur joueur du monde, je te l'accorde.
[^] # Re: feature requests
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Bygfoot en version 2.0. Évalué à 2.
[^] # Re: Première page?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Bygfoot en version 2.0. Évalué à 5.
(évidemment, je parle dans le contexte d'un jeu avec interface graphique et gestion "simulée" d'objets imbriqués (championnats, équipes, joueurs...), pas d'un système d'exploitation ou d'un driver, ne me faites pas lancer un troll plus gros que moi quand même)
# Première page?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Bygfoot en version 2.0. Évalué à 9.
Bien entendu, j'ai oublié plein de choses dans la dépêche. J'ai oublié de mentionner l'existence de paquets Debian par exemple (il va peut-être falloir attendre un peu pour avoir la toute dernière version, mais la série 1.9.x ne sont que des beta de la 2.0). J'ai aussi oublié de dire que j'avais réussi à compiler et à faire tourner Bygfoot sur MacOS X, donc Bygfoot tourne sous Linux, Windows et Mac (grâce aux différents ports de Gtk, il faut le dire).
J'ai aussi "oublié" de dire que le jeu peut s'avérer légèrement instable par moments, et que cette instabilité est probablement due à un choix technique initial contestable (langage C), d'où quelques segfaults quelque peu cryptiques par ci par là...
Mais j'ai aussi oublié beaucoup de points positifs, comme la foultitude d'options disponibles graphiquement (c'est loin d'être toujours le cas pour ce genre de projets) qui permettent de "transformer" le jeu en fonction de ses centres d'intérêts : on peut par exemple demander à visualiser les matches et changer la tactique en cours de jeu en fonction du score, des blessures, etc; ou à masquer les matches en direct pour juste avoir le résultat et se concentrer sur la gestion.
[^] # Re: théorie des leader
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Google Life of Code pour Andrew Morton. Évalué à 2.
[^] # Re: OpenGraphics ?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Intel libère ses pilotes graphiques. Évalué à 10.
Je crois que c'est ce qu'on appelle un dégat collatéral... La mort de ce projet signifierait qu'on n'aurait plus besoin d'eux! Ça serait magnifique, non?
[^] # Re: Publicité ou mécénat?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Google Life of Code pour Andrew Morton. Évalué à 4.
Par contre, je ne le vois pas trop mettre les mains dans le cambouis quand un codeur se retrouve à ne plus trop savoir où il en est.
Maintenant, ce que je ne comprends pas, c'est qu'en gros, quand on embauche un mec comme ça, on doit forcément penser à le mettre à la tête du département "développement", au moins en ce qui concerne le noyau. Il doit falloir quand même un sacré recul pour se dire "OK, on le paye à prix d'or, mais on préfère l'utiliser avec parcimonie parce que sinon il va se barrer", tout en sachant très bien qui il est et ce qu'il est capable de faire. Ça doit quand même méchamment chatouiller, non?
# Publicité ou mécénat?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Google Life of Code pour Andrew Morton. Évalué à 10.
[^] # Re: et hop des economies
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 3.
J'imagine la même chose avec la SNCF : on fait un bilan chaque année (qualité du service, nombre de grêves, nombre de nouvelles lignes ouvertes, proportions de voyageurs qui voyagent debout etc), si le bilan est mauvais : on diminue les subventions, pas d'augmentations de salaires, les prix des billets ne bougent pas. À mon avis, au bout de 3 ans, il n'y a plus de grêves et les trains sont à l'heure.
[^] # Re: et hop des economies
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 3.
Ça, je suis bien d'accord. Il va falloir tirer ça au clair. Mais je crois qu'il va être considéré comme illégal de contourner les DRM à partir de l'application de la DADVSI, quelle que soit la date d'achat du CD. Le raisonnement, ça serait que le contournement des DRM était toléré avant, mais pas vraiment protégé par la loi (puisque d'un côté, l'interopérabilité le tolérait, mais d'un autre côté, le reverse-ingeneering des procédures de cryptage n'est pas joli joli). Ça me parait en tout cas être une excellente question.
De même quand une maison de production met sur le marché des produits "défectueux par design"
Il me semble que l'UFC avait été déboutée sur cette histoire. Tu dois simplement pouvoir obtenir le remboursement plus facilement, même si la pochette est ouverte : le produit est défectueux, après tout. Mais comme un commerçant n'est pas tenu de te rembourser (enfin je ne crois pas), il pourra te refiler des bons d'achat, pour que tu prennes d'autres CD défectueux.
Si mettre en vente des produits défectueux était un crime, Bill Gates serait en taule à perpétuité :-)
[^] # Re: et hop des economies
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 3.
La propriété intellectuelle est quelque chose de bancal. La propriété intellectuelle, contrairement à la propriété matérielle, n'est pas quelque chose de "naturel". On ne peut pas marquer dessus "cette idée/cette chanson/ce texte est à moi". Si on admet l'existence de la propriété intellectuelle, alors il faut des lois pour la règlementer, et ces lois doivent former un tout cohérent. Cohérent ne veut pas dire "logique" ou "moral". Ça veut dire qu'il faut que tout ca se tienne pour éviter que le système ne tombe en couille sous la moindre attaque d'un avocat un tant soit peu compétent. Il faut aussi que les lois respectent les droits fondamentaux inscrits dans la constitution.
Or, la propriété intellectuelle est un droit fondamental. Le "droit de lire un DVD" ne l'est pas. Pourquoi? Parce que, techniquement, le contenu du DVD ne t'appartient pas. Tu as le droit de faire ce que tu veux avec ce qui t'appartient, mais tu ne peux faire que ce que le propriétaire veut avec ce qui ne t'appartient pas. L'éditeur d'un DVD ne veut pas que tu le lises sous Linux? Ton seul droit est de ne pas l'acheter si ca ne te plait pas. Microsoft ne veut pas que Word soit utilisé par des organisatiosn terroristes? (c'est dans leur CLUF, non?) si tu es terroriste, tu n'achètes pas Word. Un auteur de logiciel libre ne te donne pas le droit de modifier le code et de diffuser le binaire sans les sources? Si ca ne te plait pas, tu n'utilises pas ce logiciel. etc etc etc.
Alors oui, on peut vivre dans le monde des bisounours et imaginer que le fait d'acheter un DVD te donne des droits. Mais ça, c'est de l'imaginaire (peut être collectif), tes droits ne vont pas au-delà de ce que t'accorde l'éditeur du DVD. Si tu admets que tu puisses avoir des droits qui dépassent le contrat de licence, alors l'édifice juridique de la propriété intellectuelle s'écroule : ça veut dire que quelqu'un pourrait réutiliser un soft GPL sans en respecter les conditions, ca veut dire qu'un éditeur de bouquins pourrait photocopier les livres de ses concurrents pour en sortir des moins chers, ca voudrait dire que le contenu du CD ou du DVD que tu achètes t'appartient dans une certaine mesure, que tu puisses le copier, le modifier, le redistribuer.
Les DRM sont une protection dérisoire, tout le monde est d'accord. Contourner un DRM, ce n'est pas comme casser le cadenas d'un vélo : tu n'endommages pas le bien d'autrui, et tu n'as pas forcément l'intention de voler ce que le cadenas protégeait. La meilleure image que je trouve, c'est qu'un DRM, c'est un peu comme une cloture. Tu autorises certaines personnes à accéder chez toi, en leur donnant une clé. Tu ne veux pas que les autres y entrent, tu ne leur donne pas la clé. Contourner un DRM pour lire un DVD sous Linux, c'est un peu comme sauter la cloture : tu n'as pas l'intention de faire quoi que ce soit de répréhensible à l'intérrieur du terrain, mais tu as sauté la cloture. Avant la DADVSI, il était plus ou moins légal de sauter les clotures et de zoner dans les "propriétés intellectuelles privées" si on n'y faisait rien d'illégal. Aujourd'hui c'est simplement interdit, c'est considéré comme une sorte de violation de propriété. Je pense que l'analogie est bonne, car le délit n'a rien à voir avec la hauteur de la cloture : si je marque juste par terre "ceci est une cloture", alors tu n'as toujours pas le droit d'entrer.
Toute la question, c'est "est-ce que la propriété intellectuelle inclut le droit de controller à ce point ce que les gens font avec ce qui a été vendu légalement". Je pense que la réponse est "oui" : oui, ils ont le droit de faire ça. Et ce droit est aujourd'hui considéré par beaucoup comme légitime, parce que depuis 5 ans les institutions ne protègent plus (ou très mal) la propriété intellectuelle dans le contexte d'Internet et du p2p. C'est dégueulasse? Oui. C'est une lutte perdue d'avance contre un changement profond de la société et de la libération de l'information? Oui. Ça a des effets de bord indésirables, comme le fait qu'il ne soit plus possible de choisir son OS, son logiciel de lecture? Oui. Ça ne résoud rien, et ca n'anticipe en rien les défis de l'avenir? Bien sûr. C'est une atteinte fondamentale aux libertés individuelles? Non. Si ton matériel et tes logiciels ne permettent pas de lire les DVD légalement, selon les conditions définies par les ayant-droits, alors tu changes de matériel ou tu n'achètes pas le DVD. Il n'y a rien d'anticonstitutionnel là dedans, il y a juste une juxtaposition de lois bancales, d'intérets particuliers trop voyants, d'incompétence, de manque de vision à long terme. Mais il ne faut pas confondre les droits que vous voudriez avoir en achetant un DVD et les droits que vous avez réellement.
[^] # Re: et hop des economies
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 4.
Bien sûr, il est possible de prendre d'autres angles d'attaque : 1) on ne devrait pas pouvoir appeler CD ou DVD des trucs qui ne sont pas lisibles avec tous les lecteurs de CD / DVD. 2) il y a une distortion de concurrence vis à vis des boîtes qui vendent des systèmes d'exploitation "alternatifs" --mais ces boîtes pourront toujours intégrer un lecteur propriétaire dans leurs distributions, donc ça ne tient pas longtemps. Bref, des points de détails à chipoter, mais dans l'ensemble, on ne peut pas dire que tes libertés fondammentales sont violemment attaquées. En fait, je me répète, mais ça revient peut à peu à traiter les oeuvres culturelles comme des marchandises. Si le tournevis de Leroy Merlin est trop gros pour être utilisé avec les petites vis achetées chez Bricorama, tu ne vas pas saisir le conseil constitutionnel et la cour européenne des droits de l'Homme. Il va falloir t'y faire, et acheter le matériel et les logiciels X qui permettent de lire les DVD Y. Ça va être marqué dessus, et puis voila.
[^] # Re: et hop des economies
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 4.
En fait, ce qui est étrange dans cette série de mesures, c'est que le contournement de la protection dans le but de commettre un acte délictueux est assimilé avec le contournement de la protection dans le but de faire autre chose qu'un acte délictueux. Ce type de raisonnement idiot est malheureusement fréquent. Je me rappelle par exemple d'un article du règlement de la RATP qui punit d'une amende le franchissement des portillons, même si l'on a un ticket valide. De même, en France, il est interdit de se garer devant son propre portail. Toutes ces situations ont un point commun : il est impossible pour un agent (police, controlleur...) de deviner si on est dans son bon droit ou non, sans arrêter / mettre une contravention, et vérifier après coup. Pour les DRM, c'est un peu la même chose : contourner les DRM pouvait être légal, ou non. Alors pour se simplifier la vie, on pique un peu de liberté, et on interdit l'action potentiellement délictueuse. Et tant pis pour ceux qui le faisaient sans vouloir violer aucune loi. C'est bête et méchant, mais ça a le mérite d'éclaircir une situation ambigüe ("Mais je faisais une copie privée Monsieur l'agent!").
[^] # Re: et hop des economies
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 7.
Je dirais, au contraire, bien sûr que si, posons des questions précises et tentons d'y répondre plutôt que de tomber dans des délires paranos teintés de théorie du complot, sur l'air de "tous pourris" et "on va tous mourir".
Le problème est bien celui de la distribution d'oeuvres commerciales propriétaires. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'a priori, les ayant-droits d'un titre musical ou d'un film ont bien le droit de décider des conditions de redistribution de leur bouse oeuvre. Quand tu distribues un soft sous GPL, tu dis "vous avez le droit de faire ça, vous n'avez pas le droit de faire ça", pour un disque, c'est pareil : "tu as le droit de l'écouter, mais pas de le diffuser sur Internet sinon tu vas te faire botter les fesses". Si les conditions de redistribution ou d'utilisation ne te plaisent pas, c'est comme Windows : tu refuses le contrat de licence, sauf que pour un CD, il n'y a pas de vente liée, personne ne te force à l'acheter, alors tu ne l'achètes pas.
La réalité est juste plus complexe car même les beuglements de Lara Fabian ou les errements d'Audrey Tautou dans le DaVinci Code sont considérés comme des oeuvres culturelles. Et qu'en France particulièrement, la culture a quelque chose de sacré, et qu'elle ne peut pas être soumise aux mêmes lois que le travers de porc ou le dernier reflex numérique. Du point de vue des distributeurs des oeuvres culturelles, certaines de ces lois sont mauvaises pour leur business : la copie privée, l'accès à la culture à tous par exemple, c'est pas bon pour les dernières ventes (disons que c'est potentiellement à risque : même si c'est pas mauvais, ça ne peut pas être bon).
L'accès à la culture, c'est une pression citoyenne. L'accès gratuit à la culture, c'est une pression citoyenne démagogique (mais ça ne veut pas dire que c'est mauvais, dans l'absolu). Le contrôle de la diffusion des oeuvres, c'est une pression industrielle. Nous vivons dans un monde de plus en plus capitaliste, et nos gouvernants, élus démocratiquement --je ne parle pas du futur repris de justice, mais des députés --, représentent les idées pour lesquelles ils ont été élus (ce n'est pas la premiére fois que je le dis ici, mais un gouvernement de droite qui applique une politique de droite, moi j'appelle ca une victoire de la démocratie. La prochaine fois il faudra réfléchir au nom que vous mettez dans la petite enveloppe).
Bref, ce que tu appelles "TES DROITS", c'est en fait les droits que tu penses avoir sur la propriété intellectuelle d'autrui. Je me fais un peu l'avocat du diable ici, parce que je pense aussi qu'on devrait avoir des droits sur la propriété intellectuelle d'autrui à partir du moment où "autrui" veut diffuser son oeuvre, mais lá n'est pas la question. Je veux juste souligner que ce n'est pas vraiment une histoire de liberté : tu as le droit d'utiliser Linux, de l'installer, de le désinstaller, etc. (la libre concurrence serait une autre question). Tu as toujours le droit de faire ce que tu veux avec le CD que tu as acheté, tu peux le suspendre à ton sapin de Noël ou tirer dessus à la carabine. Par contre, le contenu du CD, qui ne t'appartient pas, tu ne peux pas en faire ce que tu veux. La question est donc la balance qu'il doit exister entre ta volonté de faire ce que tu veux avec le contenu (le lire sous Linux par exemple) et la volonté du propriétaire du contenu de t'imposer les moyens d'utiliser le contenu (le lire sous une plate-forme qu'il choisit). La tendance actuelle est de donner raison aux doléances des industriels (choix qui n'est pas illogique vu l'impuissance de l'État à faire respecter le code de la propriété intellectuelle).
Je reste persuadé que l'impossibilité d'utiliser Linux (ou n'importe quoi d'autre "non certifié") n'est pas un but délibéré des industriels, mais plutôt un effet de bord dont ils n'ont absolument rien à secouer (sauf Apple peut-être, et encore...). Définissons donc calmement ce qu'on va avoir le droit de faire, et ce qu'on ne va pas avoir le droit de faire avec DADVSI. Est-ce que le p2p est explicitement interdit? Non, je ne pense pas. Est-ce que l'utilisation de Linux est interdite? Définitivement non (il ne s'agit que de la protection par la loi de la volonté des industriels à controller l'utilisation que tu fais des oeuvres dont ils possèdent les droits. Ils ne veulent pas que tu utilises Linux? Soit. Ils décident après tout, c'est leur CD). etc etc. Et pour chaque question qui pose problème, on peut discuter des conséquences pour le logiciel libre.
[^] # Re: conseil anti-constitutionnel ment
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 5.
Ceci pour justifier mon moinssage de ta remarque démago. Sans rancune! :-)
[^] # Re: Quid du materiel hi-fi ?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 10.
Les DRM ne sont qu'un moyen de gêner cette copie. Le DRM ultime, bien entendu, c'est un matériel 100 DRMisé, puisque le seul signal que tu pourras enregistrer, c'est le signal analogique en sortie. Et comme on te l'as seriné depuis 20 ans (sans que ça soit forcément vrai en pratique, d'ailleurs), le signal analogique est moins bon que le numérique, et on se retrouve avec la même situation qu'auparavant, avec les cassettes VHS et les cassettes audio : tu peux copier la musique / le film, mais le résultat sera de moins bonne qualité, et il existe un argument pour acheter le produit initial.
Évidemment, si la chaîne de matériel n'est pas 100% DRM, depuis le lecteur de CD jusqu'à la carte son, il y a des "niveaux" intermédiaires dans lesquels le signal est transmis "en clair", et c'est une faille gigantesque. C'est bien pour ça que ces grands industriels font tout pour que tu ne puisses pas lire leurs CD, DVD, et exécuter leurs jeux sous Linux : ils n'ont rien contre Linux, mais les DRM sous Linux, c'est illusoire, et ils préférent condamner cette plate-forme plutôt que de ruiner leurs plans (c'est tout á fait logique, selon leur point de vue).
Le grand public, les journalistes et même les politiques ont du mal à appréhender le problème parce qu'il est complexe. la réallité, c'est que le code de la propriété intellectuel n'est plus appliqué depuis quelques années, et que "tout le monde" (c'est une caricature évidemment) "pirate", pour les raisons que tout le monde connait (internet haut débit, prix exorbitant des CD, politique des majors qui visent les ados fauchés, impunité, etc). La solution la plus logique, ça serait que les majors demandent à l'État que la loi soit respectée : c'est la moindre des choses. C'est ce qui avait été fait timidement ces deux ou trois dernières années, mais c'était extrêmement maladroit : condamnations pour l'exemple, avec tout le monde opposé aux sanctions disproportionnées (opinion publique et journalistes). Il y a une deuxième solution, c'est de constater l'échec du controle des échanges de fichier, et de changer les règles : c'était l'idée de la licence globale, qui "garantissait" un équilibre économique précaire. La dernière possibilité n'est pas une solution, mais c'est celle qui a été retenue. Il s'agit de brider les possibilités des ordinateurs et d'Internet, de fausser la libre concurrence des éditeurs de logiciels et des fabricants de matériel, et par dessus tout de compromettre la liberté des individus, pour maintenir une situation économique précaire que l'on sait déja condamnée. Bien entendu, cette possibilité était soutenue par les majors, les entreprises n'ont pas de raisons d'avoir des principes. Heureusement, notre liberté est garantie par nos élus, désignés démocratiquement, et qui n'ont dans leur vie qu'un seul but : défendre les intérêts, la liberté et la sécurité de leurs électeurs. D'un revers de manche, ils auraient dû dégager cette idée de DRM de la table des négociations, et passer à quelque chose de plus sérieux. À l'évidence, quelque chose a merdé...
[^] # Re: Jugement
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Agir contre la vente liée. Évalué à 6.
Voila la situation : tu veux acheter un PC sans Windows. Soit.
1) Tu vas chez Leclerc, et tu achètes un PC avec Windows. Admet que c'est bizarre comme comportement. Tu achètes un produit dans le but de démontrer que le vendeur n'avait pas le droit de le vendre comme ça.
2) Tu réclames le remboursement de Windows. Tu en as le droit, le code de la consommation est d'accord avec toi (je n'ai jamais remis en cause le fond du problème). Mais HP t'offre une possibilité alternative qui, à mes yeux, est totalement équivalente : on te rembourse l'ordi avec Windows, et tu achètes un ordi sans Windows.
3) Tu vas au tribunal, parce que la proposition de HP ne te convient pas. Pourquoi? OK, ils ne respectent pas scrupuleusement le code de la consommation, mais tu n'es pas Zorro, tu es sensé être un mec qui veut un PC sans Windows.
4) le juge de proximité n'est pas compétent, mais il est loin d'être tombé de la dernière pluie. Son rôle n'est pas de fixer la jurisprudence sur un problème aussi complexe. D'ailleurs, le jugement ne dit pas clairement que HP viole (ou non) le code de la consommation. Le juge s'est simplement arrêté à ton litige : tu veux un PC sans Windows. Alors soit tu l'achètes sans Windows, soit tu l'achètes avec et tu le désinstalles, les deux possibilités te sont offertes. Tu ne veux ni l'une ni l'autre : tu montres donc que ton but n'était pas vraiment d'acheter un PC sans Windows. Du coup, bah tu es débouté, ça me parait logique.
Encore une fois, le fond du problème est réel, mais la décision de justice me parait somme toute assez logique : tu t'es mis dans une situation indéfendable en refusant les propositions de HP et de Leclerc. Pour le juge, ça revient à acheter une boite de spaghettis, et de les rapporter en disant que tu voulais des raviolis, mais que tu ne veux pas qu'on te rembourse les spaghettis pour les remplacer par des raviolis : tu veux qu'on vide la boite de spaghettis et qu'on mette des raviolis à la place. L'illogisme de ton comportement a donc beaucoup plus compté que la légalité ou non de l'offre du vendeur, et le rôle de la justice, c'était bien de te débouter. Tu devrais peut-être changer d'avocat :-)
[^] # Re: Jugement
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Agir contre la vente liée. Évalué à 9.
Aucun juge n'aime avoir l'impression que le plaignant se fout de la gueule de la justice, ou utilise la justice pour faire passer un message politique. La justice est faite pour traiter des litiges au cas par cas. Dans ce cas, le litige a été réglé : le PC peut être remboursé intégralement, et racheté sans logiciel dans un magasin spécialisé. Mais non. Le plaignant veut un exemple, il veut un traitement particulier. C'est clair, le juge est une moule en informatique, et il n'a rien compris des tenants et des aboutissants politiques du problème. Mais il n'a pas à les comprendre. Pour lui, les propositions de solution à l'amiable étaient satisfaisantes pour le plaignant, qui ne s'en n'est pas contenté, et qui a voulu poursuivre la procédure jusqu'au bout pour des raisons politiques. Les frais de justice à payer sont complètement logiques de ce point de vue.
Moralité : un tribunal n'est pas une tribune politique. Le combat est bon, les moyens ne l'étaient pas.
Experience ++;
return 0;
[^] # Re: guerreau
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Les licences Creative Commons et la liberté. Évalué à -2.
Citation : Free content, or free information, is any kind of functional work, artwork, or other creative content having no legal restriction relative to people's freedom to use, redistribute, improve, and share the content. Importantly, when free content is modified, expanded, or incorporated within another work, the resulting work must also be distributable as free content (see share-alike). To be considered free content, a work must allow modification and redistribution.
Et voila.
Tu réecris l'histoire (cf mon post plus haut ou plus bas). 1) il existe un sens avéré de "libre" dans le cadre des oeuvres de l'esprit, c'est le sens de la FSF. 2) certaines licences CC sont libres, certaines ne le sont pas. 3) par ignorance ou par souci de simplification extrêmiste, tu souhaiterais que "libre" ait plusieurs sens quand on parle d'oeuvres de l'esprit. 4) du coup toutes les CC sont libres.
Si ça n'était qu'un débat sur les termes, à la limite, je m'en foutrais. Mais c'est bien plus que ça. En appelant "libre" un simple droit de redistribution (encore une fois, ça, c'est du freeware, c'est pas libre, c'est gratuit), tu chies sur la philosophie du libre, et tu mets dans le même panier les gens qui font du vrai libre altruiste, et ceux qui se mettent dans le sens du vent en utilisant Internet pour diffuser des oeuvres propriétaires.