arnaudus a écrit 5206 commentaires

  • [^] # Re: Lettre de très haute facture... ou pas

    Posté par  . En réponse à la dépêche ADULLACT écrit aux candidats à l'élection présidentielle de 2007. Évalué à 6.

    Je plussoie.

    Ce qui pourrait se produire aussi, si nous n'y prenons pas garde, c'est le refermement de vingt-cinq siècles de savoir ouvert: une nuit effroyable qui balaiera tout espace public à la faveur de droits de propriété nouveaux dans l'univers immatériel et où la manipulation de l'information par des pouvoirs obscurs sera l'instrument d'une perversion du politique, auprès de laquelle les pires cauchemars de Tocqueville ou d'Orwell seront d'aimables plaisanteries.

    Cette lettre est écrite par un convaincu qui essaye de prêcher aux convaincus. Le début de la lettre est complètement allumé, genre Raël qui écrit aux candidats pour leur demander de construire d'urgence des pistes d'aterrissage pour OVNI. Autant je comprends parfaitement que certains militants, 100% dans leur trip parano mâtiné de théorie du complot, puisse se laisser aller à ce genre de bafouille aux arguments naïvement teintés d'une vision sombre exacerbée.

    Mon avis, c'est qu'à la deuxième ligne lue, la lettre passe sur le bureau de la secrétaire dont le boulot est de répondre par un gentil message "merci de votre courrier, on vous rappellera, votez pour nous au fait".

    Je suis intimement persuadé de la qualité des logiciels libres, de l'ambition humaniste qui sous-tend leur développement, de la pérénité du modèle économique sain qui leur est attribué, et de l'intérêt supérieur de toute administration ou entité financée par des fonds publics de garantir la transparence et l'interopérabilité. Je suis tout aussi persuadé du danger crée par l'attitude de nombreux grands acteurs du logiciel, qui n'ont pour objectif que de maintenir voire gonfler leurs profits, et ce, à n'importe quel prix. Enfin, je suis conscient que la plupart des politiques sont totalement incapables de comprendre le sujet, parce qu'ils n'ont pas appris ça à l'école, parce que la plupart d'entre eux savent à peine ce qu'est un logiciel, et que leur inertie intellectuelle, entretenue par la propagande des vendeurs de softs, les empêche de proposer une vision novatrice et ambitieuse de l'avenir au détriment de modèles économies poussiéreux et de plus en plus difficiles à maintenir en vie artificellement.

    Mais je suis aussi désolé que les principaux défenseurs des logiciels libres s'interdisent d'avoir une vision pragmatique sur l'état des choses (ça fait combien de temps qu'on s'auto-persuade que Linux gagne tous les jours des parts de marchés alors qu'il n'a jamais décollé des 5% qu'il atteignait déja il y a 5 ou 7 ans?), ni surtout sur l'état des connaissances de nos concitoyens sur le marché des logiciels ? (vente liée, brevets menaçants...). Si la pédagogie par la peur peut fonctionner avec les gamins de moins de 5 ans ("attention, il ne faut pas venir dans la chambre de papa maman le samedi soir après 21h, parce que euh... à cause des monstres et tout"), avec un adulte raisonnable, ça fait tout de suite complètement bidon et ridicule. Si le seul argument en vafeur des logiciels libres, c'est qu'autrement on va tomber dans l'obscurantisme mortellement dangereux et les Vickings américains vont venir violer nos filles et nos compagnes, on peut peut-être éviter de pourrir les efforts des petits copains qui, eux, font preuve de pragmatisme et de pédagogie, même à petite échelle...
  • [^] # Re: Autoprotection

    Posté par  . En réponse à la dépêche Apple et les DRM. Évalué à 3.

    Je dois dire que j'ai toujours du mal à comprendre pourquoi tant de boites investissent dans une technologie pourrie qui, par construction, ne peut pas marcher. Quel quel soit le niveau et la qualité du cryptage, le fait que le truc est censé tourner sur une machine non-certifée. Il est par définition possible d'intercepter le flux à un quelconque niveau.

    Bon OK, si toute le matériel est certifié, l'interception ne peut se faire qu'au niveau analogique. À mon avis c'est la seule manière de faire fonctionner correctement des DRM : contrôller tous les composants matériels et logiciels de la machine. C'est évidemment impossible avec un ordinateur.

    Tout ce truc n'est qu'une vaste hypocrisie. Les majors savent que c'est foireux, les distributeurs aussi, les gouvernements aussi. Pourtant, des lois sont pondues pour protéger ces dispositifs foireux (c'est ce qui me choque le plus : les politiques auraient dû renvoyer les majors chez eux en leur demandant de revenir avec quelque chose susceptible de fonctionner).
  • [^] # Re: Problème de synchro?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Lettre ouverte aux constructeurs. Évalué à 3.

    À ma connaissance, le plagiat se juge sur la forme et non sur le fond. Les informations en elle-mêmes ne sont pas protégées : untel est né en 1867 et mort en 1932, c'est complètement réutilisable.

    Ce qui n'est pas réutilisable, c'est les éléments "créatifs". On pense toujours en premier au texte lui même (c'est à dire un copier-coller, quoi), mais il y a aussi le plan, la mise en page, le choix des citations, etc etc.

    Il est donc parfaitement légal de s'appuyer sur une ou plusieurs sources pour rédiger un article; c'est ce que font les journalistes, les encyclopédistes, les scientifiques, etc. De plus, bien souvent, il est très conseillé d'attribuer la paternité des infos en sourçant (pas pour des raisons légales, mais pour des raisons morales et déontologiques: on rend à César ce qui appartient à César, et au passage on se dédouane au cas où l'info est fausse).

    Évidemment, il reste une certaine part à l'interprétation. Un plan "Introduction/Thèse/Antithèse/Synthèse" n'est évidemment pas un plagiat. "Machin (1867 - 1932) était un célèbre écrivain turc", peut-être pas. Tout est dans l'appréciation d'un juge quant à la possibilité de reproduire le travail sans avoir copié.

    Au passage, sur Wikipédia, la meilleure défense des plagieurs, c'est "il n'y a pas 50 manières de rédiger cette information". Dans un sens, ils ont raison : il y a des milliers de manières d'écrire chaque phrase, et des milliards d'écrire un paragraphe. J'avais fait le test une fois sur la phrase d'introduction d'un article : Nom + Prénom + dates et lieux de naissances et de mort + nationalité + profession + pourquoi le gusse est connu, ça donne plusieurs dizaines de phrases possibles. En l'occurrence, si en gros on retrouve plus de 4 ou 5 mots identiques à la suite, il y a de fortes chances pour qu'il s'agisse de plagiat, pour 10 mots, c'est quasiment certain.
  • [^] # Re: Problème de synchro?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Lettre ouverte aux constructeurs. Évalué à 3.

    Merci de confirmer l'impression relayée par arnaudus juste au-dessus à propos des guignols qui soutiennent n'importe quoi avec aplomb.

    Moi je trouve ça plutôt rigolo. Une sorte d'exemple, quoi. Ça appuie le sens de la démonstration :-)

    Pour juste ajouter un petit élément de rien du tout, je dirais que toute la nuance est dans "l'auteur ne peut empêcher". Ça sous-entend clairement que la copie privée n'est pas un droit; notemment dans le cas où la copie est techniquement infaisable. Si la copie était un droit, alors tu pourrais exiger le droit de copier (donc d'avoir le droit de prendre des photos dans les musées etc). Par ailleurs, l'exception de copie privée peut être assortie d'une "juste rémunération", autrement dit : elle n'est pas forcément gratuite.

    Enfin, il faut bien séparer la loi et la jurisprudence. Ce qui nous dit ce qu'on a le droit de faire ou non, ce n'est pas la loi, qui est par nature très floue, mais la manière dont les tribunaux interprètent la loi.
  • [^] # Re: ff3

    Posté par  . En réponse à la dépêche Sortie de Inkscape 0.45. Évalué à -2.

    Ça me paraît également une précision intéressante. On peut être libriste et lucide : le SVG c'est bien mangez-en, mais vous allez vous manger des méchants bugs au passage quand même...

    Au passage, normalement une norme, c'est pas à interpréter un chouilla par ci un peu par là, et ça oh bah non c'est trop chiant à implémenter. Ça n'a pas vraiment d'intérêt sinon. Donc on ne peut pas dire que Firefox lise le SVG (il essaye, c'est déja bien...)
  • [^] # Re: Problème de synchro?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Lettre ouverte aux constructeurs. Évalué à 10.

    Euh, tu prétends que la copie est privée quand tu la diffuses sur Internet? C'est très amusant ça... La copie privée, est, je cite, "réservée à l'usage du copiste".

    Je ne suis absolument pas juriste, juste "formé" "sur le tas" pour des raisons liées au libre (logiciels et documents libres). Je dois avouer que je ne me rappelle absolument pas de ce que je savais du droit d'auteur avant de m'intéresser à ça, ça ne devait pas être beau à voir non plus. Je ne veux pas jeter la pierre à quelqu'un de particulier, ce n'est pas le but de mon post. Je veux juste partager mon désarroi quand à 1) l'incompréhension totale du droit d'auteur en général, et 2) le fait que les gens sont persuadés d'avoir raison et soutiennent avec aplomb des conneries gigantesques.

    Le problème avec internet, c'est que monsieur tout le monde est maintenant capable de diffuser des documents, et que monsieur tout le monde, il fait comme il a toujours fait (comme chez mémé, quoi) : hop je prends un truc ici, un truc là, j'enregistre ma musique à la radio, mon film à la télé, hop Copier... Enregistrer sous et a y est, j'ai mon fond d'écran pour mon blog... Mais quand il a son site web ou son blog, Monsieur tout le monde il devient un diffuseur, et par conséquent le côté "privé" de l'affaire ne tient absolument plus. En gros, 95% des blogs sont passibles de contrefaçon, et ça ne risque pas de s'arranger.

    Hop, juste pour illustrer, deux exemples rapides : le premier, c'est un site internet où un gusse avait retranscrit à la main tous les solos de Metallica et diffusait les tab. Et sur son site, il avait ajouté un texte du style "ça m'a pris un temps fou de faire ça, alors il faut mon utilisation pour que vous recopiez mes trucs". De toute bonne foi, ce gars réclamait un droit d'auteur sur une contrefaçon avouée, ouverte et indéniable! Très liée, une discussion que j'avais eu ici même avec quelqu'un qui croyait dur comme fer que ce genre de pratiques (diffusion des partitions retranscrites à l'oreille) était parfaitement légale, parce que ce n'était qu'une "inspiration" de l'oeuvre originale! Je dois dire que je suis toujours choqué par tant de naïveté.

    Deuxième exemple, celui de Wikipédia. Contrairement à la plupart des travaux liés aux licences libres (logiciels par exemple), Wikipédia n'est pas "centralisée" (personne ne valide les patches). Par conséquent, il n'y a pas vraiment de dialogue anciens/nouveaux, et à vue de nez, 80% des contributeurs n'ont pas la moindre idée de ce qu'est la licence GFDL (ni même de ce qu'est une licence). Donc certains ne comprennent simplement pas pourquoi on supprime leurs contributions ("mais j'ai pas le droit de copier-coller à partir d'une autre encyclopédie?"), ni pourquoi leurs photos sont refusées ("ça veut dire quoi 'pas de licence'? C'est quoi une licence?"). Presque plus grave, certaines discussions (comme celle qui a fini par voir, heureusement, l'interdiction du "fair-use" sur la version francophone au moins) sont complètement "polluées" par des gens de bonne volonté, mais complètement ignorants du fonctionnement de la propriété intellectuelle : pour justifier l'inclusion de l'image de leur Pokémon préféré, certains affirment que l'image n'était pas accompagnée du signe (c), et que hein, quand y'a pas de (c), tout le monde sait qu'on fait ce qu'on veut. Cette incompréhension ce transmet même aux réutilisateurs de Wikipédia. Par exemple, je suis intervenu sur un site a priori ami de Wikipédia (La voix du savoir, qui diffuse des articles de Wikipédia "parlés" pour les mal voyants), mais qui ne respectait pas la GFDL. Apparemment, ni les webmasters, ni les participants au forum n'ont la moindre idée de ce qu'est une licence libre, et j'ai eu droit à des remarques comme "Si c'est pour nous embêter avec vos licences compliquées dites pas que c'est libre" (pour info, les procédures "hyper-compliquées" revenaient à insérer la liste des auteurs et un lien vers la GFDL à la place du "copyright La voix du savoir"). Voila où on en est : dialoguer avec des professionnels est mille fois plus aisé que de tenter de faire passer des notions élémentaires comme le respect des droits d'auteur à la "faune" de l'internet du début du XXIe siècle.

    Étrangement, j'ai l'impression que le monde du libre a toujours eu "peur" de se faire pomper par le privé, le propriétaire. En tout cas, à lire la GPL, même la V3, on sent bien que la protection s'oriente bien vers la malhonnêteté commerciale, soit les grandes entreprises qui sont assez puissantes pour soutenir un interminable procès, soit des petits malins qui se font un fric fou très rapidement avant de disparaître dans la nature. Or, en tout cas c'est comme ça pour Wikipédia, j'ai l'impression que les plus grandes violations de la GFDL sont simplement faites par ignorance, et que le plus gros risque, c'est la perte de l'aspect contagieux de la licence GNU à cause d'ados boutonneux de bonne foi. Ça serait quand même dommage que les auteurs des articles de Wikipédia aient à porter plainte pour faire respecter la GFDL quand même...

    (au fait, c'est complètement HS, je sais).
  • [^] # Re: Problème de synchro?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Lettre ouverte aux constructeurs. Évalué à 10.

    La loi sur le droit d'auteur autorise la diffusion d'extraits

    Absolument pas en France, en tout cas. Le droit de citation, si c'est celui auquel tu fais référence, est extrêmement contraint par l'usage qu'on en fait (analyse critique, pédagogique...), et n'est admissible que dans un contexte (par exemple, ciattion de quelques phrases d'un livre dans une analyse de 'oeuvre d'un auteur).

    En France, la jurispeudence restreint ce droit de citation au texte (même si la loi, a priori, parait plus ouverte). La seule exception à cette restriction, à ma connaissance, c'est l'admissibilité de courtes citations de films dans un autre film (documentaire par exemple).

    À ma connaissance, la "citation" d'un extrait de JT hors contexte (sur Youtube par exemple) est totalement illicite est indéfendable. En tout cas, il faudrait une nouvelle jurisprudence pour prétendre qu'elle est autorisée.

    Quant au "fair-use" américain, contrairement à la liberté qu'il semble véhiculer, il s'agit bien d'une épée de Damoclès sur la liberté d'expression : le "fair-use" ne peut être reconnu que par un tribunal. Il faut par exemple comparer ça à la "légitime défense" : tant qu'un tribunal n'a pas décidé du contraire, tu es coupable. Contrairement au droit de citation, le "fair-use" n'est pas un droit : tu utilises un document soumis au droit d'auteur dans des conditions que tu estimes toi-même comme étant "fair" pour l'auteur du document (traduction : en gros, tu penses que tu n'embêtes pas assez l'auteur pour qu'il te fasse un procès). Malheureusement, c'est dans cette direction que s'oriente la législation sur les droits d'auteur au XXI siècle (pas vu, pas pris, justice à plusieurs vitesses, et "droit" fluctuant en fonction de l'argent qu'on se fait avec les documents qu'on utilise). Tout ça pour dire que le message précédent était parfaitement justifié.
  • [^] # Re: Ce que j'aime bien dans la musique libre...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 1.

    l ne vaut pas vraiment le coup de se braquer avec la terre entière par rapport aux notions qu'il y a derrière

    Mais si, parce que c'est de l'arnaque.

    Si je te donne un téléphone portable et que je dis que c'est gratuit, tu le prends. Puis tu t'aperçois que les SMS sont 0,01¤ plus cher que pour ceux qui ont payé leur téléphone. Tu vas venir te plaindre. J'aurais beau te démontrer par a+b qu'au final, c'est mieux que si tu avais payé ton téléphone puis tes SMS au prix normal, tu vas me dire que je t'ai menti en disant que c'était gratuit. Je n'ai pas le droit de te dire "Ah oui mais gratuit pour moi, vois-tu, ça n'a pas le même sens que pour toi, n'est-ce pas..." La question n'est pas "est-ce que c'est mieux que s'il n'y avait rien", parce que là, évidemment, c'est clairement "oui" : oui, c'est mieux de pouvoir graver ou p2per un titre sans risquer un passage au tribunal. Mais la question n'est pas là. La question, c'est "est-ce qu'il est légitime d'attribuer le terme de "libre" à ces titres de musique". Et là, c'est non : non, c'est de la triche, c'est un mensonge.
  • [^] # Re: Du commerce et de la liberté

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 2.

    une licence dite libre donne tout le pouvoir aux éditeurs

    Aux consommateurs, plutôt, non? C'est justement ça l'intéret. Les éditeurs n'ont absolument pas plus de droits que n'importe quel utilisateur, qui peut donc à son tour devenir éditeur s'il le souhaite et éventuellement reverser une partie de l'argent généré à qui il veut.

    L'exemple de Jamendo est un excellent exemple. Sous licence NC, il est possible de télécharger les oeuvres, mais pas d'en tirer profit comme le fait Jamendo. Résultat : impossible de créer un Jamendo2 qui verserait 80% des revenus aux auteurs sans l'accord individuel de ces auteurs (donc super long, super chiant à gérer, etc). Jamendo est donc l'unique éditeur, figé dans un contrat, par lequel le consommateur doit absolument passer si'il veut un service professionnel (grosse bande passante etc).

    Et puis que penser de cette aberration qui fait financer les musiciens par les marchands de bagnoles et autres casinos en ligne?

    Pour aller plus loin dans la raisonnement, il faut remonter au principe même de la rémunération de la propriété intellectuelle. Que penser de cette aberration qui fait financer les auteurs APRÈS leur travail? Le travail d'un musicien, c'est de composer, jouer, chanter, s'enregistrer. Et tout ça, c'est bénévole. Et puis, l'auteur, suite à ce travail harassant, se met à passer ses journée en pyjama devant la télé. Et par la magie de la SACEM, les sous arrivent.

    Quand je suis au boulot, mon patron me donne des sous pour produire un travail. S'il s'avait que je passais mes journées sur Linuxfr, il ne me payerait pas. Quand j'écoute Florent Pagny à la radio, Florent Pagny il est pas en train de chanter, il est en train de dormir, de regarder la télé, de baiser ou de creuser des trous dans son jardin pour y planquer ses économies en prévision d'un contrôle fiscal. La dissociation totale travail <-> salaire pour un auteur est une aberration du système. Le système idéal, ca serait qu'un employeur (une major par exemple) te paye un montant fixe pour faire ton boulot (chanter, enregistrer, etc), et se démerde pour gagner des sous avec le produit de ton travail sans que tu n'en voies jamais la couleur (peut-être une prime si ca se vend bien?). C'est comme ça que le monde fonctionne, sauf le monde artistique. Il y a beaucoup de raisons pour ça (les artistes parleraient de créativité bridée par les contraintes des horaires de travail, des choses comme ça), mais le fonctionnement du système est aberrant, à la base.

    Tout ça pour dire que tout le problème du shmilblick, c'est bien de trouver une manière de rémunérer les auteurs d'une manière indirecte, soit en "vendant" une information comme un bien matériel sur un support (ou sans support d'ailleurs), soit en rackettant les radios, les commerçants, etc. qui diffusent de la musique --alors qu'ils ont acheté avec leurs sous le support, comme quoi le disque n'est pas un produit ordinaire car tu est limité dans ce que tu peux faire avec. Tout est bancal, tout tient sur des lois dont la plupart ne sont pas naturelles, qui maintiennent un système qui n'est pas naturel, dans lequel personne (sauf les majors peut-être) n'est satisfait de sa position et de sa liberté (en tout cas, ni les auteurs, ni les consommateurs). Tout est tellement bancal que le moindre bouleversement sociologique, comme Internet, fait couler les flots chiasseux dans la presse et dans les parlements pour faire passer de nouvelles lois, réparation hasardeuse à un système qui ne tient que par l'opération du Saint Esprit.

    Alors financer la musique avec les bagnoles, avec les revenus du livret A ou avec les fonds destinés à la recherche contre le cancer, après tout c'est quand même pas si aberrant que ça...
  • [^] # Re: "Musique libre"

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 1.

    J'ai toujours pensé qu'elle était implicite dans la liberté de modifier, je me trompe?
  • [^] # Re: Ce que j'aime bien dans la musique libre...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 2.

    Ouaip, je vois bien le problème, mais j'imagine le dialogue suivant :

    "- Ton truc là machin gratuit, c'est nul c'est pas libre.
    -- Ah bon? Ouais, peut-être. Mais pourquoi il faudrait que je mette ça libre?
    -- Bah pour l'oeuvre, c'est bien, ça lui permet d'être diffusée, améliorée, adaptée...
    -- Ouais, mais en tant qu'auteur?
    -- Bah pour les utilisateurs, c'est vachement mieux parce qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent...
    -- Ouais mais en tant qu'auteur?
    -- Euh... les gens vont vachement t'aimer ?"

    Tu vois ce que je vaux dire? À part les arguments philosophiques, les intérêts de l'auteur d'une oeuvre libérée sont vachement flous et mouvants. Encore, pour un logiciel, tu peux t'attendre à des rapports de bugs ou de l'aide technique. Mais pour une musique, où le système est est à ses premiers balbutiements? Si, je vois bien, le prêt d'un studio d'enregistrement, l'échange de conseils, de matos, etc. Mais rien de ça n'est lié au caractère libre, seulement au caractère communautaire qui est boosté par la liberté. Mais par exemple, l'ego surdimentionné des artistes risque de ne pas leur faire goûter l'intérêts de patches qui améliorent l'oeuvre, ils risquent de prendre ça comme une atteinte personnelle...

    C'est pour ça que je pense qu'il est assez discutable de faire miroiter des trucs. Si tu ne sais pas ce qu'est le libre, on peut te conseiller de lire, de te renseigner, on peut t'expliquer, mais je doute qu'on puisse convaincre quelqu'un en quelques minutes.

    En tout cas, la question qui nous préoccuppe ici, c'est plutôt de convaincre les artistes qu'ils se trompent quand ils prétendent que leurs oeuvres sont libres. Donc on pourrait passer des heures à argumenter que ça serait 'achement mieux si on avait le droit de modifier les paroles, ça ne change pas le fait que la version actuelle n'est pas libre.
  • [^] # Re: Ce que j'aime bien dans la musique libre...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 1.

    Ce n'est pas mon avis. La communauté a avant tout pour rôle de trancher et de balancer clairement son interprétation des choses : Java c'est pas libre, ce truc est libre, ce truc n'est pas libre etc. C'est une défense non-pédagogique, parce que c'est une défense en tant qu'uitilisateur : non, je ne vais pas te laisser dire que ton "truc" (logiciel, dessin, musique...) est libre parce qu'en tant qu'utilisateur, tu ne m'offres pas ce que j'attends d'un "truc" libre".

    Je ne pense pas qu'on puisse balancer comme ça "le libre c'est le top du top, et je vais t'expliquer pourquoi tu dois faire du libre". Je pense que c'est générateur de frustrations, simplement parce que le libre n'est pas la solution à tout. Typiquement, pour l'exemple de la musique, je n'ai jamais prétendu que le libre était une solution viable. Elle l'est peut-être, ou peut-être pas, à la limite je m'en fous. Mais qu'on ne prétende pas qu'un truc est libre s'il ne l'est pas, quoi.

    Personnellement, j'ai toujours trouvé un peu hypocrite le discours pédagogique vis-à-vis des auteurs, parce qu'en tant qu'utilisateur potentiel, tu as tout à gagner alors que l'auteur a beaucoup à perdre, y compris au niveau de ses préjugés. Je veux dire qu'en tant qu'auteur, diffuser un truc librement ne te rapporte franchement pas grand chose. Ça va énormément rapporter à ton oeuvre, qui se verra améliorée, revendue, modifée, adaptée à d'autres usages. Ça peut te rapporter en tant que notoriété, beaucoup de gens vont voir ton nom, vont savoir que tu fais du bon boulot, vont te prendre pour exemple peut-être. Mais pratiquement, je pense que le retour, surtout financier, est assez faible. Par ailleurs il est extrêmement aléatoire, et surtout sur le long terme. Mettre une oeuvre sous licence libre, c'est avant tout une démarche personnelle, qui n'est pas seulement généreuse et humaniste (mettre Linux sous GPL était clairement intéressé, par exemple), mais qui doit relever d'une volonté propre et d'une conviction assez profondes dans les vertus de la liberté des oeuvres (la vraie, hein, pas la gratuité).
  • [^] # Re: Ce que j'aime bien dans la musique libre...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 2.

    Absolument, je me suis aperçu à la relecture que je n'avais pas été trés clair (même pas du tout). Je reformule :

    Il y a les images libres, qui utilisent abondamment les licences CC, et qui, à ma connaissance, n'ont jamais déformé le principe de la liberté d'une oeuvre. Toutes les licences CC sont régulièrement utilisées pour les images, mais toute prétention à déclarer libre une oeuvre diffusée sous une CC non-libre est tuée dans l'oeuf par une réaction épidermique.

    Quelque chose plus comme ça, quoi. Je voulais dire que malgré le fait que toutes les licences CC étaient utilisées pour les images, personne ne s'était jamais amusé à essayer de modifier la définition de "liberté" pour la faire coller avec la totalité des CC.
  • [^] # Re: Ce que j'aime bien dans la musique libre...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 3.

    Ça pourrait être vrai seulement s'il n'y avait que le LL et la musique libre.

    Seulement, il y a tout le reste.

    Il y a les images libres, qui utilisent abondamment les licences CC, TOUTES les licences CC, et qui, à ma connaissance, n'ont jamais déformé le principe de la liberté d'une oeuvre. Voir par exemple ce qu'on peut trouver sur et à partir de http://www.linuxgraphic.org/ . Voir aussi les réactions qui peuvent être provoquées par des prétentions de liberté qui n'en sont pas.

    Il y a la documentation libre, qui, bien sûr, a commencé avec les docs des logiciels, mais qui s'est largement étendu. Aujourd'hui, Wikipédia est certainement plus gros que Linux en matière d'investissement humain, et c'est probablement en passe de devenir la plus grande oeuvre collaborative de l'humanité. Et là-bas aussi, les quatres libertés sont érigées en principe fondateur.

    Il y a donc un vrai "monde" du libre, qui partage les mêmes valeurs, les mêmes définitions. Et puis il y a ce truc de la musique libre, qui arrive comme ça et qui n'accepte pas la philosophie du libre. Mais qui veut tout de même utiliser le terme de "libre".

    Les "gens" de la musique libre ne veulent pas que leurs oeuvres soient étudiées, diffusées, modifées, rediffusées, revendues. Ils ne veulent garantir aucune liberté particulière aux utilisateurs de leurs créations. Ils ne veulent pas de forks, pas de projets collaboratifs; ils cherchent avant tout à développer un modèle fiable économiquement, légèrement anarchiste ou anticonformiste sur les bords, mais en rien comparable avec les principes fondateurs qui sous-tendent le logiciel libre.

    Pourquoi vouloir se revendiquer de la communauté du libre alors? Pourquoi prétendre que ce qu'on fait c'est libre, alors que ça ne l'est pas? Probablement soit par ignorance, soit par opportunisme. Personne ne peut les empêcher de se monter le mou tout seuls sur leurs forums de discussion. Ils peuvent s'auto-persuader autant qu'ils veulent qu'ils font du libre, qu'ils sont "cools" comme le sont RMS ou Linus, qu'ils participent à une sortent de grand mouvement. Mais c'est une erreur, entretenue par des mensonges et des oeuillères. En tout cas, apparemment, ce n'est pas sur linuxfr qu'ils vont trouver des oreilles complaisantes pour admettre leurs prétentions et excuser leur crise d'adolescence vis-à-vis du logiciel libre qu'apparemment, ils considèrent comme leur père.
  • [^] # Re: Ce que j'aime bien dans la musique libre...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 2.

    Et il y a un certain opportunisme de la part de Jamendo et de Dogmazic notamment de surfer sur cette vague du terme "libre" pour se faire de la pub alors que la majorité de leur catalogue n'est, justement, pas libre.

    Mais il suffirait simplement qu'ils l'admettent! Certains intervenants sur cette page sont à des années lumière d'admettre que NC = non libre, par exemple. Pourtant, c'est un truc qui ne peut même plus provoquer de trolls, c'est clair pout tout le monde que certaines licences CC sont libres et d'autres non.

    Le fait qu'un morceau de musique soit différent d'un logiciel n'a jamais donné le droit de chier sur la philosophie du libre. Le problème est bien de savoir quelle part des artistes qui diffusent leur oeuvre sur de tels sites savent ce qu'il en est. J'imagine que beaucoup d'entre eux se sont fait intoxiquer par la propagande active des "freewaristes de la musique" et sont persuadés de faire du libre. Il faut vraiment essayer d'arrêter les frais le plus tôt possible avant que ces artistes, mais aussi et surtout les "consommateurs" de cette musique ne s'aperçoivent trop tard qu'ils se sont fait arnaquer.

    Sans compter que chez Jamendo une certaine quantité d'artistes sont inscrits à la sacem

    Si c'est vrai, alors c'est d'une incommensurable connerie, en effet.
  • [^] # Re: Ce que j'aime bien dans la musique libre...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 1.

    À ce que je sache, une radio n'est pas de la propriété intellectuelle... C'est un média qui diffuse de la propriété intellectuelle, c'est pas pareil. Qu'est-ce qu'un internet libre, un téléphone libre?

    Il n'a jamais été question d'étendre le concept de "libre" à autre chose que la propriété intellectuelle : libre-service, radio-libre, liberté d'expression, liberté d'entreprendre, etc. sont des concepts qui existaient avant RMS (ou qui ont émergé indépendamment) et qui illustrent d'ailleurs la polysémie du mot "liberté".

    À ma connaissance, jamais les radio libres ne se sont revendiquées de la philosophie des logiciels libres...

    ça me fait tout bizarre de coller l'adjectif "intellectuel" à "radio libre"
  • [^] # Re: "Musique libre"

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 4.

    Dana Hilliot [...] parle de la nécessité de « tuer le père »

    ... pour toucher l'héritage? Ou pour éviter qu'on crie trop fort qu'elle n'est qu'une tentative parmi des centaines de restreindre la définition de la liberté d'une oeuvre afin de la faire rentrer de force dans un contexte commercial?

    La musique libre ne fera rien si elle doit ménager à tout pris les susceptibilités des défenseurs du logiciel libre

    Eh bien, que la musique gratuite fasse ce qu'elle veut, entre autres répondre au voeu démago des masses populaires.

    Désolé, diffuser quelque chose en prétendant que c'est libre, tout en empêchant sa distribution commerciale ou sa modification, c'est un mensonge. Les valeurs du libre sont largement au-delà des préoccupations commerciales et matérielles des auteurs, la licence d'une oeuvre libre défend avant tout les utilisateurs, et pas les auteurs. Votre musique libre ne me donne le droit de RIEN faire avec. Où est l'idéal du travail collectif? De la libre diffusion, dans tous les contextes? De la possibilité de transformer, de ré-encoder, d'adapter l'oeuvre à MES besoins d'utilisateur? Que dalle, oui. Ça n'est même plus lié au monde du logiciel libre : les licences des musiques "pseudo-libres" ne donnent aucun droit particulier à leur utilisateur. Rien là-dedans ne suit la philosophie du libre, je ne vois absolument aucune filiation, seulement une tentative de récupération.
  • [^] # Re: "Musique libre"

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 1.

    Si ça n'est pas autorisé sans limites et dans tous les contextes, ça n'est pas autorisé du tout ?

    Oui, en tout cas c'est l'idée qui se cache derrière le concept de "liberté" de la propriété intellectuelle. Il y a tout une littérature consacrée au mouvement du libre, et je ne pensais pas que ce genre de choses faisait encore débat. Des clauses comme "usage interdit aux terroristes" transforment un truc "libre" en un truc "non libre".
  • [^] # Re: Ce que j'aime bien dans la musique libre...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 2.

    Je plussoies. Deux hypothèses :
    * L'ignorance. Les musiciens n'ont pas compris le concept de liberté appliquée à la propriété intellectuelle, ils essayent donc de reproduire le truc mais ils se sont plantés.
    * La malhonnêteté. "libre" est aujourd'hui un argument de vente. Firefox est libre, Openoffice est libre, Linux est libre. On commence à comprendre ce que c'est (malgré encore beaucoup de confusion), mais au moins, on sait que c'est bien, et que c'est différent de gratuit. On sait aussi que ça n'est pas synonyme de mauvaise qualité. Alors on utilise le mot à tout va, pour vendre quelque chose de vaguement souple, mais de définitivement non libre. À quand les voitures libres, les couches culottes libres, les pizzas libres?
  • [^] # Re: "Musique libre"

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 6.

    Au passage, ta définition ne correspond à celle du « logiciel libre ».

    Non, elle correspond à la propriété intellectuelle libre, c'est assez différent. Elle correspond par exemple à la GFDL, qui n'est pas du logiciel.

    Il n'y a pas de copyright sur les idées ou les concepts. Par contre, il y a une antériorié de fait : RMS, en définissant la liberté pour les oeuvres de l'esprit, a "marqué" une acceptation du mot "libre" dans l'expression "X libre" quand X est une oeuvre de l'esprit immatérielle. On est bien d'accords qu'il n'y a pas d'unité juridique (c'est assez dangereux de diffuser de la musique sous GPL), mais il y a une unité philosophique : une chanson a des paroles et des partitions (son code source), elle peut être interprétée (compilation?), distribuée sous forme de CD, avec d'autres oeuvres ou indépendante, etc.

    La question, c'est plutôt "pourquoi les musiciens ne souhaitent pas appliquer à la musique le concept de libre au sens de RMS"? Tu ne vas pas aimer ma réponse, mais je la donne quand même : parce que ces gens ne croient pas au "libre", ils ne voient la diffusion gratuite que comme un moyen de diffusion de leur oeuvre, point barre. Ils ne veulent pas que d'autres réinterprètent, modifient, rediffusent, compilent, adaptent leur oeuvre. Ils veulent en garder le contrôle. Ce n'est pas malsain, mais je ne vois franchement pas là dedans où est la philosophie du libre. Pourquoi donc alors continuer à utilise rle terme de "libre"? parce que ça fait bien, certainement. Ça fait vendre, c'est un bon coup de pub. Mais c'est faux, leur musique n'est pas libre, leur utilisation est juste "assouplie" par rapport au cas classique de la musique commerciale. Appeler "musique libre" quelque chose qui est sous CC-ND, c'est un mensonge.
  • [^] # Re: bien trouvé l'exemple

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 3.

    Un oeuvre sous licence cc sans les clause nc et nd, une fois "lâchée" dans la nature, va vivre sa propre vie, et ça peut être très angoissant pour l'artiste

    Je pense qu'il y a là une incompréhension assez profonde de ce qu'est le libre. En gros, tu ne veux pas que ton oeuvre soit libre. C'est une volonté respectable, mais ça devrait t'empêcher de prétendre qu'elle est libre.
  • [^] # Re: "Musique libre"

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 2.

    Je suis d'accord avec presque tout, sauf ça :

    Cela signifie que la dénomination « musique libre » sera beaucoup moins normative et balisée que ne peut l'être « logiciel libre ».

    On a déja une belle définition du libre, avec ses quatre libertés, ses débats (l'aspect contaminant de la licence, en fonction du "type" de liaison, etc). Je pense que de donner un sens différent à "musique libre", ça risque de provoquer des confusions interminables (il faut encore aujourd'hui en 2007 expliquer que freeware c'est pas un logiciel libre...), et ça risque de marginaliser le phénomène du vrai libre (qu'il faudra appeler par quelque chose de plus extrême, 100% libre? libre au sens de RMS?) à un ramassis de geeks barbus. Je veux dire qu'aujourd'hui, la notion de libre est quand même bien implantée dans la communauté informatique, et que le monde de l'entreprise a progressivement intégré le concept et arrêté de nier la différence entre libre et gratuit. Vous pensez vraiment que Java ou KDE seraient libres s'il n'y avait pas eu cette intransgisance de la communauté à refuser toute dénomination "plus large"?

    Du coup, on regrouperait dans la même catégorie la musique freeware et la musique "GPL"; on appelle tout ça "libre"... et c'est la cata, parce que le message passé au public n'est absolument pas clair. Certaines oeuvres auraient le droit de passer à la radio, pas d'autres. Le sampling est autorisé dans certains cas, mais pas tous. Malgré tout, on afficherait l'étiquette du "libre" partout, comme pour masquer les restrictions que la plupart des oeuvres auront.

    La plupart des Jamendo et autres bases de données sont des entreprises ou associations d'artistes, pas des universitaires visionnaires un peu cinglés. Ils savent TRÈS bien ce qu'ils font, ils essayent d'imposer leur business-model en rendant les choses confuses, en employant un vocabulaire souple, en cachant ce qui fâche (les artistes Jamendo affiliés SACEM est une rumeur à la vie dire, je ne sais pas ce qui en est vraiment), en proposant de la soupe de licence "pseudo-libre".

    Appeler "libre" ce qui ne l'est pas, c'est aussi se moquer du consommateur. "Ouh les vilaines majors commericales, mangez notre musique libre c'est meilleur". C'est démagogique (ce que le public veut, c'est pas de la musique libre, c'est de la musique gratuite), et c'est surtout de la com.
  • [^] # Re: Fichiers sources: code, images et sons

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 1.

    Je vois bien le côté pratique, mais je pense quand même que la stabilité du bidule repose sur la bonne foi des intervenants. Si je télécharge le paquet Wormux, je suis en droit de demander les sources des sons. Si je télécharge le paquet directement sur wormux.org, j'ai toutes les chances de tomber pas trop loin des créateurs des fichiers, et j'imagine qu'il sera possible d'avoir une réponse. Mais qu'est-ce qui se passe si je fais ça avec un fork de Wormus gravé sur un CD livré avec un magazine Néo-Zélandais? Est-ce que ça ne revient pas à donner une sorte de bombe à retardement en même temps que le logiciel libre?
  • [^] # Re: "Musique libre"

    Posté par  . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 4.

    mais je n'imposerai à personne de céder ses droits sur une oeuvre artistique.

    Je pense que la vraie question, ce n'est pas de leur imposer quoi que ce soit, mais de leur demander de ne pas redéfinir à leur sauce le concept de "libre" quand on s'intéresse à de la propriété intellectuelle. Le libre, c'est quand on peut :

    * Utiliser dans restriction
    * Étudier le contenu
    * Modifier le contenu
    * Rediffuser une version éventuellement modifiée

    La musique sous CC-ND, c'est donc gratuit, mais pas libre. C'est de la musique freeware. Alors c'est certainement mieux que rien, mais ça ne donne pas le droit à ces artistes de "surfer" sur la vague d'un idéal bien plus grand, qu'ils utilisent comme un argument de diffusion sans en comprendre ni n'en respecter les principes fondammentaux.
  • [^] # Re: Le problème

    Posté par  . En réponse à la dépêche L'UFC Que Choisir contre la vente liée. Évalué à 2.

    Je suis bien d'accord avec toi.

    Quelques tendances vraiment nazes :

    1) Attendre que la loi intervienne dans des détails insignifiants d'un marché pas si grand que ça. La vente liée est interdite, soit. Mais la situation a quand même changé depuis plusieurs années. Maintenant, il est possible d'acheter un PC même un portable, sans Windows. Il suffit de s'adresser au bon revendeur. Parfois même on trouve ces offres en grande surface. Pas sur tous les PC, pas dans tous les commerces. Et alors? Chez Renault ils ne vendent pas de vélos. Si on veut autre chose on va voir ailleurs; c'est le jeu de la concurrence. Ces cacas nerveux du genre "je veux que Carrefour vende tel produit sous tel format", que ça soit la loi ou non, c'est assez puéril : si vous n'êtes pas content allez voir ailleurs, personne ne vous oblige à aller chez Carrefour.

    2) Utiliser un point obscur du code de la consommation pour attaquer un système économique. Microsoft veut vendre Windows, les constructeurs et les assembleurs veulent vendre Windows, les grandes surfaces veulent vendre Windows, et les consconsommateurs veulent acheter Windows. Il faut sortir de Linuxfr parfois, et faire un tour dans la vraie vie. On ne peut pas défendre les gens contre leur gré. Si les gens veulent Word et Windows, à tel point que personne n'achèterait autre chose (et en effet, si la demande existait vraiment, on ne serait pas là à se poser des questions), les grandes surfaces vendraient du Linux. Ce que je veux dire, c'est d'aller chercher un article de loi parmi les milliers existants, et de dire "ah lala, c'est parce qu'Auchan ne respecte pas tout à fait cet article que Windows arnaque le monde et qu'il y a la famine en Afrique"; c'est du FUD. C'est du FUD avec du fond, mais c'est du pur FUD bien sophiste. Digne de Microsoft en fait.

    3) Tirer sur le messager. C'est super intelligent. +10 aux posts "pfff l'autre eh n'importe quoi même que c'est pas possible que t'as pas le droit de faire ça. La loi elle dit qu'on doit savoir le prix que Carrefour il paye à Windows pour une licence et qu'il doit y avoir cette différence de prix entre un PC avec et un PC sans Windows". Par contre, dès qu'un avis raisonnable est balancé, "pfff oh l'autre c'est un Microsoftien, -10". À force de n'écouter que son nombril, évidemment, on tombe des nues quand on voit les décisions de justice arriver. C'est quoi le prochain truc, c'est que les juges sont en fait payés par Microsoft?

    Le pire, c'est que le problème existe réellement : oui c'est difficile de trouver des PC sans Windows dans les grandes surface, et oui si 3% du parc informatique est Linux et que moins de 3% des PC vendus le sont sans Windows; c'est bien qu'il y a un problème. Mais le problème n'a rien de légal, contrairement à ce qu'on essaye de faire miroiter quand on parle de "racket" ou d'autres trucs comme ça. Le problème est purement et uniquement économique. Si Mandriva faisait de la pub à la télé, si Redhat passait de gros contrats avec de gros constructeurs, si HP développait sa propre distribution et vendait des PC sous Linux avec des drivers plus efficaces que ceux sous Windows; croyez-moi, des PC sous Linux à Auchan il y en aurait. Ici, c'est plein de gens qui croient au libre et qui croient que le libre est une alternative économique valable, c'est complètement idiot de pleurnicher pour demander l'application dérisoire d'un article de loi pour essayer de contrer Microsoft : si vous pensez vraiment que le libre ne peut pas se développer sans que l'article L122-machin soit appliqué, c'est qu'en fait vous n'y croyez absolument pas.