lasher a écrit 2738 commentaires

  • [^] # Re: logique pour Google

    Posté par  . En réponse au journal Grumpy : un nouveau concurrent à pythran. Évalué à 4.

    Hum, tu t'attendais à quoi ? N'importe quel compilateur va forcément générer du code difficile à lire au final, et c'est normal. :-)

    Oui, la génération de code automatisée rend les programmes imbitables, mais j'ai envie de dire, c'est comme ceux qui se plaignent de XML en disant que c'est pas lisible quand c'est généré par une machine. Ben justement, si, c'est lisible, et ça reste plus lisible que de l'assembleur ou du langage machine. Malgré le côté obscur du code (Go ou XML) généré, ça reste un langage dont on peut comprendre la syntaxe, qui permet de faire des choses de haut niveau, etc. Même principe. Par contre, la seule raison de mater le code est si tu veux optimiser quelque chose ou que le générateur de code a mal fait son boulot (le code est pas correct par exemple).

    Le côté simple/facile à lire de Go c'est pour un humain qui génère du code lui-même. Si tu veux la version simple à lire de ce programme, tu prends la version Python. :-)

  • [^] # Re: Temps d'exécution sans optimisation ?

    Posté par  . En réponse au journal Pythran chatouille Cython. Évalué à 5.

    Tu pars du principe que le programmeur est meilleur que la machine pour optimiser et donc qu'il est plus efficace de partir d'un langage bas niveau qui donne toute la latitude pour piloter le calcul.

    Ça dépend de quel type d'optimisation on discute (voir plus bas). Dans le cas normal je suis d'accord avec toi, le compilateur est souvent meilleur que toi. Lorsqu'on parle de gens qui cherchent à optimiser une boucle après avoir observé que c'est celle-ci prend beaucoup de temps à s'exécuter, alors c'est un cas différent : tu as déjà compilé avec -O3, possiblement en promettant à ton compilo que les pointeurs ne pointent pas sur des zones qui se recouvrent1

    Les langages fonctionnelles sont très efficaces pour cela. Les notions de fonctions pures, de typage fort (avec ou sans inférence), d'évaluation paresseuse, les map (qui sont une forme de SIMD)

    (c'est moi qui graisse) Si le concept est similaire (une seule instruction appliquée à un jeu de données vs. une seule fonction appliquée à une liste d'éléments), les implications en termes de génération de code n'ont strictement rien à voir.

    Quand il s'agit de vectorisation, les compilateurs (y compris Intel) sont quand même pas complètement au point. Ils font souvent de la « vectorisation partielle », dans le sens où ils utilisent correctement les registres SSE/AVX (avec le bon type d'instructions du coup), mais où ils ne savent pas s'ils ont le droit de correctement charger les données 128 ou 256 bits à la fois, et donc utilisent ces registres principalement pour charger des données 64 bits dans des registres qui font le double ou le quadruple en capacité. Depuis peu, GCC fait de l'auto-vectorisation partielle (qui me semble légèrement moins au point que celle d'Intel), mais dans tous les cas, à moins d'avoir des garanties en béton sur les pointeurs, sur le code, etc., la vectorisation complète (càd : qui utilise pleinement les registres vectoriels des machines x86/x64) est rarement achevée. C'est pour ça qu'on continue d'utiliser les intrinsics à la main dans beaucoup de codes à partir du moment où on se dit que ça va pas assez vite. Après, il existe des outils pour déterminer si ça vaut le coup de se prendre la tête à vectoriser, en regardant le rapport entre le nombre d'instructions arithmétiques et le nombre de mouvements mémoire : un code peut être vectorisable sans pour autant faire gagner en performance, car le processeur passe son temps à attendre que la mémoire lui fournisse les prochains éléments à traiter.

    D'ailleurs, c'est tellement reconnu que le dernier standard en date pour OpenMP (qui est le langage de programmation parallèle le plus populaire dans la communauté du calcul intensif) fournit une clause (le mot-clef « simd ») pour dire au compilateur que le code est vectorisable (donc en gros le programmeur prend la responsabilité d'avoir vérifié que l'agencement des données permet effectivement de vectoriser le code, mais au moins il n'a plus à utiliser les intrinsics — enfin, on espère).


    1. En C/C++, ça s'exprime avec restrict dans la signature des fonctions, ou au niveau du compilateur tu peux le spécifier « par fichier » avec un flag de type -fno-alias chez Intel ou -fstrict-aliasing chez GCC je crois — et il semblerait qu'au moins avec gcc ce soit activé à partir de -O2.  

  • [^] # Re: Pourquoi faire simple ...

    Posté par  . En réponse au journal Échanger des courriels avec Pôle-Emploi, ça peut être compliqué. Évalué à 2.

    On est bien d'accord, mais ça donne quand même une certaine idée. Par contre, si la distribution des salaires suit en proportion celle des divers employés (externes, internes, etc.) au niveau national, on obtient :

    • En France le salaire médian est de ~1700€/mois, contre un salaire moyen de ~2400€/mois.
    • En extrapolant, ça voudrait dire (en supposant un salaire moyen annuel de ~45k€/an) que le salaire moyen annuel à Pôle Emploi est de ~3750€/mois, et le salaire médian de ~2600€/mois.
  • [^] # Re: Le code de la route n'est rien d'autre qu'un ensemble de protocoles pour réseaux routiers

    Posté par  . En réponse au journal Et vous, vous voulez qu'elle fasse quoi votre voiture autonome ?. Évalué à 3.

    C'est la réflexion que je me faisais en voyant les progrès effectués dans le domaine

    Oui, mais il faut bien voir que même le saligot moyen de région parisienne ou ailleurs sait souvent mieux conduire que l’étasunien moyen. En Europe on a un système relativement complexe de signes pour le code de la route, alors qu'aux US mis à part les symboles vraiment super courants, presque tout est écrit en anglais (et du coup l'universalité du code de la route en prend pour son grade). On peut ajouter à cela que ce qu'on apprend en France/Europe sur comment se comporter sur autoroute (du genre : aller sur la file la plus à droite sauf si tu doubles, etc.) est complètement ignoré en moyenne aux USA, que l'utilisation du clignotant est souvent considéré comme facultative, etc. (je sais que souvent en France on se plaint des mecs qui utilisent pas le clignotant, mais en comparaison avec les USA, c'est franchement rare).

    Je ne parle même pas de la notion de priorité à droite (bon, pour les défendre, aux US généralement tout est explicitement signalé, donc pas besoin de dire qu'une route est prioritaire, ou d'user de la priorité à droite : absolument tous les croisements sont équipés de panneaux « STOP » ou « céder le passage » si besoin).

  • [^] # Re: Qu'elle n'envoie pas mes données de déplacement partout

    Posté par  . En réponse au journal Et vous, vous voulez qu'elle fasse quoi votre voiture autonome ?. Évalué à 3.

    Con ? non, interagir avec les personnes que tu ne connaît pas c'est bien aussi. :)

    Tu te rends compte que cet argument est exactement le même que celui qui était utilisé dans les années 90 ou début 2000 à propos des gens qui causaient sur IRC ou autres systèmes de discussion, et à qui on disait « c'est bien, tu parles à quelqu'un qui vit en Australie, mais tu ne connais même pas ton voisin de palier ! » ? :-)

    Ben non, mon voisin de pallier, tout ce que je sais, c'est que c'est une voisine, qui recevait un monsieur qui fumait dans son entrée, et qui empestait tout le pallier d'odeur de tabac froid (je suis ancien fumeur et j'ai aucun problème à ce que les gens fument, mais un minimum de vivre ensemble et fumer plus près d'une fenêtre c'est pas la panacée)1.

    C'est aussi l'argument sorti de nos jours à propos des gens qui communiquent pas entre eux. Ben je sais pas toi, mais moi le matin, je suis rarement bien réveillé et de bonne humeur (je me réveille doucement dans le train—enfin, quand j'étais encore en région parisienne), et j'ai pas spécialement envie de discuter avec mon/mes voisins. Et avant les portables, on avait les baladeurs qui nous permettaient justement de nous isoler un peu du monde et de continuer de voyager pendant nos 1h30 de transports journaliers moyens sans stresser trop (parce que les transports en commun en heure de pointe, c'est pas du tout relaxant, ou même neutre).


    1. A contrario, je connaissais des voisins d'autres paliers et on s'entendait bien. Comme quoi… 

  • [^] # Re: Ne plus avoir de voiture

    Posté par  . En réponse au journal Et vous, vous voulez qu'elle fasse quoi votre voiture autonome ?. Évalué à 2.

    Je sais que tu blagues, mais pour faire mon littéral : c'pas pareil ! On parle de deux points arbitraires !

    Voilà, j'ai fini.

  • [^] # Re: Ne plus avoir de voiture

    Posté par  . En réponse au journal Et vous, vous voulez qu'elle fasse quoi votre voiture autonome ?. Évalué à 5.

    Je vais même aller plus loin : la poste, justement pour des histoires d'efficacité/productivité/pas embaucher de fonctionnaires/etc. embauche des externes pour livrer tout un tas de trucs, leur donne des objectifs journaliers de nombre de colis/lettres à livrer, tout en étendant la surface de livraison. Et c'est pareil pour les mecs de type FedEx/UPS/etc. Au final, c'est justement la réduction de personnel, liée à l'augmentation des objectifs en termes de productivité qui génèrent ce genre de comportements.

  • [^] # Re: Pourquoi faire simple ...

    Posté par  . En réponse au journal Échanger des courriels avec Pôle-Emploi, ça peut être compliqué. Évalué à 2.

    Tu peux être sûr que dans l'administration il y a des pics et des creux dans l'activité informatique. Tu ne vas pas recruter une armée de développeurs pour que une bonne partie se touche la nouille quand il y a moins de projets. Tu ne vas pas non plus recruter des gens dont la compétence est nécessaire sur un projet donné mais pas sur les autres.

    Mais d'un autre côté, si tu permets aux développeurs (pas forcément ingénieurs !) de se former pendant les creux, quand il s'agira de développer un nouveau projet, et si on peut planifier suffisamment à l'avance, alors tes développeurs pourraient avoir suffisamment d'expérience (en dév en général, et d'heures de formation/expérimentation) pour passer à l'exécution du projet. De plus, c'est pas comme si les SSII ne vendaient jamais leurs « ingénieurs » (je mets des guillemets car il n'est pas rare de voir quelqu'un de vendu en tant que tel mais qui n'a pas le titre à proprement parler) en tant « qu'experts » (ce qui, en langue de bois SSII-ienne veut parfois dire « il s'est auto-formé il y a 15 jours »).

  • [^] # Re: Pourquoi faire simple ...

    Posté par  . En réponse au journal Échanger des courriels avec Pôle-Emploi, ça peut être compliqué. Évalué à 2.

    Oui, je m'en suis rendu compte après coup. Mais malgré tout, ça fait un bon salaire moyen. :-)

  • [^] # Re: Pourquoi faire simple ...

    Posté par  . En réponse au journal Échanger des courriels avec Pôle-Emploi, ça peut être compliqué. Évalué à 2.

    Tu oublies les inconvénients de ton bras armé de fonctionnaires. Il faut les occuper, tout le temps, sinon tu payes des salaires pour… rien.

    L'idée selon moi serait d'embaucher un « petit » (pour une certaine définition de « petit ») groupe d'ingénieurs, et leur confier différents projets. Il faudrait ensuite malgré tout embaucher des prestataires de temps à autres, mais au moins les ingés du « dedans » auraient mis les mains dans le cambouis. Parce qu'il ne faut pas oublier qu'une fois qu'un système info est monté, il faut encore le maintenir. Donc de toute manière, tes ingés ne vont pas « rien faire ». Ensuite, tes ingés peuvent être utilisés pour faire évoluer les systèmes actuels (donc qui irait au-delà de la maintenance « bête »).

    Enfin, il ne faut pas oublier qu'il existe déjà un système au niveau de l'administration publique où de (très) bons ingénieurs sont payés un salaire très décent (et relativement compétitif avec le privé). Simplement, leur contrat est de cinq ans renouvelable/extensible à l'infini (car c'est l'État !) et qui bossent directement pour l'État mais sont « prestataires » / externes. La raison étant qu'on ne veut pas créer un poste officiellement (car sinon il faudrait potentiellement le pourvoir une fois que le bon élément est parti—dans une autre boite ou à la retraite).

  • [^] # Re: Pourquoi faire simple ...

    Posté par  . En réponse au journal Échanger des courriels avec Pôle-Emploi, ça peut être compliqué. Évalué à 4.

    OK je suis peut être bête et méchant, mais il faut reconnaître que le premier mot qui vient à l'esprit quand on parle des fonctionnaires français n'est pas … efficacité

    C'est un cliché qui existe partout (y compris aux USA, où je vis depuis un moment). Le problème est que comme c'est de l'argent public, on rajoute tout un tas de règles (par exemple aux USA, si je voyage en avion, comme je suis payé sur des fonds publics, il faut que je cherche à tout prix à utiliser une compagnie aérienne US; si je vais en UE, alors je peux potentiellement utiliser une compagnie d'un des pays de l'UE; et sinon, il faut que je puisse justifier de pourquoi je n'ai fait ni l'un ni l'autre, si je vais dans un pays qui ne propose aucune de ces deux solutions). Il y a tout un tas de règles et de régulations qui n'affectent QUE le service public, justement pour contrôler la bonne utilisation des fonds. Et ça, ça a un coût.

  • [^] # Re: Pourquoi faire simple ...

    Posté par  . En réponse au journal Échanger des courriels avec Pôle-Emploi, ça peut être compliqué. Évalué à 2.

    Soit effectivement on se traîne de gros mammouth bien gras bouffés par les parasites …

    Définis « plein ». Il y en a, c'est certain. Il y a aussi des gens qui sont parachutés à des postes dans le privé, là où « il ne feront de mal à personne », souvent payés plutôt décemment (parce que ceux qui sont mal payés sont généralement ceux qu'on peut pousser vers la sortie plus ou moins gentiment), et ne font pas grand chose de productif.

    Mais sinon, il y a tout plein de gens qui font leur boulot, et bien. Du coup, ce « parasitisme » (qui est pour moi plus ou moins intrinsèque à tout gros système qui génère une certaine inertie) est difficilement quantifiable. Pour mentionner ce que je connais, je pourrais bien entendu parler de certaines secrétaires (et plutôt proches de la retraite) dans certains labos qui visiblement n'en foutent pas une, mais ce serait complètement ignorer celles qui font un boulot formidable et sont super efficaces (et qui, elles, ont tendance à être plutôt jeunes). Je pourrais aussi parler des enseignants-chercheurs que j'ai côtoyés, et en fait, si certains se laissent peut-être un peu aller, c'est plutôt en termes de recherche, mais par contre, en termes d'enseignement, ils assurent leurs heures (après, certains s'accrochent à du contenu à peine mis à jour, alors que d'autres font un vrai boulot de pédagogie, en renouvelant le programme pour les 1è/2è années, etc.). Et parmi les profs qui font plein de recherche, certains sont aussi des enseignants atroces (un enseignant-chercheur est principalement évalué sur sa recherche, pas sur son enseignement), alors que d'autres font de vrais efforts de pédagogie, et se rendent accessibles aux étudiants.

  • [^] # Re: Pourquoi faire simple ...

    Posté par  . En réponse au journal Échanger des courriels avec Pôle-Emploi, ça peut être compliqué. Évalué à 2.

    Je ne peux être choqué tant que je ne sais pas à quoi sont employés ces fonds.

    Lorsque je regarde ce document, il semblerait que

    • ~34M€ soient dédiés aux divers prélèvements liés à l'assurance chômage.
    • ~3M€ : accompagnement des chômeurs (allocations, pré-retraites, etc.).
    • ~860M€: « Interventions », dont ~670M€ « hors convention particulières », et qui comprennent par exemple la mise à jour du système pour devenir « digital » (donc moderniser le système de Pôle Emploi)[1].
    • ~4300M€ : « Fonctionnement », dont ~3200M€ pour le personnel uniquement, soit un salaire moyen brut de ~60K€/an par employé (ne pas oublier que certains [hauts] fonctionnaires sont très bien payés en haut de la pyramide des employés de Pôle Emploi, et que du coup ça biaise un peu la moyenne sur les salaires). Nombre obtenu en divisant bêtement: 3,2×10⁹/54000.
    • Loyers & charges locatives : ~300M€.
    • Frais de fonctionnement : ~615M€.

    Il y a plein d'autres « petits » budgets (<100M€ individuellement) que je n'ai pas rapportés.

    Donc en gros, y'a ~1 milliard d'euros dédié à la formation/reconversion, à la mise en pré-retraite, etc. — bref : à l'accompagnement des chômeurs; environ 0,9 milliard d'euros dédiés à différents projets (dont l'implémentation d'un système Pôle Emploi « en ligne » accessible à tous); et ~3,2 milliards d'euros pour payer les salaires.

    À noter qu'environ 10% des prélèvements de l'assurance chômage financent Pôle Emploi (~3000M€), et que le reste (~1500M€) est une subvention directe de l'État.

    La question est donc de savoir ce que font les 54000 employés de cette structure, et s'ils sont redondants ou pas. Ma supposition est que si le projet d'informatisation de Pôle Emploi fonctionne correctement, l'État pourra ne pas renouveler les postes après les départs à la retraite. N'empêche, j'aimerais bien savoir quel est le salaire médian à Pôle Emploi—60K€ bruts par an, j'aimerais bien ça pour moi-même… :)

    [1] Le budget en lui-même n'est pas détaillé.

  • [^] # Re: Pourquoi faire simple ...

    Posté par  . En réponse au journal Échanger des courriels avec Pôle-Emploi, ça peut être compliqué. Évalué à 2.

    par contre j'aimerais, au moins être convaincu que "le service public" est efficace, et est bel et bien au service du public.

    J'oubliais de répondre à ça : je me trompe peut-être, mais il me semble que l'(in)efficacité d'un système vient principalement de sa taille. L'inertie rend les choses plus compliquées lorsqu'il s'agit de gérer un gros système1. Je suis d'accord avec toi sur les problèmes d'efficacité, mais il faut faire attention à ne pas tomber dans certains travers. Je pense que certaines méthodes/attitudes issues du privé pourraient être appliquées positivement au public, mais je ne veux pas qu'on gère le service public complètement comme une entreprise (on voit ce que ça donne avec les hôpitaux aux USA et même en France, pour ne citer qu'un exemple).


    1. Sauf si on s'appelle Intel et qu'on se permet de foutre dehors ~10 000 employés, dont beaucoup d'ingénieurs, du jour au lendemain ou presque. 

  • [^] # Re: Pourquoi faire simple ...

    Posté par  . En réponse au journal Échanger des courriels avec Pôle-Emploi, ça peut être compliqué. Évalué à 8.

    même si le fonctionnaire à plus d'avantage que le privé

    Être fonctionnaire plutôt qu'un employé du privé, c'est un compromis : on a la sûreté de l'emploi, ainsi que certains avantages au niveau de la cotisation des retraites. MAIS : on est (notablement) bien moins payé que dans le privé pour souvent un travail égal (et pour moi, c'est entre autres ce qui justifie la différence de durée de cotisation entre privé et public pour la retraite).

    Ensuite, pour beaucoup de postes de fonctionnaires, il faut passer un concours. Je vais parler de ce que je connais le mieux, mais ça inclut par exemple les postes d'enseignants (avec le CAPES et l'agrégation dans le secondaire), de chercheurs (pour l'Inria par exemple, il y a très peu de postes, moins de dix, qui sont dispos pour devenir chargé de recherche 1ère classe au niveau national en 2017). Et en termes de salaire, un (enseignant-)chercheur, qui a généralement une thèse derrière lui, est payé ~1800€ net/mois en début de carrière (au bout de deux ans ça monte à 2000€/mois, et ensuite ça progresse leeeeeentement). Ça ne veut pas dire qu'en fin de carrière un chercheur avec un peu d'ambition ne peut pas devenir directeur de recherche1, puis professeur, etc., ou bien augmenter son salaire en accumulant des responsabilités (devenir chef d'école doctorale par exemple, ou chef de département, etc.), mais malgré tout les possibilités d'augmentation sont assez limitées. Aux États-Unis, en Grande-Bretagne, et en fait dans pas mal de pays d'Europe, ce genre de métiers est payé le double ou le triple de ce que la France paie, au moins pour ce qui est de la recherche et de l'enseignement supérieur2.


    1. À noter qu'obtenir la HDR (habilitation à diriger les recherches) est par exemple nécessaire pour devenir prof des universités, ou directeur de recherche à l'Inria, mais le titre en lui-même ne donne pas lieu à une quelconque augmentation (et passer une HDR, c'est en gros passer une « thèse bis » — d'ailleurs avant, ça s'appelait la « thèse d'état »).  

    2. Par contre, les enseignants du secondaire aux USA sont malheureusement très mal payés, et doivent souvent payer de leur poche pour donner certaines fournitures à leurs élèves. Les enseignants français ne sont pas forcément beaucoup mieux payé, mais le système social en France fait qu'ils s'en tirent quand même à meilleur compte. 

  • [^] # Re: Pourquoi faire simple ...

    Posté par  . En réponse au journal Échanger des courriels avec Pôle-Emploi, ça peut être compliqué. Évalué à 3.

    Tu simplifies beaucoup. Et en fait ça respire le yakafokon. :-)

    [à propos des formations] Très utiles pour faire baisser le taux de chômage, mais ensuite?

    Je connais un certain nombre de gens autour de moi qui ont suivi une formation via Pole Emploi avec un contrat en apprentissage en gros. Ces gens avaient un boulot, payé, etc., et une fois la formation finie, ils ont eu une augmentation (puisqu'employés à temps plein désormais). Entre autres, des gens (parfois déjà informaticiens, mais souvent/la plupart pas) ont été formés à la programmation COBOL pour aider à la maintenance de code dans des banques/assurances (via des SSII). Évidemment, ces personnes, par ailleurs plutôt pas mal payées, coûtent moins cher au final que les développeurs « experts » qui savent que les compétences en COBOL se perdent et peuvent très bien se monnayer.

    ils font de l'accueil physique

    Besoin car compliqué, sinon un site web pour mettre en relation suffit.

    L'accueil physique est important pour la plupart de ces services, car (1) Tout le monde n'est pas (encore) à l'aise avec les technologies numériques (et je ne parle pas que des chômeurs de 50 ans), (2) si certaines tâches sont tout bêtement plus simples et directes (par exemple, prise de rendez-vous, etc.), il y a un aspect psychologique important à gérer : vue l'importance qu'on donne à l'emploi, et par voie de conséquence, l'impact négatif que cela a sur des chômeur (et encore pire s'ils sont de moyenne ou longue durée), avoir un interlocuteur fait de chair et de sang alors qu'on peut déjà se sentir isolé peut faire toute la différence.

    Tu conclus par :

    Etant pour le revenu universel, ces 54 000 personnes seraient au chômage dans ce cas… Et je pense que tout le monde s'en porterait mieux.

    Étant donné l'estime que tu sembles avoir pour les formations données aux demandeurs d'emploi, évidemment pour toi ce ne serait pas plus mal. Mais il ne faut pas oublier que seuls 15% de la population active ont un diplôme du supérieur en France. Tout le monde ne sait pas forcément comment se présenter en entreprise, quels sont les codes (implicites ou explicites), etc.; et comme je le disais plus haut, certaines formations et offres de reconversions sont faites main dans la main avec Pole Emploi, qui pour le coup est vraiment utile.

  • [^] # Re: Pourquoi faire simple ...

    Posté par  . En réponse au journal Échanger des courriels avec Pôle-Emploi, ça peut être compliqué. Évalué à 3.

    Mais du coup ça justifie ce que dit Zenitram, non ? Puisqu'une fois que le budget est approuvé, et le prestataire sélectionné, on ne peut plus dépenser plus, alors mieux vaut (pour le prestataire) rajouter une marge au prix de la prestation pour compenser les délais et le travail supplémentaire qui vont nécessairement arriver sans compensation financière.

  • [^] # Re: Logiciel libre

    Posté par  . En réponse au journal LilyPond ne sera pas dans Debian Stretch. Évalué à 2.

    Je trouve que ce qui se pose comme question, c'est plus le modèle choisi par Lilipond

    Au boulot j'ai une RHEL 7.2, et guile 1.8 ET 2.0 sont installés. Je ne comprends pas que Debian ne permette pas d'installer les deux bibliothèques couramment.

  • [^] # Re: Limiter le pouvoir de la presse

    Posté par  . En réponse au journal Deux ans après, Charlie Hebdo de cette semaine. Évalué à 2.

    Je ne suis pas sûr que les commentaires changent radicalement la donne.

    Même si tu fais abstraction des commentaires, tu as malgré tout le problème que beaucoup de sites plus ou moins alternatifs se référencent entre eux, et créent des cliques sur le web. C'est littéralement comme ça que Fox News réussit à conforter et laver les cerveaux des gens qui matent cette chaîne : ils ont un mot d'ordre, ainsi que des mots-clef à répéter toute la journée, voire toute la semaine. Ce faisant, ça donne une impression de « diversité » : différentes personnes qui ont l'air plus ou moins intelligentes disent la même chose : ça doit donc être vrai, et en plus ces personnes sont de mon avis !

    Le danger, ce sont les contenus qui déshinibent les comportements violents

    Le problème bien sûr étant que déterminer ce qui désinhibe réellement ou supposément n'est pas toujours facile à repérer. Par exemple aux US, Trump a clairement eu un impact négatif sur les actes racistes, anti-sémites, et islamophobes juste après son élection—notamment parce qu'il a été couvert « gratuitement » par pas mal de chaînes d'infos, ainsi que rediffusé sur pas mal de réseaux sociaux. Il avait un discours ouvertement haineux, xénophobe, sexiste, etc. Et le fait qu'il ait été exposé ainsi, entre autres par les médias « mainstream » qu'il conspue, est extrêmement troublant pour moi (ceci dit personne ne pourra lui intenter de procès pour incitation à la violence ou autres, parce qu'il n'est pas directement lié à celles-ci officiellement, malgré certaines de ses déclarations—c'est dommage d'ailleurs).

    Mais les sites plus « confidentiels », c'est plus compliqué d'évaluer leur impact : la violence à laquelle tu fais référence, aurait-elle pu être déclenchée par les médias traditionnels (par exemple des journaux de type « Minute ») ? J'ai tendance à penser que oui, mais peut-être pas aussi vite.

    Les grands médias traditionnels (journaux, radio, télé) ont un défaut qui est de s'auto-censurer ou de proposer des contenus nivellant parfois par le bas. Mais en retour, au moins, tu entends des opinions qui ne sont pas forcément celles auxquelles tu souscris. Lorsque tu commences à traîner sur le web il devient très aisé de rester dans un cercle limité à ce que tu aimes entendre et voir. Et si tes idées sont extrêmes (d'un bord ou de l'autre du spectre), alors tu peux (peut-être) te laisser tenter par des actions pas très cool. Mais je ne vois pas comment tu juges de ce qui a permis de déclencher certaines actions violentes (je sais pas si chuis clair).

  • [^] # Re: 0xB16B00B5p0

    Posté par  . En réponse à la dépêche C++17 exprime la virgule flottante en hexadécimal et offre des cadeaux aux lecteurs de LinuxFr.org. Évalué à 2.

    Bon déjà, comme tu le dis toi-même, mis à part Smite (que je ne connaissais pas du tout), la plupart des jeux dont tu parles on 15 ans ou plus. Je ne dis pas qu'il n'y a jamais eu de fan-service dans les JV « occidentaux » mais par contre, oui, la proportion est bien différente entre JV japonais et les autres (dernier exemple en date : j'adore Street Fighter en tant que jeu de combat, mais les persos féminins de SF5 sont clairement sexualisés à l'extrême, même quand ce n'est pas la « personnalité » du perso en question).

    Duke Nukem 3D est pour moi un jeu avec un humour adolescent (donc gras, acnéen, et avec un cible bien précise : les garçons vaguement pubères boutonneux qui jouent aux jeux vidéos). Oui, c'est sexiste, et moi-boutonneux-et-plein-d'hormones-à-seize ans ça m'a fait marrer au moins 30 secondes, et puis ensuite je suis retourné buter du monstre1. Après j'avoue que je jouais à DN3D principalement en multijoueur donc les strip-teaseuses m'ont pas émues plus que ça. Pour le cas de Shadow Warrior (sorti vers… 97 ? 98 ?) pour moi la scène que tu mets en lien se moque justement du côté japonais-fan-service et du côté pervers du joueur boutonneux (si tu t'approches trop pour mater, la fille sort un uzi pour tuer ton personnage). Autant Duke Nukem 3D est un jeu avec un humour beauf, sexiste, machiste, etc., autant Shadow Warrior est plutôt un jeu qui se moque de tous les clichés trouvés dans les mangas et films japonais/asiatiques justement.

    Pour Quake III Arena je vois vraiment pas. Quand j'y jouais, on avait des persos de base en 3D qui se tapaient dessus à coups de lances-roquettes, et y'avait des hommes à moitié à poil, des hommes en combinaison de l'espace, des femmes en combinaison de l'espace, et p'tet des femmes en tenues genre bikini ou autres, mais certainement pas moins dénudées que les hommes en question. À moins que tu ne parles de mods ? Dans ce cas ce n'est pas quelque chose d'officiel (le lien que tu donnes pour hunter est en fait un lien pour Q3, et j'ai le jeu, auquel j'ai joué il y a 2 jours, et je n'avais pas ce choix de perso de base).

    Hunter je ne connais pas du tout. Je ne connais pas du tout Smite non plus. Est-ce que ça a du succès ?2 Clairement la vidéo et le déhanchement des persos est fait pour attirer le mâle en rut (un peu comme le modèle « physique » de Dead or Alive pour les seins des héroïnes, qui peut se régler en « normal » ou « bouncy » ou je sais pas quoi).

    Concernant Tomb Raider : le tout premier n'était pas sexiste à mon sens, puis il l'est devenu peu à peu, et les derniers développent (de ce que j'ai pu voir) une vraie histoire, un personnage bien moins sexualisé, etc., et du coup il me semble que cette série de JV a dépassé sa phase sexiste (jusqu'au prochain studio de dév, bien sûr).

    Mais dans tous les cas, le fan-service auquel tu fais référence est à mon sens 10 ou 100 fois moins présent que dans les JV japonais, notamment les très récents.

    Encore une fois, ça ne veut pas dire que les femmes ne sont pas mal représentées de façon disproportionnée dans les JV (même si ça s'améliore quand même), mais je pense qu'il y a malgré tout un effort conscient chez pas mal de studios pour faire plus gaffe. Et je trouve que Sarkeesian fait un boulot intéressant, mais que si, malgré tout, comme elle a quand même un certain objectif/biais (tout le monde en a, c'est normal; il faut juste ne pas oublier le « contexte »), elle fait quand même l'impasse sur certaines nuances importantes.


    1. Après je me rends bien compte que ça contribue à l'aspect systémique du sexisme et de l'objectification de la femme, etc., etc. Et pour en rajouter une couche : ces filles sont considérées comme des « monstres » dans le compte final de monstres tués dans un niveau. 

    2. Je réponds à ma propre question: apparemment oui.  

  • [^] # Re: Limiter le pouvoir de la presse

    Posté par  . En réponse au journal Deux ans après, Charlie Hebdo de cette semaine. Évalué à 5.

    Avec internet les gens sont obligés de faire le choix de ce qu'ils lisent, c'est déjà mieux.

    Tiens, c'est rigolo, je trouve que justement ce choix est en théorie un « mieux », mais en pratique souvent un « pire ». Le problème des médias sur le net est qu'il est très (trop) facile de se limiter à ceux qui nous confortent dans nos idéologies. C'est bien entendu le cas avec un certain nombre de chaînes d'info en continu (coucou BFM TV, coucou LCI, et surtout, coucou Fox News aux USA), mais ce phénomène est amplifié sur le net à cause (entre autres) des commentaires, qui permettent de se dire qu'on a des milliers de gens qui pensent comme nous.

    Il faut faire un choix conscient pour s'informer sur différentes plate-formes, de la même façon qu'il faut faire un choix conscient pour choisir son journal (même si j'en connais, peu de gens lisent ET le Figaro, ET Libération, ET les Échos, ET le Monde, etc.).

  • [^] # Re: 0xB16B00B5p0

    Posté par  . En réponse à la dépêche C++17 exprime la virgule flottante en hexadécimal et offre des cadeaux aux lecteurs de LinuxFr.org. Évalué à 1.

    Juste pour apporter une certaine nuance : j'ai pas vu toutes les vidéos de Sarkeesian, mais celles que j'ai vues étaient vraiment intéressantes. Cependant, même si elles étaient maladroites, je suis relativement d'accord avec certains de ses détracteurs sur certains points. Par exemple, lorsqu'elle parle du fan service dans les JV, je pense qu'elle marque des points, mais elle occulte effectivement que beaucoup de trucs ultra-sexistes sont liés à l'origine des studios qui produisent ces jeux. Par exemple, une version de Metroid a un mode caché où l'on peut Samus en petite tenue (sans son armure donc). C'est clairement du fan service, et c'est clairement sexiste. Mais il est aussi vrai que ce genre de choses existe principalement à cause des studios de JV japonais et de la culture japonaise, bien plus que la culture US ou européenne. Et de ce côté, cette critique est à mon avis valide, dans le sens où beaucoup des jeux qu'elle critiquait (dans cette vidéo sur le fan service, donc) étaient d'origine japonaise avant tout1.

    Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas lutter contre, mais il faut tout de même avouer que son analyse manquait du coup d'un peu de finesse et de remise en contexte culturellement parlant. Comme je n'ai pas vu toutes les vidéos je ne peux pas dire si c'est quelque chose de systématique ou bien si c'est confiné à cette vidéo spécifiquement.


    1. On pourra toujours parler de GTA, des premiers Tomb Raider, etc., mais globalement, surtout avec GTA III et suivants, il faut composer/nuancer avec l'histoire/background du perso incarné par le joueur.  

  • [^] # Re: Et puis c'est pas comme si c'était la première cause de mortalité en France

    Posté par  . En réponse au journal Morts du cancer, quelle honte !. Évalué à 2.

    En même temps, l'alcool et le tabac sont des drogues relativement bien maîtrisées (car utilisées depuis des siècles, voire des millénaires). Le tabac et l'alcool sont déjà interdits à la vente aux mineurs. Fumer dans les établissements publics est aussi interdit (sauf espaces réservés et correctement ventilés).

    Oui, le tabac dégrade la santé de ceux qui le consomment, et l'alcool aussi. Mais comme tout en chimie, tout est question de dosage. En règle générale, consommer de l'alcool de temps en temps ne va pas faire de toi un gros alcoolique, ni te plonger dans un coma, ou te dégrader le foie au point que tu auras besoin d'une dialyse.

    Le problème est évidemment celui de la pente savonneuse : vas-tu aussi demander l'interdiction pure et simple des aliments remplis de graisses saturées ? Vas-tu demander l'interdiction des plats préparés, car plein d'études montrent que ces derniers favorisent l'obésité ? Vas-tu forcer tout le monde à faire du sport, car entre les plats préparés, l'alcool, le tabac, et notre mode de vie largement sédentaire, nous nous encroûtons ?

    Dans le cas du tabac et de l'alcool, j'estime que ces deux drogues peuvent devenir « dures » à terme (en fonction de la quantité et de la fréquence de consommation), mais ça reste largement dans les paramètres que l'on peut contrôler.

    Par contre, l'interdiction du tabac dans les lieux publics clos est logique, puisque le tabagisme passif est une réalité (il y a des études faites à ce sujet dans différents lieux clos, alors qu'en plein air il n'y a à ma connaissance aucune étude qui corrèle le tabagisme passif et des soucis de santé).

  • [^] # Re: Leur demander ?

    Posté par  . En réponse au journal Morts du cancer, quelle honte !. Évalué à 3.

    Ça à la limite je peux comprendre, mais il suffirait que ces personnes expliquent ça, tout bêtement. :) À l'inverse j'ai eu une infirmière qui m'a fait des commentaires sur mes examens sanguins lorsque je suis allé chercher mes résultats il y a quelques années. Je sais bien que je vais crever d'un excès de cholestérol, pas besoin de m'en parler maintenant, vu que je vais voir mon médecin juste après.

  • [^] # Re: Comique troupier

    Posté par  . En réponse au journal Deux ans après, Charlie Hebdo de cette semaine. Évalué à 2.

    Au départ Charlie, c'était un journal de dessins.

    Je suis tout à fait d'accord, mais sans les textes qui vont autour, plein de ces dessins sont très mal interprétés et sortis de leur contexte (un exemple relativement récent étant le dessin de Charlie sur les morts en Italie après l'effondrement d'immeubles).