Les escrocs sur plaquettes en bleu-blanc-rouge devraient être inquiétés par la répression des fraudes : là on a justement l’impression de la complicité de l’État dans ces arnaques.
Bah c'est juste que les services de l'État sont débordés. En France, la DGCCRF a un peu moins de 3000 agents (tout compris, donc avec les services administratifs etc), pour 4 millions d'entreprises, vu la tronche que doit avoir la procédure pour monter un dossier de fraude publicitaire, avec la très forte probabilité que toutes ces entreprises éphémères aient fermé entre temps…
Bah ça justifie la mention "sauf dans le cas où le consommateur a consenti au démarchage téléphonique", non? Tu voudrais rendre le démarchage illégal même quand les gens souhaitent être appelés 12 fois par jour par des AI qui veulent leur vendre des fenêtres ou des panneaux solaires?
Ça se plaide, mais est-ce que ça se gagne à tous les coups, est-ce que tu es motivé pour te lancer dans une procédure coûteuse qui peut durer des années, est-ce que les frais d'avocat et autres frais de justice vont réellement compenser ce que tu peux obtenir d'un procès?
P.S. Perso, j’aurais vu le texte de loi comme suit :
Quand tu vois le nombre de gens qui ont collé l'autocollant "oui pub" dans les coins où une expérience de "stop pub" inversée a été tentée, c'est désespérant (environ 20 à 30% des particuliers choisissent d'appliquer l'autocollant "oui pub", malgré peu de communication). Donc il faut vivre avec l'idée qu'une fraction très substantielle de la population (plus que ceux qui votent comme toi, pour simplifier) sont non seulement consentants pour la prospection commerciale, mais en plus font une démarche pour afficher leur consentement.
Le paradigme, c'est qu'on vit dans une démocratie libérale et que les restrictions de liberté doivent être justifiées. Sans compter que des lois en plus, ça fait des plaintes en plus, des trucs que la justice et la répression des fraudes doivent gérer, etc.
Du coup, les lois ne protègent pas beaucoup les gens qui n'ont pas les moyens d'auto-défense contre les pratiques commerciales malhonnêtes. Si tu trouves un papier bleu-blanc-rouge dans ta boite aux lettres avec des numéros de plombier, que tu appelles ces numéros, qu'un plombier se déplace et te facture 1000€ pour un robinet qui fuit, tu es un pigeon, et c'est un peu tout. En France, les prix sont libres; si tu appelles le premier numéro qui te tombe sous la main, si tu ne demandes pas au téléphone combien va te coûter le déplacement, si tu signes le devis, si l'argent te brûle les poches ou que tu ne sais pas que 1000€ c'est trop cher pour une heure de travail, bah tu as accepté de ton plein gré un contrat avec l'artisan; le contrat est à ton désavantage mais ça n'est pas interdit de signer des contrats à son désavantage.
Je ne dis pas que c'est une bonne chose, les artisans eux-mêmes devraient demander à s'organiser en ordre professionnel qui pourrait édicter un code déontologique et exclure les fraudeurs, ou le code de la consommation devrait fixer des prix plafond, mais actuellement ça n'est pas le cas. La publicité et le démarchage sont non seulement légaux et tolérés, mais souvent même demandés par les pouvoirs publics (croissance, revenus substantiels pour les régies publiques (typiquement, SNCF et RATP, TV publique, etc)), et faire sortir le fric des livrets A des retraités pour le remettre dans l'économie est indispensable pour éviter temporairement l'asphyxie, donc on n'est pas prêts d'avoir une remise en cause du système…
En matière civile, sociale ou commerciale, la retranscription d’un enregistrement vidéo ou audio effectué à l’insu d’un tiers n’est pas possible. Ce mode de preuve est en effet considéré par les juges comme un procédé déloyal et est donc systématiquement écarté des débats. Cette appréciation du caractère déloyal de l’enregistrement audio ou vidéo est notamment fondée sur l’application de l’article 9 du Code de procédure civile qui dispose que « Il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention ».
Donc ta preuve n'est pas recevable, mais par contre tu risques des poursuites (un an et d’une amende de 45 000 €).
Impossible. Le démarchage pour la rénovation énergétique étant interdit tout court, un artisan qui propose ce genre de prestation ne peut pas ignorer que, s'il fait appel à un prestataire pour démarcher des prospects, l'activité de ce dernier est illégale.
Bah tu ne sais pas comment le prestataire recrute ses clients. C'est peut-être sur les marchés, sur une foire, sur un site web, sur les réseaux sociaux. Tu crois que dans le contrat ils écrivent que le mode de recrutement des clients est illégal?
Je pense que ce qui se passe, c'est qu'ils sont assez malins pour se débrouiller pour que le client recontacte le prestataire, ou que le prestataire recontacte le client autrement que par téléphone.
En plus, je ne suis pas sûr du tout que tu risques grand chose à faire appel à des intermédiaires douteux. Par exemple pour les faux prospectus officiels dans les boites aux lettres avec des contacts de plombiers ou de serruriers d'urgence. Quand les particuliers te rappellent, tu n'es même pas censé savoir comment ils ont eu ton numéro, qu'est-ce que tu veux prouver?
En revanche, aller à l'étape d'après, en se montrant intéressé pour entrer en contact avec l'artisan local et obtenir assez d'informations pour le dénoncer lui,
Quand tu as affaire à des gens qui s'en foutent des lois, je ne sais pas si c'est une super idée de leur monter des plans tordus pour leur faire perdre de l'argent. Tu risques simplement de perdre ton temps, et éventuellement de te faire menacer.
En général, ce n'est pas aux gens de se faire justice. Ces affaires devraient être traitées par les services dont c'est le métier (police, justice, et répression des fraudes).
Expérience similaire avec un démarchage rénovation énergétique. Numéro en 02 (totalement interdit), identification frauduleuse ("bureau régional de la rénovation énergétique"), impossible d'obtenir aucune information sur l'employeur (ils appellent "de la part de l'ADEME ou du ministère"), ils refusent l'accès aux données personnelles, et ils se foutent littéralement de la répression des fraudes, bref, c'est plus de la pratique mafieuse qu'une entreprise commerciale.
Visiblement, le business model est de mettre en relation avec des entrepreneurs locaux bien réels. L'entrepreneur paye l'intermédiaire pour la mise en contact, mais l'argent de la rénovation ne passe pas par la plate forme téléphonique, donc ils ne sont pas liés contractuellement aux particuliers, et il n'y aura jamais aucun contact formel avec le particulier qui permettrait de remonter à eux et de les signaler à la répression des fraudes. C'est assez bien conçu, en fait.
Du coup, je ne suis pas sûr que l'interdiction du démarchage change quoi que ce soit, puisqu'ils assument totalement faire quelque chose de totalement illégal. Ce qui pourrait peut-être les gêner, c'est s'il devenait possible de revenir en partie sur le coût des travaux en prétextant que le démarchage initial était illégal, mais je ne suis pas sûr que ça soit possible. Une fois les travaux exécutés légalement, il est assez facile pour le professionnel de prétendre avoir été contacté directement et de ne pas avoir fait appel à un intermédiaire (qui peut-être d'ailleurs se fait payer en liquide etc). Au pire le professionnel pourra prétendre qu'il ne savait pas que les méthodes de l'intermédiaire étaient illicites, et ça réduira sa responsabilité.
Franchement, à part une descente de police dans le call center, je ne vois pas trop ce qui pourrait les arrêter… Une fois que tu as glissé dans la délinquance commerciale, ce n'est pas une loi de plus ou de moins qui va gêner ton business clandestin.
Par contre quand le scope est plus petit (un composant ou un simple algo), là ils sont assez impressionnant. Pas parfait, car de toute manière bon courage pour avoir la définition de "parfait" quand on parle de code, mais bien supérieur à la majorité des devs pour une première version.
J'en était resté à l'idée de lui faire pondre du code fonction par fonction, mais s'il peut gérer tout un projet…
Ce que je trouve impressionnant, c'est que j'ai toujours appris que pour programmer un truc correctement il fallait déja définir précisément ce que l'on voulait, parce que le compilateur ne pouvait pas deviner. Typiquement, comment se comporter quand l'entrée ne correspond pas à ce que tu t'attendais, etc. Or, l'utilisation de LLM permet de sauter cette partie; on exprime les besoins en langage naturel, et la machine se débrouille pour gérer ce qui n'est pas explicite. Bien sûr, si ça n'était pas explicite, elle va peut-être faire quelque chose de sous-optimal pour toi, mais il suffit alors de l'expliciter.
bien supérieur à la majorité des devs pour une première version.
Et encore, si on parle de LLMs génériques, ils apprennent sur une base de code et ne s'auto-corrigent pas. Qu'est-ce qui pourrait se passer si on les combinait avec une approche de machine learning à la alpha-go? Ton entrée c'est les specs, et la machine testerait des millions de bouts de code toute seule jusqu'à te produire quelque chose d'optimal, en fonction des contraintes initiales (CPU, RAM, taille du binaire, portabilité…).
J'imagine que les LLM existants ont probablement déja été intégrés à des systèmes de rapport de bug par exemple? Il semble y avoir de nombreux bugs qui, après validation par un humain, pourraient être confiés à une IA (qui vérifierait la reproductibilité, qui proposerait un patch, et qui pourrait éventuellement tester le patch et vérifier l'absence de régressions). C'est quand même assez vertigineux…
Je ne suis pas sûr que ça soit possible d'avoir un bon benchmark sans qu'il soit sauvagement abusé par la loi de Goodhart.
Il existe toutefois la possibilité de mettre en place des benchmarks à usage unique, par exemple dans un programme de recherche. Une fois publié, le benchmark n'a plus aucune utilité, mais il a permis de quantifier la pertinence des algorithmes concurrents à un instant t.
Je vois des gens des gens autour de moi, j'ai l'impression que c'est leur seul usage de l'outil, juste pour me démontrer par A + B que c'est de la merde
Parce qu'on est entourés de vieux grincheux et/ou des gens qui ont peur pour leur job. Les perfs des meilleurs LLM sont assez bluffantes, et je trouve qu'il est difficile de trouver une tâche qu'un LLM fait moins bien qu'un humain moyen.
Y'aura toujours des agents malveillants pour tenter d'abuser les outils à leur disposition.
C'est peut-être là aussi que l'idée d'un LLM universel est foireuse. La tolérance aux erreurs et aux approximations est très différente en fonction de l'objectif.
Ça serait intéressant d'avoir des benchmarks bien fichus pour les LLM. Pendant très longtemps il a été facile de piéger chatGPT, même si maintenant c'est beaucoup plus dur. La qualité d'un LLM n'est pas forcément liée à sa capacité à échapper aux pièges, parce que quand on l'utilise comme un outil, on n'essaye pas de le piéger.
Pour certaines tâches, des tests objectifs sont probablement possibles (par exemple quand il s'agit de programmation), pour d'autres tâches c'est plus compliqué.
Les parenthèses « traditionnelles » sont assez connotées, notamment en ce qu’elles isolent ce qui est mis entre parenthèses du reste
Ah oui, ce pauvre "e" qui se retrouve tout seul entre ces grandes méchantes parenthèses, d'ailleurs dans "parenthèses" il y a "parent", ce qui illustre bien à quel point la marque du féminin en français est systématiquement rabaissée et associée au patriarcat.
D'ailleurs, je trouve qu'on ne fait pas assez de cas du "s" du pluriel, qui lui aussi est toujours isolé dans les parenthèses dans des circonstances analogues. Comme par hasard, toujours des lettres de petite taille. Ah ça, pour isoler les "s" et les "e", il y a du monde, mais jamais les "k" et les "l" ne seraient traités de cette manière. Si ça ne symbolise pas le mépris de la société envers les personnes de petite taille…
Tout cela a été dit et redit.
J'avoue que je suis souvent décontenancé par les nouvelles formes de logiques rhétoriques qui nous viennent avec le vent de l'Ouest par delà l'Atlantique, mais on peut quand même se mettre d'accord sur le fait que dire et redire quelque chose n'a rien à voir avec sa véracité?
Et entre nous, ça a peut-être été dit et redit, mais j'avoue que le coup du symbolisme des parenthèses qui enfermeraient la moitié de l'humanité, c'est nouveau pour moi. J'apprécie quand même cette forme d'innovation argumentative, c'est assez rafraichissant :-)
Moi non plus. Par exemple, est-ce qu'on considère que "les ami·e·s" se prononcent ou pas? C'est bizarre d'affirmer que ça peut se prononcer alors qu'en fait ça ne se prononce pas :-)
Quoi qu'il en soit, c'est bizarre de remplacer les parenthèses traditionnelles par le point médian, puisque c'est quand même l'usage d'écrire "les ami(e)s" dans ce cas; le point médian n'apporte rien.
Mais bon, je pense que si on s'attarde au fond et pas à la forme de la proposition, l'idée était d'autoriser "cher·e·s collègues" parce qu'on peut le lire sans s'arrêter ou revenir en arrière, mais d'interdire "heureu·x·ses" parce qu'en appliquant l'usage du français on devrait prononcer le "xs", quelque chose comme "heureukse" ce qui semble hyper-moche et incompréhensible.
Les utilisateurs du logiciel
(masculin neutre, usage établi en français)
Les personnes utilisant le logiciel
(neutre compatible avec les règles du français)
Les utilisateurs et utilisatrices du logiciel
(un peu lourd, ça fait un peu "Françaises, français!", neutre explicite, compatible avec les règles du français)
Les utilisateurs (utilisatrices) du logiciel
(compatible avec la typographie du français, pas forcément avec la grammaire, style un peu administratif, style annonce pôle emploi, efficace si l'objectif est d'être explicite sur le neutre. Il existe des variantes moins compatibles avec les règles du français, comme "utilisateurs/utilisatrices")
Les utilisateur·ices du logiciel
(point médian, incompatible avec les règles, non-lisible à haute voix, règles non-fixées, nécessite d'implémenter toutes les variantes (point "normal", tirets, variantes dans le placement du point, etc) dans les logiciels et les dictionnaires).
Honnêtement, quel est l'avantage de la dernière forme sur les autres si l'objectif n'est pas d'insister sur la forme neutre et sur l'engagement militant de l'auteur de la phrase? La dernière possibilité porte un message sur la forme, c'est un élément de communication.
je suis assez d'accord avec ça, je n'ai pas regardé ton lien en détail mais j'avais déjà lu/vu des trucs qui m'avaient plutôt convaincu
En fait, c'est plus une question d'image mentale déséquilibrée que de langage. Par exemple, quand tu demandes d'imaginer "La salle était remplie d'élèves intelligents", les gens s'imaginent plus facilement des garçons. Mais quand tu imagines "L'agent secret se débarassa de la sentinelle", c'est aussi un homme que tu imagines tenir le rôle de la sentinelle…
comment les modératrices° ou les contributrices° ou les rédactrices°
Oui mais c'est bizarre d'avoir un neutre féminin. On pourrait également opter pour un neutre masculin, "comment les modérateurs° ou les contributeurs°", puisque le symbole indique bien le neutre.
Ou alors on laisse tomber l'idée du symbole, et on se met d'accord sur le fait que le masculin vaut neutre… wait…
On a quand même le droit de douter de la bonne foi, parce que certains prétendent parfois avoir tellement de mal à gérer leurs émotions que leur sincérité est suspecte. Si j'écris que lire le mot "Micro$*ft" me provoque de fortes nausées et qu'il est irrespectueux d'invoquer ce nom de marque dans une discussion où je suis impliqué, ça ressemble plus à un caprice qu'à un partage de ressenti, et je trouve qu'on devrait être en droit de nier mon ressenti, dans le sens où on peut douter de ma sincérité (lire ce mot ne me fait pas littéralement vomir).
Donc je suis d'accord que les gens ressentent ce qu'ils ressentent, mais ils peuvent parfois mentir quand ils expliquent ce qu'ils ressentent.
On peut aussi avoir des discussion saines sur l'interprétation du ressenti. Même s'il était vrai qu'un nom de marque puisse provoquer des vomissements, il est également raisonnable d'imaginer que la personne affectée puisse admettre que cette réaction est excessive. Il y a certaines choses qui me mettent hors de moi, je ne simule pas cette colère, mais je peux admettre qu'elle est excessive par rapport à la situation.
Si tu veux dire qu'il n'est probablement pas constructif de nier le ressenti exprimé par les gens même si on pense que c'est un mensonge ou que cette réaction est ridicule, alors je suis peut-être plus d'accord avec toi. La sincérité n'est parfois pas la meilleure manière de communiquer, et répondre "Je pense que sois tu mens, soit ta réaction est ridicule" à quelqu'un qui exprime une souffrance est discutable, même si c'est vrai.
Mais quand on met 'utilisateurs' […] ça ne pose aucun problème, d'après toi?
Non
excluant ainsi toutes les utilisatrices féminines
"Ainsi" n'est qu'une interprétation politique des raisons pour laquelle "utilisateurs" regroupe les utilisateurs et les utilisatrices. C'est toi qui penses que ça exclut les utilisatrices, quand on connait la règle on est censé savoir que ça n'exclut personne.
Et si on mettait 'utilisatrices' systématiquement au féminin, ça te poserait moins de problèmes?
Ça me poserait les mêmes problèmes que toute personne qui ferait exprès de ne pas respecter la grammaire élémentaire de ma langue. On peut aisément tolérer les erreurs, par exemple venant des locuteurs étrangers, mais casser volontairement un protocole de communication c'est contre-productif.
Je t'invite à réfléchir sur pourquoi 'utilisateurs' te semble 'mieux' que les deux autres.
Mais il n'y a pas plus à réfléchir sur "les utilisateur.ices" que sur "les chevals" ou "les genous". Un langage naturel n'est pas logique, ses exceptions et ses subtilités n'ont pas de sens particulier au-delà des contingences historiques. On écrit "Les fenêtres et les rideaux vont être changés", mais "les fenêtres et les portes vont être changées", et c'est absurde d'imaginer que c'est une discrimination contre les fenêtres. Bah il faut juste faire l'effort d'admettre que c'est exactement la même règle pour "les hommes et les femmes vont être admis à l'école pour apprendre la langue française".
On lit parfois qu'il existait une règle "de proximité" ("les disques et les disquettes sont rangées" vs "les disquettes et les disques sont rangés") qui aurait été sciemment remplacée par la règle de la domination du masculin, mais les sources historiques sont bien minces et contradictoires; l'usage était plutôt fluctuant avant et s'est fixé, certains l'ont justifié après coup comme justifié par la "noblesse" du masculin. En gros, c'est clair que l'usage s'est fixé, mais l'interprétation basée sur la domination masculine est historiquement discutable; l'article de Wikipédia Règle_de_proximité est plutôt bien fait.
Non, elle est gérée par la loi, à priori. La justice c'est une fois que la loi a été (potentiellement) non respectée.
Pas vraiment pour les délits de presse. Voir par exemple https://shs.cairn.info/revue-legicom-2006-1-page-33?lang=fr : "la procédure de référé n’est guère compatible avec la philosophie de la loi sur la presse, fondée sur la seule répression a posteriori des atteintes aux droits de la personnalité." mais "Le droit français actuel est trop hétéroclite pour satisfaire à la cohérence et à la clarté nécessaires des règles applicables en ce domaine." Donc en gros, ça dépend, mais en pratique, très peu de référés en délit de presse ne vont jusqu'au bout, ce qui revient à dire qu'en pratique, le droit de la presse est jugé a posteriori.
Après, les discussions sur "est-ce que le vol ou les excès de vitesse sont interdits" sont sans fin. La loi prévoit des peines, mais en simplifiant peu de délits sont susceptibles d'être empêchés (par exemple par la police si elle est présente). Par exemple, les policiers ont pour devoir d'empêcher un meurtre qui va se dérouler sous leurs yeux, mais ils n'ont pas pour devoir d'empêcher un vol : ils laissent le vol se dérouler, et ensuite ils arrêtent le voleur. Avant le permis à point, il était courant pour certains de rouler volontairement au-delà de la limite de vitesse et d'assumer les amendes; il est difficile dans un tel cas de prétendre que l'action illicite est "interdite".
Bah en fait, c'est même pas faux. Moi ça ne me gène pas qu'il faille des lois et des procédures pour limiter la liberté d'expression quand elle est nuisible à la société. Habituellement, on admet que la préservation de la liberté d'expression exige que ces limites soient gérées par la justice, a posteriori. Par exemple, la diffamation : on peut publier que X mange des gentils petits cochons d'Inde, mais si X porte l'affaire en justice, il peut demander réparation.
Mais le monde change et certaines déclarations sont nuisibles dès leur publication, il n'y a pas moyen de "réparer", en tout cas pas avec de l'argent. C'est d'ailleurs étrange que la justice considère qu'on puisse réparer un délit de presse avec de l'argent. Ça peut être la divulgation de photos de gens à poil, la diffusion de "fake news" dans l'objectif de modifier le résultat d'une élection, d'appels à la haine ou à la commission d'actes illégaux, ou d'infos bidon pour gêner la protection de la population (par exemple la protection sanitaire au cours d'une épidémie). Est-ce qu'on parle de censure? Probablement, et pourquoi on ne pourrait pas décider que la censure est parfois nécessaire?
Globalement, on peut sanctionner après coup pour les délits de presse qui causent un préjudice financier, mais quand le préjudice n'est pas financier, il faut des moyens d'empêcher la publication, soit par une décision administrative rapide, soit en sanctionnant les intermédiaires. Tiens, si j'étais chef de quelque chose, je pense que je convoquerais un Grenelle de la censure, et puis après je prendrai les décisions que je veux bien de toutes manières parce que ça ne sert à rien d'être chef si on n'a pas le dernier mot.
Je ne suis pas sûr de ce que tu entends pas "brrr", mais qu'on soit clairs : je ne prône pas une quelconque police de la pensée.
Je réagissais juste à ce que tu as écris, je n'ai pas fait d'hypothèse sur ce que tu pensais peut-être qui ne correspondais pas forcément à ce que tu as écris.
Sur le fond, on peut déplorer le sexisme et faire en sorte qu'il régresse, mais si on sort du vocabulaire autour de l'extrêmisme qui n'apporte pas grand chose à la discussion, je pense qu'il existe des moyens subtils de faire avancer des idées, et que la société ne progresse pas toujours à coups de bulldozer. Je ne comprends pas quel plaisir on peut tirer de se faire identifier ostensiblement par ses opinions politiques ou religieuses dans toute discussion, en utilisant des graphies ou des rhétoriques hyper-marquées. Il faut quand même avoir une mentalité de témoin de Jéovah pour intervenir dans un troll vim/emacs en parlant de l'avis des "utilisateur.ices", puisqu'à partir de là on accepte que le message sur la forme ("coucou, je vais semblant de donner un avis mais en fait je milite pour un truc") est plus important que l'idée qu'on est en train d'exprimer, cachée derrière la forme.
Chacun fait ce qu'il veut, et c'est probablement aussi souvent quelque chose liée à la confiance en soi (ça permet de sortir du lot ou de s'affirmer en tant que membre d'une communauté plutôt que comme individu), mais ça peut légitimement déclencher un rejet, qui n'a aucune raison d'être lié à la cause défendue, mais plutôt à la forme.
Ça n'a rien de spécifique, c'est partout pareil mais tu le vois moins quand c'est dans ton camp.
Ça n'est pas un peu le principe du militantisme? Tu vois réellement un militant faire du porte-à-porte avant une élection pour venir discuter sur quels points du programme il est en désaccord avec le candidat pour lequel il appelle à voter?
Tu vas dans une salle de spectacle, tu cries "Ma-chin, Ma-chin", quand le candidat Machin se pointe, tu hurles "Ouuaaaaaaiiiis", Machin fait son discours, quand il parle de lui tu applaudis, quand il parle de ses adversaires du cries "Bouuuuuuh", et à la fin il se barre et la foule chante "Ma-chin, Président, Ma-chin, Président". OK, ça ne veut pas dire que tu te ferais tuer pour le défendre, mais je pense que quand tu es dans cet état d'esprit c'est pas pour réfléchir sincèrement quand quelqu'un exprime son désaccord sur un forum.
J'ai vu "minimax" dans la page, mais je n'ai pas vu le reste. Mais de ce que j'ai joué, je n'ai pas l'impression que l'ordi joue le minimax sur deux demi-coups. Sur la partie que j'ai jouée, l'ordinateur perdait des pièces en un coup, ce qui n'est pas le comportement attendu.
Mais bon, on est d'accord, ça n'est pas du tout le sujet. L'exploit c'est probablement surtout d'avoir réussi à implémenter l'intégralité des règles (roque, prise en passant, promotion).
Comme les modérateurs ont expliqué ailleurs, ils font très attention à ça, parce que liberté d'expression etc. J'imagine que les différences politiques profondes qu'on évoque ici concernent aussi les modos, donc ce qui est inacceptable pour l'un n'est pas inacceptable pour l'autre, c'est subjectif.
Bah j'ai rien dû comprendre à ta question. J'avais l'impression que tu demandais d'interclasser les relous sur un "plan", et je n'ai pas compris de quel plan tu parlais. Ma réponse c'est simplement que le classement n'est pas le même selon que tu considères la capacité des gens à pourrir une discussion ou l'acceptabilité de ce qu'ils racontent.
Je ne crois pas que les néo-nazis aient un gros pouvoir de nuisance sur Linuxfr, mais en disant ça je ne suggère pas que j'apprécie de les fréquenter, non?
Ce n'est plus acceptable de penser que c'est extrême de rejeter une communication masculine.
De toutes manières, l'extrêmisme existe, mais personne ne se revendique "extrême". Donc une telle discussion n'a pas tellement de sens, A va dire à B "ta position est extrême", et B va répondre que non, que A est un débile dinosaure et que c'est extrême de prétendre que l'autre est extrême, et voila, on n'a pas beaucoup avancé.
Chacun sa définition d'"extrême", hein. Par exemple, estimer être en droit de décréter ce qui est acceptable de penser ou non me semble assez bien coller avec l'idée que je me fais d'une position "extrême". On a le droit d'être en désaccord, mais la formule "ce n'est pas acceptable de penser" me colle des frissons. "Ce n'est pas acceptable de dire", pourquoi pas, "ce n'est pas honnête de penser", OK, mais "ce n'est pas acceptable de penser"… brrr…
[^] # Re: Mode balek
Posté par arnaudus . En réponse au journal Vers l'interdiction du démarchage téléphonique en France !. Évalué à 4 (+1/-0).
Bah c'est juste que les services de l'État sont débordés. En France, la DGCCRF a un peu moins de 3000 agents (tout compris, donc avec les services administratifs etc), pour 4 millions d'entreprises, vu la tronche que doit avoir la procédure pour monter un dossier de fraude publicitaire, avec la très forte probabilité que toutes ces entreprises éphémères aient fermé entre temps…
[^] # Re: Mode balek
Posté par arnaudus . En réponse au journal Vers l'interdiction du démarchage téléphonique en France !. Évalué à 3 (+0/-0).
Bah ça justifie la mention "sauf dans le cas où le consommateur a consenti au démarchage téléphonique", non? Tu voudrais rendre le démarchage illégal même quand les gens souhaitent être appelés 12 fois par jour par des AI qui veulent leur vendre des fenêtres ou des panneaux solaires?
[^] # Re: Mode balek
Posté par arnaudus . En réponse au journal Vers l'interdiction du démarchage téléphonique en France !. Évalué à 3 (+0/-0).
Ça se plaide, mais est-ce que ça se gagne à tous les coups, est-ce que tu es motivé pour te lancer dans une procédure coûteuse qui peut durer des années, est-ce que les frais d'avocat et autres frais de justice vont réellement compenser ce que tu peux obtenir d'un procès?
[^] # Re: Mode balek
Posté par arnaudus . En réponse au journal Vers l'interdiction du démarchage téléphonique en France !. Évalué à 4 (+1/-0).
Quand tu vois le nombre de gens qui ont collé l'autocollant "oui pub" dans les coins où une expérience de "stop pub" inversée a été tentée, c'est désespérant (environ 20 à 30% des particuliers choisissent d'appliquer l'autocollant "oui pub", malgré peu de communication). Donc il faut vivre avec l'idée qu'une fraction très substantielle de la population (plus que ceux qui votent comme toi, pour simplifier) sont non seulement consentants pour la prospection commerciale, mais en plus font une démarche pour afficher leur consentement.
[^] # Re: Mode balek
Posté par arnaudus . En réponse au journal Vers l'interdiction du démarchage téléphonique en France !. Évalué à 3 (+0/-0). Dernière modification le 29 janvier 2025 à 10:07.
Le paradigme, c'est qu'on vit dans une démocratie libérale et que les restrictions de liberté doivent être justifiées. Sans compter que des lois en plus, ça fait des plaintes en plus, des trucs que la justice et la répression des fraudes doivent gérer, etc.
Du coup, les lois ne protègent pas beaucoup les gens qui n'ont pas les moyens d'auto-défense contre les pratiques commerciales malhonnêtes. Si tu trouves un papier bleu-blanc-rouge dans ta boite aux lettres avec des numéros de plombier, que tu appelles ces numéros, qu'un plombier se déplace et te facture 1000€ pour un robinet qui fuit, tu es un pigeon, et c'est un peu tout. En France, les prix sont libres; si tu appelles le premier numéro qui te tombe sous la main, si tu ne demandes pas au téléphone combien va te coûter le déplacement, si tu signes le devis, si l'argent te brûle les poches ou que tu ne sais pas que 1000€ c'est trop cher pour une heure de travail, bah tu as accepté de ton plein gré un contrat avec l'artisan; le contrat est à ton désavantage mais ça n'est pas interdit de signer des contrats à son désavantage.
Je ne dis pas que c'est une bonne chose, les artisans eux-mêmes devraient demander à s'organiser en ordre professionnel qui pourrait édicter un code déontologique et exclure les fraudeurs, ou le code de la consommation devrait fixer des prix plafond, mais actuellement ça n'est pas le cas. La publicité et le démarchage sont non seulement légaux et tolérés, mais souvent même demandés par les pouvoirs publics (croissance, revenus substantiels pour les régies publiques (typiquement, SNCF et RATP, TV publique, etc)), et faire sortir le fric des livrets A des retraités pour le remettre dans l'économie est indispensable pour éviter temporairement l'asphyxie, donc on n'est pas prêts d'avoir une remise en cause du système…
[^] # Re: Mode balek
Posté par arnaudus . En réponse au journal Vers l'interdiction du démarchage téléphonique en France !. Évalué à 3 (+0/-0).
C'est pas l'idée du siècle.
D'après https://www.certea-commissairedejustice.fr/enregistrer-conversation-preuve-legal/ (mais d'après tout le monde en fait), :
En matière civile, sociale ou commerciale, la retranscription d’un enregistrement vidéo ou audio effectué à l’insu d’un tiers n’est pas possible. Ce mode de preuve est en effet considéré par les juges comme un procédé déloyal et est donc systématiquement écarté des débats. Cette appréciation du caractère déloyal de l’enregistrement audio ou vidéo est notamment fondée sur l’application de l’article 9 du Code de procédure civile qui dispose que « Il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention ».
Donc ta preuve n'est pas recevable, mais par contre tu risques des poursuites (un an et d’une amende de 45 000 €).
Bah tu ne sais pas comment le prestataire recrute ses clients. C'est peut-être sur les marchés, sur une foire, sur un site web, sur les réseaux sociaux. Tu crois que dans le contrat ils écrivent que le mode de recrutement des clients est illégal?
Je pense que ce qui se passe, c'est qu'ils sont assez malins pour se débrouiller pour que le client recontacte le prestataire, ou que le prestataire recontacte le client autrement que par téléphone.
En plus, je ne suis pas sûr du tout que tu risques grand chose à faire appel à des intermédiaires douteux. Par exemple pour les faux prospectus officiels dans les boites aux lettres avec des contacts de plombiers ou de serruriers d'urgence. Quand les particuliers te rappellent, tu n'es même pas censé savoir comment ils ont eu ton numéro, qu'est-ce que tu veux prouver?
[^] # Re: Mode balek
Posté par arnaudus . En réponse au journal Vers l'interdiction du démarchage téléphonique en France !. Évalué à 3 (+0/-0).
Quand tu as affaire à des gens qui s'en foutent des lois, je ne sais pas si c'est une super idée de leur monter des plans tordus pour leur faire perdre de l'argent. Tu risques simplement de perdre ton temps, et éventuellement de te faire menacer.
En général, ce n'est pas aux gens de se faire justice. Ces affaires devraient être traitées par les services dont c'est le métier (police, justice, et répression des fraudes).
[^] # Re: Mode balek
Posté par arnaudus . En réponse au journal Vers l'interdiction du démarchage téléphonique en France !. Évalué à 4 (+1/-0).
Expérience similaire avec un démarchage rénovation énergétique. Numéro en 02 (totalement interdit), identification frauduleuse ("bureau régional de la rénovation énergétique"), impossible d'obtenir aucune information sur l'employeur (ils appellent "de la part de l'ADEME ou du ministère"), ils refusent l'accès aux données personnelles, et ils se foutent littéralement de la répression des fraudes, bref, c'est plus de la pratique mafieuse qu'une entreprise commerciale.
Visiblement, le business model est de mettre en relation avec des entrepreneurs locaux bien réels. L'entrepreneur paye l'intermédiaire pour la mise en contact, mais l'argent de la rénovation ne passe pas par la plate forme téléphonique, donc ils ne sont pas liés contractuellement aux particuliers, et il n'y aura jamais aucun contact formel avec le particulier qui permettrait de remonter à eux et de les signaler à la répression des fraudes. C'est assez bien conçu, en fait.
Du coup, je ne suis pas sûr que l'interdiction du démarchage change quoi que ce soit, puisqu'ils assument totalement faire quelque chose de totalement illégal. Ce qui pourrait peut-être les gêner, c'est s'il devenait possible de revenir en partie sur le coût des travaux en prétextant que le démarchage initial était illégal, mais je ne suis pas sûr que ça soit possible. Une fois les travaux exécutés légalement, il est assez facile pour le professionnel de prétendre avoir été contacté directement et de ne pas avoir fait appel à un intermédiaire (qui peut-être d'ailleurs se fait payer en liquide etc). Au pire le professionnel pourra prétendre qu'il ne savait pas que les méthodes de l'intermédiaire étaient illicites, et ça réduira sa responsabilité.
Franchement, à part une descente de police dans le call center, je ne vois pas trop ce qui pourrait les arrêter… Une fois que tu as glissé dans la délinquance commerciale, ce n'est pas une loi de plus ou de moins qui va gêner ton business clandestin.
[^] # Re: Oups.
Posté par arnaudus . En réponse au lien LUCIE — l'IA véritablement open source construite sur la transparence, la confiance et l'efficacité.. Évalué à 3 (+1/-1).
J'en était resté à l'idée de lui faire pondre du code fonction par fonction, mais s'il peut gérer tout un projet…
Ce que je trouve impressionnant, c'est que j'ai toujours appris que pour programmer un truc correctement il fallait déja définir précisément ce que l'on voulait, parce que le compilateur ne pouvait pas deviner. Typiquement, comment se comporter quand l'entrée ne correspond pas à ce que tu t'attendais, etc. Or, l'utilisation de LLM permet de sauter cette partie; on exprime les besoins en langage naturel, et la machine se débrouille pour gérer ce qui n'est pas explicite. Bien sûr, si ça n'était pas explicite, elle va peut-être faire quelque chose de sous-optimal pour toi, mais il suffit alors de l'expliciter.
Et encore, si on parle de LLMs génériques, ils apprennent sur une base de code et ne s'auto-corrigent pas. Qu'est-ce qui pourrait se passer si on les combinait avec une approche de machine learning à la alpha-go? Ton entrée c'est les specs, et la machine testerait des millions de bouts de code toute seule jusqu'à te produire quelque chose d'optimal, en fonction des contraintes initiales (CPU, RAM, taille du binaire, portabilité…).
J'imagine que les LLM existants ont probablement déja été intégrés à des systèmes de rapport de bug par exemple? Il semble y avoir de nombreux bugs qui, après validation par un humain, pourraient être confiés à une IA (qui vérifierait la reproductibilité, qui proposerait un patch, et qui pourrait éventuellement tester le patch et vérifier l'absence de régressions). C'est quand même assez vertigineux…
[^] # Re: Oups.
Posté par arnaudus . En réponse au lien LUCIE — l'IA véritablement open source construite sur la transparence, la confiance et l'efficacité.. Évalué à 3 (+1/-1).
Il existe toutefois la possibilité de mettre en place des benchmarks à usage unique, par exemple dans un programme de recherche. Une fois publié, le benchmark n'a plus aucune utilité, mais il a permis de quantifier la pertinence des algorithmes concurrents à un instant t.
Parce qu'on est entourés de vieux grincheux et/ou des gens qui ont peur pour leur job. Les perfs des meilleurs LLM sont assez bluffantes, et je trouve qu'il est difficile de trouver une tâche qu'un LLM fait moins bien qu'un humain moyen.
C'est peut-être là aussi que l'idée d'un LLM universel est foireuse. La tolérance aux erreurs et aux approximations est très différente en fonction de l'objectif.
Si ça compile et que ça suit le cahier des charges, c'est déja bien mieux qu'avec la plupart des humains :-)
Je n'ai jamais essayé de tester un LLM dans un test de programmation, je ne sais pas quel niveau il peut avoir.
[^] # Re: Oups.
Posté par arnaudus . En réponse au lien LUCIE — l'IA véritablement open source construite sur la transparence, la confiance et l'efficacité.. Évalué à 4 (+1/-0).
Ça serait intéressant d'avoir des benchmarks bien fichus pour les LLM. Pendant très longtemps il a été facile de piéger chatGPT, même si maintenant c'est beaucoup plus dur. La qualité d'un LLM n'est pas forcément liée à sa capacité à échapper aux pièges, parce que quand on l'utilise comme un outil, on n'essaye pas de le piéger.
Pour certaines tâches, des tests objectifs sont probablement possibles (par exemple quand il s'agit de programmation), pour d'autres tâches c'est plus compliqué.
[^] # Re: Spécificité du LL
Posté par arnaudus . En réponse au journal Il y a quelque chose de pourri.... Évalué à 4 (+5/-3).
Ah oui, ce pauvre "e" qui se retrouve tout seul entre ces grandes méchantes parenthèses, d'ailleurs dans "parenthèses" il y a "parent", ce qui illustre bien à quel point la marque du féminin en français est systématiquement rabaissée et associée au patriarcat.
D'ailleurs, je trouve qu'on ne fait pas assez de cas du "s" du pluriel, qui lui aussi est toujours isolé dans les parenthèses dans des circonstances analogues. Comme par hasard, toujours des lettres de petite taille. Ah ça, pour isoler les "s" et les "e", il y a du monde, mais jamais les "k" et les "l" ne seraient traités de cette manière. Si ça ne symbolise pas le mépris de la société envers les personnes de petite taille…
J'avoue que je suis souvent décontenancé par les nouvelles formes de logiques rhétoriques qui nous viennent avec le vent de l'Ouest par delà l'Atlantique, mais on peut quand même se mettre d'accord sur le fait que dire et redire quelque chose n'a rien à voir avec sa véracité?
Et entre nous, ça a peut-être été dit et redit, mais j'avoue que le coup du symbolisme des parenthèses qui enfermeraient la moitié de l'humanité, c'est nouveau pour moi. J'apprécie quand même cette forme d'innovation argumentative, c'est assez rafraichissant :-)
[^] # Re: Spécificité du LL
Posté par arnaudus . En réponse au journal Il y a quelque chose de pourri.... Évalué à 2 (+1/-1).
Moi non plus. Par exemple, est-ce qu'on considère que "les ami·e·s" se prononcent ou pas? C'est bizarre d'affirmer que ça peut se prononcer alors qu'en fait ça ne se prononce pas :-)
Quoi qu'il en soit, c'est bizarre de remplacer les parenthèses traditionnelles par le point médian, puisque c'est quand même l'usage d'écrire "les ami(e)s" dans ce cas; le point médian n'apporte rien.
Mais bon, je pense que si on s'attarde au fond et pas à la forme de la proposition, l'idée était d'autoriser "cher·e·s collègues" parce qu'on peut le lire sans s'arrêter ou revenir en arrière, mais d'interdire "heureu·x·ses" parce qu'en appliquant l'usage du français on devrait prononcer le "xs", quelque chose comme "heureukse" ce qui semble hyper-moche et incompréhensible.
[^] # Re: Spécificité du LL
Posté par arnaudus . En réponse au journal Il y a quelque chose de pourri.... Évalué à 5 (+4/-2).
Tu as en gros plusieurs solutions au problème:
Honnêtement, quel est l'avantage de la dernière forme sur les autres si l'objectif n'est pas d'insister sur la forme neutre et sur l'engagement militant de l'auteur de la phrase? La dernière possibilité porte un message sur la forme, c'est un élément de communication.
[^] # Re: Spécificité du LL
Posté par arnaudus . En réponse au journal Il y a quelque chose de pourri.... Évalué à 5 (+3/-1).
En fait, c'est plus une question d'image mentale déséquilibrée que de langage. Par exemple, quand tu demandes d'imaginer "La salle était remplie d'élèves intelligents", les gens s'imaginent plus facilement des garçons. Mais quand tu imagines "L'agent secret se débarassa de la sentinelle", c'est aussi un homme que tu imagines tenir le rôle de la sentinelle…
Oui mais c'est bizarre d'avoir un neutre féminin. On pourrait également opter pour un neutre masculin, "comment les modérateurs° ou les contributeurs°", puisque le symbole indique bien le neutre.
Ou alors on laisse tomber l'idée du symbole, et on se met d'accord sur le fait que le masculin vaut neutre… wait…
[^] # Re: Spécificité du LL
Posté par arnaudus . En réponse au journal Il y a quelque chose de pourri.... Évalué à 3 (+2/-2). Dernière modification le 15 janvier 2025 à 15:42.
On a quand même le droit de douter de la bonne foi, parce que certains prétendent parfois avoir tellement de mal à gérer leurs émotions que leur sincérité est suspecte. Si j'écris que lire le mot "Micro$*ft" me provoque de fortes nausées et qu'il est irrespectueux d'invoquer ce nom de marque dans une discussion où je suis impliqué, ça ressemble plus à un caprice qu'à un partage de ressenti, et je trouve qu'on devrait être en droit de nier mon ressenti, dans le sens où on peut douter de ma sincérité (lire ce mot ne me fait pas littéralement vomir).
Donc je suis d'accord que les gens ressentent ce qu'ils ressentent, mais ils peuvent parfois mentir quand ils expliquent ce qu'ils ressentent.
On peut aussi avoir des discussion saines sur l'interprétation du ressenti. Même s'il était vrai qu'un nom de marque puisse provoquer des vomissements, il est également raisonnable d'imaginer que la personne affectée puisse admettre que cette réaction est excessive. Il y a certaines choses qui me mettent hors de moi, je ne simule pas cette colère, mais je peux admettre qu'elle est excessive par rapport à la situation.
Si tu veux dire qu'il n'est probablement pas constructif de nier le ressenti exprimé par les gens même si on pense que c'est un mensonge ou que cette réaction est ridicule, alors je suis peut-être plus d'accord avec toi. La sincérité n'est parfois pas la meilleure manière de communiquer, et répondre "Je pense que sois tu mens, soit ta réaction est ridicule" à quelqu'un qui exprime une souffrance est discutable, même si c'est vrai.
[^] # Re: Spécificité du LL
Posté par arnaudus . En réponse au journal Il y a quelque chose de pourri.... Évalué à 7 (+7/-3). Dernière modification le 15 janvier 2025 à 15:26.
Non
"Ainsi" n'est qu'une interprétation politique des raisons pour laquelle "utilisateurs" regroupe les utilisateurs et les utilisatrices. C'est toi qui penses que ça exclut les utilisatrices, quand on connait la règle on est censé savoir que ça n'exclut personne.
Ça me poserait les mêmes problèmes que toute personne qui ferait exprès de ne pas respecter la grammaire élémentaire de ma langue. On peut aisément tolérer les erreurs, par exemple venant des locuteurs étrangers, mais casser volontairement un protocole de communication c'est contre-productif.
Mais il n'y a pas plus à réfléchir sur "les utilisateur.ices" que sur "les chevals" ou "les genous". Un langage naturel n'est pas logique, ses exceptions et ses subtilités n'ont pas de sens particulier au-delà des contingences historiques. On écrit "Les fenêtres et les rideaux vont être changés", mais "les fenêtres et les portes vont être changées", et c'est absurde d'imaginer que c'est une discrimination contre les fenêtres. Bah il faut juste faire l'effort d'admettre que c'est exactement la même règle pour "les hommes et les femmes vont être admis à l'école pour apprendre la langue française".
On lit parfois qu'il existait une règle "de proximité" ("les disques et les disquettes sont rangées" vs "les disquettes et les disques sont rangés") qui aurait été sciemment remplacée par la règle de la domination du masculin, mais les sources historiques sont bien minces et contradictoires; l'usage était plutôt fluctuant avant et s'est fixé, certains l'ont justifié après coup comme justifié par la "noblesse" du masculin. En gros, c'est clair que l'usage s'est fixé, mais l'interprétation basée sur la domination masculine est historiquement discutable; l'article de Wikipédia Règle_de_proximité est plutôt bien fait.
[^] # Re: Congress shall make no law […] abridging the freedom of speech
Posté par arnaudus . En réponse au lien La performativité selon la tech : quand faire c’est se dédire.. Évalué à 3 (+0/-0).
Pas vraiment pour les délits de presse. Voir par exemple https://shs.cairn.info/revue-legicom-2006-1-page-33?lang=fr : "la procédure de référé n’est guère compatible avec la philosophie de la loi sur la presse, fondée sur la seule répression a posteriori des atteintes aux droits de la personnalité." mais "Le droit français actuel est trop hétéroclite pour satisfaire à la cohérence et à la clarté nécessaires des règles applicables en ce domaine." Donc en gros, ça dépend, mais en pratique, très peu de référés en délit de presse ne vont jusqu'au bout, ce qui revient à dire qu'en pratique, le droit de la presse est jugé a posteriori.
Après, les discussions sur "est-ce que le vol ou les excès de vitesse sont interdits" sont sans fin. La loi prévoit des peines, mais en simplifiant peu de délits sont susceptibles d'être empêchés (par exemple par la police si elle est présente). Par exemple, les policiers ont pour devoir d'empêcher un meurtre qui va se dérouler sous leurs yeux, mais ils n'ont pas pour devoir d'empêcher un vol : ils laissent le vol se dérouler, et ensuite ils arrêtent le voleur. Avant le permis à point, il était courant pour certains de rouler volontairement au-delà de la limite de vitesse et d'assumer les amendes; il est difficile dans un tel cas de prétendre que l'action illicite est "interdite".
[^] # Re: Congress shall make no law […] abridging the freedom of speech
Posté par arnaudus . En réponse au lien La performativité selon la tech : quand faire c’est se dédire.. Évalué à 2 (+0/-1).
Bah en fait, c'est même pas faux. Moi ça ne me gène pas qu'il faille des lois et des procédures pour limiter la liberté d'expression quand elle est nuisible à la société. Habituellement, on admet que la préservation de la liberté d'expression exige que ces limites soient gérées par la justice, a posteriori. Par exemple, la diffamation : on peut publier que X mange des gentils petits cochons d'Inde, mais si X porte l'affaire en justice, il peut demander réparation.
Mais le monde change et certaines déclarations sont nuisibles dès leur publication, il n'y a pas moyen de "réparer", en tout cas pas avec de l'argent. C'est d'ailleurs étrange que la justice considère qu'on puisse réparer un délit de presse avec de l'argent. Ça peut être la divulgation de photos de gens à poil, la diffusion de "fake news" dans l'objectif de modifier le résultat d'une élection, d'appels à la haine ou à la commission d'actes illégaux, ou d'infos bidon pour gêner la protection de la population (par exemple la protection sanitaire au cours d'une épidémie). Est-ce qu'on parle de censure? Probablement, et pourquoi on ne pourrait pas décider que la censure est parfois nécessaire?
Globalement, on peut sanctionner après coup pour les délits de presse qui causent un préjudice financier, mais quand le préjudice n'est pas financier, il faut des moyens d'empêcher la publication, soit par une décision administrative rapide, soit en sanctionnant les intermédiaires. Tiens, si j'étais chef de quelque chose, je pense que je convoquerais un Grenelle de la censure, et puis après je prendrai les décisions que je veux bien de toutes manières parce que ça ne sert à rien d'être chef si on n'a pas le dernier mot.
[^] # Re: Spécificité du LL
Posté par arnaudus . En réponse au journal Il y a quelque chose de pourri.... Évalué à 0 (+2/-5).
Je réagissais juste à ce que tu as écris, je n'ai pas fait d'hypothèse sur ce que tu pensais peut-être qui ne correspondais pas forcément à ce que tu as écris.
Sur le fond, on peut déplorer le sexisme et faire en sorte qu'il régresse, mais si on sort du vocabulaire autour de l'extrêmisme qui n'apporte pas grand chose à la discussion, je pense qu'il existe des moyens subtils de faire avancer des idées, et que la société ne progresse pas toujours à coups de bulldozer. Je ne comprends pas quel plaisir on peut tirer de se faire identifier ostensiblement par ses opinions politiques ou religieuses dans toute discussion, en utilisant des graphies ou des rhétoriques hyper-marquées. Il faut quand même avoir une mentalité de témoin de Jéovah pour intervenir dans un troll vim/emacs en parlant de l'avis des "utilisateur.ices", puisqu'à partir de là on accepte que le message sur la forme ("coucou, je vais semblant de donner un avis mais en fait je milite pour un truc") est plus important que l'idée qu'on est en train d'exprimer, cachée derrière la forme.
Chacun fait ce qu'il veut, et c'est probablement aussi souvent quelque chose liée à la confiance en soi (ça permet de sortir du lot ou de s'affirmer en tant que membre d'une communauté plutôt que comme individu), mais ça peut légitimement déclencher un rejet, qui n'a aucune raison d'être lié à la cause défendue, mais plutôt à la forme.
[^] # Re: partout pareil
Posté par arnaudus . En réponse au journal Il y a quelque chose de pourri.... Évalué à 5 (+3/-1).
Ça n'est pas un peu le principe du militantisme? Tu vois réellement un militant faire du porte-à-porte avant une élection pour venir discuter sur quels points du programme il est en désaccord avec le candidat pour lequel il appelle à voter?
Tu vas dans une salle de spectacle, tu cries "Ma-chin, Ma-chin", quand le candidat Machin se pointe, tu hurles "Ouuaaaaaaiiiis", Machin fait son discours, quand il parle de lui tu applaudis, quand il parle de ses adversaires du cries "Bouuuuuuh", et à la fin il se barre et la foule chante "Ma-chin, Président, Ma-chin, Président". OK, ça ne veut pas dire que tu te ferais tuer pour le défendre, mais je pense que quand tu es dans cet état d'esprit c'est pas pour réfléchir sincèrement quand quelqu'un exprime son désaccord sur un forum.
[^] # Re: Échec!
Posté par arnaudus . En réponse au journal Expressions régulières ou expressions rationnelles ?. Évalué à 3 (+0/-0).
J'ai vu "minimax" dans la page, mais je n'ai pas vu le reste. Mais de ce que j'ai joué, je n'ai pas l'impression que l'ordi joue le minimax sur deux demi-coups. Sur la partie que j'ai jouée, l'ordinateur perdait des pièces en un coup, ce qui n'est pas le comportement attendu.
Mais bon, on est d'accord, ça n'est pas du tout le sujet. L'exploit c'est probablement surtout d'avoir réussi à implémenter l'intégralité des règles (roque, prise en passant, promotion).
[^] # Re: Spécificité du LL
Posté par arnaudus . En réponse au journal Il y a quelque chose de pourri.... Évalué à 4 (+2/-1).
Comme les modérateurs ont expliqué ailleurs, ils font très attention à ça, parce que liberté d'expression etc. J'imagine que les différences politiques profondes qu'on évoque ici concernent aussi les modos, donc ce qui est inacceptable pour l'un n'est pas inacceptable pour l'autre, c'est subjectif.
[^] # Re: Spécificité du LL
Posté par arnaudus . En réponse au journal Il y a quelque chose de pourri.... Évalué à 2 (+1/-2).
Bah j'ai rien dû comprendre à ta question. J'avais l'impression que tu demandais d'interclasser les relous sur un "plan", et je n'ai pas compris de quel plan tu parlais. Ma réponse c'est simplement que le classement n'est pas le même selon que tu considères la capacité des gens à pourrir une discussion ou l'acceptabilité de ce qu'ils racontent.
Je ne crois pas que les néo-nazis aient un gros pouvoir de nuisance sur Linuxfr, mais en disant ça je ne suggère pas que j'apprécie de les fréquenter, non?
[^] # Re: Spécificité du LL
Posté par arnaudus . En réponse au journal Il y a quelque chose de pourri.... Évalué à 8 (+6/-1).
De toutes manières, l'extrêmisme existe, mais personne ne se revendique "extrême". Donc une telle discussion n'a pas tellement de sens, A va dire à B "ta position est extrême", et B va répondre que non, que A est un débile dinosaure et que c'est extrême de prétendre que l'autre est extrême, et voila, on n'a pas beaucoup avancé.
Chacun sa définition d'"extrême", hein. Par exemple, estimer être en droit de décréter ce qui est acceptable de penser ou non me semble assez bien coller avec l'idée que je me fais d'une position "extrême". On a le droit d'être en désaccord, mais la formule "ce n'est pas acceptable de penser" me colle des frissons. "Ce n'est pas acceptable de dire", pourquoi pas, "ce n'est pas honnête de penser", OK, mais "ce n'est pas acceptable de penser"… brrr…