Il faut vraiment être aveugle pour croire que la propriété intellectuelle n'est pas corrompue jusqu'à l'os.
Je ne vois pas vraiment d'argument là-dedans. Il existe encore de la création artistique, et la PI contribue à faire vivre les artistes de leur travail. Certains domaines de la création artistique ne peuvent que reposer sur des grosses machines (cinéma), d'autres ont un fonctionnement mixte, avec des entreprises internationales qui "partagent" le marché avec des amateurs (musique). Le livre a un fonctionnement qui n'est pas très "moderne" (le fonctionnement des éditeurs reste traditionnel, même si ce sont de grosses entreprises; il y a un équilibre entre les écrivains et les éditeurs), et d'autres domaines (peinture, sculpture…) sont peu soumis à l'économie moderne.
On pourrait au contraire argumenter que sans la protection de la PI, il n'y aurait plus d'auteurs indépendants.
Pourquoi les artistes seraient-ils exceptionnels? Ils ont pas besoin de la tech, peut-être? Ils sont si peu importants pour la société que c'est pas grave, s'ils ont des passe-droits, un traitement de faveur? Un ingénieur ou technicien se tue peut-être jamais au boulot?
Ce que protège la propriété intellectuelle, ce n'est pas la qualité, c'est la démarche. D'ailleurs, il n'existe pas des artistes et des non-artistes, tout le monde est susceptible d'être protégé par défaut, sans rien faire, par la propriété intellectuelle. Il suffit de produire quelque chose de suffisamment personnel et unique pour pouvoir prétendre à une paternité artistique dessus. Ça n'a pas grand chose à voir avec le mérite, et je pense que partir sur les gens qui se tuent au boulot est complètement hors-sujet.
Ces durées pour les trucs artistiques sont vachement trop longues.
C'est probablement le cas. Rappelle-toi juste que l'idée de la propriété intellectuelle n'est pas d'empêcher au public d'accéder aux oeuvres, mais d'empêcher les industriels de piller la production des auteurs. Le droit d'auteur est apparu parce que les éditeurs pouvaient republier ce qu'ils voulaient sans rétribuer les auteurs, et qu'il a fallu protéger les auteurs par rapport à ça. Quand on dit que la propriété intellectuelle permet l'enrichissement de l'industrie de la culture, c'est vrai bien sûr, mais il y a deux sortes d'industriels quand on prend une oeuvre en particulier : tu as l'entreprise avec qui l'auteur ou ses ayant-droits a signé un contrat et qui peut "exploiter" l'oeuvre (et reverser une partie des bénéfices à l'ayant-droit), et tu as les entreprises qui n'ont pas de relation contractuelle avec les auteurs. Si tu réduis la durée des droits, tu risques de ne pas vraiment changer la quantité d'argent qui circule, mais tu vas transférer cet argent de l'entreprise qui a signé un contrat qui rémunère l'auteur ou sa famille, vers les entreprises qui n'ont aucune relation contractuelle avec l'auteur. Est-ce que c'est ça que tu souhaites réellement?
Typiquement, pour l'extension progressive du copyright de Mickey, on blâme Disney pour sa cupidité et sa capacité à corrompre les élus américains pour préserver ses rentes financières. C'est un point de vue qui se défend. Mais en pratique, ça veut aussi dire que si le copyright de Mickey tombe, toutes les entreprises du monde pourront utiliser les images dans le domaine public pour tous leurs produits, et donc partager la manne financière en ayant encore moins de liens avec la création artistique de départ que l'entreprise Disney. Bon, en fait, avec le droit des marques, c'est plus compliqué que ça, mais je trouve quand même que le dilemme moral ne doit pas être aussi facilement écarté.
Oui, mais les brevets, c'est de la propriété industrielle. Le code de la propriété intellectuelle a plusieurs parties:
Partie I : propriété littéraire et artistique
(Livre I: droit d'auteur, Livre II: droits voisins, Livre III: Dispositions générales)
Partie II: propriété industrielle
(IV organisation administrative, V: dessins et modèles, VI: inventions et connaissances techniques, VII: marques)
Pourquoi le code informatique s'est retrouvé avec la propriété littéraire? Je n'en ai aucune idée. Il a fallu écrire tout un tas d'exceptions (par exemple, le fait que l'employeur soit totalement propriétaire du code, ce qui n'est pas le cas pour les autres formes littéraires et artistiques), il a fallu donner une forme d'exception au code informatique parce que ça rentrait mal dans l'existant (pas besoin qu'il reflète la personnalité de l'auteur, copie privée, etc). Ça colle juste mal, c'est du bricolage.
Le pire, c'est que rien dans ces dispositions n'encourage la publication du code informatique ou des logiciels. Donc on ne peut même pas dire que l'objectif était de protéger les auteurs quand ils avaient la bonne idée de publier leur code.
À un moment la question s'était posée pour un logiciel de caisse libre, je ne sais pas ce que ça a donné. On trouve des évaluations du coût de la certification autour de 7000€, mais je ne sais pas si ça inclut toutes les étapes (audit d'un laboratoire indépendant etc), ou si c'est seulement la certification en tant que telle.
Rien que le téléchargement de la norme AFNOR est cher, il faut se lancer là-dedans avec pas mal de cash, on ne certifie pas un truc en amateur.
Par contre c'est clair que ça va contraindre le cycle de release du logiciel, et notamment je ne sais pas comment ça se passe en cas de bug critique.
Ou démontre le contraire, en quoi c'était "pas prévu" (en démontrant par exemple ce qui était "prévu").
Ça c'est facile: le CPI dit en préambule:
l’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous
Et le principe de la GPL, c'est de dire en premier "j'utilise ce droit exclusif pour renoncer à cette exclusivité". Alors dans les faits, oui, l'auteur du code garde le droit de changer la licence, ce que les réutilisateurs n'ont pas, mais à part ça (et les droits moraux qu'il est légalement impossible de céder), la particularité de la GPL est justement que les réutilisateurs ont exactement les mêmes droits que l'auteur du code.
Je ne peux pas prouver formellement que ça n'était pas prévu, mais je suis sincèrement persuadé que ça ne l'était pas. Si c'était prévu qu'un auteur puisse souhaiter abandonner son exclusivité, le CPI aurait prévu explicitement une clause de mise dans le domaine public anticipée, dont l'absence est problématique en droit français pour les licences type CC0 ou WTFPL.
elle sert souvent à vendre une version non libre
Je ne suis pas sûr de comprendre où tu veux réellement en venir. La GPL n'interdit pas les multi-licence (parce qu'elle ne le peut pas, de toutes manières), mais le code sous GPL est aussi libre que tout code sous GPL quelles que soient les autres formes de distribution autorisées. Si tu mets sur ton étal des bananes bien jaunes à 2€/kg et à côté des bananes un peu mûres gratuites, tu ne peux pas dire que les bananes gratuites ne le sont pas vraiment parce que le but est d'attirer les gens pour leur vendre des bananes à 2€. Les bananes trop mûres restent gratuites, indépendamment de la présence des bananes payantes, et si tu préfères la version payante, bah tu payes.
Après, si ton argument tourne autour de "il n'y a pas de business model clair autour du logiciel libre", bah oui, on le sait, ça fait 30 ans qu'on le sait, mais la GPL n'a jamais été conçue pour offrir un business model. Il n'y a que RMS qui fait semblant de croire que ça n'a aucune importance… Du coup, que la vente et le bénéfice commercial soit compatible avec une distribution sous GPL, c'est pas mal, même s'il faut pour cela bricoler un peu avec des licences multiples…
Le code pourrait être de la PI sans être une œuvre de l'esprit. C'est l'effet patchwork qui est gênant, parce qu'une œuvre de l'esprit doit par essence être originale (la jurisprudence exclut par exemple les photos amateur, les documents techniques, etc); par contre, le code n'a pas à être original pour être protégé, alors que les algorithmes sont publics (ils ont le statut de théorèmes mathématiques). C'est totalement incohérent. Tu pourrais très bien avoir le code informatique comme un élément individuel de la PI, sans qu'il faille le faire rentrer au forceps dans les œuvres artistiques.
Ce que vous ne comprenez pas c'est que la GPL n'est pas un "hack" du copyright
Tu veux discuter pendant 3 heures de la définition de "hack"? Il me semble évident que les clauses de la GPL n'avaient absolument pas été prévues par les rédacteurs des lois sur la PI, et c'est en ça que c'est un hack. Oui, la GPL repose sur un droit d'auteur très fort, et c'est justement parce que l'auteur a énormément de droits sur son œuvre qu'il peut donner des droits volontairement. Je trouve au contraire que c'est justement un très bel "hack" législatif, et qu'il n'y en n'a pas beaucoup qui sont aussi élégants que celui-ci.
et le monde continuera de tourner même avec les fantasmes "c'était mieux avant"
Je ne crois pas que personne n'ait jamais dit que c'était mieux avant. L'idée serait plutôt d'avoir vraiment réfléchi à la PI du code informatique plutôt que de l'avoir fourré avec les films et les romans du XIXe siècle.
C'est tellement vrai que le code de la propriété intellectuelle liste le code informatique dans les œuvres de l'esprit par défaut, histoire justement de ne pas devoir prouver que le code exprime la personnalité de son auteur. Parce que justement ça n'est pas du tout évident.
Ce qui est dommage, c'est que le code de la propriété intellectuel était particulièrement limpide et élégant à sa création, et que les amendements successifs, le lobbying des sociétés de perception des droits d'auteur, la jurisprudence, et les "droits voisins" l'ont rendu incompréhensible et illogique. Si un musée vous poursuit pour avoir scanné l'image d'un tableau 2D que vous avez trouvée sur une carte postale, sans mentir, vous avez 50% de chances de gagner et 50% de chances de perdre. Si vous aspirez 500 éléments d'une base de données en ligne via l'API, personne ne peut dire si vous avez enfreint les droits du propriétaire de la base. C'est vraiment dommage que la propriété intellectuelle a été dévoyée au profit des ayant-droits, ça crée de l'instabilité juridique et des petits monopoles, au contraire des objectifs initiaux (qui étaient de faciliter la diffusion artistique en protégeant les auteurs par la loi).
Quand les sociopathes ce sont mis dans l'affaire, ils ont nécessairement orienté la politique vers ce qui maximiserait leur emprise. Ça a marché. Désormais, d'aucun pourrait prétendre vous faire signer un Cluf pour un « hello world ».
Ça marche dans les deux sens, quand même. Combien de libristes chougnent parce que chatGPT a lu leur Hello Word "protégé" par la GPL? (ce que la GPL n'interdit absolument pas, d'ailleurs). Les licences libres se fondent sur la propriété intellectuelle également; combien d'algorithmes complètement triviaux se retrouvent sous GPL (et donc hors du domaine public) ?
Dans les autres domaines (DRM dans la musique et la vidéo, protections des consoles, secureboot), toute cette belle théorie s'est toujours fait troué le slip par la pratique.
En tout état de cause, les enjeux sont très différents de toutes manières. S'il faut développer du hardware et du software spécifique pour regarder une vidéo de chats sous DRM, le risque n'est pas majeur. C'est quand même très différent de pouvoir se faire passer pour un tiers pour ordonner un transfert bancaire.
certains semblent s'être laissé convaincre qu'un téléphone lowcost chinois avec un Android bourré de crapwares constructeur et d'applis privatrices est plus sécurisé qu'un PC normal avec Debian.
Plus sécurisé pour l'utilisateur, en effet, non. Mais là, on parle de la sécurité du point de vue de la banque, et ce qui l'intéresse, c'est d'être sûre que c'est le binaire de son appli qui tourne sur un OS identifié. Elle veut être sûre de ça parce que les règlements lui imposent, sinon elle peut être reconnue responsable d'un détournement en rembourser les transactions.
J'ai l'impression que tu voudrais que la banque te délègue cette responsabilité, du style "OK c'est ma Debian, donc j'assume ce qui se passe chez moi sur un système qui n'est pas reconnu par ma banque". Sauf que je ne pense pas que ça soit possible. Ça reviendrait à aller au guichet et dire "non non, je ne veux pas montrer ma carte d'identité, t'inquiète c'est moi, j'assume". C'est elle qui veut vérifier que c'est bien toi, elle s'en fout que toi tu reconnaisses que c'est bien elle!
Je suis client, je m'en balec de l'avis de la banque :-)
Du coup, je pense que tu n'as pas du tout compris les enjeux, donc c'est normal que tu ne comprends pas pourquoi la banque veut passer par ton téléphone.
Plus généralement, autant je trouve légitime de demander à l'État de mettre les moyens nécessaires pour que personne ne soit exclu d'un service public pour des raisons techniques ou idéologiques, autant je trouve délirant d'imaginer qu'une banque privée doive s'adapter à tes désirs, qu'ils soient justifiés ou non. La banque fournit un service qui convient à ses actionnaires, ses juristes, et la majorité de ses clients. Si les clients ne sont pas contents, ils s'en iront, et les actionnaires ne seront pas contents. Mais si UN client n'est pas content, il s'en ira, et les actionnaires s'en ballec.
Pour que ton banquier se plie à tes petits désirs, il suffit de lui confier suffisamment de millions. Mais sans ça, il va te proposer de changer de banque :-)
ouvertes : Les obligations de certifications sont assez incompatibles avec ce concept, toute modification du système devant être strictement impossible. Ça rend l’ouverture rapidement inutile ou n’apportant rien réellement au système
Ça n'est pas forcément contradictoire, tu peux avoir un logiciel libre et des versions binaires certifiées de ce logiciel libre. Tu peux étudier le code, le compiler, le modifier, le distribuer, mais évidemment la version modifiée ne sera pas certifiée.
Le seul problème que ça pose, c'est que la cerfication peut coûter cher, il faut que quelqu'un la paye. Ça peut être une entreprise qui te revendrait ensuite le binaire certifié, ça te ferait acheter un logiciel libre, mais ça n'est pas contradictoire.
il ne me semble pas que quelqu'un ai mis sur le même niveau qu'avec des violences qui dépassent leurs prérogatives.
Tu as quand même écrit: "Si on te suit avec que gérer un côté, ça va tranquille de défoncer la porte, tuer toute personne ressemblant à la description du risque"
Si c'est pas un bel argument de la pente glissante, je ne sais pas ce que c'est.
hier il y en a un qui a quand même sorti qu'il n'y a pas de morts donc ça va pas trop mal pour le village
Je ne vois pas trop le rapport, mais en tout cas ça pourrait ressembler à ce que pourrait raconter l'un de ceux qui n'ont pas été identifiés sur les vidéos… Parce que dans le genre minimisation, c'est difficile de faire plus abject. Après, le maire veut peut-être se faire réélire, et si son électorat est en majorité composé de ce genre de types, il ne veut pas se mettre en danger.
perso pas sûr que j'ouvre de nouveau à des flics si ils me traumatisent comme ça, par pur réflexe émotionnel
Si tu ne leur ouvres pas, ils vont péter ta porte à coups de bélier et ils vont balancer une grenade aveuglante avant d'entrer l'arme au poing, donc tu as tout intérêt à contrôler tes "réflexes émotionnels" :-)
Si on en croit les retranscriptions, l'intervention était "nerveuse" mais dans les règles de l'art, vu les informations qu'ils avaient et vu leurs procédures habituelles. Évidemment que si tu n'y es pour rien tu préfèrerais qu'ils ne soient pas venus ou qu'ils aient gentiment sonné à deux en t-shirt comme si c'était pour vendre des calendriers, mais ça n'était pas le cas, personne n'a été blessé, et le menottage n'a duré que le temps nécessaire à vérifier que la situation était sans danger.
Ça n'est jamais agréable quand ça nous arrive, mais je ne vois rien dans les témoignages qui pourraient corroborer l'idée de troubles psychologiques de la "victime" à la suite de cet évènement. Donc tout le reste, c'est de la spéculation, et de la projection de peurs et d'expériences personnelles sur une situation qui est arrivée à un tiers.
Je trouve ça assez trouble d'ailleurs de mélanger les violences policières avec ce qui n'en est visiblement pas. On a parlé jusqu'à plus-soif de la différence entre l'insécurité et le sentiment d'insécurité, et là on fait pareil avec la violence policière et la crainte de la violence policière. Ils auraient pu le taper, ils auraient pu lui casser le bras, ils auraient pu vider tous ses tiroirs, ils auraient pu le mettre en garde à vue 24h… mais ils ne l'ont pas fait.
Après, en droit, on n'est jamais "victime" d'une arrestation ou d'une enquête de police. Il n'y a pas de préjudice à être réveillé en sursaut à 6h du matin et de passer 24h en garde à vue avant d'être relaché sans poursuites, par exemple. C'est le fonctionnement normal de la justice, c'est comme devoir s'arrêter et montrer les papiers de sa voiture alors qu'on est pressé. Ça ne veut pas dire que c'est agréable…
Le simple fait de pouvoir "forker" le Bt est terrifiant, non? S'il existe une ambiguité sur quelle chaine est "officielle", c'est comme si de la fausse monnaie circulait, sauf qu'il n'y a pas d'autorité (type banque centrale) pour confirmer ce qu'est un vrai Bt ou un faux. Un peu comme si tu faisais confiance aux banques pour se mettre d'accord, et espérer qu'une banque ne va pas commencer à déconner et remettre en circulation des faux billets parce que ça l'arrange ou qu'elle n'a pas la même définition de "vrai" ou "faux" que le reste des banques.
Au-delà de la fraude (qui est en elle-même assez problématique), je vois surtout la possibilité d'une action "terroriste" de la part d'une organisation puissante ou d'un État. En cas d'attaque massive, il faudrait que les acteurs principaux de Bt se concertent pour identifier la "vraie" chaine et ignorer les transactions des "fausses", mais il faudra être certain qu'aucun de ces acteurs ne participe au fork, et il faudra aussi gérer toutes les transactions dans la "vraie vie" (par exemple les achats de Bt) qui seraient passées sur la "fausse" chaine.
Après, tous les gros acteurs semblent au moins avoir l'intérêt commun de maintenir un consensus sur la chaine officielle, puisque dans le cas contraire le Bt risquerait de s'effondrer et tout le monde perdrait de l'argent. C'est probablement ce qui empêche le système d'être trop perméable aux attaques : il y a aurait beaucoup plus de perdants que de gagnants. Mais c'est précaire, parce que si par exemple il commence à y avoir beaucoup de paris à la baisse, et que ces paris commencent à être du même ordre de grandeur que les avoirs en Bt, certains pourraient y voir une opportunité…
Ce n'est donc pas demain la veille que les mineurs de bitcoin s'arrêteront
Bah on a quand même un truc qui s'appelle "la loi", et qui peut interdire de coter et d'échanger des trucs sur un marché ouvert. À ma connaissance, il n'existe pas une cote officielle du gramme de coke ou de la prostituée biélorusse, et il faut aller dans des coins mal famés avec de l'argent liquide pour en obtenir.
C'est bien parce qu'on a accepté de vivre dans une société hémi-libérale(*) qu'on accepte que de l'argent puisse être échangé sur le résultat d'évènements sportifs, sur des produits financiers obscurs, ou sur des objets spéculatifs dont l'existence nuit à la société (paris à la baisse sur les actions, attaques sur les monnaies…).
(*) dans la théorie libérale, la dérégulation des flux financiers est une conséquence pas forcément désirable de l'application d'une politique libérale. Certains font de cet effet indésirable la seule chose qui les intéresse et se font pourtant appeler "libéraux", ce qui semble quand même assez paradoxal.
En tout cas, j'ai toujours trouvé la surcouche ajoutée par le vendeur du smartphone android (en gros, ce qui t'empêche d'être root par défaut et t'impose tout un tas d'applications non-désinstallables) bien plus intrusive que celle de Google, qui finalement n'offre qu'un magasin d'applications par défaut.
Le problème avec Google à mon avis c'est son omniprésence sur les services en ligne, qui fait qu'il est difficile de s'en passer en pratique, et qui fait qu'il peut traquer la moindre de tes activités. Et que ses logiciels "pratiques" (chrome, suivi de l'actualité…) sont bourrés de traqueurs et d'anti-features, mais rien n'oblige à les utiliser.
Mais cette définition ne se heurte pas à la question des biens qu'on garde en réserve du fait de la valeur qu'on leur attribue? Je comprends bien qu'une oeuvre d'art ou une collection de timbres puisse avoir une valeur en plus de la valeur d'échange, mais peut-on dire qu'on en "fait usage"? Regarder un tableau, ça n'est pas comme boire une bouteille de vin, on ne fait pas vraiment usage du tableau. Par ailleurs, certains conservent le vin ou les tableaux dans un but purement spéculatif, ils n'ont absolument pas l'intention d'en faire usage (auquel cas la valeur de l'objet n'est dû qu'au fait que d'autres peuvent en faire usage). Donc qu'est-ce que tu fais d'un objet dont seulement 1% de la population ait l'intérêt d'en faire usage? 0.1%? 0.00000001%?
L'autre truc bizarre, c'est que l'argent en principe sert à échanger cet argent contre un bien ou un service. Or, un Bt ne s'échange quasiment jamais contre un bien ou un service, il s'échange… contre de l'argent. Est-ce que ça n'est pas ça qui en pratique le disqualifie en tant que monnaie? Un objet qui doit être obligatoirement être échangé contre de la monnaie avant une transaction ne peut pas être lui-même une monnaie…
Quel est donc le marché qu'il cherche à conquérir comme intermédiaire ?
Je ne sais pas à quel point il cherchait spécifiquement à conquérir ce marché, mais il semble qu'il serve surtout à assurer les transactions dans le secteur criminel : trafic d'armes, trafic de drogue, blanchiment, rançons. C'est seulement dans ce secteur que le fait de ne pas être une monnaie émise par un état et passant par le système bancaire est un avantage, puisque ça rend plus difficile de traquer les flux financiers et d'imposer des restrictions dans certaines zones géographies (par exemple, tu ne peux pas bloquer les comptes Bt détenus par des milliardaires Russes).
Il font des trucs bien aussi ; mais dire "Amazon c'est juste l'industrialisation de services qui étaient artisanaux et pas viables", c'est une vue très parcellaire de l'entreprise.
Attention hein, je n'ai pas dit que la librairie traditionnelle n'était pas viable, j'ai dit qu'elle n'était pas compétitive face aux gros acteurs industriels.
Pour le reste, moi je le vois comme une conséquence de l'industrialisation : le travail à la chaine, le recours à la sous-traitance, à une main-d'oeuvre précaire et non-qualifiée, l'optimisation des flux… c'est ça, l'industrie. C'est aussi ça qui permet d'acheter un ordinateur décent à 1/2 smic, ou une voiture pour moins d'un an de salaire. Si les gars qui travaillaient dans les mines où les composants des smartphones sont extraits étaient syndiqués et pas exploités, et que les téléphones étaient assemblés artisanalement dans des ateliers traditionnels par des personnels qualifiés et rémunérés à hauteur de leur expertise, les smartphones seraient des objets de luxe. D'ailleurs, en fait, toute cette chaine basée sur l'artisanat, c'est la chaine de l'industrie du luxe : des matériaux de qualité produits par des producteurs indépendants, et transformés manuellement en petite série par des artisans qualifiés, et vendus dans des petites boutiques. Et du coup, ton sac à main coûte 5000€ (parce qu'évidemment LVMH a aussi des actionnaires très très riches et cupides).
Mais d'une manière générale, quand on parle de commerces de proximité ou de qualité du service, on parle d'une forme de luxe. La plupart des gens ne peuvent pas acheter leur viande au boucher ou leurs fournitures scolaires à la papèterie du coin, et rien que de franchir la porte de telles boutiques est une transgression sociale (ça l'est déja pour moi, qui pourtant n'ai probablement jamais passé sous le revenu médian, donc je n'ose même pas l'imaginer pour les "vrais" gens).
La préoccupation principale de nos contemporains, c'est le pouvoir d'achat : obtenir plus de biens et de services contre la même quantité de travail. Soit tu prends l'option égocentrique (tes gains de pouvoir d'achat sont au détriment du travail des autres), soit tu prends l'option industrielle (via les gains de productivité sur ton travail et celui des autres). Amazon, c'est les deux : tu peux acheter plus de gadgets livrés chez toi en 24h parce que toute la chaine repose sur l'exploitation du travail, et en plus le processus est optimisé et industrialisé.
Comment tu fais la différence en pratique entre ce que tu appelles une "boite de m.rde" et le sophisme de l'électricité et de la bougie ("il ne faut pas adopter l'électricité parce que ça va tuer les fabricants de bougies")?
Pour clarifier la situation, tu as des petits commerces sur lesquels tout le monde s'accorde à dire qu'il serait bénéfique pour la société qu'ils survivent, mais ces commerces ont perdu leur modèle économique : les services qu'ils rendent ne peuvent pas être facturés à hauteur du coût réel. Il faut se rendre à l'évidence : stocker des millions de bouquins dans des grands hangars et les livrer en 24h est plus rentable que stocker des milliers de bouquins dans des petites boutiques en centre-ville et de les vendre en direct. Le "service" (rencontrer un vrai être humain et discuter avec lui) est appréciable mais pas monnayable au-delà des 5% de remise autorisée sur le prix des livres en France. Si tu fais tomber Amazon, tu vas avoir d'autres acteurs qui vont prendre la place et les librairies ne seront pas sauvées.
On peut deviser sur la frustration que ça peut générer, sur "le bon vieux temps", sur les gens qui ne savent plus consommer éthiquement, ou je ne sais quoi, ça peut durer longtemps. Mais concrêtement, comment tu fais pour rentabiliser des boutiques avec charges, stocks, et employés, dans un monde où la consommation de livres en papier a un avenir incertain? Tu peux mettre des subventions, réguler les autres acteurs, faire des campagnes pour inciter les gens à aller à la librairie… tu envisages un modèle sous réanimation permanente?
J'ai l'impression que ça dépend beaucoup de la nature du financement. Si c'est un financement privé ou associatif et que tu es transparent dans ta demande de financement, je ne vois pas le problème. Si c'est du financement public géré par un organisme public, ce que tu essayes de faire est probablement illégal (et certainement éthiquement discutable). En fait, tu voudrais utiliser l'argent d'un appel à projet public pour rediriger une partie du financement du projet vers des associations sans contrepartie justifiable, ce qui peut te valoir des poursuites. Les règles d'utilisation des crédits publics sont super strictes, ce n'est pas une enveloppe que tu peux redistribuer comme l'ont les députés par exemple.
Employer un des devs du projet pour le faire travailler sur une fonctionnalité nouvelle ça peut se justifier par contre. Mais il faut que ça colle géographiquement par exemple.
Et si c'est le cas, quelles sont vos stratégies pour supporter les logiciels pertinents à votre projet ?
Contribuer, et citer. À mon avis, les combines à base de prestations un peu floues ou formation douteuses peuvent te valoir un certain nombre de problèmes.
Alors oui, c'est sûr que la vie est injuste : payer la licence d'un logiciel métier à 15k€, ça se fait en 10 minutes et c'est une dépense éligible. Faire un don de 100€ à un projet de logiciel libre qui fait la même chose, c'est impossible. Mais les règles administratives ne sont pas basées sur la logique (enfin, pas la même logique que cette des gens "normaux"). Par exemple, la rigidité des règles de gestion de l'argent public rend souvent les services de l'État inefficaces : les procédures administratives sont lentes, les marchés publics contraignent les fournisseurs, et on se retrouve à acheter moins bien pour plus cher. Mais le but n'est pas d'être efficace, c'est d'être carré. Et être carré, c'est rendre impossible de faire des dons à des associations parce qu'on les trouve gentils ou utiles, par exemple.
au moins en leur ménageant des zones blanches pas trop perdues ?
Des passoires recouvertes de papier alu devraient marcher aussi bien. En fait, tu poses la question du traitement des troubles psychiques bénins, et je ne sais pas s'il vaut mieux tolérer certains comportements tant qu'ils ne sont pas trop gênants, ou tenter de remettre les gens sur les rails contre leur gré.
Pour les zones blanches, c'est quand même rapé. Vu la quantité de rayonnement électromagrétique qu'on se prend tous les jours dans la tronche en provenance du soleil, il faut vivre au fond d'une grotte pour être préservé.
Les impôts te retrouvent si tu as déménagé, si tu as changé de nom, de sexe, ou de nationalité. C'est un service très, très, très efficace. En plus, ils répondent au téléphone, ils peuvent s'arranger pour te proposer des échéanciers (pourvu que tu payes), ils finissent par ponctionner sur tes comptes si tu ne payes pas… Et leurs effectifs, comparativement à la complexité de la tâche, ne sont pas si élevés que ça. C'est un exemple de service public! On aimerait juste que ça soit la même chose ailleurs…
Euh, ça m'inquiète ton truc, j'ai toujours compté par mois :-) Tu payes ton loyer par mois, les traites de ton crédit par mois, tes abonnements etc. par mois, et tu reçois ton salaire par mois. J'ai l'impression que le compte par an, c'est seulement pour les haut salaires, non?
Par contre, comparer entre pays, c'est très très difficile. Ça dépend des prélèvements avant/après, et du niveau de service public (si tu payes l'hôpital et l'université dans ton salaire ou pas, si l'assurance maladie, chômage, et retraite est comprise…).
J'ai l'impression que tu souhaites avancer que les emprunts bancaires ont une sorte de problème fondamental, mais je n'arrive pas à suivre ton propos.
Je pense qu'il veut dire que la monnaie scripturale est émise par les banques quand elles octroient des prêts aux particuliers ou aux entreprises, ce qui est vrai (elles émettent des euros virtuels qui correspondent à des richesses qui n'ont pas encore été créées; ces euros virtuels seront détruits au fil des remboursements). Mais le lien avec les pyramides, Ponzi, et le capitalisme, je crois que c'est un gros gloubiboulga.
Souvent, ce qui n'est pas compris, c'est que la banque "crée" certes de l'argent sur les comptes en cas de prêt, mais cet argent est réel dès qu'il sort de la banque pour aller vers une autre (en quelque sorte, ton compte est à +100,000€, mais le compte de la banque est à -100,000€). Quand tu achètes ton studio, ton compte passe à 0€, mais le compte de ta banque est toujours à -100,000€. C'est juste parce que le banques se font confiance mutuellement et qu'elles octroient toutes des prêts qu'elles ne font pas faillite.
Avec cette définition je veux bien. Mais une pyramide de Ponzi n'est pas une escroquerie par nature. C'est un phénomène, il constitue généralement une escroquerie mais c'est aussi ainsi que fonctionnent certains systèmes.
Tu confonds peut-être avec la vente pyramidale, qui est souvent une forme d'escroquerie, mais pas nécessairement. Une pyramide de Ponzi n'est pas une vente pyramidale, c'est le nom d'une escroquerie. Regarde la définition du Wiktionnaire:
"(Finance) Escroquerie qui consiste à mettre en place un système d’investissement pyramidal, dans lequel la rémunération des premiers participants est assurée par les mises des nouveaux arrivants, jusqu’à ce que le mécanisme s’effondre de lui-même faute de nouveaux investisseurs."
"Escroquerie financière consistant à appâter les épargnants en versant de hauts niveaux de rendement financier (sous forme de dividendes ou d'intérêt), dont tout ou partie sont en réalité prélevés sur les apports des nouveaux souscripteurs. "
Bref, ça n'est pas "ma" définition, c'est juste "la" définition. Après, tout est question de définiton, je peux dire qu'un électron est chargé positivement avec ma définition d'"électron" et de "positif", mais ça ne va pas mener très loin.
Les emprunts bancaires fonctionnent exactement comme ça… (…) c'est d'ailleurs tout l'objet de critiques du système capitaliste.
J'ai peur qu'il faille un peu plus d'une vidéo youtube sur la monnaie scripturale pour comprendre la création monétaire, et je ne suis pas sûr de bien comprendre le lien avec le capitalisme, mais non, la création monétaire n'est pas un système pyramidal. Les emprunteurs s'engagent à rembourser plus que ce qu'ils ont emprunté, donc ils font évidemment un pari sur leur capacité à récupérer de la richesse (par leur travail ou leurs investissements). Si ta remarque revient à dire que les banques parient sur la croissance économique, bah… oui. Et si elles prévoient peu de croissance, bah elles accordent moins de prêts (c'est ce qui se passe actuellement), et seulement aux acteurs qu'elle estime pouvoir amasser de la richesse même dans une économie peu croissante. Les économies modernes ne sont pas conçues pour fonctionner dans une récession permanente, mais le rapport avec une pyramide de Ponzi?
mais le bitcoin est bel et bien une monnaie
C'est contestable.
En faut tout peut être monnaie à partir ou il sert aux échanges.
Bah non, tu ne peux pas acheter une baguette de pain avec une action Vivendi ou avec un NFT, même si elle est côtée et qu'elle a un équivalent en euros. Pareil avec l'or, en fait : tu ne peux pas acheter quelque chose avec de l'or. Quand la monnaie était en or, tu pouvais acheter quelque chose avec des pièces d'or, mais ça n'est pas la même chose : c'est bien parce que tu avais une pièce avec la tronche du roi dessus que ça valait la valeur qui était inscrite dessus. Enfin, c'est plus compliqué que ça, mais ça n'est pas parce que tu peux troquer quelque chose que c'est une monnaie. Le fait qu'elle ait cours légal par exemple.
[^] # Re: Ben si
Posté par arnaudus . En réponse au lien Licences « Fair Source » : ni libres, ni open-source, ni privatrices. Évalué à 3.
Je ne vois pas vraiment d'argument là-dedans. Il existe encore de la création artistique, et la PI contribue à faire vivre les artistes de leur travail. Certains domaines de la création artistique ne peuvent que reposer sur des grosses machines (cinéma), d'autres ont un fonctionnement mixte, avec des entreprises internationales qui "partagent" le marché avec des amateurs (musique). Le livre a un fonctionnement qui n'est pas très "moderne" (le fonctionnement des éditeurs reste traditionnel, même si ce sont de grosses entreprises; il y a un équilibre entre les écrivains et les éditeurs), et d'autres domaines (peinture, sculpture…) sont peu soumis à l'économie moderne.
On pourrait au contraire argumenter que sans la protection de la PI, il n'y aurait plus d'auteurs indépendants.
Ce que protège la propriété intellectuelle, ce n'est pas la qualité, c'est la démarche. D'ailleurs, il n'existe pas des artistes et des non-artistes, tout le monde est susceptible d'être protégé par défaut, sans rien faire, par la propriété intellectuelle. Il suffit de produire quelque chose de suffisamment personnel et unique pour pouvoir prétendre à une paternité artistique dessus. Ça n'a pas grand chose à voir avec le mérite, et je pense que partir sur les gens qui se tuent au boulot est complètement hors-sujet.
C'est probablement le cas. Rappelle-toi juste que l'idée de la propriété intellectuelle n'est pas d'empêcher au public d'accéder aux oeuvres, mais d'empêcher les industriels de piller la production des auteurs. Le droit d'auteur est apparu parce que les éditeurs pouvaient republier ce qu'ils voulaient sans rétribuer les auteurs, et qu'il a fallu protéger les auteurs par rapport à ça. Quand on dit que la propriété intellectuelle permet l'enrichissement de l'industrie de la culture, c'est vrai bien sûr, mais il y a deux sortes d'industriels quand on prend une oeuvre en particulier : tu as l'entreprise avec qui l'auteur ou ses ayant-droits a signé un contrat et qui peut "exploiter" l'oeuvre (et reverser une partie des bénéfices à l'ayant-droit), et tu as les entreprises qui n'ont pas de relation contractuelle avec les auteurs. Si tu réduis la durée des droits, tu risques de ne pas vraiment changer la quantité d'argent qui circule, mais tu vas transférer cet argent de l'entreprise qui a signé un contrat qui rémunère l'auteur ou sa famille, vers les entreprises qui n'ont aucune relation contractuelle avec l'auteur. Est-ce que c'est ça que tu souhaites réellement?
Typiquement, pour l'extension progressive du copyright de Mickey, on blâme Disney pour sa cupidité et sa capacité à corrompre les élus américains pour préserver ses rentes financières. C'est un point de vue qui se défend. Mais en pratique, ça veut aussi dire que si le copyright de Mickey tombe, toutes les entreprises du monde pourront utiliser les images dans le domaine public pour tous leurs produits, et donc partager la manne financière en ayant encore moins de liens avec la création artistique de départ que l'entreprise Disney. Bon, en fait, avec le droit des marques, c'est plus compliqué que ça, mais je trouve quand même que le dilemme moral ne doit pas être aussi facilement écarté.
[^] # Re: Ben si
Posté par arnaudus . En réponse au lien Licences « Fair Source » : ni libres, ni open-source, ni privatrices. Évalué à 5.
Oui, mais les brevets, c'est de la propriété industrielle. Le code de la propriété intellectuelle a plusieurs parties:
Pourquoi le code informatique s'est retrouvé avec la propriété littéraire? Je n'en ai aucune idée. Il a fallu écrire tout un tas d'exceptions (par exemple, le fait que l'employeur soit totalement propriétaire du code, ce qui n'est pas le cas pour les autres formes littéraires et artistiques), il a fallu donner une forme d'exception au code informatique parce que ça rentrait mal dans l'existant (pas besoin qu'il reflète la personnalité de l'auteur, copie privée, etc). Ça colle juste mal, c'est du bricolage.
Le pire, c'est que rien dans ces dispositions n'encourage la publication du code informatique ou des logiciels. Donc on ne peut même pas dire que l'objectif était de protéger les auteurs quand ils avaient la bonne idée de publier leur code.
[^] # Re: internet plutôt que téléphone portable
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Démarches administratives et fracture numérique. Évalué à 3. Dernière modification le 25 septembre 2024 à 16:24.
À un moment la question s'était posée pour un logiciel de caisse libre, je ne sais pas ce que ça a donné. On trouve des évaluations du coût de la certification autour de 7000€, mais je ne sais pas si ça inclut toutes les étapes (audit d'un laboratoire indépendant etc), ou si c'est seulement la certification en tant que telle.
Rien que le téléchargement de la norme AFNOR est cher, il faut se lancer là-dedans avec pas mal de cash, on ne certifie pas un truc en amateur.
Par contre c'est clair que ça va contraindre le cycle de release du logiciel, et notamment je ne sais pas comment ça se passe en cas de bug critique.
[^] # Re: Ben si
Posté par arnaudus . En réponse au lien Licences « Fair Source » : ni libres, ni open-source, ni privatrices. Évalué à 4.
Ça c'est facile: le CPI dit en préambule:
Et le principe de la GPL, c'est de dire en premier "j'utilise ce droit exclusif pour renoncer à cette exclusivité". Alors dans les faits, oui, l'auteur du code garde le droit de changer la licence, ce que les réutilisateurs n'ont pas, mais à part ça (et les droits moraux qu'il est légalement impossible de céder), la particularité de la GPL est justement que les réutilisateurs ont exactement les mêmes droits que l'auteur du code.
Je ne peux pas prouver formellement que ça n'était pas prévu, mais je suis sincèrement persuadé que ça ne l'était pas. Si c'était prévu qu'un auteur puisse souhaiter abandonner son exclusivité, le CPI aurait prévu explicitement une clause de mise dans le domaine public anticipée, dont l'absence est problématique en droit français pour les licences type CC0 ou WTFPL.
Je ne suis pas sûr de comprendre où tu veux réellement en venir. La GPL n'interdit pas les multi-licence (parce qu'elle ne le peut pas, de toutes manières), mais le code sous GPL est aussi libre que tout code sous GPL quelles que soient les autres formes de distribution autorisées. Si tu mets sur ton étal des bananes bien jaunes à 2€/kg et à côté des bananes un peu mûres gratuites, tu ne peux pas dire que les bananes gratuites ne le sont pas vraiment parce que le but est d'attirer les gens pour leur vendre des bananes à 2€. Les bananes trop mûres restent gratuites, indépendamment de la présence des bananes payantes, et si tu préfères la version payante, bah tu payes.
Après, si ton argument tourne autour de "il n'y a pas de business model clair autour du logiciel libre", bah oui, on le sait, ça fait 30 ans qu'on le sait, mais la GPL n'a jamais été conçue pour offrir un business model. Il n'y a que RMS qui fait semblant de croire que ça n'a aucune importance… Du coup, que la vente et le bénéfice commercial soit compatible avec une distribution sous GPL, c'est pas mal, même s'il faut pour cela bricoler un peu avec des licences multiples…
[^] # Re: Ben si
Posté par arnaudus . En réponse au lien Licences « Fair Source » : ni libres, ni open-source, ni privatrices. Évalué à 6.
Le code pourrait être de la PI sans être une œuvre de l'esprit. C'est l'effet patchwork qui est gênant, parce qu'une œuvre de l'esprit doit par essence être originale (la jurisprudence exclut par exemple les photos amateur, les documents techniques, etc); par contre, le code n'a pas à être original pour être protégé, alors que les algorithmes sont publics (ils ont le statut de théorèmes mathématiques). C'est totalement incohérent. Tu pourrais très bien avoir le code informatique comme un élément individuel de la PI, sans qu'il faille le faire rentrer au forceps dans les œuvres artistiques.
Tu veux discuter pendant 3 heures de la définition de "hack"? Il me semble évident que les clauses de la GPL n'avaient absolument pas été prévues par les rédacteurs des lois sur la PI, et c'est en ça que c'est un hack. Oui, la GPL repose sur un droit d'auteur très fort, et c'est justement parce que l'auteur a énormément de droits sur son œuvre qu'il peut donner des droits volontairement. Je trouve au contraire que c'est justement un très bel "hack" législatif, et qu'il n'y en n'a pas beaucoup qui sont aussi élégants que celui-ci.
Je ne crois pas que personne n'ait jamais dit que c'était mieux avant. L'idée serait plutôt d'avoir vraiment réfléchi à la PI du code informatique plutôt que de l'avoir fourré avec les films et les romans du XIXe siècle.
[^] # Re: Ben si
Posté par arnaudus . En réponse au lien Licences « Fair Source » : ni libres, ni open-source, ni privatrices. Évalué à 4.
C'est tellement vrai que le code de la propriété intellectuelle liste le code informatique dans les œuvres de l'esprit par défaut, histoire justement de ne pas devoir prouver que le code exprime la personnalité de son auteur. Parce que justement ça n'est pas du tout évident.
Ce qui est dommage, c'est que le code de la propriété intellectuel était particulièrement limpide et élégant à sa création, et que les amendements successifs, le lobbying des sociétés de perception des droits d'auteur, la jurisprudence, et les "droits voisins" l'ont rendu incompréhensible et illogique. Si un musée vous poursuit pour avoir scanné l'image d'un tableau 2D que vous avez trouvée sur une carte postale, sans mentir, vous avez 50% de chances de gagner et 50% de chances de perdre. Si vous aspirez 500 éléments d'une base de données en ligne via l'API, personne ne peut dire si vous avez enfreint les droits du propriétaire de la base. C'est vraiment dommage que la propriété intellectuelle a été dévoyée au profit des ayant-droits, ça crée de l'instabilité juridique et des petits monopoles, au contraire des objectifs initiaux (qui étaient de faciliter la diffusion artistique en protégeant les auteurs par la loi).
Ça marche dans les deux sens, quand même. Combien de libristes chougnent parce que chatGPT a lu leur Hello Word "protégé" par la GPL? (ce que la GPL n'interdit absolument pas, d'ailleurs). Les licences libres se fondent sur la propriété intellectuelle également; combien d'algorithmes complètement triviaux se retrouvent sous GPL (et donc hors du domaine public) ?
[^] # Re: cyclistes
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Démarches administratives et fracture numérique. Évalué à 3.
Pour méditer quelque chose il faudrait déja que ça soit compréhensible…
L'objectif est qu'une option "non numérique" reste possible, pas qu'elle soit la seule ou qu'elle soit mise en avant.
[^] # Re: pétition
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Démarches administratives et fracture numérique. Évalué à 6.
En tout état de cause, les enjeux sont très différents de toutes manières. S'il faut développer du hardware et du software spécifique pour regarder une vidéo de chats sous DRM, le risque n'est pas majeur. C'est quand même très différent de pouvoir se faire passer pour un tiers pour ordonner un transfert bancaire.
Plus sécurisé pour l'utilisateur, en effet, non. Mais là, on parle de la sécurité du point de vue de la banque, et ce qui l'intéresse, c'est d'être sûre que c'est le binaire de son appli qui tourne sur un OS identifié. Elle veut être sûre de ça parce que les règlements lui imposent, sinon elle peut être reconnue responsable d'un détournement en rembourser les transactions.
J'ai l'impression que tu voudrais que la banque te délègue cette responsabilité, du style "OK c'est ma Debian, donc j'assume ce qui se passe chez moi sur un système qui n'est pas reconnu par ma banque". Sauf que je ne pense pas que ça soit possible. Ça reviendrait à aller au guichet et dire "non non, je ne veux pas montrer ma carte d'identité, t'inquiète c'est moi, j'assume". C'est elle qui veut vérifier que c'est bien toi, elle s'en fout que toi tu reconnaisses que c'est bien elle!
[^] # Re: pétition
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Démarches administratives et fracture numérique. Évalué à 4.
Du coup, je pense que tu n'as pas du tout compris les enjeux, donc c'est normal que tu ne comprends pas pourquoi la banque veut passer par ton téléphone.
Plus généralement, autant je trouve légitime de demander à l'État de mettre les moyens nécessaires pour que personne ne soit exclu d'un service public pour des raisons techniques ou idéologiques, autant je trouve délirant d'imaginer qu'une banque privée doive s'adapter à tes désirs, qu'ils soient justifiés ou non. La banque fournit un service qui convient à ses actionnaires, ses juristes, et la majorité de ses clients. Si les clients ne sont pas contents, ils s'en iront, et les actionnaires ne seront pas contents. Mais si UN client n'est pas content, il s'en ira, et les actionnaires s'en ballec.
Pour que ton banquier se plie à tes petits désirs, il suffit de lui confier suffisamment de millions. Mais sans ça, il va te proposer de changer de banque :-)
[^] # Re: internet plutôt que téléphone portable
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Démarches administratives et fracture numérique. Évalué à 4.
Ça n'est pas forcément contradictoire, tu peux avoir un logiciel libre et des versions binaires certifiées de ce logiciel libre. Tu peux étudier le code, le compiler, le modifier, le distribuer, mais évidemment la version modifiée ne sera pas certifiée.
Le seul problème que ça pose, c'est que la cerfication peut coûter cher, il faut que quelqu'un la paye. Ça peut être une entreprise qui te revendrait ensuite le binaire certifié, ça te ferait acheter un logiciel libre, mais ça n'est pas contradictoire.
[^] # Re: victime de Swatting
Posté par arnaudus . En réponse au lien René Rebe: dev noyau et mainteneur de T2 Linux arrêté en plein stream suite à un email fallacieux!. Évalué à 5.
Tu as quand même écrit: "Si on te suit avec que gérer un côté, ça va tranquille de défoncer la porte, tuer toute personne ressemblant à la description du risque"
Si c'est pas un bel argument de la pente glissante, je ne sais pas ce que c'est.
Je ne vois pas trop le rapport, mais en tout cas ça pourrait ressembler à ce que pourrait raconter l'un de ceux qui n'ont pas été identifiés sur les vidéos… Parce que dans le genre minimisation, c'est difficile de faire plus abject. Après, le maire veut peut-être se faire réélire, et si son électorat est en majorité composé de ce genre de types, il ne veut pas se mettre en danger.
[^] # Re: victime de Swatting
Posté par arnaudus . En réponse au lien René Rebe: dev noyau et mainteneur de T2 Linux arrêté en plein stream suite à un email fallacieux!. Évalué à 8.
Si tu ne leur ouvres pas, ils vont péter ta porte à coups de bélier et ils vont balancer une grenade aveuglante avant d'entrer l'arme au poing, donc tu as tout intérêt à contrôler tes "réflexes émotionnels" :-)
Si on en croit les retranscriptions, l'intervention était "nerveuse" mais dans les règles de l'art, vu les informations qu'ils avaient et vu leurs procédures habituelles. Évidemment que si tu n'y es pour rien tu préfèrerais qu'ils ne soient pas venus ou qu'ils aient gentiment sonné à deux en t-shirt comme si c'était pour vendre des calendriers, mais ça n'était pas le cas, personne n'a été blessé, et le menottage n'a duré que le temps nécessaire à vérifier que la situation était sans danger.
Ça n'est jamais agréable quand ça nous arrive, mais je ne vois rien dans les témoignages qui pourraient corroborer l'idée de troubles psychologiques de la "victime" à la suite de cet évènement. Donc tout le reste, c'est de la spéculation, et de la projection de peurs et d'expériences personnelles sur une situation qui est arrivée à un tiers.
Je trouve ça assez trouble d'ailleurs de mélanger les violences policières avec ce qui n'en est visiblement pas. On a parlé jusqu'à plus-soif de la différence entre l'insécurité et le sentiment d'insécurité, et là on fait pareil avec la violence policière et la crainte de la violence policière. Ils auraient pu le taper, ils auraient pu lui casser le bras, ils auraient pu vider tous ses tiroirs, ils auraient pu le mettre en garde à vue 24h… mais ils ne l'ont pas fait.
Après, en droit, on n'est jamais "victime" d'une arrestation ou d'une enquête de police. Il n'y a pas de préjudice à être réveillé en sursaut à 6h du matin et de passer 24h en garde à vue avant d'être relaché sans poursuites, par exemple. C'est le fonctionnement normal de la justice, c'est comme devoir s'arrêter et montrer les papiers de sa voiture alors qu'on est pressé. Ça ne veut pas dire que c'est agréable…
[^] # Re: Mais le bitcoin est il si solide ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi le rêve du bitcoin est fini.. Évalué à 4.
Le simple fait de pouvoir "forker" le Bt est terrifiant, non? S'il existe une ambiguité sur quelle chaine est "officielle", c'est comme si de la fausse monnaie circulait, sauf qu'il n'y a pas d'autorité (type banque centrale) pour confirmer ce qu'est un vrai Bt ou un faux. Un peu comme si tu faisais confiance aux banques pour se mettre d'accord, et espérer qu'une banque ne va pas commencer à déconner et remettre en circulation des faux billets parce que ça l'arrange ou qu'elle n'a pas la même définition de "vrai" ou "faux" que le reste des banques.
Au-delà de la fraude (qui est en elle-même assez problématique), je vois surtout la possibilité d'une action "terroriste" de la part d'une organisation puissante ou d'un État. En cas d'attaque massive, il faudrait que les acteurs principaux de Bt se concertent pour identifier la "vraie" chaine et ignorer les transactions des "fausses", mais il faudra être certain qu'aucun de ces acteurs ne participe au fork, et il faudra aussi gérer toutes les transactions dans la "vraie vie" (par exemple les achats de Bt) qui seraient passées sur la "fausse" chaine.
Après, tous les gros acteurs semblent au moins avoir l'intérêt commun de maintenir un consensus sur la chaine officielle, puisque dans le cas contraire le Bt risquerait de s'effondrer et tout le monde perdrait de l'argent. C'est probablement ce qui empêche le système d'être trop perméable aux attaques : il y a aurait beaucoup plus de perdants que de gagnants. Mais c'est précaire, parce que si par exemple il commence à y avoir beaucoup de paris à la baisse, et que ces paris commencent à être du même ordre de grandeur que les avoirs en Bt, certains pourraient y voir une opportunité…
[^] # Re: Prédicateur à 2 balles
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi le rêve du bitcoin est fini.. Évalué à 4.
Bah on a quand même un truc qui s'appelle "la loi", et qui peut interdire de coter et d'échanger des trucs sur un marché ouvert. À ma connaissance, il n'existe pas une cote officielle du gramme de coke ou de la prostituée biélorusse, et il faut aller dans des coins mal famés avec de l'argent liquide pour en obtenir.
C'est bien parce qu'on a accepté de vivre dans une société hémi-libérale(*) qu'on accepte que de l'argent puisse être échangé sur le résultat d'évènements sportifs, sur des produits financiers obscurs, ou sur des objets spéculatifs dont l'existence nuit à la société (paris à la baisse sur les actions, attaques sur les monnaies…).
(*) dans la théorie libérale, la dérégulation des flux financiers est une conséquence pas forcément désirable de l'application d'une politique libérale. Certains font de cet effet indésirable la seule chose qui les intéresse et se font pourtant appeler "libéraux", ce qui semble quand même assez paradoxal.
[^] # Re: compte ?
Posté par arnaudus . En réponse au message Google pire que Microsoft ?. Évalué à 6.
En tout cas, j'ai toujours trouvé la surcouche ajoutée par le vendeur du smartphone android (en gros, ce qui t'empêche d'être root par défaut et t'impose tout un tas d'applications non-désinstallables) bien plus intrusive que celle de Google, qui finalement n'offre qu'un magasin d'applications par défaut.
Le problème avec Google à mon avis c'est son omniprésence sur les services en ligne, qui fait qu'il est difficile de s'en passer en pratique, et qui fait qu'il peut traquer la moindre de tes activités. Et que ses logiciels "pratiques" (chrome, suivi de l'actualité…) sont bourrés de traqueurs et d'anti-features, mais rien n'oblige à les utiliser.
[^] # Re: pas Ponzi
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi le rêve du bitcoin est fini.. Évalué à 5.
Mais cette définition ne se heurte pas à la question des biens qu'on garde en réserve du fait de la valeur qu'on leur attribue? Je comprends bien qu'une oeuvre d'art ou une collection de timbres puisse avoir une valeur en plus de la valeur d'échange, mais peut-on dire qu'on en "fait usage"? Regarder un tableau, ça n'est pas comme boire une bouteille de vin, on ne fait pas vraiment usage du tableau. Par ailleurs, certains conservent le vin ou les tableaux dans un but purement spéculatif, ils n'ont absolument pas l'intention d'en faire usage (auquel cas la valeur de l'objet n'est dû qu'au fait que d'autres peuvent en faire usage). Donc qu'est-ce que tu fais d'un objet dont seulement 1% de la population ait l'intérêt d'en faire usage? 0.1%? 0.00000001%?
L'autre truc bizarre, c'est que l'argent en principe sert à échanger cet argent contre un bien ou un service. Or, un Bt ne s'échange quasiment jamais contre un bien ou un service, il s'échange… contre de l'argent. Est-ce que ça n'est pas ça qui en pratique le disqualifie en tant que monnaie? Un objet qui doit être obligatoirement être échangé contre de la monnaie avant une transaction ne peut pas être lui-même une monnaie…
Je ne sais pas à quel point il cherchait spécifiquement à conquérir ce marché, mais il semble qu'il serve surtout à assurer les transactions dans le secteur criminel : trafic d'armes, trafic de drogue, blanchiment, rançons. C'est seulement dans ce secteur que le fait de ne pas être une monnaie émise par un état et passant par le système bancaire est un avantage, puisque ça rend plus difficile de traquer les flux financiers et d'imposer des restrictions dans certaines zones géographies (par exemple, tu ne peux pas bloquer les comptes Bt détenus par des milliardaires Russes).
[^] # Re: boycott des boites de m.rde?
Posté par arnaudus . En réponse au lien Amazon impose cinq jours par semaine au bureau à partir de l'année prochaine. Évalué à 3.
Attention hein, je n'ai pas dit que la librairie traditionnelle n'était pas viable, j'ai dit qu'elle n'était pas compétitive face aux gros acteurs industriels.
Pour le reste, moi je le vois comme une conséquence de l'industrialisation : le travail à la chaine, le recours à la sous-traitance, à une main-d'oeuvre précaire et non-qualifiée, l'optimisation des flux… c'est ça, l'industrie. C'est aussi ça qui permet d'acheter un ordinateur décent à 1/2 smic, ou une voiture pour moins d'un an de salaire. Si les gars qui travaillaient dans les mines où les composants des smartphones sont extraits étaient syndiqués et pas exploités, et que les téléphones étaient assemblés artisanalement dans des ateliers traditionnels par des personnels qualifiés et rémunérés à hauteur de leur expertise, les smartphones seraient des objets de luxe. D'ailleurs, en fait, toute cette chaine basée sur l'artisanat, c'est la chaine de l'industrie du luxe : des matériaux de qualité produits par des producteurs indépendants, et transformés manuellement en petite série par des artisans qualifiés, et vendus dans des petites boutiques. Et du coup, ton sac à main coûte 5000€ (parce qu'évidemment LVMH a aussi des actionnaires très très riches et cupides).
Mais d'une manière générale, quand on parle de commerces de proximité ou de qualité du service, on parle d'une forme de luxe. La plupart des gens ne peuvent pas acheter leur viande au boucher ou leurs fournitures scolaires à la papèterie du coin, et rien que de franchir la porte de telles boutiques est une transgression sociale (ça l'est déja pour moi, qui pourtant n'ai probablement jamais passé sous le revenu médian, donc je n'ose même pas l'imaginer pour les "vrais" gens).
La préoccupation principale de nos contemporains, c'est le pouvoir d'achat : obtenir plus de biens et de services contre la même quantité de travail. Soit tu prends l'option égocentrique (tes gains de pouvoir d'achat sont au détriment du travail des autres), soit tu prends l'option industrielle (via les gains de productivité sur ton travail et celui des autres). Amazon, c'est les deux : tu peux acheter plus de gadgets livrés chez toi en 24h parce que toute la chaine repose sur l'exploitation du travail, et en plus le processus est optimisé et industrialisé.
[^] # Re: boycott des boites de m.rde?
Posté par arnaudus . En réponse au lien Amazon impose cinq jours par semaine au bureau à partir de l'année prochaine. Évalué à 1.
Comment tu fais la différence en pratique entre ce que tu appelles une "boite de m.rde" et le sophisme de l'électricité et de la bougie ("il ne faut pas adopter l'électricité parce que ça va tuer les fabricants de bougies")?
Pour clarifier la situation, tu as des petits commerces sur lesquels tout le monde s'accorde à dire qu'il serait bénéfique pour la société qu'ils survivent, mais ces commerces ont perdu leur modèle économique : les services qu'ils rendent ne peuvent pas être facturés à hauteur du coût réel. Il faut se rendre à l'évidence : stocker des millions de bouquins dans des grands hangars et les livrer en 24h est plus rentable que stocker des milliers de bouquins dans des petites boutiques en centre-ville et de les vendre en direct. Le "service" (rencontrer un vrai être humain et discuter avec lui) est appréciable mais pas monnayable au-delà des 5% de remise autorisée sur le prix des livres en France. Si tu fais tomber Amazon, tu vas avoir d'autres acteurs qui vont prendre la place et les librairies ne seront pas sauvées.
On peut deviser sur la frustration que ça peut générer, sur "le bon vieux temps", sur les gens qui ne savent plus consommer éthiquement, ou je ne sais quoi, ça peut durer longtemps. Mais concrêtement, comment tu fais pour rentabiliser des boutiques avec charges, stocks, et employés, dans un monde où la consommation de livres en papier a un avenir incertain? Tu peux mettre des subventions, réguler les autres acteurs, faire des campagnes pour inciter les gens à aller à la librairie… tu envisages un modèle sous réanimation permanente?
# Nature du financement?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Recherche, projets et financer des projets libres. Évalué à 5.
J'ai l'impression que ça dépend beaucoup de la nature du financement. Si c'est un financement privé ou associatif et que tu es transparent dans ta demande de financement, je ne vois pas le problème. Si c'est du financement public géré par un organisme public, ce que tu essayes de faire est probablement illégal (et certainement éthiquement discutable). En fait, tu voudrais utiliser l'argent d'un appel à projet public pour rediriger une partie du financement du projet vers des associations sans contrepartie justifiable, ce qui peut te valoir des poursuites. Les règles d'utilisation des crédits publics sont super strictes, ce n'est pas une enveloppe que tu peux redistribuer comme l'ont les députés par exemple.
Employer un des devs du projet pour le faire travailler sur une fonctionnalité nouvelle ça peut se justifier par contre. Mais il faut que ça colle géographiquement par exemple.
Contribuer, et citer. À mon avis, les combines à base de prestations un peu floues ou formation douteuses peuvent te valoir un certain nombre de problèmes.
Alors oui, c'est sûr que la vie est injuste : payer la licence d'un logiciel métier à 15k€, ça se fait en 10 minutes et c'est une dépense éligible. Faire un don de 100€ à un projet de logiciel libre qui fait la même chose, c'est impossible. Mais les règles administratives ne sont pas basées sur la logique (enfin, pas la même logique que cette des gens "normaux"). Par exemple, la rigidité des règles de gestion de l'argent public rend souvent les services de l'État inefficaces : les procédures administratives sont lentes, les marchés publics contraignent les fournisseurs, et on se retrouve à acheter moins bien pour plus cher. Mais le but n'est pas d'être efficace, c'est d'être carré. Et être carré, c'est rendre impossible de faire des dons à des associations parce qu'on les trouve gentils ou utiles, par exemple.
[^] # Re: c'est pas tout
Posté par arnaudus . En réponse au lien D'après l'OMS, les ondes du wi-fi et des portables ne sont pas cancérigènes. Évalué à 7.
J'ai raté un épisode, les vaccins ne devaient pas à l'origine faire capter la 5G?
[^] # Re: c'est pas tout
Posté par arnaudus . En réponse au lien D'après l'OMS, les ondes du wi-fi et des portables ne sont pas cancérigènes. Évalué à 4.
Des passoires recouvertes de papier alu devraient marcher aussi bien. En fait, tu poses la question du traitement des troubles psychiques bénins, et je ne sais pas s'il vaut mieux tolérer certains comportements tant qu'ils ne sont pas trop gênants, ou tenter de remettre les gens sur les rails contre leur gré.
Pour les zones blanches, c'est quand même rapé. Vu la quantité de rayonnement électromagrétique qu'on se prend tous les jours dans la tronche en provenance du soleil, il faut vivre au fond d'une grotte pour être préservé.
[^] # Re: Les accents c" surquote
Posté par arnaudus . En réponse au journal Les caractères accentués dans les logiciels d'ENT. Évalué à 5.
Les impôts te retrouvent si tu as déménagé, si tu as changé de nom, de sexe, ou de nationalité. C'est un service très, très, très efficace. En plus, ils répondent au téléphone, ils peuvent s'arranger pour te proposer des échéanciers (pourvu que tu payes), ils finissent par ponctionner sur tes comptes si tu ne payes pas… Et leurs effectifs, comparativement à la complexité de la tâche, ne sont pas si élevés que ça. C'est un exemple de service public! On aimerait juste que ça soit la même chose ailleurs…
[^] # Re: Entre startup et grosse boite
Posté par arnaudus . En réponse au journal cherche nouveau boulot. Évalué à 10.
Euh, ça m'inquiète ton truc, j'ai toujours compté par mois :-) Tu payes ton loyer par mois, les traites de ton crédit par mois, tes abonnements etc. par mois, et tu reçois ton salaire par mois. J'ai l'impression que le compte par an, c'est seulement pour les haut salaires, non?
Par contre, comparer entre pays, c'est très très difficile. Ça dépend des prélèvements avant/après, et du niveau de service public (si tu payes l'hôpital et l'université dans ton salaire ou pas, si l'assurance maladie, chômage, et retraite est comprise…).
[^] # Re: pas Ponzi
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi le rêve du bitcoin est fini.. Évalué à 2.
Je pense qu'il veut dire que la monnaie scripturale est émise par les banques quand elles octroient des prêts aux particuliers ou aux entreprises, ce qui est vrai (elles émettent des euros virtuels qui correspondent à des richesses qui n'ont pas encore été créées; ces euros virtuels seront détruits au fil des remboursements). Mais le lien avec les pyramides, Ponzi, et le capitalisme, je crois que c'est un gros gloubiboulga.
Souvent, ce qui n'est pas compris, c'est que la banque "crée" certes de l'argent sur les comptes en cas de prêt, mais cet argent est réel dès qu'il sort de la banque pour aller vers une autre (en quelque sorte, ton compte est à +100,000€, mais le compte de la banque est à -100,000€). Quand tu achètes ton studio, ton compte passe à 0€, mais le compte de ta banque est toujours à -100,000€. C'est juste parce que le banques se font confiance mutuellement et qu'elles octroient toutes des prêts qu'elles ne font pas faillite.
[^] # Re: pas Ponzi
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi le rêve du bitcoin est fini.. Évalué à 4.
Tu confonds peut-être avec la vente pyramidale, qui est souvent une forme d'escroquerie, mais pas nécessairement. Une pyramide de Ponzi n'est pas une vente pyramidale, c'est le nom d'une escroquerie. Regarde la définition du Wiktionnaire:
"(Finance) Escroquerie qui consiste à mettre en place un système d’investissement pyramidal, dans lequel la rémunération des premiers participants est assurée par les mises des nouveaux arrivants, jusqu’à ce que le mécanisme s’effondre de lui-même faute de nouveaux investisseurs."
Cette d'alternative économiques (https://www.alternatives-economiques.fr/dictionnaire/definition/97759):
"Escroquerie financière consistant à appâter les épargnants en versant de hauts niveaux de rendement financier (sous forme de dividendes ou d'intérêt), dont tout ou partie sont en réalité prélevés sur les apports des nouveaux souscripteurs. "
Bref, ça n'est pas "ma" définition, c'est juste "la" définition. Après, tout est question de définiton, je peux dire qu'un électron est chargé positivement avec ma définition d'"électron" et de "positif", mais ça ne va pas mener très loin.
J'ai peur qu'il faille un peu plus d'une vidéo youtube sur la monnaie scripturale pour comprendre la création monétaire, et je ne suis pas sûr de bien comprendre le lien avec le capitalisme, mais non, la création monétaire n'est pas un système pyramidal. Les emprunteurs s'engagent à rembourser plus que ce qu'ils ont emprunté, donc ils font évidemment un pari sur leur capacité à récupérer de la richesse (par leur travail ou leurs investissements). Si ta remarque revient à dire que les banques parient sur la croissance économique, bah… oui. Et si elles prévoient peu de croissance, bah elles accordent moins de prêts (c'est ce qui se passe actuellement), et seulement aux acteurs qu'elle estime pouvoir amasser de la richesse même dans une économie peu croissante. Les économies modernes ne sont pas conçues pour fonctionner dans une récession permanente, mais le rapport avec une pyramide de Ponzi?
C'est contestable.
Bah non, tu ne peux pas acheter une baguette de pain avec une action Vivendi ou avec un NFT, même si elle est côtée et qu'elle a un équivalent en euros. Pareil avec l'or, en fait : tu ne peux pas acheter quelque chose avec de l'or. Quand la monnaie était en or, tu pouvais acheter quelque chose avec des pièces d'or, mais ça n'est pas la même chose : c'est bien parce que tu avais une pièce avec la tronche du roi dessus que ça valait la valeur qui était inscrite dessus. Enfin, c'est plus compliqué que ça, mais ça n'est pas parce que tu peux troquer quelque chose que c'est une monnaie. Le fait qu'elle ait cours légal par exemple.