arnaudus a écrit 5206 commentaires

  • [^] # Re: Vroum vroum

    Posté par  . En réponse au journal Ford: Quand les brevets ne sont pas pensés par les informaticiens. Évalué à 3.

    Bah, quand tu as un accident ou un truc comme ça, c'est sûr que ça met plus longtemps, mais pour les bouchons habituels ça compte dans le temps de trajet, non? Et puis les transports en commun sont également pris dans les bouchons.

    Je trouve que les applications d'itinéraires en temps réel ont réellement diminué les bouchons, en permettant spontanément de distribuer le trafic sur des itinéraires bis. Bon, évidemment, ça ne fait que masquer temporairement la congestion du réseau, et ça reporte le flux sur des voiries qui ne sont pas conçues pour ça, c'est pas idéal.

    Mais bon, la congestion, ça n'est pas seulement un problème de voitures, dès qu'un itinéraire avec un mode de transport donné a un avantage, il va saturer rapidement. Les transports en commun sont blindés aux heures de pointes, et il n'y a qu'à voir la saturation des villes asiatiques (ou même à Paris) avec les vélos et les scooters pour comprendre que le problème c'est de vivre à plusieurs millions dans des agglomérations et de devoir s'y déplacer quotidiennement (et pas uniformément dans l'espace ou dans le temps).

  • [^] # Re: Vroum vroum

    Posté par  . En réponse au journal Ford: Quand les brevets ne sont pas pensés par les informaticiens. Évalué à 2.

    Et qu'une grande majorité des trajets de bus, hors ceux qui prennent l'autoroute, sont souvent réalisé à une vitesse équivalente avec un vélo électrique à cause des arrêts.

    Tu peux utiliser toutes les circonvolutions que tu souhaites, pour l'immense majorité des trajets, l'utilisation d'un vélo ou de transports en commun te fait perdre du temps, dans des journées qui ne sont pas extensibles. Pour ma part, c'est par exemple 35 minutes en voiture contre 1h20 en transport (3 bus avec un beau détour + marche + correspondances).

    On surévalue énormément l'impact de la pluie dans un trajet à vélo. […] D'autre part la pluie n'est pas forcément désagréable.

    Sous Linux, on n'a pas besoin tant que ça d'utiliser un terminal. Et en plus, utiliser un terminal n'est pas forcément plus désagréable. Pourtant, c'est un réel frein à la transition. L'un n'empêche pas l'autre, mais un discours basé sur le syndrome de Stockholm ("au début je n'aimais pas la pluie mais j'ai fini par apprécier d'arriver rincé au boulot") n'a aucune chance de convaincre qui que ce soit.

    Et d'expérience, il pleut bien moins souvent qu'on veuille bien le croire

    J'imagine que tu n'habites pas à Brest :-)

  • [^] # Re: Vroum vroum

    Posté par  . En réponse au journal Ford: Quand les brevets ne sont pas pensés par les informaticiens. Évalué à 4.

    Mais en 2024 être un automobiliste plus qu'occasionnel c'est assumer être un assassin.

    Je suis impressionné par ton sens de la nuance :-)

    Bon, en fait, ça n'est même pas très clair à quoi tu fais référence. Si c'est en terme de bilan carbone, ça n'est en effet pas terrible, les voitures représentant 60% des 32% d'émissions liées au transport (donc, environ 19% du total). Retirer toutes les voitures de la circulation n'empêcherait donc pas les efforts sur les autres secteurs. Mais c'est aussi un des seuls cas où la trajectoire de réduction de l'émission de CO2 est la plus claire, puisqu'on sait que le remplacement de la flotte par des voitures électrique devrait diminuer d'au moins 50% l'empreinte carbone.

    Si c'est la pollution autre que le CO2, elle est grande en valeur absolue, mais faible par voiture. Tu émets par exemple beaucoup plus de particules dans l'atmosphère en brûlant comme un crado tes tailles de haie au fond de ton jardin qu'en roulant en voiture.

    Si c'est parce que la voiture c'est moche et que ça gène en centre ville, c'est une histoire d'aménagement. Les voitures sont assez inutiles en centre ville, donc ça n'est pas ça qui va changer le monde.

    Tu choisis conciemment et ouvertement de te mettre dans une situation de dépendance à l'automobile.

    Bah j'ai la même dépendance au béton à partir duquel ma maison est construite, à l'industrie agro-alimentaire qui me fournit les nutriments qui me permettent de vivre, à la distribution d'eau potable et d'électricité, à mon fournisseur Internet, aux Chinois qui fabriquent la quasi-totalité des merdouilles en plastique que j'utilise au quotidien… Je ne comprends vraiment pas où tu veux en venir.

    L'automobile rend des services uniques et irremplaçables, en terme de confort, en terme de flexibilité, et en termes d'opportunités. Que ces services puissent être à terme pas forcément bénéfiques à la société, ça ne fait aucun doute. Mais nous sommes tous des individus appartenant à une espèce sociale, nous ne formons pas des colonies comme les fourmis, et tous nos gestes dépendent d'une forme de balance entre les avantages égoïstes qu'ils nous procurent et d'eventuelles conséquences négatives pour les autres. Quand tu choisis de vivre dans une maison avec jardin en grande banlieue plutôt que dans un 2 pièces en centre-ville, tu obtiens quelque chose en échange de ta dépendance à la voiture.

  • [^] # Re: Vroum vroum

    Posté par  . En réponse au journal Ford: Quand les brevets ne sont pas pensés par les informaticiens. Évalué à 4. Dernière modification le 05 septembre 2024 à 10:12.

    Mais bon on est dans une société où on n'a pas le temps, faut rentrer vite chez soi en bagnoles…

    Mouais, avec des arguments de ce type-là, tu ne vas pas aller bien loin. Tu ne peux pas reprocher aux autres d'avoir des choix de vie différents du tien; les végétariens vont reprocher aux autres de manger de la viande, les célibaraires vont reprocher aux autres de s'enfermer dans une vie de couple, c'est débile, ça ne va nulle part.

    D'une manière générale, le mode de vie que tu décris comme "évitable" ne l'est pas vraiment, puisque la société est construite dessus. Ton relais colis a changé à la dernière minute et il faut que tu ailles chercher ton machin livré à 5km avant 18h, l'école t'a appelé parce que ton petit dernier a de la fièvre et que tu as signé la charte qui exigeait que tu tu pointes dans les 20 minutes, tu as RDV avec un spécialiste dans l'hôpital de la préfecture du département d'à côté, tu as une réunion à 14h suivie d'une autre à 16h à 12km d'ici, l'agent immobilier a 3 maisons à te faire visiter en une heure dans un rayon de 22 km… Se passer de bagnole, dans la plupart des situations, c'est comme devenir végétalien ou partir élever des chèvres dans le Larzac, c'est un choix de vie que peu de gens comprennent; ils trouvent ça bien pour toi si tu es heureux comme ça mais ils trouvent ça débile. Les arguments comme "j'économise 4000€ par an" tombent complètement à plat, puisque tu supposes simplement que tes interlocuteurs sont des idiots (ils savent très bien que leur bagnole coûte cher). Ces 4000€ sont à la fois l'achat d'une forme de confort (comme la clim à la maison, la piscine dans le jardin) et un investissement (typiquement : on élargit énormément la zone de recherche d'emploi, et on élargit aussi la zone disponible pour le logement).

    Du coup, quand tu expliques que tu économises 4000€ et le coût de la salle de gym quand tu arrives en k-way trempé au boulot, ou avec une heure de retard toutes les semaines après avoir reniflé les aisselles de tes voisins de RER, je pense qu'il y a aussi une part de la discussion qui ressemble à "essaye le tofu, avec un peu d'imagination ça a presque le goût du steak".

  • [^] # Re: Vroum vroum

    Posté par  . En réponse au journal Ford: Quand les brevets ne sont pas pensés par les informaticiens. Évalué à 3.

    L'argument du "fiable à 100%" n'est pas très convainquant : rien n'est fiable à 100%. La question de l'automatisation, c'est une histoire de coût / bénéfice. Il y a une partie financière (par exemple, pour l'automatisation des transports en commun ou des taxis), et une partie "sécurité". Même si on oublie complètement la partie financière qu'on peut trouver cynique (à tort à mon avis, puisque la baisse des coûts du transport en commun sert des objectifs sociétaux, mais bon), en terme de sécurité, la question n'est pas si l'automatisme est fiable à 100%, c'est dans quelle mesure il fait baisser l'accidentologie. Parce que oui, au risque d'enfoncer les portes ouvertes, les humains ne sont pas fiables du tout non plus. Ils peuvent être distraits, ils peuvent ne pas être en état de conduire (ivresse, malaise, endormissement…), ils peuvent outrepasser les règles de sécurité (vitesse, conduite sur route mouillée…), ils peuvent prendre les mauvaises décisions (se mettre dans un poteau en béton à 90 km/h pour ne pas écraser un hérisson…). Du coup, la question n'est pas de savoir si une voiture automatique ne va pas déclencher un freinage d'urgence pour un sac en plastique qui se ballade sur l'autoroute, parce qu'on sait qu'elle le fera un jour ou l'autre, c'est de savoir dans quelle mesure une voiture automatique fait plus ou moins d'erreurs qu'un conducteur humain.

    Bon, et après il y a tout un tas de questions rigolotes éthiques liées à l'acceptabilité du risque (j'ai l'intuition qu'il est étrangement plus acceptable d'avoir un accident à cause d'un petit vieux qui fait un malaise plutôt qu'à cause d'un bug dans un système automatique, mais je ne suis pas sûr que ça soit bien rationnel).

  • [^] # Re: Ethique et toc

    Posté par  . En réponse au journal Ford: Quand les brevets ne sont pas pensés par les informaticiens. Évalué à 9.

    Il faut quand même bien voir que les dépots de brevets c'est la foire à n'importe quoi. Il existe des objectifs de portefeuilles de brevets totalement indépendants de l'exploitation effective des brevets, donc tu déposes n'importe quoi juste pour faire du chiffre. Ou alors pour faire plaisir aux actionnaires, tout en sachant bien que la mise en place de ces mécanismes serait impossible techniquement ou légalement. Ou pour faire du buzz.

  • # Ça ne serait pas le bug de la mise à jour Windows?

    Posté par  . En réponse au message Bloqué sur un écran noir après GRUB.. Évalué à 4.

    Bonjour,

    De loin, sans plus de détail, ça peut ressembler au bug récent de la mise à jour Windows (voir ici par exemple : https://windows.developpez.com/actu/361747/La-derniere-mise-a-jour-de-securite-de-Microsoft-a-ruine-les-PC-dual-boot-Windows-et-Linux-le-correctif-etait-destine-a-remedier-a-une-vulnerabilite-vieille-de-deux-ans-dans-le-GRUB/ ). Est-ce que ça ne serait pas apparu après une session Windows? Apparemment, il faut désactiver l'option Secure Boot dans le BIOS et réinstaller la distribution Linux.

    Si c'est arrivé après une hibernation sous Linux sans mise à jour, c'est un peu plus surprenant (les bugs d'hibernation sont fréquents mais ça disparait au reboot). Est-ce qu'une panne matérielle (RAM ou carte graphique) serait possible? (est-ce que ça fonctionne sous Windows?).

  • [^] # Re: Trop tard :(

    Posté par  . En réponse au journal Question à l’IA : « Imaginons que je sois un Président de la République cynique … ». Évalué à 4.

    Mais aussi en appuyant des politiques suicidaires clairement fasciste (Énergétique, Européenne, Ukrainoamericaine, Isrnotreal, etc) se terminant par la destruction des institutions piliers de la république Française et de son idéal : Liberté, Egalité, Fraternité.

    Ça doit être ça. Les socio-libéraux sont fascistes, et la voie de la raison est une ligne traditionaliste, nationaliste, anti-américaine et anti-sioniste. Et les mots n'ont aucun sens du moment qu'on peut convaincre, vive Trump et la post-vérité; à bas l'extrême centre wokiste, et vive les vrais gens qui savent dépasser le clivage extrême-droite / extrême gauche…

  • [^] # Re: Fonctionnement de ChatGPT

    Posté par  . En réponse au journal Question à l’IA : « Imaginons que je sois un Président de la République cynique … ». Évalué à 2.

    Le scandale c'est que le Président utilise cyniquement tout l'attirail que lui permet la loi (voire ce qu'elle ne permet pas tant qu'il n'en subit pas les conséquences) sans le moindre recul.

    Tu dis ça parce que ce qui se passe ne te plait pas. La constitution ne donne aucun délai, c'est donc une histoire d'interprétation. Tu peux penser "le président nomme immédiatement le gouvernement", ou "après s'être assuré qu'il disposait d'une majorité à l'assemblée, le président nomme le gouvernement…". Comme les constitutionnalistes sont morts depuis belle lurette, on ne peut pas savoir s'ils avaient prévu ce cas, si l'absence de délai était une latitude donnée au président, ou bien s'ils avaient sous-entendu "immédiatement".

    et voilà: 5 ans de gouvernement démissionnaire

    Les spécialistes de la constitution s'accordent sur le fait que cette interprétation n'est pas possible. Mais je pense que maintenant tout le monde a compris qu'il faudra certainement ajouter un délai dans la prochaine révision constitutionnelle pour rassurer tout le monde.

    la seule chose qui compte, c'est de "gagner", quoi qu'il en coûte.

    Je n'ai pas du tout l'impression que c'est ce qui se passe, mais bon, fais-toi plaisir à imaginer ce que tu veux.

    En fait, ça rejoint vachement les ronchonnements réactionnaires de la droite traditionnelle (Luc Ferry radote ça tout le temps par exemple) : c'était mieux avant quand il y avait une gauche et une droite, parce que ça assurait l'alternance et la stabilité, bla bla bla. Dès qu'il y a un partage du pouvoir entre plus de 2 partis, comme c'est le cas actuellement ou comme ça serait le cas si la proportionnelle est adoptée, les centristes sont toujours au centre des coalitions; ils seront toujours au pouvoir, ils seront toujours en position de force pour négocier, et ils feront la pluie et le beau temps parce qu'ils pourront casser les majorités et éventuellement former une coalition alternative.

    Bon, bah voila, tout est dit, dans un régime parlementaire, les centristes ont une position qui les rend toujours proches du pouvoir. Ça n'est pas "cynique" ou "pas juste" ou je ne sais pas quoi. Si tu peux faire une coalition sans eux, tu te lances.

    Après, si ta question c'est pourquoi Macron n'a pas laissé Castets se faire censurer avant de nommer son premier ministre centriste, je n'en ai aucune idée. Ça lui aurait permis de faire le beau joueur, ça aurait libéré les socialistes de leur engagement et ils auraient pu soutenir le centriste en question, et ça aurait mécaniquement déplacé la balance un peu à droite, ce qui devrait l'arranger vu qu'il n'est ni de gauche ni de gauche. Je ne suis pas dans sa tête, ça lui plait peut-être que tout le monde le regarde en se demandant ce qu'il fait (y compris ses copains qui commencent à serrer les fesses pour les histoires de budget et de déficit de l'État), ou il tente un coup de billard à 18 bandes que personne ne comprend. Mais bon, il va arriver ton gouvernement, il ne va pas te plaire mais il va arriver :-)

  • [^] # Re: Fonctionnement de ChatGPT

    Posté par  . En réponse au journal Question à l’IA : « Imaginons que je sois un Président de la République cynique … ». Évalué à 1.

    Bah, surtout que je ne sais pas réellement ce qui le soulage : quand tu lis les réponses de chatGPT, tout parait assez logique. ChatGPT dit "c'est un pari risqué" pour les coups de billards à 5 bandes, il dit souvent "cette option pourrait générer une crise institutionnelle"… en fait, tout est assez logique, et finalement, qu'est-ce que ça apporte? Que le Président est rationnel et qu'il ne fait pas n'importe quoi? Qu'il préfère garder la main sur la situation plutôt que de favoriser son opposition? En fait, je ne sais pas trop ce qui est censé être "scandaleux" là-dedans.

  • [^] # Re: Quant à détourner la discussion…

    Posté par  . En réponse au lien Au Brésil, un juge ordonne la suspension de Twitter "X" . Évalué à 3.

    Le même rhétorique qui marchait déjà très bien contre des accusations visant les Sackler, Philippe Morris, Total, Servier…

    C'est la rhétorique du complot, simplement. Le fait que les complots existent ne prouve pas que tout est un complot.

    Ici, franchement, le complot me semble assez débile : les essences replantées l'ont été pour être exploitées, donc les feux de forêt n'arrangent personne. Les témoignages confirment que les gens qui ont replanté les arbres réalisent maintenant que la manière dont ça avait été fait n'était pas optimale, mais personne ne dit nulle part que c'était volontaire. Ou alors je n'ai pas compris le complot, mais c'est tellement mal expliqué (le texte est entrecoupé en permanence de digressions sur le capitalisme et la démocratie) que ça n'est pas vraiment de la faute du lecteur…

  • [^] # Re: Pendant ce temps, au Brésil…

    Posté par  . En réponse au lien Au Brésil, un juge ordonne la suspension de Twitter "X" . Évalué à 1.

    HS, mais tu donnes un excellent argument pour interdire à des conglomérats et des milliardaires de posséder des médias.

    En fait, c'est un peu un argument pour interdire à qui que ce soit de posséder des médias, mais comme tu as besoin de pognon pour faire tourner une rédaction, c'est quand même assez vain comme réflexion.

    On pourrait réserver les statuts de la presse (carte de journaliste, subventions…) aux associations or organisations "non-profit", mais comment articuler ça dans un contexte international… Sans compter que ces structures en général n'ont pas les moyens d'investir ou de réinvestir du cash quand ça va mal.

    Bon, en plus, les medias du service public n'ont pas d'actionnaire, mais quand on dépend directement ou indirectement du gouvernement, ça n'est pas très différent non plus.

  • [^] # Re: Quant à détourner la discussion…

    Posté par  . En réponse au lien Au Brésil, un juge ordonne la suspension de Twitter "X" . Évalué à 1.

    À moins d'avoir mal compris, je trouve le ton de l'article très accusateur. En gros, les replantations avec des essences plus faciles à exploiter augmentent les risques de feux de forêt. On le sait déja en France. Mais d'un autre côté, l'exploitation des forêts permet leur entretien (or, les broussailles sont également une cause de propagation des feux). Les industriels ne font pas exprès de générer des feux de forêt, mais c'est plutôt que les forêts exploitées sont moins résistantes aux feux que les forêts primaires, et c'est même pas dit que les industriels en avaient conscience au moment où les forêts étaient plantées.

    Finalement, "le réchauffement c'est de la faute des méchants capitalistes", c'est également une manière assez "sale" de se dédouaner. Contrairement à certains domaines, les émissions de CO2 ne sont pas si déséquilibrées, et nous (= occidentaux de la classe moyenne) sommes à l'origine de la très grande majorité des émissions, soit en cramant nous-même du pétrole dans nos bagnoles, dans les avions, dans nos chaudières, soit en consommant les biens manufacturés qui ont une grosse empreinte carbone et qui viennent de l'autre bout du monde, parce qu'on veut acheter toujours plus de merdouilles en plastique en produisant moins de richesses au cours de notre vie.

    En fait, ce que ça reflète, c'est que le monde est complexe, parfois on veut bien faire et on se trompe, souvent on fait des règles qui sont détournées par ceux qui ne veulent pas jouer le jeu, et ces règles s’avèrent complexes et néfastes. On est toujours dans l'ignorance de pas mal de trucs, éoliennes ou solaire vs nucléaire, bagnole électrique ou pas, biocarburants ou pas, etc. Tout est complexe, les intérêts économiques des uns et des autres sont complexes également, les réactions de la société sont imprévisibles, et les réformes sont des coups de billard à 18 bandes avec toujours le risque d'aller vers une situation pire en voulant y remédier. "Ouin ouin c'est la faute aux capitalistes", bien sûr, comme si nous évidemment on était tous d'accord pour aller retourner vivre tout nus dans les bois Youkaïdi youkaïda. C'est toujours moins glauque d'accuser les capitalistes que les immigrés, mais ces théories de la cause unique sont toutes aussi délétères les unes que les autres.

    Après, l'existence de "crimes contre l'environnements" imprescriptibles et rétroactifs, je vote pour immédiatement. Je pense que le plus gros problème est le sentiment d'impunité : tu rejettes de déchets dégueus de ton usine parce que ça coûte trop cher de les retraiter? Tu risques quoi, une amende sur tes bénéfices? Ces décisions sont prises par des humains, et c'est les humains (par les personnes morales) qui doivent en répondre.

  • [^] # Re: Pendant ce temps, au Brésil…

    Posté par  . En réponse au lien Au Brésil, un juge ordonne la suspension de Twitter "X" . Évalué à 2.

    Le journalisme, c'est quand même compliqué. Bien sûr que tu as une déontologie et un rapport à la vérité (au moins en théorie), mais en pratique, tu as une ligne éditoriale, tu as éventuellement des actionnaires qui te foutent la pression, tu as des lecteurs ou des télespectateurs qui sont prêts à passer à la concurrence dès que quelque chose ne leur plait pas, et tu as des objectifs qui sont plus ou moins liés à la rentabilité économique de ce que tu fais. Un reportage sur le climat, documenté, avec des interviews de scientifiques etc., ça va coûter chez à faire, tu ne vas en sortir qu'un par mois, ça va être long, un peu chiant, les gens vont zapper, etc. Tu vas pouvoir te permettre un truc comme ça de temps en temps au JT, mais ça va devoir durer moins d'1:30, et ça ne va pas t'arriver tous les jours. Pourquoi? Parce que les gens sont tous différents, mais globalement ils sont en général assez conservateurs et n'aiment pas la contradiction. Ils vont apprécier un reportage qui conforte leur point de vue intuitif, et ne pas aimer un reportage qui le déconstruit. Ils vont apprécier l'immédiateté de l'information ("attention, un assistant vient de faire un essai du micro, ça veut dire que le président devrait arriver dans les minutes qui viennent") plutôt qu'un fil historique complexe, avec plusieurs point de vue, etc. Globalement, je trouve qu'on blâme beaucoup les journalistes pour les reportages "faciles", les marronniers, les trucs populistes, les micro-trottoirs, mais il faut aussi être réaliste : si les micro-trottoirs ou les reportages sur la rentrée des classes n'intéresseraient pas les gens, ils zapperaient, et les rédactions arrêteraient d'en mettre autant. Le jour où l'Humanité titrerait : "on a vérifié, les calculs du ministre du budget sont corrects", les lecteurs hurleraient à la trahison.

    Donc oui, ça me gonfle les reportages sans fond et les ficelles classiques, mais en même temps ces reportages sont financés par la pub… Si tous ceux qui trouvent qu'Arte est un modèle de chaine TV la regardaient au moins une fois par mois, ça triplerait son audimat!

  • [^] # Re: Pendant ce temps, au Brésil…

    Posté par  . En réponse au lien Au Brésil, un juge ordonne la suspension de Twitter "X" . Évalué à 2.

    Si tu parles une fois des feux et tous les 2 jours de X, les gens pensent beaucoup à X et très peu aux feus.

    Mouais, ce qui compte pour les médias, c'est l'audience, et donc ils vont parler de trucs qui vont scotcher les gens le plus possible. Le but d'un média n'est pas d'éduquer (enfin, sauf le service public, et encore c'est discutable parce qu'éduquer 30 personnes parce que tous les autres sont sur TF1, ça n'est pas idéal).

    Moi je ne crois pas qu'on puisse éduquer les gens à se poser les bonnes questions en les abreuvant de reportages qui ne les intéressent pas. Ils vont juste passer sur "Les chtits à Miami" et ils ne s'intéresseront pas plus à tes feux de forêt.

    Que les média fournissent déja des reportages de bonne qualité sur les sujets qu'ils veulent traiter, ça sera pas mal.

  • [^] # Re: Pendant ce temps, au Brésil…

    Posté par  . En réponse au lien Au Brésil, un juge ordonne la suspension de Twitter "X" . Évalué à 10. Dernière modification le 02 septembre 2024 à 11:26.

    Pourquoi reste-t-il donc des gens qui rejettent tout ça?

    Mon hypothèse, c'est que ça leur donne l'impression d'être importants. Pour être climatologue, il faut avoir un master, puis faire une thèse, puis publier des travaux importants dans le domaine, puis trouver un poste de professeur dans une université. Ça prend 30 ans, et il y a beaucoup de sélection.

    Pour être climatoseptique ou covidoseptique, ça prend 5 minutes et un Ricard. Si ça te permet d'avoir ton petit public, de faire ton intéressant, jusqu'à parfois même te faire inviter sur des plateaux TV pour jouer le "contradicteur" face à des professionnels du domaine, pourquoi se priver? Ça n'est même pas clair à quel point ces gens croient ce qu'ils racontent.

    Par exemple, pour moi, les têtes des mouvements "plastistes" sont dans cette situation idiote où ils doivent leur notoriété par la diffusion d'idées ridicules dont ils ont probablement assez honte, mais ils sont pris dans une sorte de "spirale du mensonge". D'ailleurs, toutes ces communautés le sont, puisque le premier qui va commencer à discuter de la remise en cause va se faire harceler; il y a même probablement une sorte de prime sociale à être le plus extrême possible et le plus imaginatif sur l'invention de nouveaux "complots". Seul ton entourage peut te sortir de là, la réalisation collective dans ces mouvements est impossible. D'une manière générale, gérer la dissonance cognitive c'est très dur quand tu as engagé plusieurs années de ta vie à défendre des idées absurdes.

  • [^] # Re: mi figue, mi raison

    Posté par  . En réponse au lien Au Brésil, un juge ordonne la suspension de Twitter "X" . Évalué à 10. Dernière modification le 01 septembre 2024 à 10:29.

    Ça n'est pas l'utilisation d'un VPN qui est interdite, c'est l'accès à un site interdit.

    L'utilisation d'un procédé technique pour faire quelque chose d'illégal dans ton pays n'a jamais été légal. Ça n'est pas le procédé technique qui est illégal, c'est juste l'action que tu effectues grâce à ce procédé. Les couteaux de cuisine sont légaux, mais tu ne peux pas planter ton voisin avec…

    Je sais bien que certains sont shootés à un "internet de non-droit", avec l'idée que l'État n'a pas à mettre son nez entre ton clavier et le reste du monde, mais c'est une sorte de mythe auto-construit, qui ne repose sur aucun argument juridique. La liberté d'expression s'exerce avec sous sans VPN ou avec ou sans Tor, c'est un concept juridique.

    Et au passage, pour la démocratie… C'est aussi la démocratie qui a justifié le passage vers une société de surveillance et de prévention, le "bon peuple" a décidé que le rôle de l'État était d'empêcher préventivement les crimes et délits : on met des ralentisseur sur les routes, on met des caméras de surveillance, etc. Pas étonnant que ça se passe aussi sur les réseaux. Le libertarisme n'a pas l'exclusivité de la démocratie…

  • [^] # Re: Très réducteur

    Posté par  . En réponse au lien Recherche scientifique : un outil pour éviter les « colosses aux pieds d’argile » (Abonnement). Évalué à 5.

    Bah moi non plus alors, puisque la rétractation ou la publication d'erratums ne se justifie pas plus pour un article publié il y a 2 ans que pour un article de 200 ans.

    En gros, on rétracte s'il y a fraude, pas si l'article est faux ou s'est basé sur un contexte scientifique erroné. Du coup, publier ces listes de "colosses aux pieds d'argile" n'a aucune sens, puisque ces articles sont publiés, et qu'on ne corrige pas les articles après publication. Ça revient à mettre en avant de manière irréversible des listes d'articles que l'auteur de la page suppose "potentiellement faux", sans qu'il ne soit possible de faire quoi que ce soit, et sans même de vérification manuelle des conséquences possibles de ces citations. Alors qu'il y a de nombreuses autres raisons pour qu'un article publié soit faux, et qu'au-delà d'un certain temps tous les articles sont faux pour une raison ou pour une autre, avec des erreurs qui sont bien plus graves que de citer un article rétracté.

    En fait, mon argument est simple : tous les articles contiennent des erreurs, plus un article est vieux et plus il contient d'erreurs scientifiques. La citation d'un article rétracté est une erreur bénine, qui la plupart du temps est probablement sans conséquence sur la qualité scientifique de l'étude. Donc : ces listes n'ont pas vocation à aider qui que ce soit, elles servent à justifier une tentative de "nettoyer" la littérature scientifique avec un proxy indirect. Attention hein, j'ai regardé les premières pages de la liste et je suis convaincu en effet que la plupart de ces papiers sont moisis; beaucoup sont d'ailleurs rétractés et d'autres font visiblement partie de "cercles" de papiers moisis qui se citent les uns les autres. Mais le critère utilisé (la citation d'articles rétractés) n'est ni nécessaire ni suffisante pour juger de la qualité d'un article, et l'objectif avancé (la correction de la littérature scientifique) n'est ni réaliste ni même souhaitable (parce que la littérature se corrige par de nouvelles publications et pas par des addendums aux anciennes). Donc je reste sur le principe que ça n'est pas un outil utile, sauf peut-être aux éditeurs qui souhaitent trouver des raisons objectives pour rétracter des articles qu'ils savent pourris pour des raisons moins "chiffrables", mais j'en doute.

  • [^] # Re: Très réducteur

    Posté par  . En réponse au lien Recherche scientifique : un outil pour éviter les « colosses aux pieds d’argile » (Abonnement). Évalué à 4.

    C'est faible comme argument, on peut maintenir un historique de révisions des articles en 2024

    Ça n'est pas un problème technique, c'est un problème déontologique. Quand tu cites un article, tu ne cites pas un concept d'article, dont le contenu est potentiellement mouvant et qui pourrait ne plus contenir ce que tu mentionnes. Il y a une forme de tolérance dans les premiers mois à cause de la mise en ligne progressive de versions successives de l'articles (preprint - accepted manuscript - uncorrected proof - article définitif), mais à partir de ce moment là, un DOI = la version finale de l'article.

    Par ailleurs tu supposes aussi un peu que tous les chercheurs sont tous au courant des derniers développements

    Je ne comprends pas où tu veux en venir; au fil du temps les articles deviennent obsolètes; certaines études ne peuvent pas être répliquées, d'autres proposent des interprétations fausses, d'autres se sont intéressées à des problèmes qui ne peuvent pas être résolus… L'archive scientifique n'est pas "juste", elle est par essence fausse, et de plus en plus fausse. Personne n'est en charge de corriger l'archive, puisque le travail des scientifiques est de veiller à ce que les nouvelles publications soient moins fausses.

    Donc je suppose en effet que tous les chercheurs sont au courant que les publications contiennent des erreurs, et ils sont au courant que leur travail consiste à vérifier les choses et de ne pas faire confiance aveuglément au premier machin qu'ils trouvent. Jamais personne ne publiera un erratum sur un papier de 1990 pour dire "Au fait, ces résultats n'ont pas pu être reproduits, ils sont probablement faux". Ça n'est pas comme ça que le processus scientifique s'archive. Ce qu'il se passe, c'est que quelqu'un publiera en 2024 "Contrairement à ce qu'on pensait en 1990 (ref), bla bla bla". Si tu ne lis que l'article de 1990, tu ne le sauras pas, et tu vas faire comme tout le monde, tu vas raconter ça en conférence, quelqu'un te dira après ton topo que tu devrais lire un article récent sur le sujet, tu vas le lire, tu vas bien avoir la honte un petit coup, et tu feras ensuite ta biblio correctement.

    Après, toutes les discussions sont possibles : peut-être serait-il mieux d'avoir une littérature plus évolutive, peut-être les journaux devraient accepter les révisions continues, peut-être devrait-on moins publier et plus corriger l'existant, peut-être bla bla bli ou bla bla bla, mais non, ça n'est pas comme ça que ça fonctionne, tout le monde le sait, et tout le monde le prend en compte. Les études sont publiées chronologiquement, elles ne sont jamais retouchées après publication, et leurs éventuelles erreurs sont corrigées dans les publications ultérieures. La seule exception est le retrait d'une publication, mais en général c'est uniquement pour des raisons de fraude scientifique ou de droits d'auteur (ou parce que les auteurs ont découvert une énorme erreur, mais c'est beaucoup plus rare à ma connaissance).

    De toutes manières, vu qu'il est devenu impossible de gérer le flux de nouvelles publications, comment pourrait-on imaginer devoir gérer le flux + le stock sur les 200 dernières années?

  • [^] # Re: Très réducteur

    Posté par  . En réponse au lien Recherche scientifique : un outil pour éviter les « colosses aux pieds d’argile » (Abonnement). Évalué à 4.

    Je m'autocorrige quand même : mon raisonnement ne concerne évidemment pas les premiers articles de la liste, pour lesquelles il y a des dizaines de références rétractées, dont la plupart sont des auto-citations. C'est évident que ce qui pose le discrédit ici, ça n'est pas qu'il y a des références rétractées, c'est que les auteurs sont aussi auteurs des papiers rétractés.

    Par contre, je confirme quand même que l'intention du site est assez malveillante; le titre du site est assez explicite, et il dit "These papers may be unreliable". Même avec le conditionnel, je ne suis pas d'accord : il y a une volonté de discrédit basé sur un proxy très douteux.

    Par exemple, je ne vois pas pourquoi l'article intitulé "Retracted publications and their citation in dental literature: A systematic review" serait problématique. De tels "faux positifs" montre bien à quel point l'approche n'est pas fiable.

  • [^] # Re: Très réducteur

    Posté par  . En réponse au lien Recherche scientifique : un outil pour éviter les « colosses aux pieds d’argile » (Abonnement). Évalué à 6.

    la recherche tire sa crédibilité de l'honnêteté scientifique

    Oui

    et de l'autosurveillance et auto-révision dans la mesure du possible

    Non, en tout cas non dans le sens où la publication scientifique est incrémentale. La tendance à vouloir "revenir en arrière" n'est pas du tout nécessaire à la pratique scientifique, puisque c'est la nature même du processus scientifique d'être en perpétuelle évolution. La publication donne un point statique dans une série dynamique, et ce point statique n'a pas vocation à être modifié.

    il y a matière à examiner si ça remet en cause ses conclusions, que ça plaise ou non

    Tout à fait, de même qu'une nouvelle avancée théorique ou méthodologique, ou de la découverte d'un biais dans une méthode statistique. Mais jamais cela n'a justifié un "retour en arrière" dans la littérature. Normalement, les erratums sont destinés à corriger des erreurs lors du processus de publication (après que la mise en page ait été faite), typiquement, dans le numéro du journal qui suit la publication.

    La discussion scientifique, elle, est traditionnellement exercée par des séries de commentaires et de réponses. Malheureusement, cette tradition est passée de mode, et de moins en moins d'éditeurs acceptent de publier des commentaires. Mais ça n'est pas très grave, puisque la discussion se traduira par des séries de publications qui noteront les limites des précédentes.

    Mais rejeter l'outil sous prétexte que ça pourrait servir à la polémique en soi c'est desservir la science.

    Mon argument, c'est que l'outil se base sur des éléments qui sont indépendants de la qualité scientifique des articles, et qu'il suggère qu'il faudrait "faire quelque chose". Or, 1) citer un travail rétracté n'indique en rien la qualité d'un travail scientifique, pour toutes les raisons que j'ai citées, et 2) le meilleur service qu'on peut rendre à la communauté scientifique est de ne surtout jamais altérer le principe du processus de publication, en modifiant l'auto-archivage de l'état des connaissances.

    Pour prendre une analogie, corriger une publication existante, c'est comme modifier ton archive git parce qu'il y avait un bug. Tu corriges ton bug, tu peux commenter "Un bug avait été introduit dans le commit 1234abcd", mais le principe c'est de ne pas corriger ton archive.

    C'est un peu comme dire "retraction watch" peut être utilisé pour décrédibiliser la science parce que ça pointe des brebis galeuses

    Mais non justement, mon argument c'est le contraire. Ça pointe plutôt des travaux random qui ont le malheur de citer des travaux rétractés dans un contexte inconnu, alors qu'il n'y a probablement aucune corrélation entre la qualité d'un article et la citation d'un article rétracté. Et d'autre part, ça incite à "corriger" les archives pour ne plus apparaitre sur la liste, alors que corriger les archives est une procédure délétère pour la publication scientifique.

    Si tu veux faire quelque chose de constructif, ça serait de fournir un outil pour que les éditeurs vérifient qu'il n'y a pas de travaux rétractés dans les citations au moment de la publication. Là il y a un moyen d'améliorer la qualité des travaux scientifiques avant la publication. Mais après, c'est trop tard, et essayer de bricoler des solutions à la gomme (erratum, dépublication, etc), c'est se tromper de cible tout en faisant perdre beaucoup de temps à beaucoup de monde.

  • # Très réducteur

    Posté par  . En réponse au lien Recherche scientifique : un outil pour éviter les « colosses aux pieds d’argile » (Abonnement). Évalué à 10.

    En fait,je trouve ça extrêmement naïf (et peut-être même malveillant dans certaines circonstances) de penser que la solidité d'un travail scientifique peut être remis en cause par une citation vers un article rétracté. Il est courant que les articles citent plus de 50 références, et une étude ne devient pas en "argile" parce qu'une de ces 50 références est rétractée.

    Déja, le contexte de la citation fait tout. Si c'est dans le style "on sait que le gène X affecte le diabète (Machin 2012, Truc 2015, Bidule 2020)", même si Bidule 2020 est rétracté, il reste les autres refs. Ça peut aussi être "Il est généralement considéré que le gène X n'affecte pas le diabète (Machin 2012, Truc 2015), même si le cotraire a déja été évoqué (Bidule 2020)", auquel cas ça renforce même l'argument; les auteurs ont juste bien travaillé et cité l'ensemble des travaux pertinents, même s'ils ont clairement des doutes sur le dernier.

    Ensuite, même si la citation était centrale pour l'argumentation scientifique (du style "On a découvert récemment que X affectait le diabète dans les populations Européennes (Bidule 2020), et on essaye de prouver si c'est le cas aussi dans les populations Asiatiques"), le retrait de Bidule 2020 ne remet pas en cause les résultats de l'étude. Ça changera le contexte scientifique, mais les données sont les données; et si les auteurs ont bien bossé les résultats ne devraient pas changer, seule l'interprétation de ces résultats change. Du coup, c'est évident que le papier n'aurait pas été écrit de la même manière, mais il ne semble pas y avoir de problème fondamental avec l'établissement de la connaissance scientifique.

    Le seul contexte qui me semble réellement problématique serait celui d'une méta-analyse, qui reprend les résultats de la littérature. Ceci dit, une méta-analyse bien faite agglomère des dizaines ou des centaines de résultats publiés, et il semble peu probable qu'une étude qui fait défaut puisse modifier substantiellement le résultat de l'analyse.

    Attention hein, je ne dis pas que la science actuelle est solide, je pense justement que dans plusieurs disciplines, elle est construite sur du sable. Mais je ne crois pas que ça puisse être dû à l'existence de publications non-fiables. Le principal facteur selon moi est la prime à l'originalité : pour être financée, une étude doit être originale, et son porteur doit être une personnalité scientifique qui sort du lot, ce qui enrichit le corpus scientifique en idées farfelues, enrichit les laboratoires en personnalités plus ou moins toxiques et/ou carriéristes, crée de la compétition dans des contextes où la coopération aurait été plus constructive, et encourage la prolifération de résultats non-fiables parce que non-répliqués. Même si une partie des résultats faux publiés peut provenir d'inconduite scientifique claire (ce qui est sanctionné par la rétractation d'un article quand c'est découvert), je pense que la plupart des résultats faux ne sont pas attribuables à la mauvaise foi : erreurs de bonne foi, mauvaise formation, mauvaises pratiques, pratiques conformes à l'état de l'art mais erronées (on ne peut pas le savoir), biais d'échantillonnage, échantillons trop petits (manque de financement ou problèmes logistiques ou administratifs), cadre théorique faux, erreurs de mesure, manque de temps, ou juste pas de chance.

  • [^] # Re: 1984

    Posté par  . En réponse au lien Les écrans de télévision deviennent (encore plus) des espions fournisseurs de publicités. Évalué à 4.

    Je ne comprends vraiment pas le sens de ton commentaire.

    Moi je le comprends très bien : ça consiste à nier que le pouvoir d'achat est une préoccupation bien plus répandue que les choses que le PO trouve préoccupantes (probablement, inégalités, problèmes environnementaux, ou immigration, en fonction de son bord politique).

    Depuis très longtemps, les préoccupations des français, c'est le pouvoir d'achat et la sécurité. L'environnement, l'immigration, le chômage, etc., viennent bien plus loin, et c'est difficile pour les partis politiques, qui n'ont pas de solution pour le pouvoir d'achat ou la sécurité. Du coup, c'est plus facile de nier : "oui, ça ne veut rien dire", ou bien "quand les gens disent sécurité, ils pensent immigration", ce genre de trucs.

    Moi, ce qui me troue, c'est que les gens ne comprennent pas forcément ce que ça veut dire, l'augmentation du pouvoir d'achat. Ça consiste à disposer de plus de biens ou de services en échange d'une heure de travail. Mais sans hausse de la productivité, c'est impossible que le pouvoir d'achat de tout le monde augmente : si un coiffeur met 20 minutes à faire une coupe au garagiste, et que le garagiste met 20 minutes à changer la roue de la voiture du coiffeur, une fois que tu as joué sur les charges (le salaire indirect), la TVA (les services collectifs), et la délocalisation de la production des outils, tu as une limite dure : si tu as deux coupes de cheveux pour le temps d'un changement de roue, c'est bien que le coiffeur doit travailler deux fois plus que le garagiste pour la même chose.

    C'est juste moins direct quand c'est le prix des ordis made in China qui baisse, parce que c'est le pouvoir d'achat des ouvriers chinois ou des mineurs qui produisent les matières premières qui trinquent, mais voila, il faut bien comprendre ce qu'il y a derrière l'augmentation du pouvoir d'achat.

  • [^] # Re: Si seulement ?

    Posté par  . En réponse au lien L’IA est-elle en train de tuer le SEO ? [un article SEO de plus sur l’IA]. Évalué à 4. Dernière modification le 28 août 2024 à 14:58.

    Tu veux m'inviter à un dîner avec des amis qui seront très intéressés par mon projet, c'est ça?

    En tout cas, je crois en savoir assez sur ce qui peut être considéré comme sexuellement stimulant par mes conspécifiques pour refuser de faire une quelconque prédiction sur le succès éventuel d'un tel site :-S

  • [^] # Re: 1984

    Posté par  . En réponse au lien Les écrans de télévision deviennent (encore plus) des espions fournisseurs de publicités. Évalué à 10.

    De toute façon presque tout le monde utilise sa télé via une "box" de nos jours non?

    C'est presque ça qui est bizarre; ça semble dangereux et inconfortable d'être espionné par sa télé, alors que le FAI qui fournit la box sait exactement ce que tu regardes, quand tu le regardes, et ajoute des pubs en surperposition ou en clips traditionnels avec la complicité des chaines TV sur les services de type "replay". En fait, dès que tu sors du réseau Hertzien, c'est évident que tous les intermédiaires qui fournissent le flux vidéo savent ce que tu regardes.

    se demander si ça ne peut pas être considéré comme de la vente à perte si au final le constructeur marge via un service autre que la vente de l'appareil lui-même et facturé à un tiers.

    C'est la revente à perte qui est interdite. Darty achète une télé à un industriel 200€, et ne peut pas facturer moins (en prenant en compte la TVA, les charges, etc). "Le prix d'achat effectif est le prix unitaire net figurant sur la facture d'achat, minoré du montant de l'ensemble des autres avantages financiers consentis par le vendeur exprimé en pourcentage du prix unitaire net du produit et majoré des taxes sur le chiffre d'affaires, des taxes spécifiques afférentes à cette revente et du prix du transport."

    LG ne revend pas des télés, il les fabrique. Rien n'empêche un industriel de pratiquer les prix qu'il souhaite.

    De toutes manières, même si c'était Darty qui jouait l'intermédiaire, je ne pense pas que ça irait bien loin. L'esprit de l'interdiction de la vente à perte, ça n'est pas pour défendre le consommateur, c'est pour interdire à un revendeur de tuer la concurrence par une perte volontaire sur chaque appareil vendu. Ça n'interdit pas les activités déficitaires, typiquement, les plans de financement peuvent prévoir plusieurs années d'activité déficitaire avant de dégager des bénéfices. Si tu as 10M€ de R&D avant de sortir une télé, les premiers milliers d'exemplaires seront écoulés "à perte" avant que tu commences à gagner de l'argent. Là, dans l'exemple, chaque télé vendue à 150€ va te rapporter 50€ par an, tu prévois un remplacement moyen à 4 ans, donc tu es à +150€ sur chaque appareil vendu, ça n'est pas "à perte".

    Ça me rappelle le bazar que Free avait mis sur le marché des téléphones "gratuits" contre un engagement d'abonnement de plusieurs années, une pratique courante chez les concurrents. Il me semble qu'au final ça avait fait pshit, puisque ce modèle (qui ressemble à la LLD ou la LOA pour les voitures) n'est pas formellement un crédit, et que la location de l'équipement avec le service est standard dans ces technologiques (par exemple, la location de la box avec l'abonnement au FAI).

    Bien sûr, on peut prendre tout au premier degré et trouver que ça devrait être interdit dans l'intérêt du consommateur, même si ça rend les produits plus chers. Mais il faut aussi ouvrir les yeux : les préoccupations majeures de nos concitoyens, c'est pas la vie privée, c'est le pouvoir d'achat. Or, ces entreprises proposent de valoriser les données personnelles contre des euros, et les données personnelles, ça ne coûte rien, et tu ne peux pas les valoriser toi-même. Tu peux bien sûr mettre un prix sur ta vie privée (par exemple, dire que 1€ n'est pas assez contre ton adresse email), mais tu ne peux pas échanger ces données privée en argent sans ces intermédiaires qui savent les valoriser. Bref, tout ça pour dire que ça n'est pas un choix aberrant de payer une télé 100€ + des données privées, au lieu de 500€. Peut-être que pour toi, les euros et les données privées n'ont pas le même taux de change et que tu ne considères pas que c'est une bonne affaire, mais ça reste une appréciation personnelle.