Posté par arnaudus .
En réponse au journal Touche pas à ma retraite.
Évalué à 4.
Dernière modification le 01 juillet 2024 à 13:33.
Une fonction dérivable n'a pas besoin d'être définie en tout point, elle l'est sur un intervalle donné.
Non, mais ton effet de seuil il va exister. Si tu fais une niche "rénovation énergétique" qui te rembourse 20% des travaux au-delà de 1000€, tu vas avoir 0€ si tu fais des travaux à 999€ et 200€ si ta facture est de 1000€. Du coup les artisans vont te dire "je vous gonfle le devis comme ça vous aurez droit aux aides", etc., tu es reparti dans les travers des effets de seuil. Et si tu ne mets pas de seuil, tu vas instruire des dossiers pour rembourser 50€, alors que ça t'a coûté 350€ à les traiter.
Je me demande si ce n'est pas l'habitude et la peur du manque de lisibilité pour les citoyens.
Certainement, mais vu à quel point les gens ne comprennent pas comment les tranches de l'IR fonctionnent, je ne sais pas si c'est un vrai argument…
Alors certes depuis 2019 c'est moins pourri et il vaut mieux vider en 1 fois que 2 une assurance vie
On parle quand même de toutes petites retraites. Les effets de seuil vont toucher les retraités dont les revenus étaient faibles mais qui vont augmenter substantiellement pendant au moins deux ans, tout en restant très près du seuil (puisqu'au delà de quelques centaines d'euros au dessus du seuil on repasse à une croissance monotone). Il s'agit de cas qui existent en théorie, mais c'est absurde d'en faire plus que des exemples particuliers d'absurdité bureaucratique.
mais ça c'est aussi virer des fonctionnaires qui n'auraient plus rien à faire et surtout qui n'auraient plus de petits pouvoirs, donc ça n'arrivera pas bientôt.
Allez Dédé, c'est pas tout, remets une tournée de blanc. Les fonctionnaires c'est fait, mais on n'a pas parlé des arabes qui volent et des juifs qui sont radins.
Je me suis dit exactement ça : le port knocking n'a rien à voir avec la sécurité par obscurité. C'est comme si tu avait un mot de passe avant d'accéder au port ssh, la seule "obscurité", c'est que tu ne sais pas forcément que cette couche logicielle est mise en place.
Du coup, mauvais exemple :-)
Après, je ne sais pas s'il existe des études sérieuses sur la force des sécurités par secret/obscurité en conditions réelles. Il y a une forme de sécurité par l'obscurité qui ne me semble pas dénuée d'intérêt à priori, c'est de faire tourner des logiciels inconnus. On pourrait imaginer ça pour des applications militaires, ou même industrielles. Tu ajoutes une couche "maison" avant ou après les sécurités traditionnelles, un logiciel que tu développes en interne, et qui de préférence fait un truc assez simple, mais d'une manière originale. J'ai du mal à voir comment un attaquant peux exploiter une faille dans un logiciel dont il n'a aucune idée du fonctionnement, et donc il n'a accès ni au code, ni au binaire. Même avec un accès, il va falloir qu'il comprenne son fonctionnement et l'étudie spéficiquement; ça fait énormément d'efforts à déployer. Si de tels logiciels existent, personne n'a d'intérêt à les publier.
De toutes manières, la situation semble assez étrange : le Boléro est dans le domaine public depuis 2016, des milliers de copies ont probablement été distribuées, y compris par des éditeurs professionnels. Comment imaginer un effet rétroactif du jugement?
Le journal parle juste d'un procès, mais est-ce qu'il s'agit d'un procès contre la Sacem, ou un procès contre un autre éditeur pour contrefaçon? Auquel cas, seul cet éditeur serait concerné par la décision de justice.
J'ai l'impression que la justice ne peut pas faire autrement que d'admettre que le Boléro est de facto dans le domaine public. Une petite condamnation pour abus de droit serait sympathique, mais c'est rarement appliqué.
Ce que tu décris, ce sont des effets de seuil. Ils sont bien connus, mais la CSG n'est pas un bon exemple: les taux de CSG réduits ne s'appliquent que sur les retraites. Tu connais beaucoup de retraites qui augmentent plus vite que les seuils, qui suivent l'inflation?
Il me semble que depuis quelques années, les effets de seuil sont lissés (il faut être deux années consécutives au dessus du seuil pour changer de taux d'imposition). Cette situation est donc très limitée, puisqu'il faut que ça soit des retraités, avoir une retraite modeste (les seuils sont bas), être très proches du seuil, et bénéficier de revenus complémentaires qui font augmenter les revenus plus vite que l'inflation.
Les effets de seuil sur les aides (sociales, rénovation, famille…) sont également très étudiés. En général, les seuils sont toujours tous différents, et prennent en compte des types de revenus différents (imposables, pas imposables…), au prix d'une complexité délirante parfois (par exemple, pour la garde d'enfants, le barème de la CAF est basé sur le revenu brut, alors que le barème du crédit d'impôt est basé sur le revenu net, ou l'inverse). Statistiquement, les courbes sont donc lissées, même si pour des cas particuliers il y a des petites marches d'escalier.
J'ai toujours considéré que ces effets de seuil étaient stupides et n'étaient liés qu'à l'incapacité de nos dirigeants à utiliser des fonctions non-linéaires. Mais en fait, ils vont quand même exister dès qu'il y a une exonération ou une niche fiscale, pour des questions logistiques ou pratiques (l'État ne va pas mettre en branle un dispositif complexe pour prélever 1€50 en plus, il faut toujours un montant minimum en deçà duquel une exonération totale est prévue).
quand on est en haut d'une tranche et qu'on gagne 1 € de plus, on paie parfois 100 € d'impôts en plus parce qu'on a changé de tranche.
J'entends ce genre de trucs depuis que je suis gamin, et j'avoue que je ne comprends pas comment des gens très sérieux n'arrivent pas à saisir le fonctionnement des tranches de l'impôt sur le revenu.
On est imposé à 0% de 0€ à la tranche T1, puis au taux 1 de T1 à T2, puis au taux 2 de T2 à T3, etc. Changer de tranche pour 1€ n'a donc aucun effet sur le taux effectif de l'impôt.
Bien sûr, les effets d'escalier existent, mais c'est par rapport aux seuils pour bénéficier d'autres avantages, qui ne sont pas liés à l'IR. Par exemple, quand on est non-imposable, on bénéficie de trucs dont on n'a pas droit quand on est imposable. C'est donc utile de veiller à rester non-imposable quand on est un peu à la limite.
La plupart de ces effets ne sont de toutes manières pas liés aux tranches de l'IR. Les seuils des prestations sociales sont très souvent variables (par exemple, le seuil pour bénéficier des aides au logement n'est pas le même que pour bénéficier des prestations familiales, et c'est encore différent pour la cantine, la prime pour l'emploi, les frais de succession…). C'est prévu pour; ça lisse les effets de seuil; si tu rates une prestation pour 2€, tu es éligible pour d'autres choses.
Ça n'emêche pas que c'est illisible, sous-optimal, et parfois injuste, mais il ne faut pas non plus propager cette espèce de croyance sur un seuil imaginaire en deçà duquel on vit d'avantages fiscaux: quand on gagne 1400€ on a plus de revenus que quand on gagne 1300€, etc. C'est juste qu'on a peut-être un peu moins de 100€ de différence effective, mais le signe ne s'inverse jamais (sauf de manière très limitée quand on tombe sur un seuil).
Ce n'est une typo, 4.*i*i/(4.*i*i-1) est identique ou un poil plus lent que 4.*i*i/(4*i*i-1).
Les mystères de l'optimisation des compilateurs m'étonneront toujours. Est-ce qu'il ne ferait pas le calcul en virgule flottante vs long int en fonction de la valeur de i?
En fait, l'algo est tellement simple qu'il doit passer une grosse partie du temps sur i**2. Si le compilo C ne voit pas qu'il peut calculer 4*i*i une seule fois avant -O3, il part avec un désavantage. À moins que ça soit une typo, le code C est 4.*i*i/(4*i*i-1), si ça se trouve le compilo calcule 4.*i*i en double, et 4*i*i en long int, il fait donc deux fois le calcul.
Si ça n'est pas ça, est-ce qu'il n'y aurait pas des implémentations spécifiques de i**2 qui sont plus rapides que i*i? C'est certain que pour i**10, il ne fait pas i*i*i*i*i*i*i*i*i*i, donc il doit y avoir un compromis sur la rapidité entre appeler la fonction puissance et faire la multiplication.
Je ne comprends pas où tu veux en venir (et quel est le rapport avec la CNIL).
La licence ne donne aucun droit aux auteurs. La licence donne des droits aux utilisateurs du contenu. Là, on discute notamment du fait que la loi (le code de la propriété intellectuelle) donne des droits aux auteurs qui sont en contradiction avec le texte des licences.
Par exemple, la licence CC0 donne le droit de réutiliser le contenu sans citer l'auteur. Or, la loi donne aux auteurs le droit moral d'être cités. On peut donc être poursuivi devant la justice française si on réutilise un contenu sous CC0 sans citer l'auteur, même si l'auteur a approuvé lors de la diffusion du document une licence qui en donnait le droit. La raison pour cela a été bien expliquée : le droit moral est supérieur à un contrat. L'auteur peut donc changer d'avis, et son droit moral s'applique même si tu avais une licence qui te permettait de ne pas citer l'auteur.
Le cas du droit de repentir est un peu similaire. Les licences CC donnent le droit de publier les textes, de les republier, etc., dans des contextes qui diffèrent selon le type de CC. D'après le contrat de licence, cette session est irrévocable. C'est comme les logiciels libres, si 15 ans après un auteur d'une brique clé de Linux décide de passer son code sous une licence incompatible, ce qui avait été publié avant reste sous licence GPL, c'est très compliqué de détricoter les choses intégrées à une oeuvre plus grande, surtout si elles ont été modifiées (des bouts de code déplacées dans d'autres modules, etc). Pourtant, le droit français donne un droit moral de "repentir" qui permet aux auteurs de "dépublier" leurs oeuvres sous condition. Une des conditions est l'indemnisation des préjudices, l'autre condition est la sincérité, pour éviter les abus de droit (par exemple, "dépublier" parce qu'on n'est pas satisfait d'un contrat avec les ayant-droit pour aller republier ailleurs par la suite). Je pense que la situation évoquée ici est un peu douteuse sur cette question, car les désirs de l'auteur semblent peu clairs; il accepte que son texte soit republié conformément à la licence, mais pas par lui (en gros, il veut retirer "Article de Tartempion: bla bla bla" mais il accepte "Article de TrucMuche: bla bla bla (auteur: Tartempion)"; si une telle situation allait jusqu'en justice je ne suis pas sûr que le juge soit très content qu'on lui prenne son temps pour des raisons aussi obscures et théoriques.
Mais bon, en résumé, le droit des utilisateurs des documents sous licence CC est limité par la loi, il n'est donc pas absolu. Les auteurs ont énormément de libertés quand ils publient leur oeuvre, mais s'ils décident de publier sous une licence permissive, le retour en arrière est possible, mais encadré par le code de la propriété intellectuelle. Passer de CC à une licence propriétaire par exemple ne me semble pas du tout évident, puisque c'est assez similaire à une demande de "dépublication" non-sincère.
Ceci n’empêche pas que j’aie le droit de demander à ce qu’ils soient retirés du site ;
On a toujours le droit de demander, mais en face on a aussi le droit de t'envoyer promener en fonction des circonstances.
d’une part parce que je peux décider que ça n’est plus à moi de les poster en mon nom propre
C'est hyper-bizarre, tu veux dire que tu voudrais que les contenus soient republiés par quelqu'un d'autre avec la mention que tu en es l'auteur? Normalement, avec la licence CC, tu ne peux pas empêcher ça.
d’autre part parce que je suis Français sur un site de droit Français, et donc que mon droit moral de retrait peut s’appliquer sans ambigüité.
En absence de jurisprudence, tu ne peux pas non plus empêcher que les contenus soient repostés en te mentionnant comme auteur et en respectant les conditions de la licence. C'est clairement incohérent avec le droit moral.
Note que l'exercice de ton droit moral peut s'accompagner de compensations. Par exemple, la facturation de la main d'oeuvre, ou le manque à gagner si le site avait des annonces commerciales.
En fait, il y a tellement tout qui débloque qu'il est difficile de trouver des exemples spécifiques.
Au niveau RH par exemple, c'est n'importe quoi. La rigidité des concours de la fonction publique et l'accumulation de règles et de procédures rendent tout complètement opaque : les mutations, les sanctions, les décharges d'enseignement, rien n'a de sens. Par exemple, un directeur d'une école à 12 classes a une décharge d'une demi-journée, un directeur d'une école de 13 classes est déchargé à 100%. Les directeurs d'école doivent être nommés parmi les fonctionnaire affectés à l'établissement, et les mutations sont gérées par des algorithmes très complexes, mais indépendemment de choix de direction (donc on ne peut pas avoir de stratégie pour la mobilité des cadres). Les chefs d'établissement ont une délégation RH, mais n'ont pas de contrôle sur les flux de personnel (en gros, ils ne savent pas qui arrive à la rentrée et quand, ils ne peuvent pas recruter de remplaçants…). Les fonctions sont éclatées entre services qui ne communiquent pas; c'est la norme par exemple que les RH apprenndent via un abandon de poste qu'un agent est incarcéré pour pédophilie. La dislocation des budgets entre l'éducation nationale et les collectivités entrainent des situations absurdes, les comunes pauvres n'ont pas les mêmes moyens éducatifs que les communes riches, et l'organisation est au bon vouloir des élus locaux (il est courant que les équipements soient dupliqués pour le temps scolaire et le temps périscolaire, belle gestion du budget de l'état). D'une manière générale, tout le monde est surchargé de travail parce que la redondance et l'absence de communication entre les services (RH, rectorat, établissements, collectivités locales) fait que tout le monde doit faire la même chose, avec des outils différents (logiciels, règles budgétaires, RH…).
C'est donc une sorte de pelote indétricotable que personne ne veut toucher de peur de tout péter.
Mais c'est une partie du problème : les gens parlent de l'éducation nationale, mais ne comprennent pas les tenants et les aboutissants. Les locaux et le personnel péricolaire sont gérés par les collectivités par exemple, donc ça ne sert à rien de blâmer l'éducation nationale pour ça. Les équipements des établissements aussi sont souvent co-financés.
D'une manière générale, l'EN est surtout très, très mal organisée. C'est une oeuvre collective, la question n'est pas de blâmer les responsables (mais tout le monde est aussi un peu responsable de l'immobilité, ou de la succession des réformes débiles). Par comparaison avec les autres pays de l'OCDE, on sait que les budgets sont globalement suffisants; on pourrait mettre plus d'argent mais il n'y a aucune garantie que ça change quoi que ce soit.
Pour environ 12.8 M d'élèves, tous niveaux confondus, soit 10.6 élèves par personnel et 14.7 élèves par enseignant. Le budget par élève et le budget de l'éducation par rapport au PIB ne sont pas trop mal par rapport aux standards européens, donc ça n'est probablement pas le budget qui est au coeur des problèmes.
Mais ça ne suffirait pas pour retaper les bâtiments qui s'écroulent.
Ça tombe bien, les bâtiments n'ont rien à voir avec les moyens de l'éducation nationale en France! (écoles -> mairies, collègues -> départements, et lycées -> région).
Sans compter qu'il y a des moyens de garder trace de tout un tas de trucs pour les historiens, sans pour autant garder les pages en ligne… La discussion de départ, ça n'est pas "les archives du web ne sont plus disponibles pour les historiens" mais "les liens sont cassés".
Là où je veux en venir, c'est que l'école à son rôle pour nous former à l'esprit critique et à l'utilisation d'internet, et qu'elle devrait en faire plus.
L'école a son rôle pour nous former aux savoirs de base (français, anglais, mathématiques, histoire, géographie, sciences…) et elle a un mal fou à le faire, pour plein de raisons qu'il serait déraisonnable d'imaginer comprendre dans un forum de discussion. En tout état de cause, le niveau d'exigence baisse tous les ans, et le niveau d’exigence au bac est inférieur à celui du certificat d'études (cette baisse de niveau n'est pas une lubie, c'est réellement confirmé par les indicateurs scientifiques). Si l'école échoue à l'apprentissage des savoirs, comment voudrait-on qu'elle réussisse pour l'esprit critique ou l'éducation civique?
Ou ils y vont et ils ne font rien. Ou ils regardent leur téléphone pendant les cours. Où ils se comportent tellement mal qu'ils se font virer. Ou que le niveau est tellement bas qu'ils n'apprennent rien. Ou que l'école sert à apprendre les bases de la vie en société (se taire, s'asseoir, dire bonjour, ne pas taper ses copains, se concentrer 5 minutes sur une tâche, ne pas être grossier) plutôt que les savoirs scolaires.
Ça a l'air caricatural, mais "avoir l'air caricatural" ne veut pas dire que c'est faux.
En fait, j'ai quand même du mal à comprendre pourquoi c'est un problème. Ça me semble assez normal et assez sain que le web soit maintenu, que les pages obsolètes soient détruites ou remplacées.
Déja, il y a tout à ce qui touche aux informations personnelles. Pages professionnelles, réseaux sociaux, pages de profil sur tel ou tel site. Ça me semble complètement normal que si je décide de fermer mon compte Linuxfr, le lien vers mon profil soit cassé, ainsi que le lien vers ce que j'ai posté, mes commentaires, etc. Si je change de boîte, c'est assez sain que ma page disparaisse, plutôt que d'être remplacée par le gars qui a pris ma place. Je ne souhaite pas que ces pages soient archivées, je souhaite qu'elles disparaissent. Bien sûr, ça fait disparaitre de l'information, mais il ne s'agit pas d'informations d'État civil, les générations futures n'ont pas le droit de savoir ça.
Ensuite, il y a toutes les informations obsolètes, qui pourraient tromper le visiteur. Les modèles et les marques qui ne sont plus commercialisées, les sites des entreprises qui ont disparu, le programme des spectacles qui ont déja eu lieu, etc. Laisser trainer ces pages, c'est prendre le risque que quelqu'un d'inattentif ne comprenne pas que l'information est obsolète. J'irais même jusqu'à dire que c'est le principal problème du web actuel : on y trouve énormément d'informations qui sont obsolètes. Ça va de comment installer un driver sur Ubuntu 3.10 (99 chances sur 100 que ça ne marche plus), à comment résilier un abonnement à Free en 2008 (idem). Souvent, la date de publication est difficile à trouver, quand elle n'est pas absente, et on peut perdre beaucoup de temps à comprendre que l'information qu'on a péniblement trouvée n'est plus pertinente depuis longtemps.
Enfin, il y a la question de la pertinence de garder en fonctionnement des services qui ne sont plus maintenus depuis des années. L'électricité, la bande passante, le renouvellement du matériel coûte de l'argent et des ressources naturelles, pour un service rendu quasi-nul. Même en cas de traffic réduit, les moteurs de recherche vont toujours aller indexer ces pages, les robots vont parcourir l'arborescence du site, essayer d'envoyer du spam aux mailto:…
Bref, même si on peut être ponctuellement agacés par un lien brisé vers une information qui aurait pu potentiellement nous intéresser, il me semble souhaitable que le web disparaisse. Ça ne veut pas dire qu'il n'est pas nécessaire d'archiver certaines choses, mais ça me semble au contraire très sain que le ménage soit fait.
Mais ça me semble par exemple plus efficace d'interdire les pratiques néfastes que leur accès à une sous population spécifique.
Je ne vois pas tellement comment tu peux prétendre défendre la population contre les stratégies marketing démoniaques de groupes internationaux qui investissent des centaines de millions pour optimiser la manipulation psychologique des masses, via un vague enseignement d'une forme de self-défense.
Attention hein, la prévention et l'éducation, c'est super important. Comment se comporter en cas d'incendie ou de tremblement de terre, comment aider quelqu'un victime d'une crise cardiaque, ça sauve des vies. On peut aussi apprendre à se prémunir contre les actions malveillantes (vol, harcèlement…). Mais ces actions malveillantes sont également punies par la loi : on peut communiquer sur comment déceler et dénoncer les situations de harcèlement au travail, et en même temps poursuivre les harceleurs devant la justice. C'est les deux facettes d'une action publique efficace.
Par contre, expliquer que quelque chose de dangereux n'est pas interdit, mais que c'est bien de s'en prémunir, c'est juste de la lâcheté. Nombre de nos concitoyens sont, pour plein de raisons (âge, immaturité, génétique, milieu social…) assez incapables de se protéger des manipulations psychologiques, et une "formation" n'y changerait rien. Du coup, tu les abandonnes à leur triste sort? En quelque sorte, ils mériteraient de passer 12h par jour à regarder des influençeuses leur vendre des produits cosmétiques qu'elles n'ont jamais utilisés, parce qu'ils sont trop bêtes pour s'avoir qu'il est plus intéressant de lire un livre?
Un bon parallèle pourrait être la gestion de l'addiction aux jeux d'argent. Les fournisseurs de jeux d'argent sont en partie responsables devant la loi de l'addiction que leur activité peut engendrer, et ils sont obligés de le prendre en compte. Les réseaux sociaux ont toutes les cartes en main pour gérer les temps d'accès à leurs services, et ils pourraient très bien être responsables devant la loi pour ne pas bloquer les accès pendant les temps scolaires, ou devoir assumer les conséquences de leur complicité sur la dépendance, les problèmes mentaux, ou le harcèlement.
La génération qui arrive, on peut lui dire : nous on ne savait pas, mais maintenant on connait les risques A, B, C et D qui viennent avec ces outils qui peuvent t'intéresser.
Mouais, et on ne pourrait pas faire quelque chose contre les entreprises qui commercialisent des produits extrêmement dangereux et qui engrangent des milliards de bénéfices sans aucune considération pour les problèmes d'éducation et de santé mentale que ça génère, et qui vont être au final à la charge de l'État?
je considère pour ma part (j'ai deux enfants tout juste en âge de les utiliser) que c'est comme la rue
En fait, tu vis bien avec l'idée qu'une grande partie des enfants des classes défavorisées se débilifient le cerveau depuis l'âge de 4 ans sur des tablettes bourrées de pub et de vidéos stupides, tant que les enfants des classes favorisées grandissent dans un environnement protecteur et culturellement riche?
Le problème n'est pas l'accès aux téléphones en soi, c'est la vie dans des milieux sociaux dont tu n'as même pas idée de la pauvreté culturelle. Des familles où il n'y a pas un seul livre ni un seul jeu de société, où la télé est allumée 24/24 sur les chaines de la TNT qui passent en boucle "Les cht'is à la plage" et autres TV réalités débiles, et où 100% des loisirs des enfants sont dédiés à des vidéos Tiktok et des sites porno. Ça n'est même pas une caricature, ça existe vraiment, et c'est assez courant: souvent, ces familles n'ont pas énormément d'argent, mais le problème n'est pas la pauvreté matérielle, c'est vraiment la pauvreté culturelle.
Quand on vit isolé dans un environnement social homogène, c'est assez facile de nier les problèmes de société et de plaider la liberté et la responsabilité des parents. Ça permettra à tes propres gamins de bien réussir dans leur vie, de poursuivre des études s'ils le souhaitent, et de profiter des richesses d'une société que leur éducation leur permet de dominer. Ils devront bien sûr éviter de trainer le soir dans les quartiers où les pauvres habitent, mais c'est pas très grave. Bon, il faudra aussi cohabiter avec des gens qui votent n'importe quoi, sans bien comprendre pourquoi.
Du coup, évidemment, tu es contre l'interdiction des téléphones avant 11 ans, parce que tu te demandes bien "qui serait assez idiot pour donner un téléphone à un enfant de 5 ans?". Mais pour moi c'est le même argument que d'être contre l'interdiction de la clope aux mineurs parce que quel parent serait assez idiot pour encourager un gamin de 10 ans à cloper. Le fait est que ça existe, que c'est ces enfants là qu'il faut protéger immédiatement, et qu'avec l'éducation, ça n'est pas eux que tu vas protéger, mais peut-être leurs enfants ou leurs petits-enfants.
L'alternative, ça serait quoi? De retirer l'autorité parentale à des millions de parents?
Sur quelles bases peut-on affirmer qu'il y a moins de femmes universitaires, et moins à ce point ?
Tu te doutes bien que la question est très documentée. Par exemple, d'après https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/FR/T173/la_parite_dans_l_enseignement_superieur/ , 34% de maitre de conf femmes/ 19% de profs femmes en sciences et techniques. Même en sciences humaines, on a bien 58% de maitre de conf femmes, mais seulement 42% de profs. Le même genre de rapport est publié tous les ans au CNRS, à l'INRAE, etc.
Mais surtout que tu me donnes systématiquement l'impression de penser que je suis une imbécile.
Pour être honnête, je pense que tu es quelqu'un qui part bille en tête sur ce que tu penses que les autres vont dire ou écrire, sans même lire ce qu'ils disent en réalité. Je sais qu'on est parfois en désaccord, mais si tu n'es pas d'accord ou si tu n'avais pas compris ce que je voulais dire, il y a des moyens de le dire sans commencer par des invectives.
Sur le fond, j'avais bien lu le billet jusqu'au bout, je ne suis pas forcément d'accord avec l'histoire des invités jeunes vs vieux: je pense que c'est du cliché un peu bullshit, quand tu organises une conférence et que tu choisis les orateurs, tu veux inviter 1) des bons orateurs, 2) des gens que tu n'as pas entendu depuis quelques années pour apprendre des choses nouvelles, et 3) des gens suffisamment connus pour décider tes collègues à s'inscrire. Ces trois critères ont tendance à privilégier des gens qui ont de l'assurance, de l'expérience, et qui sont chefs de labo. Mais le biais de sélection est indirect, tu ne sélectionnes pas des hommes dans la cinquantaine parce qu'ils sont des hommes et qu'ils ont la cinquantaine. Bien évidemment, les jeunes chercheurs peuvent aussi être bons orateurs et avoir des choses à présenter, et personne n'en doute. Mais si tu les connais peu, tu ne sais pas s'ils sont bon orateurs, et tu ne sais pas si leur nom va inciter tes collègues à se déplacer. Il s'agit de choix pragmatiques, un peu comme la taille de police pour le nom des groupes dans un festival de musique. Si tu ne mets que des bons groupes qui ont peu de notoriété, personne ne va venir, et tu auras des groupes qui joueront de la bonne musique devant 15 personnes, ce n'est bon pour personne.
Soit dit en passant pourquoi ce serait plus aux femmes de se taper le travail administratif. Les hommes n'en sont pas capables ?
Je pensais avoir été clair, mais bon. Si dans une discipline tu as 2 profs femmes et 8 profs hommes à l'université, et que tu veux la parité dans les comités scientifiques de ton département, de tes labex, de tes laboratoires, de la commission de déontologie, de la commission machin, bah du coup tu vas coller 2 femmes et 2 hommes dans chaque comité; tes 2 profs femmes vont avoir 4 fois plus de boulot administratif par personne que tes 8 hommes. Ces trucs administratifs, personne ne veut les faire: un scientifique veut être dans son labo. On t'incite parfois à accepter en disant "c'est bon pour ta carrière", ce que tout le monde sait être un mensonge. Donc en encourageant la parité, on pourrit la carrière des femmes et on décharge les hommes de ces tâches administratives, ce qui va à mon avis dans le sens contraire de ce qui devrait être fait.
[^] # Re: Désinformation
Posté par arnaudus . En réponse au journal Touche pas à ma retraite. Évalué à 4. Dernière modification le 01 juillet 2024 à 13:33.
Non, mais ton effet de seuil il va exister. Si tu fais une niche "rénovation énergétique" qui te rembourse 20% des travaux au-delà de 1000€, tu vas avoir 0€ si tu fais des travaux à 999€ et 200€ si ta facture est de 1000€. Du coup les artisans vont te dire "je vous gonfle le devis comme ça vous aurez droit aux aides", etc., tu es reparti dans les travers des effets de seuil. Et si tu ne mets pas de seuil, tu vas instruire des dossiers pour rembourser 50€, alors que ça t'a coûté 350€ à les traiter.
Certainement, mais vu à quel point les gens ne comprennent pas comment les tranches de l'IR fonctionnent, je ne sais pas si c'est un vrai argument…
[^] # Re: Désinformation
Posté par arnaudus . En réponse au journal Touche pas à ma retraite. Évalué à 3.
On parle quand même de toutes petites retraites. Les effets de seuil vont toucher les retraités dont les revenus étaient faibles mais qui vont augmenter substantiellement pendant au moins deux ans, tout en restant très près du seuil (puisqu'au delà de quelques centaines d'euros au dessus du seuil on repasse à une croissance monotone). Il s'agit de cas qui existent en théorie, mais c'est absurde d'en faire plus que des exemples particuliers d'absurdité bureaucratique.
Allez Dédé, c'est pas tout, remets une tournée de blanc. Les fonctionnaires c'est fait, mais on n'a pas parlé des arabes qui volent et des juifs qui sont radins.
[^] # Re: Confusion
Posté par arnaudus . En réponse au journal Les toqueurs ont la tactique . Évalué à 3.
Je me suis dit exactement ça : le port knocking n'a rien à voir avec la sécurité par obscurité. C'est comme si tu avait un mot de passe avant d'accéder au port ssh, la seule "obscurité", c'est que tu ne sais pas forcément que cette couche logicielle est mise en place.
Du coup, mauvais exemple :-)
Après, je ne sais pas s'il existe des études sérieuses sur la force des sécurités par secret/obscurité en conditions réelles. Il y a une forme de sécurité par l'obscurité qui ne me semble pas dénuée d'intérêt à priori, c'est de faire tourner des logiciels inconnus. On pourrait imaginer ça pour des applications militaires, ou même industrielles. Tu ajoutes une couche "maison" avant ou après les sécurités traditionnelles, un logiciel que tu développes en interne, et qui de préférence fait un truc assez simple, mais d'une manière originale. J'ai du mal à voir comment un attaquant peux exploiter une faille dans un logiciel dont il n'a aucune idée du fonctionnement, et donc il n'a accès ni au code, ni au binaire. Même avec un accès, il va falloir qu'il comprenne son fonctionnement et l'étudie spéficiquement; ça fait énormément d'efforts à déployer. Si de tels logiciels existent, personne n'a d'intérêt à les publier.
[^] # Re: Les ayant droits
Posté par arnaudus . En réponse au journal Le Boléro, une histoire sordide à rebondissements. Évalué à 4.
De toutes manières, la situation semble assez étrange : le Boléro est dans le domaine public depuis 2016, des milliers de copies ont probablement été distribuées, y compris par des éditeurs professionnels. Comment imaginer un effet rétroactif du jugement?
Le journal parle juste d'un procès, mais est-ce qu'il s'agit d'un procès contre la Sacem, ou un procès contre un autre éditeur pour contrefaçon? Auquel cas, seul cet éditeur serait concerné par la décision de justice.
J'ai l'impression que la justice ne peut pas faire autrement que d'admettre que le Boléro est de facto dans le domaine public. Une petite condamnation pour abus de droit serait sympathique, mais c'est rarement appliqué.
[^] # Re: Désinformation
Posté par arnaudus . En réponse au journal Touche pas à ma retraite. Évalué à 3.
Les basses retraites ont un taux réduit de CSG.
[^] # Re: Désinformation
Posté par arnaudus . En réponse au journal Touche pas à ma retraite. Évalué à 3.
Ce que tu décris, ce sont des effets de seuil. Ils sont bien connus, mais la CSG n'est pas un bon exemple: les taux de CSG réduits ne s'appliquent que sur les retraites. Tu connais beaucoup de retraites qui augmentent plus vite que les seuils, qui suivent l'inflation?
Il me semble que depuis quelques années, les effets de seuil sont lissés (il faut être deux années consécutives au dessus du seuil pour changer de taux d'imposition). Cette situation est donc très limitée, puisqu'il faut que ça soit des retraités, avoir une retraite modeste (les seuils sont bas), être très proches du seuil, et bénéficier de revenus complémentaires qui font augmenter les revenus plus vite que l'inflation.
Les effets de seuil sur les aides (sociales, rénovation, famille…) sont également très étudiés. En général, les seuils sont toujours tous différents, et prennent en compte des types de revenus différents (imposables, pas imposables…), au prix d'une complexité délirante parfois (par exemple, pour la garde d'enfants, le barème de la CAF est basé sur le revenu brut, alors que le barème du crédit d'impôt est basé sur le revenu net, ou l'inverse). Statistiquement, les courbes sont donc lissées, même si pour des cas particuliers il y a des petites marches d'escalier.
J'ai toujours considéré que ces effets de seuil étaient stupides et n'étaient liés qu'à l'incapacité de nos dirigeants à utiliser des fonctions non-linéaires. Mais en fait, ils vont quand même exister dès qu'il y a une exonération ou une niche fiscale, pour des questions logistiques ou pratiques (l'État ne va pas mettre en branle un dispositif complexe pour prélever 1€50 en plus, il faut toujours un montant minimum en deçà duquel une exonération totale est prévue).
[^] # Re: Désinformation
Posté par arnaudus . En réponse au journal Touche pas à ma retraite. Évalué à 10.
J'entends ce genre de trucs depuis que je suis gamin, et j'avoue que je ne comprends pas comment des gens très sérieux n'arrivent pas à saisir le fonctionnement des tranches de l'impôt sur le revenu.
On est imposé à 0% de 0€ à la tranche T1, puis au taux 1 de T1 à T2, puis au taux 2 de T2 à T3, etc. Changer de tranche pour 1€ n'a donc aucun effet sur le taux effectif de l'impôt.
Bien sûr, les effets d'escalier existent, mais c'est par rapport aux seuils pour bénéficier d'autres avantages, qui ne sont pas liés à l'IR. Par exemple, quand on est non-imposable, on bénéficie de trucs dont on n'a pas droit quand on est imposable. C'est donc utile de veiller à rester non-imposable quand on est un peu à la limite.
La plupart de ces effets ne sont de toutes manières pas liés aux tranches de l'IR. Les seuils des prestations sociales sont très souvent variables (par exemple, le seuil pour bénéficier des aides au logement n'est pas le même que pour bénéficier des prestations familiales, et c'est encore différent pour la cantine, la prime pour l'emploi, les frais de succession…). C'est prévu pour; ça lisse les effets de seuil; si tu rates une prestation pour 2€, tu es éligible pour d'autres choses.
Ça n'emêche pas que c'est illisible, sous-optimal, et parfois injuste, mais il ne faut pas non plus propager cette espèce de croyance sur un seuil imaginaire en deçà duquel on vit d'avantages fiscaux: quand on gagne 1400€ on a plus de revenus que quand on gagne 1300€, etc. C'est juste qu'on a peut-être un peu moins de 100€ de différence effective, mais le signe ne s'inverse jamais (sauf de manière très limitée quand on tombe sur un seuil).
[^] # Re: Optimisation spécifique?
Posté par arnaudus . En réponse au message Je veux bien que JavaScript soit optimisé, mais quand même !.... Évalué à 4.
Les mystères de l'optimisation des compilateurs m'étonneront toujours. Est-ce qu'il ne ferait pas le calcul en virgule flottante vs long int en fonction de la valeur de i?
# Optimisation spécifique?
Posté par arnaudus . En réponse au message Je veux bien que JavaScript soit optimisé, mais quand même !.... Évalué à 6. Dernière modification le 26 juin 2024 à 17:44.
En fait, l'algo est tellement simple qu'il doit passer une grosse partie du temps sur
i**2
. Si le compilo C ne voit pas qu'il peut calculer4*i*i
une seule fois avant -O3, il part avec un désavantage. À moins que ça soit une typo, le code C est4.*i*i/(4*i*i-1)
, si ça se trouve le compilo calcule4.*i*i
en double, et4*i*i
en long int, il fait donc deux fois le calcul.Si ça n'est pas ça, est-ce qu'il n'y aurait pas des implémentations spécifiques de
i**2
qui sont plus rapides que i*i? C'est certain que pouri**10
, il ne fait pas i*i*i*i*i*i*i*i*i*i, donc il doit y avoir un compromis sur la rapidité entre appeler la fonction puissance et faire la multiplication.[^] # Re: Pas si clair
Posté par arnaudus . En réponse au message Comment supprimer du contenu qui a été publié sur LinuxFR.org ?. Évalué à 5.
Je ne comprends pas où tu veux en venir (et quel est le rapport avec la CNIL).
La licence ne donne aucun droit aux auteurs. La licence donne des droits aux utilisateurs du contenu. Là, on discute notamment du fait que la loi (le code de la propriété intellectuelle) donne des droits aux auteurs qui sont en contradiction avec le texte des licences.
Par exemple, la licence CC0 donne le droit de réutiliser le contenu sans citer l'auteur. Or, la loi donne aux auteurs le droit moral d'être cités. On peut donc être poursuivi devant la justice française si on réutilise un contenu sous CC0 sans citer l'auteur, même si l'auteur a approuvé lors de la diffusion du document une licence qui en donnait le droit. La raison pour cela a été bien expliquée : le droit moral est supérieur à un contrat. L'auteur peut donc changer d'avis, et son droit moral s'applique même si tu avais une licence qui te permettait de ne pas citer l'auteur.
Le cas du droit de repentir est un peu similaire. Les licences CC donnent le droit de publier les textes, de les republier, etc., dans des contextes qui diffèrent selon le type de CC. D'après le contrat de licence, cette session est irrévocable. C'est comme les logiciels libres, si 15 ans après un auteur d'une brique clé de Linux décide de passer son code sous une licence incompatible, ce qui avait été publié avant reste sous licence GPL, c'est très compliqué de détricoter les choses intégrées à une oeuvre plus grande, surtout si elles ont été modifiées (des bouts de code déplacées dans d'autres modules, etc). Pourtant, le droit français donne un droit moral de "repentir" qui permet aux auteurs de "dépublier" leurs oeuvres sous condition. Une des conditions est l'indemnisation des préjudices, l'autre condition est la sincérité, pour éviter les abus de droit (par exemple, "dépublier" parce qu'on n'est pas satisfait d'un contrat avec les ayant-droit pour aller republier ailleurs par la suite). Je pense que la situation évoquée ici est un peu douteuse sur cette question, car les désirs de l'auteur semblent peu clairs; il accepte que son texte soit republié conformément à la licence, mais pas par lui (en gros, il veut retirer "Article de Tartempion: bla bla bla" mais il accepte "Article de TrucMuche: bla bla bla (auteur: Tartempion)"; si une telle situation allait jusqu'en justice je ne suis pas sûr que le juge soit très content qu'on lui prenne son temps pour des raisons aussi obscures et théoriques.
Mais bon, en résumé, le droit des utilisateurs des documents sous licence CC est limité par la loi, il n'est donc pas absolu. Les auteurs ont énormément de libertés quand ils publient leur oeuvre, mais s'ils décident de publier sous une licence permissive, le retour en arrière est possible, mais encadré par le code de la propriété intellectuelle. Passer de CC à une licence propriétaire par exemple ne me semble pas du tout évident, puisque c'est assez similaire à une demande de "dépublication" non-sincère.
# Pas si clair
Posté par arnaudus . En réponse au message Comment supprimer du contenu qui a été publié sur LinuxFR.org ?. Évalué à 7.
On a toujours le droit de demander, mais en face on a aussi le droit de t'envoyer promener en fonction des circonstances.
C'est hyper-bizarre, tu veux dire que tu voudrais que les contenus soient republiés par quelqu'un d'autre avec la mention que tu en es l'auteur? Normalement, avec la licence CC, tu ne peux pas empêcher ça.
En absence de jurisprudence, tu ne peux pas non plus empêcher que les contenus soient repostés en te mentionnant comme auteur et en respectant les conditions de la licence. C'est clairement incohérent avec le droit moral.
Note que l'exercice de ton droit moral peut s'accompagner de compensations. Par exemple, la facturation de la main d'oeuvre, ou le manque à gagner si le site avait des annonces commerciales.
[^] # Re: « Les jeunes d'aujourd'hui »
Posté par arnaudus . En réponse au journal Écrans, enfants, ados : vaut mieux tard que jamais?. Évalué à 6.
En fait, il y a tellement tout qui débloque qu'il est difficile de trouver des exemples spécifiques.
Au niveau RH par exemple, c'est n'importe quoi. La rigidité des concours de la fonction publique et l'accumulation de règles et de procédures rendent tout complètement opaque : les mutations, les sanctions, les décharges d'enseignement, rien n'a de sens. Par exemple, un directeur d'une école à 12 classes a une décharge d'une demi-journée, un directeur d'une école de 13 classes est déchargé à 100%. Les directeurs d'école doivent être nommés parmi les fonctionnaire affectés à l'établissement, et les mutations sont gérées par des algorithmes très complexes, mais indépendemment de choix de direction (donc on ne peut pas avoir de stratégie pour la mobilité des cadres). Les chefs d'établissement ont une délégation RH, mais n'ont pas de contrôle sur les flux de personnel (en gros, ils ne savent pas qui arrive à la rentrée et quand, ils ne peuvent pas recruter de remplaçants…). Les fonctions sont éclatées entre services qui ne communiquent pas; c'est la norme par exemple que les RH apprenndent via un abandon de poste qu'un agent est incarcéré pour pédophilie. La dislocation des budgets entre l'éducation nationale et les collectivités entrainent des situations absurdes, les comunes pauvres n'ont pas les mêmes moyens éducatifs que les communes riches, et l'organisation est au bon vouloir des élus locaux (il est courant que les équipements soient dupliqués pour le temps scolaire et le temps périscolaire, belle gestion du budget de l'état). D'une manière générale, tout le monde est surchargé de travail parce que la redondance et l'absence de communication entre les services (RH, rectorat, établissements, collectivités locales) fait que tout le monde doit faire la même chose, avec des outils différents (logiciels, règles budgétaires, RH…).
C'est donc une sorte de pelote indétricotable que personne ne veut toucher de peur de tout péter.
[^] # Re: « Les jeunes d'aujourd'hui »
Posté par arnaudus . En réponse au journal Écrans, enfants, ados : vaut mieux tard que jamais?. Évalué à 4.
Mais c'est une partie du problème : les gens parlent de l'éducation nationale, mais ne comprennent pas les tenants et les aboutissants. Les locaux et le personnel péricolaire sont gérés par les collectivités par exemple, donc ça ne sert à rien de blâmer l'éducation nationale pour ça. Les équipements des établissements aussi sont souvent co-financés.
D'une manière générale, l'EN est surtout très, très mal organisée. C'est une oeuvre collective, la question n'est pas de blâmer les responsables (mais tout le monde est aussi un peu responsable de l'immobilité, ou de la succession des réformes débiles). Par comparaison avec les autres pays de l'OCDE, on sait que les budgets sont globalement suffisants; on pourrait mettre plus d'argent mais il n'y a aucune garantie que ça change quoi que ce soit.
[^] # Re: « Les jeunes d'aujourd'hui »
Posté par arnaudus . En réponse au journal Écrans, enfants, ados : vaut mieux tard que jamais?. Évalué à 5.
Pour environ 12.8 M d'élèves, tous niveaux confondus, soit 10.6 élèves par personnel et 14.7 élèves par enseignant. Le budget par élève et le budget de l'éducation par rapport au PIB ne sont pas trop mal par rapport aux standards européens, donc ça n'est probablement pas le budget qui est au coeur des problèmes.
[^] # Re: « Les jeunes d'aujourd'hui »
Posté par arnaudus . En réponse au journal Écrans, enfants, ados : vaut mieux tard que jamais?. Évalué à 5.
Ça tombe bien, les bâtiments n'ont rien à voir avec les moyens de l'éducation nationale en France! (écoles -> mairies, collègues -> départements, et lycées -> région).
[^] # Re: Un problème?
Posté par arnaudus . En réponse au lien 38% des pages web de 2013 n'étaient plus accessibles fin 2023. Évalué à 3.
Sans compter qu'il y a des moyens de garder trace de tout un tas de trucs pour les historiens, sans pour autant garder les pages en ligne… La discussion de départ, ça n'est pas "les archives du web ne sont plus disponibles pour les historiens" mais "les liens sont cassés".
[^] # Re: « Les jeunes d'aujourd'hui »
Posté par arnaudus . En réponse au journal Écrans, enfants, ados : vaut mieux tard que jamais?. Évalué à 7.
L'école a son rôle pour nous former aux savoirs de base (français, anglais, mathématiques, histoire, géographie, sciences…) et elle a un mal fou à le faire, pour plein de raisons qu'il serait déraisonnable d'imaginer comprendre dans un forum de discussion. En tout état de cause, le niveau d'exigence baisse tous les ans, et le niveau d’exigence au bac est inférieur à celui du certificat d'études (cette baisse de niveau n'est pas une lubie, c'est réellement confirmé par les indicateurs scientifiques). Si l'école échoue à l'apprentissage des savoirs, comment voudrait-on qu'elle réussisse pour l'esprit critique ou l'éducation civique?
[^] # Re: « Les jeunes d'aujourd'hui »
Posté par arnaudus . En réponse au journal Écrans, enfants, ados : vaut mieux tard que jamais?. Évalué à 9.
Ou ils y vont et ils ne font rien. Ou ils regardent leur téléphone pendant les cours. Où ils se comportent tellement mal qu'ils se font virer. Ou que le niveau est tellement bas qu'ils n'apprennent rien. Ou que l'école sert à apprendre les bases de la vie en société (se taire, s'asseoir, dire bonjour, ne pas taper ses copains, se concentrer 5 minutes sur une tâche, ne pas être grossier) plutôt que les savoirs scolaires.
Ça a l'air caricatural, mais "avoir l'air caricatural" ne veut pas dire que c'est faux.
[^] # Re: « Les jeunes d'aujourd'hui »
Posté par arnaudus . En réponse au journal Écrans, enfants, ados : vaut mieux tard que jamais?. Évalué à 7.
En France il y a 96% de scolarisation à 16 ans, et 98% à 15 ans (https://www.insee.fr/fr/statistiques/2383587). Je ne vois pas où tu souhaites en venir.
# Un problème?
Posté par arnaudus . En réponse au lien 38% des pages web de 2013 n'étaient plus accessibles fin 2023. Évalué à 10.
En fait, j'ai quand même du mal à comprendre pourquoi c'est un problème. Ça me semble assez normal et assez sain que le web soit maintenu, que les pages obsolètes soient détruites ou remplacées.
Déja, il y a tout à ce qui touche aux informations personnelles. Pages professionnelles, réseaux sociaux, pages de profil sur tel ou tel site. Ça me semble complètement normal que si je décide de fermer mon compte Linuxfr, le lien vers mon profil soit cassé, ainsi que le lien vers ce que j'ai posté, mes commentaires, etc. Si je change de boîte, c'est assez sain que ma page disparaisse, plutôt que d'être remplacée par le gars qui a pris ma place. Je ne souhaite pas que ces pages soient archivées, je souhaite qu'elles disparaissent. Bien sûr, ça fait disparaitre de l'information, mais il ne s'agit pas d'informations d'État civil, les générations futures n'ont pas le droit de savoir ça.
Ensuite, il y a toutes les informations obsolètes, qui pourraient tromper le visiteur. Les modèles et les marques qui ne sont plus commercialisées, les sites des entreprises qui ont disparu, le programme des spectacles qui ont déja eu lieu, etc. Laisser trainer ces pages, c'est prendre le risque que quelqu'un d'inattentif ne comprenne pas que l'information est obsolète. J'irais même jusqu'à dire que c'est le principal problème du web actuel : on y trouve énormément d'informations qui sont obsolètes. Ça va de comment installer un driver sur Ubuntu 3.10 (99 chances sur 100 que ça ne marche plus), à comment résilier un abonnement à Free en 2008 (idem). Souvent, la date de publication est difficile à trouver, quand elle n'est pas absente, et on peut perdre beaucoup de temps à comprendre que l'information qu'on a péniblement trouvée n'est plus pertinente depuis longtemps.
Enfin, il y a la question de la pertinence de garder en fonctionnement des services qui ne sont plus maintenus depuis des années. L'électricité, la bande passante, le renouvellement du matériel coûte de l'argent et des ressources naturelles, pour un service rendu quasi-nul. Même en cas de traffic réduit, les moteurs de recherche vont toujours aller indexer ces pages, les robots vont parcourir l'arborescence du site, essayer d'envoyer du spam aux mailto:…
Bref, même si on peut être ponctuellement agacés par un lien brisé vers une information qui aurait pu potentiellement nous intéresser, il me semble souhaitable que le web disparaisse. Ça ne veut pas dire qu'il n'est pas nécessaire d'archiver certaines choses, mais ça me semble au contraire très sain que le ménage soit fait.
[^] # Re: « Les jeunes d'aujourd'hui »
Posté par arnaudus . En réponse au journal Écrans, enfants, ados : vaut mieux tard que jamais?. Évalué à 7.
Je ne vois pas tellement comment tu peux prétendre défendre la population contre les stratégies marketing démoniaques de groupes internationaux qui investissent des centaines de millions pour optimiser la manipulation psychologique des masses, via un vague enseignement d'une forme de self-défense.
Attention hein, la prévention et l'éducation, c'est super important. Comment se comporter en cas d'incendie ou de tremblement de terre, comment aider quelqu'un victime d'une crise cardiaque, ça sauve des vies. On peut aussi apprendre à se prémunir contre les actions malveillantes (vol, harcèlement…). Mais ces actions malveillantes sont également punies par la loi : on peut communiquer sur comment déceler et dénoncer les situations de harcèlement au travail, et en même temps poursuivre les harceleurs devant la justice. C'est les deux facettes d'une action publique efficace.
Par contre, expliquer que quelque chose de dangereux n'est pas interdit, mais que c'est bien de s'en prémunir, c'est juste de la lâcheté. Nombre de nos concitoyens sont, pour plein de raisons (âge, immaturité, génétique, milieu social…) assez incapables de se protéger des manipulations psychologiques, et une "formation" n'y changerait rien. Du coup, tu les abandonnes à leur triste sort? En quelque sorte, ils mériteraient de passer 12h par jour à regarder des influençeuses leur vendre des produits cosmétiques qu'elles n'ont jamais utilisés, parce qu'ils sont trop bêtes pour s'avoir qu'il est plus intéressant de lire un livre?
Un bon parallèle pourrait être la gestion de l'addiction aux jeux d'argent. Les fournisseurs de jeux d'argent sont en partie responsables devant la loi de l'addiction que leur activité peut engendrer, et ils sont obligés de le prendre en compte. Les réseaux sociaux ont toutes les cartes en main pour gérer les temps d'accès à leurs services, et ils pourraient très bien être responsables devant la loi pour ne pas bloquer les accès pendant les temps scolaires, ou devoir assumer les conséquences de leur complicité sur la dépendance, les problèmes mentaux, ou le harcèlement.
[^] # Re: « Les jeunes d'aujourd'hui »
Posté par arnaudus . En réponse au journal Écrans, enfants, ados : vaut mieux tard que jamais?. Évalué à 7.
Mouais, et on ne pourrait pas faire quelque chose contre les entreprises qui commercialisent des produits extrêmement dangereux et qui engrangent des milliards de bénéfices sans aucune considération pour les problèmes d'éducation et de santé mentale que ça génère, et qui vont être au final à la charge de l'État?
[^] # Re: « Les jeunes d'aujourd'hui »
Posté par arnaudus . En réponse au journal Écrans, enfants, ados : vaut mieux tard que jamais?. Évalué à 10.
En fait, tu vis bien avec l'idée qu'une grande partie des enfants des classes défavorisées se débilifient le cerveau depuis l'âge de 4 ans sur des tablettes bourrées de pub et de vidéos stupides, tant que les enfants des classes favorisées grandissent dans un environnement protecteur et culturellement riche?
Le problème n'est pas l'accès aux téléphones en soi, c'est la vie dans des milieux sociaux dont tu n'as même pas idée de la pauvreté culturelle. Des familles où il n'y a pas un seul livre ni un seul jeu de société, où la télé est allumée 24/24 sur les chaines de la TNT qui passent en boucle "Les cht'is à la plage" et autres TV réalités débiles, et où 100% des loisirs des enfants sont dédiés à des vidéos Tiktok et des sites porno. Ça n'est même pas une caricature, ça existe vraiment, et c'est assez courant: souvent, ces familles n'ont pas énormément d'argent, mais le problème n'est pas la pauvreté matérielle, c'est vraiment la pauvreté culturelle.
Quand on vit isolé dans un environnement social homogène, c'est assez facile de nier les problèmes de société et de plaider la liberté et la responsabilité des parents. Ça permettra à tes propres gamins de bien réussir dans leur vie, de poursuivre des études s'ils le souhaitent, et de profiter des richesses d'une société que leur éducation leur permet de dominer. Ils devront bien sûr éviter de trainer le soir dans les quartiers où les pauvres habitent, mais c'est pas très grave. Bon, il faudra aussi cohabiter avec des gens qui votent n'importe quoi, sans bien comprendre pourquoi.
Du coup, évidemment, tu es contre l'interdiction des téléphones avant 11 ans, parce que tu te demandes bien "qui serait assez idiot pour donner un téléphone à un enfant de 5 ans?". Mais pour moi c'est le même argument que d'être contre l'interdiction de la clope aux mineurs parce que quel parent serait assez idiot pour encourager un gamin de 10 ans à cloper. Le fait est que ça existe, que c'est ces enfants là qu'il faut protéger immédiatement, et qu'avec l'éducation, ça n'est pas eux que tu vas protéger, mais peut-être leurs enfants ou leurs petits-enfants.
L'alternative, ça serait quoi? De retirer l'autorité parentale à des millions de parents?
[^] # Re: Problème concret
Posté par arnaudus . En réponse au lien Organisation des congrès scientifiques et diversité. Évalué à 5.
Tu te doutes bien que la question est très documentée. Par exemple, d'après https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/FR/T173/la_parite_dans_l_enseignement_superieur/ , 34% de maitre de conf femmes/ 19% de profs femmes en sciences et techniques. Même en sciences humaines, on a bien 58% de maitre de conf femmes, mais seulement 42% de profs. Le même genre de rapport est publié tous les ans au CNRS, à l'INRAE, etc.
[^] # Re: Problème concret
Posté par arnaudus . En réponse au lien Organisation des congrès scientifiques et diversité. Évalué à 10.
Pour être honnête, je pense que tu es quelqu'un qui part bille en tête sur ce que tu penses que les autres vont dire ou écrire, sans même lire ce qu'ils disent en réalité. Je sais qu'on est parfois en désaccord, mais si tu n'es pas d'accord ou si tu n'avais pas compris ce que je voulais dire, il y a des moyens de le dire sans commencer par des invectives.
Sur le fond, j'avais bien lu le billet jusqu'au bout, je ne suis pas forcément d'accord avec l'histoire des invités jeunes vs vieux: je pense que c'est du cliché un peu bullshit, quand tu organises une conférence et que tu choisis les orateurs, tu veux inviter 1) des bons orateurs, 2) des gens que tu n'as pas entendu depuis quelques années pour apprendre des choses nouvelles, et 3) des gens suffisamment connus pour décider tes collègues à s'inscrire. Ces trois critères ont tendance à privilégier des gens qui ont de l'assurance, de l'expérience, et qui sont chefs de labo. Mais le biais de sélection est indirect, tu ne sélectionnes pas des hommes dans la cinquantaine parce qu'ils sont des hommes et qu'ils ont la cinquantaine. Bien évidemment, les jeunes chercheurs peuvent aussi être bons orateurs et avoir des choses à présenter, et personne n'en doute. Mais si tu les connais peu, tu ne sais pas s'ils sont bon orateurs, et tu ne sais pas si leur nom va inciter tes collègues à se déplacer. Il s'agit de choix pragmatiques, un peu comme la taille de police pour le nom des groupes dans un festival de musique. Si tu ne mets que des bons groupes qui ont peu de notoriété, personne ne va venir, et tu auras des groupes qui joueront de la bonne musique devant 15 personnes, ce n'est bon pour personne.
Je pensais avoir été clair, mais bon. Si dans une discipline tu as 2 profs femmes et 8 profs hommes à l'université, et que tu veux la parité dans les comités scientifiques de ton département, de tes labex, de tes laboratoires, de la commission de déontologie, de la commission machin, bah du coup tu vas coller 2 femmes et 2 hommes dans chaque comité; tes 2 profs femmes vont avoir 4 fois plus de boulot administratif par personne que tes 8 hommes. Ces trucs administratifs, personne ne veut les faire: un scientifique veut être dans son labo. On t'incite parfois à accepter en disant "c'est bon pour ta carrière", ce que tout le monde sait être un mensonge. Donc en encourageant la parité, on pourrit la carrière des femmes et on décharge les hommes de ces tâches administratives, ce qui va à mon avis dans le sens contraire de ce qui devrait être fait.