Un mode « asynchrone », qui « permet de garder le contrôle de son temps »
J'apprécie effectivement ce mode asynchrone dans certaines circonstances. Ça permet de prendre le temps de soupeser son avis ou son humeur du moment. Mais les jeunes (et moins jeunes) que je côtoie utilisent les messageries instantanées en mode synchrone. Si je ne réponds pas rapidement, je m'expose à des remontrances. En particulier avec cette "fonctionnalité" qui permet de savoir si le destinataire a lu le message qu'on a envoyé.
Cela réunit ainsi le pire des deux mondes : une bande passante ridiculement faible (on n'a pas le débit de parole de l'oral, ni les intonations), et une temporalité qui limite la possibilité d'apporter une réponse pondérée.
Si quelqu'un hésite encore à utiliser ce logiciel, voilà encore quelques red flag :
L'éditeur, "GT Office PDF Studio", n'a pas de site web, pas de Facebook, etc.
Il a seulement une adresse mail de contact, en @outlook.com
Le seul logiciel qu'il édite semble être Trio Office
Le logiciel n'est pas disponible ailleurs que sur Microsoft Store : on le trouve recensé sur d'autres sites, mais ils pointent tous vers Microsoft Store
Sur Microsoft Store, 60 000 avis, dont 90 % à 5 étoiles, c'est une statistique ridiculement élevée, clairement trafiquée
Bien qu'il s'agisse d'une copie retouchée de LibreOffice, probablement sans fonctionnalité additionnelle, il est deux fois plus volumineux
Si je voulais diffuser un logiciel malveillant sans qu'on puisse remonter jusqu'à moi, je ne m'y prendrais pas autrement.
Un point aveugle de cet article est l’absence de recul sur ce qu’est le progrès surtout sur QUI le définit.
Oui, il me semble que, depuis quelques décennies, on utilise moins qu'avant le terme "progrès", et qu'on lui préfère le terme innovation. Peut-être parce que le concept de progrès a de nombreuses faiblesses : qui définit ce qu'est un progrès, quand, un progrès pour qui, un progrès dans quelle direction, etc. Alors qu'une innovation, c'est beaucoup moins prétentieux, ça dit juste que c'est nouveau. Exemple "Regardez, j'ai inventé un smartphone en beurre ! C'est complètement con, mais c'est drôlement innovant !"
J'aime bien cet aphorisme qui qui exprime tout un pan de la pensée de Jacques Ellul sur la technologie : "la technologie n'est ni bonne, ni mauvaise, ni neutre : elle est ambivalente."
Pollution atmosphérique, pollution de l'atmosphère. ,,Présence dans l'air de particules en suspension, liquides ou solides, ou même de certains gaz constituant, à partir d'une certaine concentration, un inconvénient à titre quelconque`` (Chass. 1970)
Comme tu le dis bien, c'est la dose qui compte. Et actuellement, la dose de CO2 dans l'atmosphère en fait un poison. Ce n'était cas le cas il y a deux siècles.
Bien que le constat ne soit pas joyeux, il me semble économiquement inévitable.
D'une part, à cause du rapport entre le coût de développement et le coût du matériel dans le contexte actuel. Si on doit choisir entre payer un développeur qualifié pour optimiser le code, payer pour avoir des machines plus performantes, ou laisser les utilisateurs passer une minute par jour à regarder des barres de progression, la première option sera rarement la plus avantageuse économiquement.
D'autre part, à cause de la place croissante de l'informatique dans nos vies : comme on peut (et doit) faire de plus en plus de chose avec l'informatique, les utilisateurs consentent à investir de plus en plus dans leurs équipements. Et, là aussi, s'ils doivent choisir entre attendre 10 secondes que leur appli se charge, renouveler leur téléphone plus souvent, ou utiliser une appli moins populaire mais mieux optimisée, c'est rarement la dernière option qui sera favorisée.
C'est triste et complètement contraire à mes valeurs, mais je ne pense pas qu'en général, on puisse blâmer les développeurs, car il s'agit d'un phénomène essentiellement économique.
On peut discuter de la pertinence d'un tel élargissement, mais il y a quand même un écart entre les exemples que tu donnes et le discours de Sylvie Brunel qui :
Relativise une canicule française en disant que "Le monde tropical rigole […], c'est quand même le quotidien quand vous vivez à Dakar"
Publie une tribune selon laquelle que "le changement climatique n'est pas forcément une mauvaise nouvelle"
Prétend que le changement climatique n'est pas irréversible
Assure qu'il n'existe pas d'urgence climatique
Affirme que le CO2 n'est pas un polluant car il est naturellement présent dans l'atmosphère.
Venant d'une personne qui a été pressentie pour entrer au gouvernement, ça fait quand même tache.
Pour résumer la discussion : une personne (désormais bannie) évoque l'idée de recouper les infos du Point avec d'autres sources. Les participants s'entendent pour "appliquer avec encore plus de prudence les précautions d'usage" lorsque l'on utilise Le Point comme source. Erwan Seznec proteste. La discussion s'achève sans rien de concret. Elle a duré une semaine, 35 messages, 8 intervenants.
Erwan Seznec résume cela dans son article par "il a ainsi été sérieusement question l'an dernier de bannir Le Point des sources recevables sur Wikipédia ! La manœuvre était énorme. Des wikinautes ont protesté."
Qu'y a t-il de factuellement faux dans l'article cité ?
Alors, factuellement :
Absolument tout est permis, sans autorisation préalable et sans formation
Non, des sanctions sont régulièrement prises, certaines actions ne peuvent être réalisées que par des personnes ayant les droits suffisants. Les lois nationales et intrnationales s'appliquent.
L'association Wikimédia France […] supervise environ 2,65 millions d'articles
Wikipedia France ne supervise pas la rédaction des articles, elle organise des activités de promotion de la connaissance libre, comme des conférences, des formations, etc. Elle n'a aucune responsabilité, autorité ou légitimité sur Wikipedia. 95% des contributeurs à Wikipedia en français n'ont rien à voir avec Wikimedia France.
Lorsqu'une poignée de contributeurs militants, très organisés, rassemble une coalition de circonstance pour dévoyer totalement un article de l'encyclopédie, rien ne peut les arrêter.
Ça peut être complexe et prendre du temps, mais de tels réseaux de désorganisation de l'encyclopédie ont déjà été démantelés : je pense en particulier à des lobbyistes d'Eric Zemmour ou à des réseaux de production de contenu promotionnel contre rémunération.
Le glyphosate, un cas d'école
L'article anglophone met l'emphase sur l'aspect réglementaire et donc, à la base de cette réglementation, sur l'avis des agences réglementaires : EFSA et compagnie. L'article francophone met l'emphase sur l'aspect scientifique, et ainsi sur la principale autorité en matière de cancérologie, le CIRC. Il est fallacieux de mettre des agences réglementaires et une un réseau scientifique sur le même plan.
Par ailleurs, l'article anglophone dit clairement "pas de preuve de caractère cancérigène… mais probablement cancérigène".
[…] développant avec un luxe de détails extravagants les suspicions terribles qui pèsent sur le produit
Absolument pas orienté… Seznec n'attend manifestement pas d'une encylcopédie qu'elle soit complète.
« Factsory », est responsable de 22 % des modifications faites sur la page du glyphosate
Contre l'avis de l'écrasante majorité des scientifiques, il pense que le produit est une catastrophe sanitaire
En 2019, 70 % des études académiques trouvent une toxicité significative au glyphosate. 99 % des études règlementaires (études commandées par les industries phytosanitaires pour obtenir l'autorisation de mise sur le marché) n'en trouvent aucune.
l'Association française pour l'information scientifique (Afis), qu'il injurie copieusement sur son blog
Voir les articles de l'intéressé sur l'AFIS sur son blog. beaucoup de critiques, sourcées, mais je n'ai pas vu d'injure. A chacun d'en juger. Pour info, Erwan Seznec était administrateur de l'AFIS.
Le CDJM, au nom ronflant, est en réalité une simple association
Depuis plusieurs mois, une poignée de radicalisés 2.0 ont ainsi entrepris de donner du Point une image calamiteuse, notre magazine étant présenté sur Wikipédia comme « islamophobe », « d'extrême droite », d'une déontologie et d'une fiabilité douteuses.
Le Point se débrouille très bien pour arriver à ce résultat sans Wikipedia. L'existence d'une "organisation" (pour reprendre ses terme) n'est pas établie.
La géographe Sylvie Brunel est frappée du sceau infamant de « climatosceptique » (ce qu'elle n'est pas)
La section est bien sourcée. Apparemment, son livre "Toutes ces idées qui nous gâchent la vie" (2019) contient aussi de bons passages climatosceptiques.
il a ainsi été sérieusement question l'an dernier de bannir Le Point des sources recevables sur Wikipédia ! La manœuvre était énorme. Des wikinautes ont protesté.
Non, l'Observatoire des Sources a vocation à évaluer la fiabilité des sources. Des centaines de sources sont ainsi évaluées. Il ne prend pas de décision, il centralise les avis exprimés. effectivement, un contributeur y a pris la défense du Point. Son pseudo est… Erwan Seznec.
Dans les tâches évaluées, les étudiants n'ont qu'à acquérir la syntaxe de base du langage et à faire preuve de compétences minimales en logique. Ils n'ont même pas besoin de la leçon sur la compilation, puisque celle-ci est rendue transparente par l'IDE. Sur ces critères, je ne m'attends effectivement pas à voir de différence entre C++, Java et Python.
C'est à un niveau un peu supérieur que je m'attendrais à voir une différence, par exemple pour manipuler des types élaborés, pour bien gérer la mémoire, ou pour utiliser l'API intégrée au langage.
Méthodologiquement, je suis intrigué par le passage :
Le programme précisait que le cours était destiné à la fois aux étudiants en informatique et aux non-spécialistes (comprendre : étudiants dans une autre discipline).
Le critère final a été inclus car de nombreux cours Python s'adressent uniquement aux non-spécialistes, et on pourrait donc s'attendre à ce que ces cours demandent aux étudiants de passer plus de temps et d'avoir plus de difficultés sur ces exemples de laboratoires.
Est-ce qu'ils sont en train de dire qu'ils ont ajouté un critère spécifiquement pour avoir des résultats défavorables à Python ?
Par pitié, évite d'interpréter mes propos. Par exemple, je n'ai pas parlé de secret concernant la destination des dons à la WMF.
Tu évoques des choses qui sont intéressantes pour Wikipedia. On pourrait en évoquer d'autres dont l'utilité pour Wikipedia est plus discuté. Dans la sphère francophone, par exemple, la finalité de LSP a fait l'objet de nombreux débats. Le lobbying pour faire évoluer le droit d'auteur dans le bon sens, c'est aussi très bien. Mais il ne s'agit plus de soutenir Wikipedia, à moins d'amalgamer vessies et lanternes. La constitution d'un fonds de dotation pour pérenniser la WMF, dont la vocation initiale était de pérenniser Wikipedia, c'est aussi rationnel. Ensuite, on aura peut-être le fonds de dotation de pérennisation du fonds de dotation ?
Au passage, un fonds de dotation, c'est fondamentalement un système capitaliste : on place de l'argent dans un secteur rentable et on utilise les 2-3 % de revenus annuels pour financer un truc à but non lucratif. Privatiser une forêt pour collectiviser un arbre, est-ce bien compatible avec l'esprit de partage de Wikipedia ? Est-ce que les crypto-communistes qui soutiennent Wikipedia savent qu'ils soutiennent un système capitaliste ?
Mais tous les donateurs que j'entends croient sincèrement soutenir Wikipedia en finançant les serveurs. Et la WMF ne fait rien pour dissiper la confusion. As-tu essayé de lire les rapports financiers ? Il n'y a rien à en tirer, il faut se taper des heures de recherche pour savoir ce qui est réellement fait des dons.
Quand on veut faire un don pour Wikipedia, on le verse à la Wikimedia Foundation. Mais seule une petite part va réellement à Wikipedia et ses projets frères (Wiktionary, Wikisource, etc.). Pour te faire une idée, la Wikimedia Foundation a un budget annuel de 190 millions de dollars et emploie 644 personnes dans le monde. Bien sûr, une partie de ces ressources est utilisée pour les serveurs et le développement logiciel. Mais l'essentiel est consacré à d'autres choses : évènements, concours photo, formations, collaborations avec des musées, archives ou bibliothèques, lobbying, promotion des minorités, conférences, protection juridique, collectes de fonds, accessibilités dans les territoires à faible connectivité, sensibilisation, réduction des biais systémiques, …
Comme un certain nombre de Wikipédiens, je suis d'avis qu'on ne soutient pas réellement Wikipedia en faisant un don, et que les bannières d'appel au don sont manipulatrices, en faisant l'amalgame entre la fondation et l'encyclopédie. Je ne dis pas que les activités financées sont contestables, mais je doute que les donateurs sachent ce qu'ils financent.
L'article pointe du doigt un conflit d'intérêt entre Wikimedia France (WMF) et Les Sans Pages (LSP) : alors que la WMF finançait LSP (de 40 à 80% de ses financements selon les années), la présidente de la WMF était trésorière de LSP et la fondatrice de LSP était membre du comité de gestion des conflits d'intérêts au sein de WMF.
La dite présidente a consulté ledit comité de gestion à ce sujet, qui a conclu, en gros que c'était bien conflit d'intérêt, mais que bon, on manque de bénévoles. La fondatrice de LSP s'était déportée sur se sujet et n'a pas pris part aux délibérations du comité.
L'article évoque ensuite les prise de position militantes de LSP, les critiques que cela suscite, et se prend les pieds dans les procédures wikipédiennes (c'est compréhensible).
Puis c'est le reveal : la présidente de WMF contribue sous pseudo à Wikipedia. Elle en a même été administratrice. Seuls les plus fins détectives et les plus grands habitués le savaient. L'article montre alors facilement qu'avec ce pseudo, "elle n'hésite pas à accuser ses adversaires de transphobie pour les réduire au silence, voire les faire bannir", à généraliser ces accusation de transphobie à tout Wikipedia. Pour elle, le simple fait d'ouvrir un sondage sur le nom de naissance des personnes trans est une agression transphobe. Elle s'est opposée à ce que l'on sanctionne les accusations de comportements discriminatoires lancés sans fondement, au motif que cela relèverait d'une "inflation réglementaire".
Cette présidente a quitté ses fonctions le mois dernier.
Commentaires perso :
Ce qui a beaucoup fait réagir sur Wikipedia, c'est de découvrir l'identité secrète de Kvardek du. Enfin, surtout, que cette identité ait été gardée secrète. J'ai un peu de mal à comprendre pourquoi, mais il y a déjà eu des épisodes semblables par le passé. Je pense en particulier au compte d'un très gros contributeur, qui avait tissé des liens avec d'autres contributeurs, jusqu'à ce qu'on découvre qu'il y avait 5 personnes derrière ce compte. Là aussi, c'est mal passé, beaucoup ont exprimé un sentiment de trahison.
Pour ce que j'ai pu observer, les comportements de la présidente de WMF sur Wikipedia sont fidèlement décrits.
Les débats autour des transidentités, c'est un gros serpent de mer sur Wikipedia en français. Ce sont surtout des débats houleux et épuisants qui mènent de manière très habituelle à des diffamations. Personnellement, je considère ces sujets comme des chasses gardées : il faut être un peu masochiste pour s'y aventurer, et accepter l'idée que ce que l'on écrit aujourd'hui dans une discussion oiseuse sera peut-être ressorti dans 5 ans pour étayer je ne sais quel dossier.
Cet article explore la situation actuelle de Firefox, navigateur autrefois populaire, dont la part de marché a chuté drastiquement depuis son apogée en 2009, où il était utilisé par environ un tiers des internautes. En 2023, il ne représente plus que 2,65 % des parts de marché, loin derrière Google Chrome, qui en détient 66,7 %.
Firefox, initialement prisé pour sa rapidité et sa sécurité, a introduit des fonctionnalités innovantes, comme la navigation par onglets et le blocage des pop-ups. Cependant, son déclin a commencé avec l'essor de Chrome en 2008, qui a séduit par sa vitesse et son efficacité. Mozilla, la fondation à l'origine de Firefox, a tenté de moderniser le navigateur en 2017, mais cela n'a pas suffi à stopper l'érosion de sa base d'utilisateurs.
La faible présence de Firefox sur mobile, un segment crucial représentant la majorité du trafic Internet, s'explique par la domination de Chrome sur Android et de Safari sur iOS. L'adoption de Firefox sur iOS a tout de même progressé grâce à une législation européenne imposant le choix du navigateur lors de l'achat de téléphones.
Utiliser Firefox est désormais perçu comme un acte de résistance face aux GAFAM, notamment Google. Les utilisateurs apprécient la structure à but non lucratif de Mozilla, synonyme d'indépendance par rapport aux géants du secteur. Cette indépendance est plus ressentie en Europe, où Firefox conserve un taux d'utilisation supérieur à celui des États-Unis.
Toutefois, Firefox n'est pas exempt de critiques : la gouvernance de Mozilla est remise en question, notamment la rémunération élevée de ses dirigeants. De plus, la dépendance financière à Google, qui fournit 86 % des revenus de Mozilla par le biais d'un accord sur le moteur de recherche par défaut, est considérée comme risquée. Cette relation pourrait être menacée par des actions judiciaires américaines.
Mozilla tente de diversifier ses revenus, y compris par la publicité et un investissement dans l'intelligence artificielle avec la création de Mozilla.ai. Cette initiative, bien que prometteuse en termes de respect de la vie privée, suscite des inquiétudes.
En conclusion, malgré les défis, de nombreux utilisateurs fidèles continuent de voir en Firefox un symbole de résistance contre l'hégémonie des géants de la technologie.
Mon avis perso : c'est un article qui parle de mode, on aurait tort d'espérer y trouver quelque chose de consistant.
Bien que l'article clame faire très peu d'hypothèses il me semble qu'il fait implicitement des hypothèses très fortes.
En lisant bien l'article, je comprend que l'intelligence de niveau humain est définie comme une intelligence capable de faire toujours mieux que le hasard pour décrire un comportement non-aléatoire. Elle est certainement meilleure que le hasard dans de nombreux cas, mais toujours ? L'article ne précise pas sur quoi cette hypothèse est fondée. Et même pour des données suffisamment complexes, peut-on dire que les humains sont meilleurs que le hasard s'ils abandonnent par épuisement de ressources avant de réussir à fournir une ébauche de description ?
Il me semble plus raisonnable de supposer que l'intelligence humaine fait mieux que le hasard dans la plupart les problèmes qu'elle accepte de traiter, et que parmi les problèmes qu'elle refuse, elle ne ferait pas mieux que le hasard dans un certain nombre de cas. Par exemple, pour prédire le nombre suivant d'une suite déterministe pseudo-aléatoire.
Les auteurs montrent ensuite qu'un algorithme ne peut pas faire le travail d'une intelligence humaine en un temps raisonnable. Ils en concluent qu'un tel algorithme ne peut fonctionner que pour des problèmes assez triviaux. Ce raisonnement n'est pas réaliste. En termes un peu plus formels, un algorithme s'exécute en un temps raisonnable si son temps d'exécution t augmente polynomialement avec la taille n de la donnée. Par exemple, (j'évite la notation en O pour rester accessible au plus grand nombre). Par opposition, il ne s'exécute pas en un temps raisonnable si ce temps d'exécution augmente exponentiellement, par exemple . Cela est lié à la croissance très rapide des fonctions exponentielles. Mais en pratique, cela ne dit rien car, bien souvent, des algorithmes à complexité exponentielle sont bien plus rapides que des algorithmes à complexité polynomiale sur la plupart les problèmes de taille usuelle. Par exemple, on préférera souvent exécuter un programme ayant un temps d'exécution à un autre programme pour lequel .
Dans le même ordre d'idée, quand on s'intéresse à la complexité algorithmique, on parle en général de la complexité dans le pire des cas. C'est à dire, parmi toutes les données de taille n, le temps d'exécution pour la donnée la plus "réfractaire" au calcul. C'est souvent de peu d'utilité car en général, on va s'intéresser à la complexité dans les cas "utiles", ou bien à la complexité en moyenne. Or, de nombreux algorithmes s'exécutant en un temps non raisonnable dans le pire des cas ont un temps d'exécution raisonnable en moyenne ou dans les cas utiles.
L'article prend une distance avec l'idée selon laquelle l'intelligence humaine serait une sorte d'algorithme. La mise en exergue des risques conceptuels liés à ce réductionnisme est intéressante. Mais la conclusion implicite du papier est que l'intelligence humaine ne peut pas être une sorte d'algorithme, puisqu'aucun algorithme ne peut avoir les performances de l'intelligence humaine.
En toute transparence, je suis très à l'aise avec l'idée que notre intelligence est une sorte d'algorithme. Beaucoup d'entre nous pensons de manière algorithmique des dizaines de fois par jour, pour ne pas dire à longueur de journée. D'ailleurs, un certain nombre de ces algorithmes cognitifs ont une complexité exponentielle… Le substrat de notre pensée, atomes, molécules et champs électriques, sont très propices à l'émergence de phénomènes algorithmiques, et 4,5 milliards d'années de sélection naturelles justifient pour moi très bien la complexité de tels algorithmes "naturels".
A l'inverse, je suis très gêné par les vertus quasi-magiques que l'on ne manque pas de prêter à notre intelligence. Je nous trouve éminemment biaisés pour en juger. On n'a pas non plus forcément les outils pour en juger avec suffisamment de recul. Il est facile et tentant de se juger plus intelligent qu'on ne l'est, d'autant plus que l'intelligence humaine est bourrée de biais. Pour moi, ce papier illustre très bien ce travers, en donnant une définition extrêmement ambitieuse de ce que serait l'intelligence humaine.
Je suis bien loin d'avoir le niveau agreg, et je ne comprends pas cette phrase :
Bien que ces infectes notations «\frac{\partial f}{\partial x}» soient utilisées à quelques endroits dans le Frido, je m'efforce à écrire (\partial_if) qui signifie la dérivée de f dans la i-ième direction.
C'est quoi le problème avec cette notation ? J'avoue avoir du mal à en comprendre les subtilités, et je serais ravi d'avoir une raison de ne pas comprendre :)
Je suis plus habitué au demandes de subventions pour les associations, donc c'est peut-être différent dans ton cas. Quand on fait une telle demande de subvention, on doit présenter un budget. Dans ce Cerfa, par exemple, en page 4. Dans la colonne de gauche, il y a différents comptes de charge, et chaque compte est identifié par un numéro, conformément au Plan Comptable Général. Ces numéros suivent une hiérarchie : le compte 6 (charges) contient le compte 62 (autres services extérieurs), qui contient le compte 628 (divers).
Dans l'exemple que je t'ai donné, le compte 628 n'est pas présent, mais ça rentrerait dans "services bancaires, autres".
Autre possibilité : le compte 62 (autres services extérieurs) contient aussi le compte 623 (Publicité, publications, relations publiques), qui contient le compte 6238 (pourboires, dons courants). Dans le Cerfa donné en exemple, on pourrait donc mettre le don dans la ligne "publicité, publication", car cela correspond au compte 623.
S'il s'agit d'un don plus exceptionnel, cela correspondrait plutôt au compte 6713 (Dons, libéralités) et donc, dans le Cerfa donné en exemple, à la ligne "67 - Charges exceptionnelles".
Après, un financeur tatillon pourrait te demander pourquoi il y a un si gros chiffre dans cette case. Tiens toi alors prêt à justifier le montant du don, par rapport aux prix du marché, par exemple.
En résumé, le logiciel ne propose pas les meilleurs coups, mais les coups les plus probables, en fonction du niveau des joueurs et du rythme de jeu. Pour cela, il tente d'imiter la pensée humaine, en employant ChatGPT pour la partie intuitive (prédiction de coup) et Stockfish, un logiciel d'échecs, pour la partie analytique.
Alors que ChatGPT seul n'est pas très bon et propose parfois des coups illégaux, l'emploi de Stockfish permet ne de proposer que des coups légaux. Alors que Stockfish propose des coups excellents mais parfois humainement inaccessibles, ChatGPT cherche en priorité des schémas tactiques communs, ce qui est plus conforme à la manière de jouer des humains.
Je trouve cette application des modèles de langage très intéressante et la réflexion sous-jacente est riche. Ce genre de combinaison entre LLM et algorithme classique me semble très prometteur.
Je me réjouis de voir un clou supplémentaire enfoncé dans le cercueil de X/Twitter.
Néanmoins, cette décision est assez préoccupante à plusieurs titres, et pas que pour le Brésil : Le juge a ordonné à Google et Apple de rendre impossible l'utilisation de l'application sur les smartphones. S'ils obéissent, ce sera un dangereux précédent : les OS gagneraient le pouvoir d'interdire l'exécution de certaines applis. Les autres États ne manqueront pas d'exploiter cette possibilité pour interdire certaines applis, puis à rendre cette fonctionnalité obligatoire. J'en viendrais presque à désirer que X/Twitter distribue un APK qui trompe l'OS.
Le juge a aussi imposé une amende à ceux qui utiliseraient X/Twitter via un VPN. Cette décision sera sans doute peu applicable, et je n'ai aucune affinité pour les VPN. Mais, sur le principe, il a quand même interdit à tous les citoyens brésiliens l'accès à un site web. C'est quelques crans au dessus de saisir un nom de domaine ou d'obliger les serveurs DNS à mentir.
En résumé, par cette décision, le juge a aussi donné une grosse baffe à la neutralité du net et des systèmes d'exploitation. S'il arrive à la faire appliquer, cela pourrait avoir des répercussions sur les utilisateurs du monde entier.
# Mode asynchrone
Posté par sobriquet . En réponse au lien « C’est simple, je ne décroche jamais » : pourquoi les jeunes ne répondent plus au téléphone ?. Évalué à 7 (+6/-0).
J'apprécie effectivement ce mode asynchrone dans certaines circonstances. Ça permet de prendre le temps de soupeser son avis ou son humeur du moment. Mais les jeunes (et moins jeunes) que je côtoie utilisent les messageries instantanées en mode synchrone. Si je ne réponds pas rapidement, je m'expose à des remontrances. En particulier avec cette "fonctionnalité" qui permet de savoir si le destinataire a lu le message qu'on a envoyé.
Cela réunit ainsi le pire des deux mondes : une bande passante ridiculement faible (on n'a pas le débit de parole de l'oral, ni les intonations), et une temporalité qui limite la possibilité d'apporter une réponse pondérée.
[^] # Re: inversion
Posté par sobriquet . En réponse au journal Expressions régulières ou expressions rationnelles ?. Évalué à 1 (+0/-0).
Ah oui ! Pas possible de modifier, malheureusement ! Si un modo charitable veut bien arranger ça…
[^] # Re: Waouh + expressions rationnelles
Posté par sobriquet . En réponse au lien Un moteur de jeu d'échecs écrit en expressions régulières. Évalué à 4 (+3/-0).
Je me suis permis une réponse journal :)
# Red Flag
Posté par sobriquet . En réponse au lien Analyse plus poussée de Trio Office. Évalué à 10.
Si quelqu'un hésite encore à utiliser ce logiciel, voilà encore quelques red flag :
Si je voulais diffuser un logiciel malveillant sans qu'on puisse remonter jusqu'à moi, je ne m'y prendrais pas autrement.
[^] # Re: De quoi parle-t-on ?
Posté par sobriquet . En réponse au lien Contre les GAFAM, redécouvrir Jacques Ellul. Évalué à 2.
Oui, il me semble que, depuis quelques décennies, on utilise moins qu'avant le terme "progrès", et qu'on lui préfère le terme innovation. Peut-être parce que le concept de progrès a de nombreuses faiblesses : qui définit ce qu'est un progrès, quand, un progrès pour qui, un progrès dans quelle direction, etc. Alors qu'une innovation, c'est beaucoup moins prétentieux, ça dit juste que c'est nouveau. Exemple "Regardez, j'ai inventé un smartphone en beurre ! C'est complètement con, mais c'est drôlement innovant !"
J'aime bien cet aphorisme qui qui exprime tout un pan de la pensée de Jacques Ellul sur la technologie : "la technologie n'est ni bonne, ni mauvaise, ni neutre : elle est ambivalente."
[^] # Re: démasqué!
Posté par sobriquet . En réponse au lien Wikipédia, plongée dans la fabrique d’une manipulation. Évalué à 4.
D'après le CNRTL :
Comme tu le dis bien, c'est la dose qui compte. Et actuellement, la dose de CO2 dans l'atmosphère en fait un poison. Ce n'était cas le cas il y a deux siècles.
# Est-ce bien un problème de développeur ?
Posté par sobriquet . En réponse au lien Software is Way Less Performant Today. Évalué à 1.
Bien que le constat ne soit pas joyeux, il me semble économiquement inévitable.
D'une part, à cause du rapport entre le coût de développement et le coût du matériel dans le contexte actuel. Si on doit choisir entre payer un développeur qualifié pour optimiser le code, payer pour avoir des machines plus performantes, ou laisser les utilisateurs passer une minute par jour à regarder des barres de progression, la première option sera rarement la plus avantageuse économiquement.
D'autre part, à cause de la place croissante de l'informatique dans nos vies : comme on peut (et doit) faire de plus en plus de chose avec l'informatique, les utilisateurs consentent à investir de plus en plus dans leurs équipements. Et, là aussi, s'ils doivent choisir entre attendre 10 secondes que leur appli se charge, renouveler leur téléphone plus souvent, ou utiliser une appli moins populaire mais mieux optimisée, c'est rarement la dernière option qui sera favorisée.
C'est triste et complètement contraire à mes valeurs, mais je ne pense pas qu'en général, on puisse blâmer les développeurs, car il s'agit d'un phénomène essentiellement économique.
[^] # Re: démasqué!
Posté par sobriquet . En réponse au lien Wikipédia, plongée dans la fabrique d’une manipulation. Évalué à 8. Dernière modification le 17 décembre 2024 à 13:58.
On peut discuter de la pertinence d'un tel élargissement, mais il y a quand même un écart entre les exemples que tu donnes et le discours de Sylvie Brunel qui :
Venant d'une personne qui a été pressentie pour entrer au gouvernement, ça fait quand même tache.
[^] # Re: Parole d'expert
Posté par sobriquet . En réponse au lien Wikipédia, plongée dans la fabrique d’une manipulation. Évalué à 9.
Pour résumer la discussion : une personne (désormais bannie) évoque l'idée de recouper les infos du Point avec d'autres sources. Les participants s'entendent pour "appliquer avec encore plus de prudence les précautions d'usage" lorsque l'on utilise Le Point comme source. Erwan Seznec proteste. La discussion s'achève sans rien de concret. Elle a duré une semaine, 35 messages, 8 intervenants.
Erwan Seznec résume cela dans son article par "il a ainsi été sérieusement question l'an dernier de bannir Le Point des sources recevables sur Wikipédia ! La manœuvre était énorme. Des wikinautes ont protesté."
Il y a des journalistes qui n'ont honte de rien.
[^] # Re: Parole d'expert
Posté par sobriquet . En réponse au lien Wikipédia, plongée dans la fabrique d’une manipulation. Évalué à 8.
Oui, je mentionne juste ce point parce que, à la place de "Des wikinautes ont protesté", il aurait dû écrire "J'ai protesté."
[^] # Re: Parole d'expert
Posté par sobriquet . En réponse au lien Wikipédia, plongée dans la fabrique d’une manipulation. Évalué à 10.
Alors, factuellement :
Non, des sanctions sont régulièrement prises, certaines actions ne peuvent être réalisées que par des personnes ayant les droits suffisants. Les lois nationales et intrnationales s'appliquent.
Wikipedia France ne supervise pas la rédaction des articles, elle organise des activités de promotion de la connaissance libre, comme des conférences, des formations, etc. Elle n'a aucune responsabilité, autorité ou légitimité sur Wikipedia. 95% des contributeurs à Wikipedia en français n'ont rien à voir avec Wikimedia France.
Ça peut être complexe et prendre du temps, mais de tels réseaux de désorganisation de l'encyclopédie ont déjà été démantelés : je pense en particulier à des lobbyistes d'Eric Zemmour ou à des réseaux de production de contenu promotionnel contre rémunération.
L'article anglophone met l'emphase sur l'aspect réglementaire et donc, à la base de cette réglementation, sur l'avis des agences réglementaires : EFSA et compagnie. L'article francophone met l'emphase sur l'aspect scientifique, et ainsi sur la principale autorité en matière de cancérologie, le CIRC. Il est fallacieux de mettre des agences réglementaires et une un réseau scientifique sur le même plan.
Par ailleurs, l'article anglophone dit clairement "pas de preuve de caractère cancérigène… mais probablement cancérigène".
Absolument pas orienté… Seznec n'attend manifestement pas d'une encylcopédie qu'elle soit complète.
Chiffre fantaisiste, il n'y a qu'à voir l'historique de la page
En 2019, 70 % des études académiques trouvent une toxicité significative au glyphosate. 99 % des études règlementaires (études commandées par les industries phytosanitaires pour obtenir l'autorisation de mise sur le marché) n'en trouvent aucune.
Voir les articles de l'intéressé sur l'AFIS sur son blog. beaucoup de critiques, sourcées, mais je n'ai pas vu d'injure. A chacun d'en juger. Pour info, Erwan Seznec était administrateur de l'AFIS.
[…] Contexte : le Conseil de déontologie journalistique et de médiation a déjà épinglé au moins à deux reprises Seznec et Le Point pour non respect des règles déontologiques 1, 2
Le Point se débrouille très bien pour arriver à ce résultat sans Wikipedia. L'existence d'une "organisation" (pour reprendre ses terme) n'est pas établie.
La section est bien sourcée. Apparemment, son livre "Toutes ces idées qui nous gâchent la vie" (2019) contient aussi de bons passages climatosceptiques.
Non, l'Observatoire des Sources a vocation à évaluer la fiabilité des sources. Des centaines de sources sont ainsi évaluées. Il ne prend pas de décision, il centralise les avis exprimés. effectivement, un contributeur y a pris la défense du Point. Son pseudo est… Erwan Seznec.
[^] # Re: Règlement de comptes
Posté par sobriquet . En réponse au lien Wikipédia, plongée dans la fabrique d’une manipulation. Évalué à 4.
En creusant un peu, on retrouve l'historique des échanges entre Erwan Seznec et les personnes qu'il incrimine dans l'article, en particulier ici.
# Règlement de comptes
Posté par sobriquet . En réponse au lien Wikipédia, plongée dans la fabrique d’une manipulation. Évalué à 6.
C'est une veille histoire d'amour entre Erwan Seznec, l'auteur de l'article, et l'une des personnes ciblées par l'article, Factsory. Déjà, en 2019, sur Causeur : Glyphosate sur Wikipédia: dangereux en France, inoffensif partout ailleurs. Puis, en 2022, sur le blog de Factsory : Les arrangements peu éthiques d’Erwan Seznec.
# my 2 cents
Posté par sobriquet . En réponse au lien Apprendre la programmation en Python n'est pas plus facile qu'en Java ou en C++. Évalué à 4.
Dans les tâches évaluées, les étudiants n'ont qu'à acquérir la syntaxe de base du langage et à faire preuve de compétences minimales en logique. Ils n'ont même pas besoin de la leçon sur la compilation, puisque celle-ci est rendue transparente par l'IDE. Sur ces critères, je ne m'attends effectivement pas à voir de différence entre C++, Java et Python.
C'est à un niveau un peu supérieur que je m'attendrais à voir une différence, par exemple pour manipuler des types élaborés, pour bien gérer la mémoire, ou pour utiliser l'API intégrée au langage.
Méthodologiquement, je suis intrigué par le passage :
Est-ce qu'ils sont en train de dire qu'ils ont ajouté un critère spécifiquement pour avoir des résultats défavorables à Python ?
[^] # Re: Les articles de cet auteur font parler sur Wikipédia
Posté par sobriquet . En réponse au lien Wikipédia gangrené par le militantisme… jusqu'au conflit d'intérêts ?. Évalué à 6. Dernière modification le 05 décembre 2024 à 23:19.
Par pitié, évite d'interpréter mes propos. Par exemple, je n'ai pas parlé de secret concernant la destination des dons à la WMF.
Tu évoques des choses qui sont intéressantes pour Wikipedia. On pourrait en évoquer d'autres dont l'utilité pour Wikipedia est plus discuté. Dans la sphère francophone, par exemple, la finalité de LSP a fait l'objet de nombreux débats. Le lobbying pour faire évoluer le droit d'auteur dans le bon sens, c'est aussi très bien. Mais il ne s'agit plus de soutenir Wikipedia, à moins d'amalgamer vessies et lanternes. La constitution d'un fonds de dotation pour pérenniser la WMF, dont la vocation initiale était de pérenniser Wikipedia, c'est aussi rationnel. Ensuite, on aura peut-être le fonds de dotation de pérennisation du fonds de dotation ?
Au passage, un fonds de dotation, c'est fondamentalement un système capitaliste : on place de l'argent dans un secteur rentable et on utilise les 2-3 % de revenus annuels pour financer un truc à but non lucratif. Privatiser une forêt pour collectiviser un arbre, est-ce bien compatible avec l'esprit de partage de Wikipedia ? Est-ce que les crypto-communistes qui soutiennent Wikipedia savent qu'ils soutiennent un système capitaliste ?
Le financement de Data for Black Lives, de Arab Reporters for Investigative Journalism, de The SeRCH Foundation, Inc., ce sont encore des projets très nobles. Mais c'est quoi le rapport avec la choucroute ? Et quand on prend le temps de creuser, on trouve un certain nombre de bizarreries de ce genre.
Mais tous les donateurs que j'entends croient sincèrement soutenir Wikipedia en finançant les serveurs. Et la WMF ne fait rien pour dissiper la confusion. As-tu essayé de lire les rapports financiers ? Il n'y a rien à en tirer, il faut se taper des heures de recherche pour savoir ce qui est réellement fait des dons.
[^] # Re: Les articles de cet auteur font parler sur Wikipédia
Posté par sobriquet . En réponse au lien Wikipédia gangrené par le militantisme… jusqu'au conflit d'intérêts ?. Évalué à 10. Dernière modification le 05 décembre 2024 à 16:10.
Quand on veut faire un don pour Wikipedia, on le verse à la Wikimedia Foundation. Mais seule une petite part va réellement à Wikipedia et ses projets frères (Wiktionary, Wikisource, etc.). Pour te faire une idée, la Wikimedia Foundation a un budget annuel de 190 millions de dollars et emploie 644 personnes dans le monde. Bien sûr, une partie de ces ressources est utilisée pour les serveurs et le développement logiciel. Mais l'essentiel est consacré à d'autres choses : évènements, concours photo, formations, collaborations avec des musées, archives ou bibliothèques, lobbying, promotion des minorités, conférences, protection juridique, collectes de fonds, accessibilités dans les territoires à faible connectivité, sensibilisation, réduction des biais systémiques, …
Comme un certain nombre de Wikipédiens, je suis d'avis qu'on ne soutient pas réellement Wikipedia en faisant un don, et que les bannières d'appel au don sont manipulatrices, en faisant l'amalgame entre la fondation et l'encyclopédie. Je ne dis pas que les activités financées sont contestables, mais je doute que les donateurs sachent ce qu'ils financent.
[^] # Re: Arrêtez avec les paywall SVP
Posté par sobriquet . En réponse au lien Wikipédia gangrené par le militantisme… jusqu'au conflit d'intérêts ?. Évalué à 10.
L'article pointe du doigt un conflit d'intérêt entre Wikimedia France (WMF) et Les Sans Pages (LSP) : alors que la WMF finançait LSP (de 40 à 80% de ses financements selon les années), la présidente de la WMF était trésorière de LSP et la fondatrice de LSP était membre du comité de gestion des conflits d'intérêts au sein de WMF.
La dite présidente a consulté ledit comité de gestion à ce sujet, qui a conclu, en gros que c'était bien conflit d'intérêt, mais que bon, on manque de bénévoles. La fondatrice de LSP s'était déportée sur se sujet et n'a pas pris part aux délibérations du comité.
L'article évoque ensuite les prise de position militantes de LSP, les critiques que cela suscite, et se prend les pieds dans les procédures wikipédiennes (c'est compréhensible).
Puis c'est le reveal : la présidente de WMF contribue sous pseudo à Wikipedia. Elle en a même été administratrice. Seuls les plus fins détectives et les plus grands habitués le savaient. L'article montre alors facilement qu'avec ce pseudo, "elle n'hésite pas à accuser ses adversaires de transphobie pour les réduire au silence, voire les faire bannir", à généraliser ces accusation de transphobie à tout Wikipedia. Pour elle, le simple fait d'ouvrir un sondage sur le nom de naissance des personnes trans est une agression transphobe. Elle s'est opposée à ce que l'on sanctionne les accusations de comportements discriminatoires lancés sans fondement, au motif que cela relèverait d'une "inflation réglementaire".
Cette présidente a quitté ses fonctions le mois dernier.
Commentaires perso :
Ce qui a beaucoup fait réagir sur Wikipedia, c'est de découvrir l'identité secrète de Kvardek du. Enfin, surtout, que cette identité ait été gardée secrète. J'ai un peu de mal à comprendre pourquoi, mais il y a déjà eu des épisodes semblables par le passé. Je pense en particulier au compte d'un très gros contributeur, qui avait tissé des liens avec d'autres contributeurs, jusqu'à ce qu'on découvre qu'il y avait 5 personnes derrière ce compte. Là aussi, c'est mal passé, beaucoup ont exprimé un sentiment de trahison.
Pour ce que j'ai pu observer, les comportements de la présidente de WMF sur Wikipedia sont fidèlement décrits.
Les débats autour des transidentités, c'est un gros serpent de mer sur Wikipedia en français. Ce sont surtout des débats houleux et épuisants qui mènent de manière très habituelle à des diffamations. Personnellement, je considère ces sujets comme des chasses gardées : il faut être un peu masochiste pour s'y aventurer, et accepter l'idée que ce que l'on écrit aujourd'hui dans une discussion oiseuse sera peut-être ressorti dans 5 ans pour étayer je ne sais quel dossier.
# Du côté des IA
Posté par sobriquet . En réponse au journal Démarchage robotisé. Évalué à 1.
On doit pouvoir trouver des idées du côté de apate.ai, ou en prenant exemple sur Daisy.
# Résumé par ChatGPT
Posté par sobriquet . En réponse au lien « Un geste politique » : pourquoi Firefox continue d’être utilisé, malgré l’hégémonie de Chrome. Évalué à -10.
Mon avis perso : c'est un article qui parle de mode, on aurait tort d'espérer y trouver quelque chose de consistant.
# Critique du papier
Posté par sobriquet . En réponse au lien Team claims human-level AI is impossible — ever. Évalué à 10.
Bien que l'article clame faire très peu d'hypothèses il me semble qu'il fait implicitement des hypothèses très fortes.
En lisant bien l'article, je comprend que l'intelligence de niveau humain est définie comme une intelligence capable de faire toujours mieux que le hasard pour décrire un comportement non-aléatoire. Elle est certainement meilleure que le hasard dans de nombreux cas, mais toujours ? L'article ne précise pas sur quoi cette hypothèse est fondée. Et même pour des données suffisamment complexes, peut-on dire que les humains sont meilleurs que le hasard s'ils abandonnent par épuisement de ressources avant de réussir à fournir une ébauche de description ?
Il me semble plus raisonnable de supposer que l'intelligence humaine fait mieux que le hasard dans la plupart les problèmes qu'elle accepte de traiter, et que parmi les problèmes qu'elle refuse, elle ne ferait pas mieux que le hasard dans un certain nombre de cas. Par exemple, pour prédire le nombre suivant d'une suite déterministe pseudo-aléatoire.
Les auteurs montrent ensuite qu'un algorithme ne peut pas faire le travail d'une intelligence humaine en un temps raisonnable. Ils en concluent qu'un tel algorithme ne peut fonctionner que pour des problèmes assez triviaux. Ce raisonnement n'est pas réaliste. En termes un peu plus formels, un algorithme s'exécute en un temps raisonnable si son temps d'exécution t augmente polynomialement avec la taille n de la donnée. Par exemple,
(j'évite la notation en O pour rester accessible au plus grand nombre). Par opposition, il ne s'exécute pas en un temps raisonnable si ce temps d'exécution augmente exponentiellement, par exemple
. Cela est lié à la croissance très rapide des fonctions exponentielles. Mais en pratique, cela ne dit rien car, bien souvent, des algorithmes à complexité exponentielle sont bien plus rapides que des algorithmes à complexité polynomiale sur la plupart les problèmes de taille usuelle. Par exemple, on préférera souvent exécuter un programme ayant un temps d'exécution
à un autre programme pour lequel
.
Dans le même ordre d'idée, quand on s'intéresse à la complexité algorithmique, on parle en général de la complexité dans le pire des cas. C'est à dire, parmi toutes les données de taille n, le temps d'exécution pour la donnée la plus "réfractaire" au calcul. C'est souvent de peu d'utilité car en général, on va s'intéresser à la complexité dans les cas "utiles", ou bien à la complexité en moyenne. Or, de nombreux algorithmes s'exécutant en un temps non raisonnable dans le pire des cas ont un temps d'exécution raisonnable en moyenne ou dans les cas utiles.
L'article prend une distance avec l'idée selon laquelle l'intelligence humaine serait une sorte d'algorithme. La mise en exergue des risques conceptuels liés à ce réductionnisme est intéressante. Mais la conclusion implicite du papier est que l'intelligence humaine ne peut pas être une sorte d'algorithme, puisqu'aucun algorithme ne peut avoir les performances de l'intelligence humaine.
En toute transparence, je suis très à l'aise avec l'idée que notre intelligence est une sorte d'algorithme. Beaucoup d'entre nous pensons de manière algorithmique des dizaines de fois par jour, pour ne pas dire à longueur de journée. D'ailleurs, un certain nombre de ces algorithmes cognitifs ont une complexité exponentielle… Le substrat de notre pensée, atomes, molécules et champs électriques, sont très propices à l'émergence de phénomènes algorithmiques, et 4,5 milliards d'années de sélection naturelles justifient pour moi très bien la complexité de tels algorithmes "naturels".
A l'inverse, je suis très gêné par les vertus quasi-magiques que l'on ne manque pas de prêter à notre intelligence. Je nous trouve éminemment biaisés pour en juger. On n'a pas non plus forcément les outils pour en juger avec suffisamment de recul. Il est facile et tentant de se juger plus intelligent qu'on ne l'est, d'autant plus que l'intelligence humaine est bourrée de biais. Pour moi, ce papier illustre très bien ce travers, en donnant une définition extrêmement ambitieuse de ce que serait l'intelligence humaine.
# infecte notation ?
Posté par sobriquet . En réponse à la dépêche Y a le Frido 2024 qu'est là. Évalué à 2.
Je suis bien loin d'avoir le niveau agreg, et je ne comprends pas cette phrase :
C'est quoi le problème avec cette notation ? J'avoue avoir du mal à en comprendre les subtilités, et je serais ravi d'avoir une raison de ne pas comprendre :)
[^] # Re: compte "Divers" ?
Posté par sobriquet . En réponse au journal Recherche, projets et financer des projets libres. Évalué à 3.
Je suis plus habitué au demandes de subventions pour les associations, donc c'est peut-être différent dans ton cas. Quand on fait une telle demande de subvention, on doit présenter un budget. Dans ce Cerfa, par exemple, en page 4. Dans la colonne de gauche, il y a différents comptes de charge, et chaque compte est identifié par un numéro, conformément au Plan Comptable Général. Ces numéros suivent une hiérarchie : le compte 6 (charges) contient le compte 62 (autres services extérieurs), qui contient le compte 628 (divers).
Dans l'exemple que je t'ai donné, le compte 628 n'est pas présent, mais ça rentrerait dans "services bancaires, autres".
Autre possibilité : le compte 62 (autres services extérieurs) contient aussi le compte 623 (Publicité, publications, relations publiques), qui contient le compte 6238 (pourboires, dons courants). Dans le Cerfa donné en exemple, on pourrait donc mettre le don dans la ligne "publicité, publication", car cela correspond au compte 623.
S'il s'agit d'un don plus exceptionnel, cela correspondrait plutôt au compte 6713 (Dons, libéralités) et donc, dans le Cerfa donné en exemple, à la ligne "67 - Charges exceptionnelles".
Après, un financeur tatillon pourrait te demander pourquoi il y a un si gros chiffre dans cette case. Tiens toi alors prêt à justifier le montant du don, par rapport aux prix du marché, par exemple.
# compte "Divers" ?
Posté par sobriquet . En réponse au journal Recherche, projets et financer des projets libres. Évalué à 3.
Tu ne peux pas juste imputer le don au compte 628, qui est habituellement employé pour les dons aux associations ?
# Résumé
Posté par sobriquet . En réponse au lien Oracle, la 1ère IA qui joue aux échecs comme un humain. Évalué à 10.
En résumé, le logiciel ne propose pas les meilleurs coups, mais les coups les plus probables, en fonction du niveau des joueurs et du rythme de jeu. Pour cela, il tente d'imiter la pensée humaine, en employant ChatGPT pour la partie intuitive (prédiction de coup) et Stockfish, un logiciel d'échecs, pour la partie analytique.
Alors que ChatGPT seul n'est pas très bon et propose parfois des coups illégaux, l'emploi de Stockfish permet ne de proposer que des coups légaux. Alors que Stockfish propose des coups excellents mais parfois humainement inaccessibles, ChatGPT cherche en priorité des schémas tactiques communs, ce qui est plus conforme à la manière de jouer des humains.
Je trouve cette application des modèles de langage très intéressante et la réflexion sous-jacente est riche. Ce genre de combinaison entre LLM et algorithme classique me semble très prometteur.
# mi figue, mi raison
Posté par sobriquet . En réponse au lien Au Brésil, un juge ordonne la suspension de Twitter "X" . Évalué à 7.
Je me réjouis de voir un clou supplémentaire enfoncé dans le cercueil de X/Twitter.
Néanmoins, cette décision est assez préoccupante à plusieurs titres, et pas que pour le Brésil : Le juge a ordonné à Google et Apple de rendre impossible l'utilisation de l'application sur les smartphones. S'ils obéissent, ce sera un dangereux précédent : les OS gagneraient le pouvoir d'interdire l'exécution de certaines applis. Les autres États ne manqueront pas d'exploiter cette possibilité pour interdire certaines applis, puis à rendre cette fonctionnalité obligatoire. J'en viendrais presque à désirer que X/Twitter distribue un APK qui trompe l'OS.
Le juge a aussi imposé une amende à ceux qui utiliseraient X/Twitter via un VPN. Cette décision sera sans doute peu applicable, et je n'ai aucune affinité pour les VPN. Mais, sur le principe, il a quand même interdit à tous les citoyens brésiliens l'accès à un site web. C'est quelques crans au dessus de saisir un nom de domaine ou d'obliger les serveurs DNS à mentir.
En résumé, par cette décision, le juge a aussi donné une grosse baffe à la neutralité du net et des systèmes d'exploitation. S'il arrive à la faire appliquer, cela pourrait avoir des répercussions sur les utilisateurs du monde entier.