arnaudus a écrit 5206 commentaires

  • [^] # Re: Suite de...

    Posté par  . En réponse au lien Google va tester de « supprimer » les médias de tous ses résultats en Europe pour certains internau…. Évalué à -2.

    L'analogie serait plutôt que l'électricien vient garer sa camionnette Renault, alors du coup tu achèteras une Peugeot même si la Renault est moins chère.

    Ce que je veux dire, c'est que l'intérêt que tu peux avoir à acheter un objet n'est pas corrélé avec le fait que la marque fait de la pub. Choisir de ne pas acheter un produit dont tu as besoin, ou exclure une marque sur une base qui n'est pas liée à la qualité du produit, a priori, ça revient à te priver arbitrairement d'un choix. C'est, je trouve, un choix très surprenant de ne pas boycotter l'entreprise qui crée la nuisance (Amazon), pour préférer boycotter le client d'Amazon…

  • [^] # Re: Suite de...

    Posté par  . En réponse au lien Google va tester de « supprimer » les médias de tous ses résultats en Europe pour certains internau…. Évalué à -2.

    moi je me suis fait une liste de truc a pas acheter avec la pub

    En termes d'interactions sociales, comme tu ne peux avoir aucun espoir raisonnable que la situation des coupures publicitaires puisse changer, je pense que ton comportement s'apparente techniquement à de la malveillance (tu acceptes de payer un coût pour nuire à quelqu'un). C'est comme si tu leur envoyait une lettre avec un timbre et tout pour dire "Chere entreprise machin, je n'aime pas vos publicités, jamais je n'achèterai votre produit".

    Le drame pour toi, c'est que les gens en général ne sont pas malveillants, donc il n'y a aucune chance pour que ce comportement soit généralisé. Les gens sont évidemment agaçés par la publicité, et vont éventuellement arrêter ce regarder les programmes (soit pour faire autre chose, soit pour passer par un autre canal avec moins de pub, éventuellement par un programme payant). En gros, ils acceptent de payer un coût pour améliorer leur expérience.

    Un autre truc dramatique pour nous, c'est que l'efficacité de la publicité ne dépend pas du tout de l'expérience positive qu'on aurait en la regardant. En gros, plus c'est agaçant, répétitif, plus ça stimule une émotion, et plus tu vas retenir ses éléments essentiels (la marque, le produit). On peut donc en déduire qu'interrompre un film pile au moment où c'est intéressant, c'est voulu : ton cerveau va être hyper-disponible pour le message publicitaire.

    Par contre, je doute que l'annonceur soit particulièrement au courant de quand et dans quel contexte Amazon décide de passe sa pub. Il paye juste pour l'annonce, fait probablement quelques choix ciblés sur le public, le type de programme, etc., et il laisse Amazon faire "au mieux".

  • [^] # Re: bah non

    Posté par  . En réponse au journal Le bon sens et le C++. Évalué à 5.

    Je n'ai pas trop compris pourquoi c'était censé marcher, on n'aurait pas le même genre de problème avec la redéfinition d'une méthode dans une classe dérivée? Tous les langages qui autorisent la redéfinition / surcharge vont se comporter de cette manière, quand on supprime l'appel le plus spécialisé, le compilateur va appeler l'appel moins spécialisé, etc.

    Et en fait c'est même pire pour les langages non-compilés qui vont écraser "silencieusement" les déclarations précédentes, puisque quand on supprime la fonction locale on va aller appeler du code qui était mort auparavant.

    Est-ce qu'il y a un contexte où la technique de "je supprime la fonction et ça ne marche plus" fonctionne autrement que par coup de bol?

  • [^] # Re: Suite de...

    Posté par  . En réponse au lien Google va tester de « supprimer » les médias de tous ses résultats en Europe pour certains internau…. Évalué à 10.

    Mouais, je sais bien qu'il peut y avoir des bulles ou des trucs comme ça, mais imaginer que les entreprises dépensent des milliards pour des choses qui ont "un faible intérêt" me semble risqué… Est-ce que ça n'est pas une confusion entre ce qui est vrai et ce qu'on souhaiterait être vrai?

    Moi j'ai toujours eu un doute sur la plus-value de la publicité ciblée, notamment par rapport aux investissements colossaux qui sont nécessaires (mise au point et mise à jour continue des trackers, concurrence féroce, bande passante ahurissante, stockage en analyse de Po de données hétérogènes et polluées…). Il n'y a pas besoin de savoir quand et où tu vas aux toilettes pour te vendre du PQ… Mais il ne faut pas oublier que la publicité est souvent un jeu à somme négative. Il existe quelques campagnes de pub dont l'objectif est de stimuler le marché (style "les produits laitiers"), mais la règle c'est que la publicité est concurrentielle : on dépense de l'argent pour gagner des parts de marché sur un marché saturé, les concurrents le font aussi, les marges en prennent un coup et les prix augmentent. Au final, le consommateur y perd (il se fait polluer la vie par la publicité et en plus il paye ses produits plus cher), les industriels y perdent (ils dépensent dans la publicité juste pour maintenir leurs parts de marché). Les seuls gagnants sont ceux qui vivent du système : publicitaires, brokers de données, et ceux pour qui la pub est un revenu (chaines de TV, Cinémas, journaux, sites web…), mais certainement pas ceux qui achètent la pub.

  • [^] # Re: La 3G suivra bientôt

    Posté par  . En réponse au journal La fin de la 2G : quelles solutions pour une communication stable et flexible ?. Évalué à 3.

    Donc si j'ai bien compris ton argument, pas de banque, pas d'assurance pour une partie de la société, parce qu'elle n'est pas rentable.

    Je ne comprends pas où tu veux en venir. Les banques ou les assurances sont des entreprises commerciales, elles n'exercent pas un service public. Elles sont en droit (et c'est légitime) de facturer un service en fonction de la rentabilité potentielle (par exemple, une assurance peut augmenter les cotisations si ton profil est "à risques"), ou de ne pas te fournir ce service si elles estiment que c'est trop risqué ou que c'est à perte pour elles.

    Note que pour la banque, il existe un droit au compte bancaire; la Banque de France peut forcer une banque commerciale à t'ouvrir un compte "de base" sous certaines conditions.

    Tu trouves ça bien

    Je trouve ça logique, je n'ai pas porté de jugement de valeur. Un commerce n'est pas un service public.

    tu pointes un problème de fonctionnement d'une société basé sur la cupidité

    Je ne suis pas vraiment convaincu que j'aimerais vivre dans une société où il existerait un droit à imposer des besoins fantaisistes à des tiers, particuliers ou entreprises. Je trouve ça bien que la loi règlemente les besoins nécessaires à la vie en société (par exemple, imposer un accès aux handicapés, même si ça coute de l'argent aux entreprises); par contre, ça fait partie des interactions sociales ordinaires que de voir se refuser l'accès à un service parce qu'on a des besoins personnels que l'entreprise ne souhaite pas fournir, pour une raison ou pour une autre. Rentrer dans un restaurant et exiger un plat végétarien par exemple, rentrer dans un magasin de mobylettes et exiger un modèle électrique, ou rentrer dans une banque et exiger un service à distance sans smartphone. Tes besoins peuvent être motivés par des raisons personnelles, religieuses, politiques, ou financiers, mais il n'empêche que le reste du monde n'a pas à les couvrir ; c'est à toi de chercher comment tu peux trouver le service dont tu as besoin.

    Je trouve également logique que la facturation soit proportionnée au coût réel du service. Si j'ai une voiture de collection et qu'il faille faire venir les pièces détachées du bout du monde, c'est normal que ça soit plus cher pour moi que pour moi voisin qui fait changer les plaquettes de sa clio. Le service est différent, donc le coût est différent; quand tu as des demandes plus précises et plus complexes, il est logique que tu payes plus cher. Tu sembles t'indigner que parfois, les requêtes sont plus complexes parce que tu es pauvre, mais tu ne fais qu'opposer deux logiques tout à fait légitimes et je ne vois pas pourquoi par principe l'une prévaudrait sur l'autre. Il me semble plus sain que l'État mette à disposition un système de subventionnement pour compenser le manque à gagner pour les entreprises, plutôt que d'imposer par la loi de commercialiser des services non-rentables.

  • [^] # Re: autre dimension?

    Posté par  . En réponse au lien Pollution du spectre électro-magnétique par l’industrie numérique. Évalué à 2.

    Ça doit être parce que tu dois avoir un biais vers les sources scientifiques :-)

    En ce qui concerne l'observabilité du ciel, il y a un problème assez clair avec les outils super-précis des observatoires scientifiques et/ou la pollution de bandes de fréquences importantes. Pour les ondes radio, c'est probablement difficile de contourner le problème, pour la pollution lumineuse, j'imagine que les ingénieurs sont capables avec le temps de trouver des stratégies pour limiter les problèmes (observer le ciel depuis la terre est déja très sous-optimal, entre la météo, les perturbations de l'atmosphère, et l'absorption de nombreuses longueurs d'onde…).

    Pour l'astronomie amateur, c'est juste une question de principe, parce que les satellites en orbite basse ne gênent pas vraiment l'observation (on les voit passer, mais ils ne gênent pas; on ne les voit qu'au crépuscule et à l'aube, où de toutes manières le ciel n'est pas assez noir pour les observations, et de toutes manières depuis un point sur Terre on ne voit qu'environ 1% de l'orbite basse, donc seulement quelques satellites à la fois sur 20000 degrés carrés de voute céleste…). Ils passent vite et on peut les retirer des photos numériques (ça n'aurait pas été possible avec des photos argentiques). La pollution lumineuse des villes, ça c'est un vrai problème pour l'observation, les satellites artificiels, bof hein.

  • [^] # Re: Mon avis

    Posté par  . En réponse au message LLM et offres d'emploi. Évalué à 2.

    on peut aussi faire un truc qui est un poil moins scolaire,

    Les LLMs sont quand même souvent capables de gérer pas mal de choses… Il ne faut pas partir du principe qu'ils ne savent répondre qu'à des requêtes simples.

    Par contre, c'est très très difficile de repérer les manipulateurs (ce que tu appelles les escrocs), même pour un professionnel, et je pense que tu peux partir du principe que tu ne les repèreras pas, sauf par exemple si tu as l'impression que le candidat est "trop parfait" (il a deviné tes attentes et y a répondu sans aucun lien avec la réalité). Le seul moyen de confronter un manipulateur c'est des tests d'aptitude en conditions réelles (un entretien en anglais, 10 minutes devant un ordinateur et un bout de code à faire en temps réel et en expliquant, etc), même si un très bon manipulateur peut quand même s'en sortir (en te tirant les vers du nez sans que tu le réalises, ou en t'embobinant sur la raison pour laquelle il n'a pas pu faire le test—il ne faut jamais sous-estimer les capacités des escrocs à se tirer de situations apparemment inextricables). Mais dans les faits, le manipulateur se débrouillera toujours pour que tu n'aies pas recours à de tels tests. Du coup, à mon avis, la seule chose que tu peux faire est de garder en tête que quelles que soient les circonstances, il y a toujours une possibilité pour que la personne en face de toi soit un manipulateur (et surtout, ne jamais se convaincre que le candidat n'en n'est pas un).

  • [^] # Re: Entrtien techniques

    Posté par  . En réponse au message LLM et offres d'emploi. Évalué à 4.

    Précisément. Savoir se servir d'une IA, ça pourrait passer comme une compétence super utile?

    Je doute que de se servir d'un outil en le cachant à son employeur soit une qualité recherchée… Le test sert peut-être à repérer les champions qui vont copier-coller les rapports confidentiels dans chatGPT pour les traduire parce qu'ils ont pipeauté leur niveau d'anglais dans leur CV? :-)

    Tout dépend du contexte, mais produire deux bouts de code, l'un qu'on a sorti spontanément, l'autre qu'on a affiné avec Google et ChatGPT, ça va représenter à la fois son propre niveau et sa capacité à se documenter, tout en mettant en avant l'honnêteté de la démarche et le respect de ses futurs collègues (on ne considère pas l'entretien comme une compétition où l'employeur essaye de piéger les candidats et où les candidats se permettent de tricher sur leurs capacités).

    Gruger sur les CV ou les entretiens, ça en dit pas mal sur les gens, leur confiance en eux, la manière dont ils se projettent dans leur job, etc. D'après un DRH avec qui j'en avais parlé, seuls les manipulateurs passent à travers les gouttes, mais c'est un trait de personnalité, pas quelque chose qu'on peut travailler (même si on le veut de toutes ses forces, on ne peut pas devenir manipulateur). Si tu poses la question "est-ce que c'est convenable de pipeauter sur ses capacités professionnelles" sur un forum, c'est sûr que tu es hors de cette catégorie.

  • [^] # Re: Vraiment ?

    Posté par  . En réponse au journal Entre imitation et biais systématiques : les supercheries de l’intelligence artificielle by chatgpt©. Évalué à 2.

    Pour moi, c'est exactement un argument de la cible mouvante. Maintenant, ça ne suffit plus qu'il simule l'intelligence de manière crédible, il faut qu'il puisse prouver qu'il le soit, qu'il soit créatif, qu'il soit meilleur qu'un humain, etc. C'est sans aucune fin. Quand tu ne veux pas admettre que les LLMs remplissent presque toutes les cases d'une intelligence artificielle, tu trouves tout un tas d'excuses pour lui refuser le statut. Je remarque souvent de toutes manières que les détracteurs des LLMs n'ont aucune réelle idée de leurs capacités en pratique. Les arguments sont un peu toujours les mêmes, "ça n'est que des algorithmes de complétion", "ça leur arrive d'halluciner", etc. Ça n'est que des arguments théoriques, et la grande majorité d'entre eux peuvent être facilement démontés en vérifiant par soi-même (comme le coup du jeu de société; l'argument partait du principe même que c'était impossible alors qu'il suffisait de vérifier que c'était parfaitement possible.

  • [^] # Re: Vraiment ?

    Posté par  . En réponse au journal Entre imitation et biais systématiques : les supercheries de l’intelligence artificielle by chatgpt©. Évalué à 2. Dernière modification le 08 novembre 2024 à 14:29.

    Oui, justement, c'est à ce genre de trucs que je pensais : en gros, l'IA arrive à faire quelque chose de pas trop tarte, mais qui reste loin du génie du compositeur initial. C'est tellement prévisible… C'est quand même dommage de ne pas plus insister sur le fait que finalement, ce qu'il fait reste acceptable, et probablement mieux que 99% des humains.

    Au passage, dans l'histoire, on s'est souvent accommodés de cas similaires, l'Adagio d'Albinoni a été recomposé au XXe siècle à partir de traces (ce qui ne l'a pas empêché de connaitre un certain succès), et pire encore, le Requiem de Mozart a été terminé par ses élèves (sa femme avait besoin du pognon, et il fallait donc absolument livrer une version terminée); moi je trouve en tout cas que tout ce qui suit le Lacrimosa n'a aucun intérêt… Du coup, finalement, l'IA fait comme un compositeur moyen qui doit finir une oeuvre d'un maitre!

    (Je ne fais pas de remarques sur le fait que c'est probablement plus facile d'imiter Beethoven que Bach, mais disons qu'il y a des candidats éventuels pour des compositeurs qui ont pu égaler Beethoven :-) ).

  • [^] # Re: Vraiment ?

    Posté par  . En réponse au journal Entre imitation et biais systématiques : les supercheries de l’intelligence artificielle by chatgpt©. Évalué à 5.

    Je m'auto-réponds, parce que j'ai fait le teste, et chatGPT s'en est très bien sorti. J'ai inventé un jeu pas trop complexe:

    Je souhaite que tu joues à un jeu de société contre moi. Voici les règles: nous avons chacun un pion sur un parcours circulaire de 10 cases, numérotées de 0 à 9. Chacun notre tour, nous pouvons choisir de lancer un ou deux dés. Nous avançons alors le pion du total des dés. Si nous tombons sur le pion de l'adversaire, nous l'envoyons sur la case 0 et nous marquons un point. Le gagnant est le premier à arriver à 3 points. Je commence sur la case 0 et tu commences sur la case 1. Tu es le premier joueur. C'est moi qui jette les dés, tu me dis combien de dés tu jettes et je le fais à ta place. As-tu compris les règles?

    Le transcrit est un peu long, mais en résumé, il a très bien compris. À chaque tour, il faisait le décompte d'où étaient les pions. Il ne s'est jamais trompé sur la somme des dés ou sur la case atteinte. Il m'a défoncé, 3 à 1 d'ailleurs, mais je n'ai pas triché avec les lancers et il a eu un peu de chance. Il a fait une seule erreur, à un moment, c'est moi qui suis tombé sur lui et il s'est mis un point, je lui ai fait remarquer et il a corrigé. Il a pris les mêmes décisions que moi sur le lancer des dés (moi je comparais les probas de tomber sur l'autre avec un dé ou deux dés), à la fin je lui ai demandé comment il avait choisi sa stratégie, et il m'a répondu :

    Bien sûr ! Pour expliquer mes choix, j'avais tendance à opter pour lancer deux dés dans des situations où je pouvais soit prendre de l'avance rapidement, soit espérer tomber sur la case de l'adversaire. Lancer deux dés augmente mes chances d'atteindre une case plus lointaine et peut potentiellement me permettre de marquer un point si je tombe sur ton pion.

    C'est finalement très humain, alors que c'est vrai qu'on se serait attendu à un calcul de probabilités. Ceci dit, si quand il dit "prendre de l'avance" il "pensait" mettre son pion à plus de 6 cases du mien, alors il a été plus loin que moi parce que je n'avais pas pensé à ça (je n'ai pas adopté de stratégie défensive).

    Bon, en tout cas, en ce qui me concerne, "jouer à un jeu de société", je considère qu'il sait le faire. Il n'a pas mathématisé le jeu, mais il a compris les règles, il les a appliquées, il a fait une erreur qu'il a corrigée quand je lui ai fait remarquer… Ça m'a l'air très très similaire à ce qu'aurait fait un humain dans la même situation.

    C'est super-important de tester ses intuitions sur l'IA. J'arrête pas de me "disputer" sur ce forum avec des gens qui disent "ouais mais les LLMs ne savent pas faire ci ou ça" : bah arrêtez de théoriser, faites le test. Qu'es-ce que tu risques à faire le test, à part de te faire douter de tes certitudes?

  • [^] # Re: Vraiment ?

    Posté par  . En réponse au journal Entre imitation et biais systématiques : les supercheries de l’intelligence artificielle by chatgpt©. Évalué à 3.

    Pour la question de la cible qui bouge c'est surtout qu'on a du mal à définir, et même à se mettre d'accord sur ce qu'es l'intelligence.

    Du coup, tu définis une cible, l'ordinateur l'atteint, et tu dis "ah oui mais non, c'est parce qu'il calcule, attends, je vais définir une nouvelle cible", et tu répètes à l'infini. Je trouve que c'est exactement un argument de la cible qui bouge, tu veux que l'ordinateur fasse toujours plus et jamais tu ne prévois de t'arrêter en disant "bon OK, là c'est quand même assez proche de l'intelligence pour que j'accepte de le qualifier d'IA".

    Alors, le scoop, c'est que quelque soit les objectifs atteints, ça sera toujours par le calcul (parce qu'un ordinateur ne sait faire que ça). Soit tu pars du principe que l'intelligence ne peut être qu'humaine (dans ce cas, ça ne sert à rien de mettre des critères pour l'ordinateur), soit tu acceptes qu'il y a moyen d'être apparemment intelligent sans reproduire strictement en interne le fonctionnement d'un cerveau, auquel cas les LMMs sont des très bons candidats pour être qualifiés d'IA.

    Bref, de mon point de vue, lorsque le même (programme / machine) sera capable d'apprendre à jouer à des jeux de sociétés, passer le bac, jouer à des jeux vidéos (et choisir ses jeux vidéos), le tout sans une supervision intensive, ni devoir faire 15000 partie pour avoir un niveau correcte, alors on pourra parler d'intelligence.

    "sans supervision", tu demandes l'impossible. Un humain a besoin de supervision pour passer le bac (il a besoin d'environ 15 ans de supervision 200 jours par an 7h par jour sans compter l'effet de la famille, on est quand même proche de tes 15000 parties), ou pour apprendre un jeu de société.

    Je ne l'ai jamais fait, mais je pense que ChatGPT est probablement capable d'apprendre de jouer à un jeu de société. Tu inventes un jeu (pour être certain qu'il n'est pas dans le corpus), tu lui expliques les règles, tu fais une partie avec lui, tu lui expliques éventuellement là où il s'est trompé ou là où il y avait une ambiguité dans les règles, et tu regardes s'il prend à peu près les bonnes décisions. Ça ne m'étonnerait pas qu'il s'en sorte honorablement; si j'ai le temps un jour je ferai un essai.

  • [^] # Re: Vraiment ?

    Posté par  . En réponse au journal Entre imitation et biais systématiques : les supercheries de l’intelligence artificielle by chatgpt©. Évalué à 6.

    Tu as des travaux très intéressants en philosophie de l'esprit (bon, pas beaucoup en France, puisque la philosophie y est ancrée dans une dimension littéraire qui n'a pas beaucoup d'intérêt), qu'il faut distinguer du gloubiboulga médiatique actuel…

    Il y a une position que j'ai du mal à comprendre, c'est que la conscience est une propriété émergente d'un cerveau, et que les IA n'ayant pas de cerveau, elles ne peuvent pas par définition avoir de conscience. Je veux dire, c'est cohérent d'une certaine manière, mais je trouve que ça n'a aucun intérêt (la réponse est dans la définition).

    Quelque chose de spécialement gênant avec les LLMs, qui est quelque part complètement nouveau dans la reflexion, c'est que les LLMs ne génèrent pas de pensée par eux-mêmes : ils alignent des mots de manière cohérente avec un corpus de référence. Il est donc très tentant de dire qu'ils n'ont aucune intelligence, ils ne font que recopier des patterns qu'ils ont appris et intégrés sans "comprendre" quoi que ce soit (c'est l'argument de la "chambre chinoise"). C'est un argument intéressant, parce qu'il touche profondément à la définition d'intelligence. Quelque part, ça exclut la possibilité d'évaluer l'intelligence par l'étude de la manifestation de l'intelligence (par exemple, par des questions, ou par une observation du comportement). Ce que ça dit, c'est que si tu veux déterminer si quelque chose ou quelqu'un est "intelligent", il faut avoir accès à ses processus internes (IRM pour un cerveau, déboggage pour un algo, etc). C'est un peu bizarre, et c'est totalement contre-intuitif (on sait qu'Einstein était intelligent sans lui faire passer d'IRM).

    C'est un truc que j'ai répété plusieurs fois donc je ne vais pas écrire une nouvelle tartine dessus, mais il faut faire attention à ne pas trop changer la définition d'intelligence en fonction des avancées techniques : c'est un raisonnement fallacieux ("la cible qui bouge"). Au XIXe siècle, le summum de l'intelligence c'était le jeu d'échecs; quand les ordinateurs ont commencé à gagner contre les meilleurs humains on a dit "ah oui mais non, en fait c'est que du calcul, donc ça n'a rien à voir avec l'intelligence. Par contre le go ça c'est de l'intelligence". Et puis le go a été maitrisé par les ordis, alors on a encore changé la définition, vers la maitrise du langage par exemple ("la traduction automatique est un processus impossible pour un ordinateur parce qu'il ne comprends pas le contexte", etc). Puis avec les LLMs, la maitrise du langage est quasiment parfaite, donc on va encore changer de cible ("ah oui mais non, le langage il l'a appris en lisant ce que des humains ont écrit [entre nous, j'aimerais bien rencontré la personne qui a appris le langage sans lire ou écouter d'autres humains], il faudrait montrer que les IA ont des capacités créatrices, etc"). Au passage, ça commence à mettre la barre au-delà de ce qu'un humain moyen est capable de faire, parce que certes, chatGPT ne sait probablement pas composer une fugue aussi bien que Bach, mais moi non plus, et aucun des ~ 10 milliards d'humains qui sont nés après Jean-Seb non plus, donc le critère est peut-être un chouilla exigeant…

    En fait, les LLMs ont des capacités tout à fait comparables, voire largement supérieures, à ce que les gens du XXe siècle décrivaient quand ils parlaient d'intelligence artificielle. Je trouve qu'il faut pas mal de mauvaise foi pour prétendre qu'il ne s'agit pas de systèmes IA, imparfaits certes, mais qui simulent de manière très convaincante l'expression de l'intelligence par le langage. Ça ne veut évidemment pas dire qu'on va tous perdre notre boulot à cause de ça!

  • [^] # Re: autre dimension?

    Posté par  . En réponse au lien Pollution du spectre électro-magnétique par l’industrie numérique. Évalué à 2.

    À ma connaissance, les gens qui lancent les satellites ne le feraient pas s'il y avait une probabilité pour que tout ça finisse en petits morceaux d'ici quelques années…

    Le point clé, c'est évidemment le manque de régulation internationale. C'était une idée apparemment universaliste de dire 'l'espace est à tout le monde', mais évidemment ça a fait que les Russes se sont amusés à dégommer des cibles dans l'espace en créant des gazillons de débris, que les Chinois abandonnent leurs étages de fusées en orbite basse sans les désorbiter… Il existe des "bonnes pratiques", mais le respect des bonnes pratiques, c'est pas obligatoire. En plus, c'est une bonne pratique de désorbiter les satellites, mais évidemment ça éjecte quand même des particules dans l'atmosphère, c'est pas top.

    De toutes manières, je ne dis pas que c'est une bonne idée d'envoyer des flottes de dizaines de milliers de satellites, parce que je ne suis pas sûr de comprendre le problème que c'est censé régler. Mais quand l'argument principal est "ne faites pas ça ils vont se rentrer dedans", et que les industriels prouvent par la pratique qu'ils maitrisent suffisamment les trajectoires et les prévisions de collisions pour qu'en pratique ça n'arrive pas, bah l'argument ne tient plus.

  • [^] # Re: Article original

    Posté par  . En réponse au lien [FuiteFree] Et si les données n'avaient pas été vendues ?. Évalué à 2.

    Je ne connaissais pas le site, mais je confirme que le contenu est merdique.

  • [^] # Re: autre dimension?

    Posté par  . En réponse au lien Pollution du spectre électro-magnétique par l’industrie numérique. Évalué à 2.

    Le problème c'est que le syndrome de Kessler a été utilisé comme un argument contre le lancement de ces flottes de satellites. Donc ça ne va pas tellement plaire de dire qu'en fait ce n'est pas un bon argument. Il y a une partie substantielle de l'opposition aux flottes de satellite qui a des racines technophobes, et les technophobes utilisent les concepts scientifiques en sens unique (seulement quand ça les arrange).

  • [^] # Re: Ouai

    Posté par  . En réponse au lien Ce que la présidence de Trump présage pour la tech. Évalué à 4.

    Je crois que le problème c'est qu'on est bien contents d'être alliés avec un pays qui dépense 3.5% de son PIB dans la défense quand nous on en dépense moins de 2%. Ça vaut bien de féliciter le vainqueur des élections en se bouchant un peu le nez.

    Au passage, ils dépensent aussi 3.5% de leur PIB en recherche et développement, contre 1.4% en Europe. Alors ils ont des grosses fusées et des ordinateurs qu'on peut leur acheter.

    Tout le monde est d'accord pour avoir une Europe plus indépendante, mais évidemment, quand il faut raquer, il n'y a plus personne, alors on va voir les USA et on leur demande s'ils ne peuvent pas nous dépanner.

  • [^] # Re: Article original

    Posté par  . En réponse au lien [FuiteFree] Et si les données n'avaient pas été vendues ?. Évalué à 6.

    En tout cas je n'ai rien compris à cette histoire de voler les données sur les serveurs de Free pour dénoncer la volonté de l'État français de mettre en place une politique de surveillance. Est-ce que quelqu'un a pigé la logique, ou est-ce que c'est une sorte de gloubiboulga sans queue ni tête sur le mode "je suis un pirate nik la vie privée"?

  • [^] # Re: La 3G suivra bientôt

    Posté par  . En réponse au journal La fin de la 2G : quelles solutions pour une communication stable et flexible ?. Évalué à -3.

    Le point de vue de Nicolas: le monde se divise en deux catégories: les gens éclairés (comme lui) et les moutons.

    Le monde d'aujourd'hui : le monde se divise en deux catégories: ceux qui ont un flingue chargé et ceux qui creusent.

    On se demande bien à quoi ça sert d'être éclairé si on passe sa vie à creuser sous les ordres des moutons qui tiennent le flingue!

    Remarque, pour celui qui tient le flingue, ça ne change rien. Celui qui creuse, pour lui, c'est important : mieux vaut se persuader qu'on creuse parce qu'on est éclairé, c'est rassurant (ça veut dire au moins qu'on creuse pour une raison noble). Étrangement, le fait que ça soit vrai ou pas n'a aucune importance…

    En tout cas, c'est un peu désolant de se rendre compte que pour certains, toute discussion un tantinet politique revient à partir du principe que ceux qui sont en désaccord sont des cons, des moutons, des fascistes, ou tout à la fois, et que la discussion doit forcément impliquer de les insulter. Ce n'est pas comme ça qu'on construit une société.

  • [^] # Re: Souvenirs souvenirs

    Posté par  . En réponse à la dépêche Sortie de LyX 2.4. Évalué à 4.

    Overleaf ça marche avec un client web, ça peut être auto-hébergé. Le logiciel est libre, mais l'entreprise qui gère le truc ajoute des fonctionnalités à elle sur le site officiel (le logiciel sans les fonctionnalités reste très utilisable). Je ne sais pas si c'est facile à installer. Apparemment il existe un guide (https://www.reddit.com/r/LaTeX/comments/1as53qy/an_easy_guide_to_selfhost_overleaf_community/?rdt=47545).

  • [^] # Re: La 3G suivra bientôt

    Posté par  . En réponse au journal La fin de la 2G : quelles solutions pour une communication stable et flexible ?. Évalué à 3.

    Si la banque pense faire de l'argent avec les clients qui ont ton profil, elle fera le nécessaire pour te garder chez elle. Si elle ne fait pas d'effort ou qu'elle t'encourage à faire jouer la concurrence, c'est qu'elle a calculé qu'elle ne ferait pas d'argent avec toi. Et si les autres banques ne font rien pour t'attirer, c'est que ton profil n'est pas rentable.

    Après, tu peux penser que toutes les banques se trompent et que tu es le meilleur client du monde, mais ça a l'air peu probable. C'est le même principe que lorsque ton assureur ne renouvelle pas ton contrat à la suite de plusieurs sinistres. Peut-être que tu es juste malchanceux. Mais si aucune autre assurance ne souhaite te reprendre, c'est que les statistiques disent que ça n'était probablement pas de la malchance. S'il y avait un espoir de gratter du pognon et des parts de marché, elles ne se gêneraient pas!

  • [^] # Re: La 3G suivra bientôt

    Posté par  . En réponse au journal La fin de la 2G : quelles solutions pour une communication stable et flexible ?. Évalué à 3.

    Et donc tu assumes parfaitement que les personne agées qui ne sont pas familières des technologies et pas "pleines aux as" vont être abandonnées en route. Ça aussi, c'est un état d'esprit, hein!

    Mais je ne comprends même pas la question. Il n'y a rien à assumer du tout. C'est juste normal qu'une entreprise te facture un service coûteux, ou refuse de te fournir ce service. Que le service en question existait avant ou non n'a rien à voir avec ça.

    Imagine que tu sois pizaiolo, tu avais l'habitude de faire livrer tes pizzas gatuitement. Un jour, tu fais tes comptes, et tu t'aperçois que ça te coûte 6€ par pizza, ce qui prend toute ta marge. Tu vas donc dire "OK, je vous facture la livraison 6 €". Tu perds quelques clients par jour, mais en fait tu ne perds pas d'argent puisque ta marge opérationnelle était à 0 sur les pizzas livrées. La majorité des gens vont préférer se déplacer plutôt que de payer 6€, et tu ne livres plus que 3 pizzas par soir, ce qui te coûte 25€ par pizza vu les frais fixes. Tu ne peux plus vendre les pizzas 12€ + 25€ de livraison, donc tu arrêtes juste de les faire livrer.

    Tu n'as abandonné personne en route. Tu as juste fait évoluer tes services et réajusté tes prix et ta stratégie en fonction de tes coûts fixes, de tes coûts variables, de la perte d'exploitation engendrée par l'arrêt du service. Peut-être que l'autre resto de pizzas de la ville continue à livrer, et a donc augmenté son chiffre, peut-être pas. S'il décide de livrer les pizzas bénévolement, tant mieux/tant pis pour lui, ça n'est pas ton problème. S'il décide de ne plus livrer de pizzas parce qu'il a fait le même calcul que toi, bah les pizzas ne seront plus livrées, mais encore une fois, cette décision n'a pas été prise pour nuire aux clients ou à qui que ce soit. Et si quelqu'un vient te voir pour râler parce qu'il n'a pas de voiture et ne peut pas se déplacer, qu'avant tu livrais les pizzas gratuitement et que maintenant tu ne livres plus du tout, tu vas juste lui répondre que tu es désolé mais que tu ne livres plus les pizzas, le service n'existe plus, c'est dommage, et c'est tout, il n'a qu'à manger des nouilles chinoises. C'est quand même toi qui décides si tu livres les pizzas ou non, et ça n'est pas le client qui décide que tu dois rogner sur ta marge pour lui livrer les pizzas parce qu'il trouve ça normal d'avoir les pizzas livrées.

    Si tu penses qu'une banque ou qu'un commerçant devrait faire ci ou ça, ouvre une banque ou un commerce à toi. Tu pourras décider tout seul des services "gratuits" que tu rends, comme ça, tu prendras sur ta marge à toi pour faciliter la vie des personnes âgées ou des râleurs. Parce que jusqu'ici, ton état d'esprit, c'est surtout d'expliquer aux autres comment ils doivent dépenser leurs sous pour satisfaire à tes besoins. C'est toujours plus facile de dépenser les sous des autres.

  • [^] # Re: La 3G suivra bientôt

    Posté par  . En réponse au journal La fin de la 2G : quelles solutions pour une communication stable et flexible ?. Évalué à 2.

    La vérité crue est que vous êtes peu nombreux et trop chiant et pas rentables au point de n’intéresser personne.

    En tout état de cause, Mamie PleineAuxAs va garder un service privilégié au Crédit Suisse, par exemple. Elle aura un conseiller bancaire qui se déplace à domicile avec du café et des chouquettes et qui va l'aider à choisir ses placements.

    Le problème c'est évidemment quand on est à la fois exigeant ET radin (ou pauvre). Ces clients là, les entreprises sont bien contentes de s'en débarrasser!

  • [^] # Re: La 3G suivra bientôt

    Posté par  . En réponse au journal La fin de la 2G : quelles solutions pour une communication stable et flexible ?. Évalué à 2.

    voler au secours de la merdification généralisée des services

    C'est toi qui parles de merdification, mais ça n'est pas le sujet. Numériser, ça ne veut pas dire merdifier. Quand on remplit un formulaire à l'avance pour renouveller une pièce d'identité, c'est très pratique, on n'a pas à le faire sur un coin de table sans avoir le temps de tout lire avec un stylo pourri. Ne pas avoir à se trimballer tout un tas d'attestations et de cartes, ce n'est pas de la merdification. Pouvoir ordonner un virement bancaire immédiatement sans aller au guichet de la banque, ça n'est pas de la merdification. Beaucoup de gens fuiraient une banque qui ne propose pas ce genre de services, par exemple.

    À partir du moment où une large partie de la clientèle demande et utilise des services numériques, la question du coût et de l'opportunité de maintient du système précédent se pose. Et quand le point de bascule de la rentabilité est passé, l'ancien système disparait. Évidemment, ça veut dire qu'une frange de clients est perdue, mais c'est assumé, c'est juste que ces clients ne sont pas rentables. Tu peux évidemment essayer de leur facturer le service pour les rendre rentables de nouveau, mais c'est souvent difficile pour des raisons légales ou contractuelles, et il est plus simple de les encourager à quitter le bateau, éventuellement pour les refourguer à la concurrence (parce que oui, refourguer les clients non-rentables à la concurrence peut être intéressant—c'est typiquement ce que font les assureurs).

    Moi je ne trouve pas la situation malsaine. Les entreprises choisissent un mode de communication privilégié, une sorte de compromis entre leur rentabilité et la demande des clients. Si ce mode de communication ne plait pas, le client peut changer de fournisseur, en payant éventuellement le prix du service. Mais quand le service est trop coûteux, que les clients intéressés sont trop peu nombreux et ne souhaitent pas payer assez pour compenser le service, alors ça devient un marché de niche : soit le service disparait totalement, soit il est facturé à prix d'or et maintenu pour quelques clients privilégiés, soit il faut passer par des intermédiaires qui facturent le service. Tu pourrais par exemple payer quelqu'un pour qu'il fasse les virements électroniques à ta place, avec une procuration et tout le système qui va avec.

    ce sont ceux qui la refusent qui sont anormaux, ça ne risque pas d'inverser la tendance.

    Mais je ne veux pas inverser la tendance. En tant que client d'une entreprise, je ne veux pas que d'autres bénéficient d'un service coûteux dont je n'ai pas besoin (typiquement, une assurance redondante sur un contrat bancaire), parce que je préfèrerais payer moins cher. En tant qu'usager d'un service public, je ne veux pas contribuer équitablement à un service que certains compatriotes rendent coûteux par un choix personnel. Par exemple, ça ne me pose pas de problème de payer pour un accès pour les handicapés dans les gares, par contre ça me pose un problème de payer pour des toilettes pour chiens ou pour un parking gratuit. "C'était comme ça avant" n'est pas un argument, il y a plein de choses qui étaient comme ça et qui ne sont plus comme ça, et c'est très bien. Le "droit du dinosaure" n'existe pas, ni dans la loi, ni dans les contrats; les services apparaissent et disparaissent au fil de l'évolution de la société, et l'obsession pour le low cost et le pouvoir d'achat n'encourage vraiment pas le maintien de services non-rentables.

    Après, tu peux essayer de plaider pour un droit du dinosaure. Avec l'augmentation de l'espérance de vie, on voit bien que les personnes âgées peuvent passer 20, 30, ou 40 ans en se sentant complètement exclues d'une société dont elles ne comprennent plus le fonctionnement; elles ne comprennent plus le métier que font leurs petits enfants, elles ne comprennent plus comment programmer leurs radiateurs ou comment acheter un billet de train. C'est un programme politique, je suis sûr que tu aurais des chances aux élections :-)

  • [^] # Re: Vraiment ?

    Posté par  . En réponse au journal Entre imitation et biais systématiques : les supercheries de l’intelligence artificielle by chatgpt©. Évalué à 6. Dernière modification le 06 novembre 2024 à 17:41.

    Non, mais il y a des gens que ça excite de faire les questions et les réponses et de s'emballer tout seuls.

    Par exemple, personne de raisonnable n'a jamais prétendu que ces programmes avaient une certaine forme de conscience. Pour dire si ça "pense" ou pas, il faut définir ce que "penser" veut dire. Pour moi, penser, ça veut dire solliciter son cerveau par soi-même, ce que ces programmes ne font pas.

    Quand on connait son fonctionnement, on sait bien qu'il ne sait pas manipuler de concepts ni d'outils logiques, il ne manipule que les symboles. C'est par contre indéniablement intéressant de réaliser en pratique à quel point ça fonctionne bien.

    Il y a au contraire des gens "bien intentionnés" qui nient les capacités des LLMs, sur la base de "c'est juste un programme de complétion automatique". Oui, en effet, mais c'est un programme de complétion automatique qui fait mieux que la très grande majorité des humains sur un très grand nombre de tâches. En fait, c'est ça la clé : par leur conception, ces modèles ne pourront probablement jamais faire mieux que le meilleur humain sur une tâche donnée; par contre, ils pourront faire mieux que la très, très grande majorité des humains. Or, aucune organisation ne peut embaucher le meilleur humain sur toutes les tâches à effectuer, donc en pratique ça n'est pas du tout un problème d'avoir un résultat sous-optimal.

    Peut-être que ça peut énerver de réaliser qu'une machine qui ne sait pas penser fait mieux que nous sur 95% des tâches qu'on pensait réservées à l'esprit humain, mais une réalité énervante reste une réalité. Les résultats des élections dans les autres pays m'énervent souvent (dans le mien aussi d'ailleurs), mais je ne vais pas nier ce résultat pour autant. Bah pareil quand chatGPT fait un truc de manière convaincante.