Bien entendu. Je suis bien évidemment conscient que la féminisation des textes (telle que pratiquée ici) bafoue les règles, et que c'est une évolution critiquable. Ce qui m'agace, ce sont les gens qui nient toute légitimité à la problématique dans son ensemble au motif que certaines de ses solutions bafouent les règles.
Là, pour le coup, je ne comprends pas trop le lien. Si c'est encore un coup des "bobos pro-féministes post-modernes pédagogistes libertaires qui détruisent la France"… Franchement, à d'autres… Les révolutionnaires de 89 ont aussi "détruit la France". C'est un peu vague, comme lien !
Personnellement (mais bon, je ne suis clairement pas le seul à penser comme ça) je ne conteste pas le problème, mais la solution, ainsi que son mode d'administration.
Très bien, parlons-en !
débats débiles comme celui qu'on a actuellement au lieu de parler du projet Unixcorn,
Honnêtement, tu connais beaucoup de gens qui disent "la médecin" ou "la doctoresse" ? Tant mieux si c'est le cas mais je serais curieux que tu fasses le test !
Bref, ta digression sur la devinette est pas terrible: tu fais exprès d'utiliser le genre neutre (et donc de faire une faute de français) la ou on est censés utiliser un genre masculin ou feminin car on parle de quelqu'un de precis
Mais pas du tout ! On n'est pas "censés utiliser un genre masculin ou féminin car on parle de quelqu'un de précis" ! Tu dis toi-même qu'employer "la médecin" ne serait "pas très correct" ! Tu te contredis : tu dis que je fais une faute de français en disant "le médecin" après avoir dit qu'on fait une faute de français en disant "la médecin" ! Il se trouve que je ne fais aucune faute de français en écrivant "le médecin" pour désigner une femme ! Sinon, pourquoi autant de conservateurs (je ne féminise pas pour ne pas gêner la lecture) s'opposeraient-ils à la féminisation des noms de métiers ?
On peut aisément retourner l'argument : si c'est pas le goulag auquel on a affaire, pourquoi chercher à inventer un fork de la langue française pour résoudre un problème somme toute largement secondaire ?
Je parlais du fait de lire un texte féminisé (ma formulation prête effectivement à confusion). Pas de ce à quoi la féminisation s'oppose. Je ne considère pas que ça soit un problème secondaire.
On pourrait très bien considérer que la défense des libertés numériques est un problème secondaire ("bah ouais, au fond, je m'en fous un peu hein, de la liberté d'étudier le code, ce qui compte c'est que ça marche. Un logiciel n'est qu'un outil, et je veux qu'il soit agréable, donc j'utilise Microsoft Office plutôt que LibreOffice" comme analogue à "je m'en fous que le langage soit sexiste, ce qui compte, c'est que je puisse lire un texte facilement").
j'ai effectivement ressenti un léger agacement face à cette manie d'incarner son idéologie dans un mode d'expression particulier
Parce que l'existant est toujours non idéologique, neutre ? Que dirais-tu si on te disait que l'on était agacé par le fait d'inclure le texte de la GPL dans le code d'un logiciel au motif que cela serait "idéologique" ?
Je pourrais employer la même phrase que toi, mot pour mot, à propos d'un texte non féminisé : quelle est cette manie d'incarner son idéologie (sexiste) dans un mode d'expression particulier ? Mais on me répondrait que la langue n'est pas idéologique, ce n'est qu'un outil. Comme les logiciels (?)
J'ajoute que je ne me permets pas de juger tes actions en faveur de l'égalité des salaires entre hommes et femmes, qui est un combat selon toi "moins formel" que tu cites plus bas. Je n'en sais rien, je ne te connais pas. De la même façon, je te prie de ne pas juger l'ampleur des miennes. Je pourrais te retourner l'argument, et considérer que tu prétends défendre un combat "moins formel" mais que tu ne le traduis pas par des actes "réels", et que tu ne fais que te donner bonne conscience et bonne image auprès des autres. Il se trouve que je ne le fais pas, parce que je n'en sais rien.
Le français ne milite pour rien, il est juste régi par des règles.
Des règles qui ne sont pas neutres (et c'est très bien comme ça !). Des règles qu'on peut changer.
_ mais ce n'est pas l'idée poussée par cette revendication politique qui me gêne, c'est la forme technique utilisée. _
On est d'accord, et c'est précisément ce que j'ai exprimé. Je me suis peut-être emporté, auquel cas je te prie de bien vouloir m'excuser. Je comprends tout à fait que l'on rejette la "forme technique" utilisée et que l'on en discute. Ce n'est pas ça qui m'a agacé. Ce qui m'agace, c'est quand on refuse, comme c'est le cas dans beaucoup de commentaires, toute discussion sur le sujet au motif que "c'est comme ça", "on ne dénature pas la langue", "la grammaire ce n'est pas important", "c'est un combat formel".
Je te prie de bien vouloir garder ton paternalisme pour toi. Je ne t'ai pas attendu pour savoir ce qu'est une "conscience politique", ni un "combat politique". Figure-toi que pour des raisons professionnelles et personnelles, je sais très bien ce que c'est, et que ça fait un grand nombre d'années que j'y consacre la quasi-totalité de mon temps. Le sujet, je m'y intéresse (c'est, en partie, mon métier !), et en ce qui concerne le sens que je donne à mes actes, ce n'est certainement pas à l'aune de ton jugement péremptoire et agressif que je vais le déterminer.
Mouais, je suis pas convaincu. Dommage si ça te dérange effectivement, mais ça m'étonnerait que ça soit le cas de tous les gens qui subvocalisent. C'est mon cas, et je n'ai aucun mal à lire un texte féminisé.
Et bien entendu, l' "usage généralisé" arrive comme ça, d'un bloc, tout d'un coup… D'un coup, l'ensemble de la population française a décidé de ne plus employer le genre neutre à la fin du XIVe siècle…
Si l'on considère que ce sont des problématiques disjointes, ce qui ne va absolument pas de soi. Et ladite "place social" est dans un rapport dialectique avec le langage.
ce que tout le monde a compris, puisque sinon il aurait écrit les “hommes lecteurs” ou un truc du genre
Il faut préciser. Il ne s'agit pas uniquement de "comprendre". Une petite histoire bien connue pour illustrer ce phénomène :
Un jeune garçon et son père ont un accident de voiture. Le père meurt sur le coup, son fils est grièvement blessé. On transporte ce dernier à l'hôpital. Lorsque que le médecin entre dans la salle des urgences, il s'exclame "Je ne peux pas intervenir. C'est mon fils." Pourquoi (sachant que le médecin n'a pas adopté son fils et qu'il est bien lié à lui par le sang) ? Réponse : [1].
De la même façon, figurez-vous mentalement un couturier. Maintenant, une couturière. De la même façon, un cuisinier. Puis une cuisinière. Les deux renvoient à des signifiés différents, dont la place hiérarchique est différente.
Les termes désignant des métiers sont les exemples les plus flagrants, mais la structure sociale et langagière reste la même : de la même façon que quand on parle d'un couturier, on ne parle pas "d'un couturier ou d'une couturière", quand on parle d'"un lecteur", on ne parle pas stricto sensu "d'un lecteur ou d'une lectrice". Cela ne signifie évidemment pas que l'on n'ait pas conscience du fait que les deux genres soient désignés. La performativité du langage ne se résume pas à la seule question de la compréhension ou de la conscience. L'essentiel est inconscient. Je répète que la langue n'est pas un simple outil, mais un dispositif de structuration du social et de la psyché. Un siècle de linguistique, d'hérméneutique et de psychanalyse nous le montre.
il peut mettre “les lecteurs et lectrices”. Là tout le monde comprend
Mais c'est une façon très courante de féminiser les textes ! On aurait pu le faire comme ça également, effectivement.
_ Et le militantisme grammatical n'a aucun sens non plus, faut être honnête…_
Tu te contredis. Ta proposition relève aussi du "militantisme grammatical" (et je la soutiens !). En effet, indiquer "les lecteurs et les lectrices" n'opère-t-il pas une redondance ? Si "lecteurs" désigne à la fois hommes et femmes, comme tu l'indiques au début de ton message, "lecteurs et lectrices" désigne "hommes et femmes et femmes". C'est aussi du militantisme grammatical ! Quant à son bien fondé, on peut en discuter. Je pars du principe que si l'on fait du "militantisme lexical" (je suppose que tu n'emploies pas le terme "nègre" dans la vie de tous les jours), pourquoi pas du "militantisme grammatical" ? "Nègre" est tout à fait compréhensible, je pourrais très bien dire que son emploi est neutre et ne fait que désigner un référent. De la même façon, on pourrait très bien considérer que remplacer "nègre" par "noir" gêne la lecture de celui ou celle qui l'emploie (on pourrait très bien trouver étrange et difficile à comprendre le fait d'employer un adjectif de couleur pour désigner une personne, alors que "nègre" désigne directement la personne). Ce n'est plus le cas, parce que l'usage a heureusement changé. Pourquoi l'usage grammatical ne le pourrait-il pas ?
[1] Le médecin est sa mère. Posez la question autour de vous, je suis prêt à parier que neuf personnes sur dix ne trouvent pas, ou ne trouvent qu'après un long moment.
Alors là, pardon hein, mais ton commentaire est tout simplement sexiste. En français le masculin et le neutre sont confondus. Le féminin n'est utile que si l'on parle spécifiquement de femmes.
C'est précisément la valeur universelle du masculin qui est remise en cause ici.
L'orthographe dite "inclusive" ne respecte pas notre langue
Et l'égalité juridique hommes-femmes "ne respecte pas" notre "histoire". Pourtant, ça a… changé ! Et notre langue… aussi (d'ailleurs le genre grammatical neutre existait en ancien français et a disparu dans le français moderne, mais je ne vois personne dire que l'on ne "respecte pas notre langue" en ne l'utilisant pas) ! On peut faire le tour de passe-passe habituel des conservateurs en préférant la distinction marqué/non marqué à la distinction masculin/féminin, mais cela procède exactement de la même logique (le féminin est "en plus", la forme "par défaut" est masculine).
_ évoque des gens mal dans leur peau_
Ça se passerait presque de commentaire mais… quand même, il est assez ahurissant de lire des propos pareils. Cette psychopathologisation (péremptoire de surcroît) d'une position politique est absolument ridicule. C'est bien connu, les gens qui ne pensent pas comme toi sont malades, "mal dans leur peau".
Désolé, mais j'ai du mal à voir autre chose que de la mauvaise foi dans ce genre de commentaire. Que tu t'opposes à la féminisation des substantifs et de leurs épithètes et attributs, c'est une chose. Exagérer une prétendue impossibilité ("je n'ai pas pu lire jusqu'au bout") à lire un texte féminisé en est une autre.
À moins que l'on ait d'importants problèmes de lecture (ce qui n'est bien entendu aucunement infamant), il est difficile, me semble-t-il, de mettre en avant ce type d'argument en toute bonne foi. Il y a certes une petite habitude à prendre sans laquelle la lecture est probablement un peu ralentie au début. Celle-ci n'en est pas pour autant "impossible", sans une bonne grosse dose de mauvaise volonté (elle-même bien entendu défendable, mais alors il faut l'assumer comme telle). C'est peut-être légèrement gênant au début (ce qui, à certains égards, n'est peut-être pas nécessairement une mauvaise chose - la critique et le questionnement des rapports de pouvoir étant toujours gênants), rien de plus. Il se trouve qu'étant partisan de la féminisation des textes et lisant de temps en temps des textes féminisés, je ne remarque même plus la différence.
Quant au caractère "agressif" d'un tel procédé… C'est fou comme les dominant-e-s (dont je fais partie) peuvent se sentir "agressés" lorsqu'on pointe du doigt l'existence d'un de leurs privilèges qui, dans le cours normal des choses, est aussi universel qu'invisible. Franchement, c'est pas le goulag auquel on a affaire là, hein, c'est juste une petite lettre que l'on rajoute à certains mots pour ne pas exclure la moitié de l'humanité. Si tu te sens "agressé" par ça, il faut peut-être s'interroger sur les enjeux et dynamiques engagés.
On peut (et c'est probablement un des objectifs politiques de la féminisation) bien entendu discuter (d') un tel choix. Mais je pense qu'il faut alors le discuter depuis le plan sur lequel il se déploie, c'est-à-dire le politique. Le réduire à des contingences techniques (réelles, ou fantasmées, d'ailleurs), c'est le dépolitiser, et ce n'est, à mon sens, pas une façon adéquate de mener une controverse. À ce titre-là, on pourrait tout à fait exclure les non-blancs d'un espace au motif qu'ils ou elles "gênent la vue", sont "inesthétiques", ou que les blancs se sentent "agressés" par leur présence (à noter que mon analogie ne vaut pas pour le fond, mais pour la façon de problématiser et de discuter une question politique).
Quant au côté "militant"… Tout langage est "militant". Certains, en revanche, ne se posent pas comme tels. Le langage, en tant qu'il structure la vie psychique et sociale, a toujours des effets de pouvoir (lesquels ne sont pas nécessairement à remettre en cause !). Quand l'on ne féminise pas un texte, on ne fait pas simplement et naïvement l'emploi d'un outil neutre, universel, anhistorique et dépolitisé qui sert à véhiculer des signes. Non, on "milite" pour l'universalisme masculin, sans le savoir (au moins certain-e-s ont-ils ou elles le mérite de l'assumer). Le langage produit en décrivant.
Enfin, tu déplores le fait que la féminisation d'un texte provoque trop de réactions. D'une part, est-ce nécessairement une mauvaise chose ? D'autre part, si tu considères que ça l'est, pourquoi y contribues-tu ? Personne ne t'a forcé à le faire ! On pourrait aussi bannir tous les membres de DLFP qui font des fautes d'orthographe au motif que les articles en contenant provoquent trop de réactions ! Le problème ici n'est pas la féminisation du texte (dont on peut discuter, évidemment), ce sont les gens qui sont obsédés par ça (le plus souvent uniquement pour se plaindre sans argumenter, au motif qu'ils auraient droit de jure à un texte non féminisé). Pour un certain nombre d'opposants à la féminisation, tout texte féminisé est d'emblée "illisible" et ne mérite pas qu'on en discute sur le fond. J'ai quand même du mal à croire que tu aies si peu compris le texte que tu t'en retrouves incapable d'en discuter !
Je peux essayer de te donner un coup de main "en live" si tu veux, ça ira peut-être plus vite. As-tu une adresse XMPP ? La mienne est elvirolo@jabber.otr.im (si tu n'as pas de compte, tu peux en créer un sur jabber.otr.im - ou n'importe quel autre serveur, avec le client jitsi ou pidgin + plugin OTR).
Erreur de débutant, je m'étais, pour l'installation de duplicati, fié à l'AUR d'Arch Linux, dont la version proposée était obsolète. Après installation de la dernière version, duplicati fonctionne parfaitement, y compris avec MEGA (support direct, sans passer par MegaFuse). Du coup, je recommande !
# -
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse au journal « Je suis de gauche », le pack de démarrage. Évalué à 10.
Et le "je suis un beauf d'extrême-droite starter pack" qui t'a formé, il est où ?
[^] # Re: « même microsoft a abandonné IE ! » ?
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse au journal adobe c'est bientôt mort ?. Évalué à 4.
IE a été remplacé par Edge.
[^] # Re: Les fotes restantes
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à 2.
Pourquoi pas ! Mais je doute que cela soit mieux accueilli !
[^] # Re: L’écriture inclusive
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -2.
Bien entendu. Je suis bien évidemment conscient que la féminisation des textes (telle que pratiquée ici) bafoue les règles, et que c'est une évolution critiquable. Ce qui m'agace, ce sont les gens qui nient toute légitimité à la problématique dans son ensemble au motif que certaines de ses solutions bafouent les règles.
[^] # Re: Les fotes restantes
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à 1.
Oui, on va peut-être s'arrêter là, car ça n'intéresse - à juste titre - personne. Merci pour ta clarification d'un commentaire qui le méritait.
[^] # Re: Les fotes restantes
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -4.
Là, pour le coup, je ne comprends pas trop le lien. Si c'est encore un coup des "bobos pro-féministes post-modernes pédagogistes libertaires qui détruisent la France"… Franchement, à d'autres… Les révolutionnaires de 89 ont aussi "détruit la France". C'est un peu vague, comme lien !
Personnellement (mais bon, je ne suis clairement pas le seul à penser comme ça) je ne conteste pas le problème, mais la solution, ainsi que son mode d'administration.
Très bien, parlons-en !
débats débiles comme celui qu'on a actuellement au lieu de parler du projet Unixcorn,
Mais parlons-en aussi !
[^] # Re: Les fotes restantes
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -2.
Honnêtement, tu connais beaucoup de gens qui disent "la médecin" ou "la doctoresse" ? Tant mieux si c'est le cas mais je serais curieux que tu fasses le test !
Bref, ta digression sur la devinette est pas terrible: tu fais exprès d'utiliser le genre neutre (et donc de faire une faute de français) la ou on est censés utiliser un genre masculin ou feminin car on parle de quelqu'un de precis
Mais pas du tout ! On n'est pas "censés utiliser un genre masculin ou féminin car on parle de quelqu'un de précis" ! Tu dis toi-même qu'employer "la médecin" ne serait "pas très correct" ! Tu te contredis : tu dis que je fais une faute de français en disant "le médecin" après avoir dit qu'on fait une faute de français en disant "la médecin" ! Il se trouve que je ne fais aucune faute de français en écrivant "le médecin" pour désigner une femme ! Sinon, pourquoi autant de conservateurs (je ne féminise pas pour ne pas gêner la lecture) s'opposeraient-ils à la féminisation des noms de métiers ?
[^] # Re: Les fotes restantes
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -6.
On peut aisément retourner l'argument : si c'est pas le goulag auquel on a affaire, pourquoi chercher à inventer un fork de la langue française pour résoudre un problème somme toute largement secondaire ?
Je parlais du fait de lire un texte féminisé (ma formulation prête effectivement à confusion). Pas de ce à quoi la féminisation s'oppose. Je ne considère pas que ça soit un problème secondaire.
On pourrait très bien considérer que la défense des libertés numériques est un problème secondaire ("bah ouais, au fond, je m'en fous un peu hein, de la liberté d'étudier le code, ce qui compte c'est que ça marche. Un logiciel n'est qu'un outil, et je veux qu'il soit agréable, donc j'utilise Microsoft Office plutôt que LibreOffice" comme analogue à "je m'en fous que le langage soit sexiste, ce qui compte, c'est que je puisse lire un texte facilement").
j'ai effectivement ressenti un léger agacement face à cette manie d'incarner son idéologie dans un mode d'expression particulier
Parce que l'existant est toujours non idéologique, neutre ? Que dirais-tu si on te disait que l'on était agacé par le fait d'inclure le texte de la GPL dans le code d'un logiciel au motif que cela serait "idéologique" ?
Je pourrais employer la même phrase que toi, mot pour mot, à propos d'un texte non féminisé : quelle est cette manie d'incarner son idéologie (sexiste) dans un mode d'expression particulier ? Mais on me répondrait que la langue n'est pas idéologique, ce n'est qu'un outil. Comme les logiciels (?)
[^] # Re: Les fotes restantes
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -1.
J'ajoute que je ne me permets pas de juger tes actions en faveur de l'égalité des salaires entre hommes et femmes, qui est un combat selon toi "moins formel" que tu cites plus bas. Je n'en sais rien, je ne te connais pas. De la même façon, je te prie de ne pas juger l'ampleur des miennes. Je pourrais te retourner l'argument, et considérer que tu prétends défendre un combat "moins formel" mais que tu ne le traduis pas par des actes "réels", et que tu ne fais que te donner bonne conscience et bonne image auprès des autres. Il se trouve que je ne le fais pas, parce que je n'en sais rien.
[^] # Re: Les fotes restantes
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -1.
Le français ne milite pour rien, il est juste régi par des règles.
Des règles qui ne sont pas neutres (et c'est très bien comme ça !). Des règles qu'on peut changer.
_ mais ce n'est pas l'idée poussée par cette revendication politique qui me gêne, c'est la forme technique utilisée. _
On est d'accord, et c'est précisément ce que j'ai exprimé. Je me suis peut-être emporté, auquel cas je te prie de bien vouloir m'excuser. Je comprends tout à fait que l'on rejette la "forme technique" utilisée et que l'on en discute. Ce n'est pas ça qui m'a agacé. Ce qui m'agace, c'est quand on refuse, comme c'est le cas dans beaucoup de commentaires, toute discussion sur le sujet au motif que "c'est comme ça", "on ne dénature pas la langue", "la grammaire ce n'est pas important", "c'est un combat formel".
[^] # Re: Les fotes restantes
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -9.
Je te prie de bien vouloir garder ton paternalisme pour toi. Je ne t'ai pas attendu pour savoir ce qu'est une "conscience politique", ni un "combat politique". Figure-toi que pour des raisons professionnelles et personnelles, je sais très bien ce que c'est, et que ça fait un grand nombre d'années que j'y consacre la quasi-totalité de mon temps. Le sujet, je m'y intéresse (c'est, en partie, mon métier !), et en ce qui concerne le sens que je donne à mes actes, ce n'est certainement pas à l'aune de ton jugement péremptoire et agressif que je vais le déterminer.
[^] # Re: Les fotes restantes
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -10.
Mouais, je suis pas convaincu. Dommage si ça te dérange effectivement, mais ça m'étonnerait que ça soit le cas de tous les gens qui subvocalisent. C'est mon cas, et je n'ai aucun mal à lire un texte féminisé.
[^] # Re: L’écriture inclusive
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -8.
Et bien entendu, l' "usage généralisé" arrive comme ça, d'un bloc, tout d'un coup… D'un coup, l'ensemble de la population française a décidé de ne plus employer le genre neutre à la fin du XIVe siècle…
[^] # Re: Bon
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -8.
Si l'on considère que ce sont des problématiques disjointes, ce qui ne va absolument pas de soi. Et ladite "place social" est dans un rapport dialectique avec le langage.
[^] # Re: Les fotes restantes
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -4.
ce que tout le monde a compris, puisque sinon il aurait écrit les “hommes lecteurs” ou un truc du genre
Il faut préciser. Il ne s'agit pas uniquement de "comprendre". Une petite histoire bien connue pour illustrer ce phénomène :
Un jeune garçon et son père ont un accident de voiture. Le père meurt sur le coup, son fils est grièvement blessé. On transporte ce dernier à l'hôpital. Lorsque que le médecin entre dans la salle des urgences, il s'exclame "Je ne peux pas intervenir. C'est mon fils." Pourquoi (sachant que le médecin n'a pas adopté son fils et qu'il est bien lié à lui par le sang) ? Réponse : [1].
De la même façon, figurez-vous mentalement un couturier. Maintenant, une couturière. De la même façon, un cuisinier. Puis une cuisinière. Les deux renvoient à des signifiés différents, dont la place hiérarchique est différente.
Les termes désignant des métiers sont les exemples les plus flagrants, mais la structure sociale et langagière reste la même : de la même façon que quand on parle d'un couturier, on ne parle pas "d'un couturier ou d'une couturière", quand on parle d'"un lecteur", on ne parle pas stricto sensu "d'un lecteur ou d'une lectrice". Cela ne signifie évidemment pas que l'on n'ait pas conscience du fait que les deux genres soient désignés. La performativité du langage ne se résume pas à la seule question de la compréhension ou de la conscience. L'essentiel est inconscient. Je répète que la langue n'est pas un simple outil, mais un dispositif de structuration du social et de la psyché. Un siècle de linguistique, d'hérméneutique et de psychanalyse nous le montre.
il peut mettre “les lecteurs et lectrices”. Là tout le monde comprend
Mais c'est une façon très courante de féminiser les textes ! On aurait pu le faire comme ça également, effectivement.
_ Et le militantisme grammatical n'a aucun sens non plus, faut être honnête…_
Tu te contredis. Ta proposition relève aussi du "militantisme grammatical" (et je la soutiens !). En effet, indiquer "les lecteurs et les lectrices" n'opère-t-il pas une redondance ? Si "lecteurs" désigne à la fois hommes et femmes, comme tu l'indiques au début de ton message, "lecteurs et lectrices" désigne "hommes et femmes et femmes". C'est aussi du militantisme grammatical ! Quant à son bien fondé, on peut en discuter. Je pars du principe que si l'on fait du "militantisme lexical" (je suppose que tu n'emploies pas le terme "nègre" dans la vie de tous les jours), pourquoi pas du "militantisme grammatical" ? "Nègre" est tout à fait compréhensible, je pourrais très bien dire que son emploi est neutre et ne fait que désigner un référent. De la même façon, on pourrait très bien considérer que remplacer "nègre" par "noir" gêne la lecture de celui ou celle qui l'emploie (on pourrait très bien trouver étrange et difficile à comprendre le fait d'employer un adjectif de couleur pour désigner une personne, alors que "nègre" désigne directement la personne). Ce n'est plus le cas, parce que l'usage a heureusement changé. Pourquoi l'usage grammatical ne le pourrait-il pas ?
[1] Le médecin est sa mère. Posez la question autour de vous, je suis prêt à parier que neuf personnes sur dix ne trouvent pas, ou ne trouvent qu'après un long moment.
[^] # Re: Les fotes restantes
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -10.
Alors là, pardon hein, mais ton commentaire est tout simplement sexiste.
En français le masculin et le neutre sont confondus. Le féminin n'est utile que si l'on parle spécifiquement de femmes.
C'est précisément la valeur universelle du masculin qui est remise en cause ici.
L'orthographe dite "inclusive" ne respecte pas notre langue
Et l'égalité juridique hommes-femmes "ne respecte pas" notre "histoire". Pourtant, ça a… changé ! Et notre langue… aussi (d'ailleurs le genre grammatical neutre existait en ancien français et a disparu dans le français moderne, mais je ne vois personne dire que l'on ne "respecte pas notre langue" en ne l'utilisant pas) ! On peut faire le tour de passe-passe habituel des conservateurs en préférant la distinction marqué/non marqué à la distinction masculin/féminin, mais cela procède exactement de la même logique (le féminin est "en plus", la forme "par défaut" est masculine).
_ évoque des gens mal dans leur peau_
Ça se passerait presque de commentaire mais… quand même, il est assez ahurissant de lire des propos pareils. Cette psychopathologisation (péremptoire de surcroît) d'une position politique est absolument ridicule. C'est bien connu, les gens qui ne pensent pas comme toi sont malades, "mal dans leur peau".
[^] # Re: Bon
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -10.
Plus dévoué à la cause féministe tant que ça ne dérange pas ses habitudes ?
[^] # Re: Bon
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -10.
Il y a "des" hommes, donc que des hommes ?
[^] # Re: Les fotes restantes
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -10.
Désolé, mais j'ai du mal à voir autre chose que de la mauvaise foi dans ce genre de commentaire. Que tu t'opposes à la féminisation des substantifs et de leurs épithètes et attributs, c'est une chose. Exagérer une prétendue impossibilité ("je n'ai pas pu lire jusqu'au bout") à lire un texte féminisé en est une autre.
À moins que l'on ait d'importants problèmes de lecture (ce qui n'est bien entendu aucunement infamant), il est difficile, me semble-t-il, de mettre en avant ce type d'argument en toute bonne foi. Il y a certes une petite habitude à prendre sans laquelle la lecture est probablement un peu ralentie au début. Celle-ci n'en est pas pour autant "impossible", sans une bonne grosse dose de mauvaise volonté (elle-même bien entendu défendable, mais alors il faut l'assumer comme telle). C'est peut-être légèrement gênant au début (ce qui, à certains égards, n'est peut-être pas nécessairement une mauvaise chose - la critique et le questionnement des rapports de pouvoir étant toujours gênants), rien de plus. Il se trouve qu'étant partisan de la féminisation des textes et lisant de temps en temps des textes féminisés, je ne remarque même plus la différence.
Quant au caractère "agressif" d'un tel procédé… C'est fou comme les dominant-e-s (dont je fais partie) peuvent se sentir "agressés" lorsqu'on pointe du doigt l'existence d'un de leurs privilèges qui, dans le cours normal des choses, est aussi universel qu'invisible. Franchement, c'est pas le goulag auquel on a affaire là, hein, c'est juste une petite lettre que l'on rajoute à certains mots pour ne pas exclure la moitié de l'humanité. Si tu te sens "agressé" par ça, il faut peut-être s'interroger sur les enjeux et dynamiques engagés.
On peut (et c'est probablement un des objectifs politiques de la féminisation) bien entendu discuter (d') un tel choix. Mais je pense qu'il faut alors le discuter depuis le plan sur lequel il se déploie, c'est-à-dire le politique. Le réduire à des contingences techniques (réelles, ou fantasmées, d'ailleurs), c'est le dépolitiser, et ce n'est, à mon sens, pas une façon adéquate de mener une controverse. À ce titre-là, on pourrait tout à fait exclure les non-blancs d'un espace au motif qu'ils ou elles "gênent la vue", sont "inesthétiques", ou que les blancs se sentent "agressés" par leur présence (à noter que mon analogie ne vaut pas pour le fond, mais pour la façon de problématiser et de discuter une question politique).
Quant au côté "militant"… Tout langage est "militant". Certains, en revanche, ne se posent pas comme tels. Le langage, en tant qu'il structure la vie psychique et sociale, a toujours des effets de pouvoir (lesquels ne sont pas nécessairement à remettre en cause !). Quand l'on ne féminise pas un texte, on ne fait pas simplement et naïvement l'emploi d'un outil neutre, universel, anhistorique et dépolitisé qui sert à véhiculer des signes. Non, on "milite" pour l'universalisme masculin, sans le savoir (au moins certain-e-s ont-ils ou elles le mérite de l'assumer). Le langage produit en décrivant.
Enfin, tu déplores le fait que la féminisation d'un texte provoque trop de réactions. D'une part, est-ce nécessairement une mauvaise chose ? D'autre part, si tu considères que ça l'est, pourquoi y contribues-tu ? Personne ne t'a forcé à le faire ! On pourrait aussi bannir tous les membres de DLFP qui font des fautes d'orthographe au motif que les articles en contenant provoquent trop de réactions ! Le problème ici n'est pas la féminisation du texte (dont on peut discuter, évidemment), ce sont les gens qui sont obsédés par ça (le plus souvent uniquement pour se plaindre sans argumenter, au motif qu'ils auraient droit de jure à un texte non féminisé). Pour un certain nombre d'opposants à la féminisation, tout texte féminisé est d'emblée "illisible" et ne mérite pas qu'on en discute sur le fond. J'ai quand même du mal à croire que tu aies si peu compris le texte que tu t'en retrouves incapable d'en discuter !
[^] # Re: Problème lancement d'UBUNTU 16.04 LTS
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse au message Impossible de lancer UBUNTU. Évalué à 1.
Curieux. Il faut alors installer le paquet "pciutils" avec la commande suivante : "sudo apt-get install pciutils".
[^] # Re: Problème lancement d'UBUNTU 16.04 LTS
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse au message Impossible de lancer UBUNTU. Évalué à 1.
Pourrais-tu nous donner le modèle exact de ta carte graphique, en tapant "sudo lspci | grep VGA" ?
[^] # Re: Problème lancement d'UBUNTU 16.04 LTS
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse au message Impossible de lancer UBUNTU. Évalué à 1.
C'est un portable, comme indiqué dans le premier message. La touche en question devrait ressembler à ça :
Pourrais-tu nous indiquer la marque et le modèle de ton ordinateur ? Je pense également qu'il s'agit d'un bug graphique.
[^] # Re: Lancement d'UBUNTU toujours impossible
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse au message Impossible de lancer UBUNTU. Évalué à 1. Dernière modification le 25 juillet 2016 à 22:39.
Je peux essayer de te donner un coup de main "en live" si tu veux, ça ira peut-être plus vite. As-tu une adresse XMPP ? La mienne est elvirolo@jabber.otr.im (si tu n'as pas de compte, tu peux en créer un sur jabber.otr.im - ou n'importe quel autre serveur, avec le client jitsi ou pidgin + plugin OTR).
[^] # Re: duplicity et Mega.nz
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse au message Cherche solution sauvegarde et synchronisation GNU/Linux et Android. Évalué à 1.
Finalement, j'ai toujours ce problème de timeout…
# duplicity et Mega.nz
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse au message Cherche solution sauvegarde et synchronisation GNU/Linux et Android. Évalué à 1.
Erreur de débutant, je m'étais, pour l'installation de duplicati, fié à l'AUR d'Arch Linux, dont la version proposée était obsolète. Après installation de la dernière version, duplicati fonctionne parfaitement, y compris avec MEGA (support direct, sans passer par MegaFuse). Du coup, je recommande !